[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 55

mai 28, 2016 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 55ème épisode de ce podcast où je vais vous parler de planètes, d’une découverte majeure concernant la vie dans l’Univers, de l’avenir du spatial et d’un grand monsieur qui a rejoint les étoiles…

ANDRÉ BRAHIC
Ce grand monsieur, c’est André Brahic, et il nous a malheureusement quittés le 15 mai dernier. Il était astrophysicien, il a découvert les arcs de Neptune, et il faisait partie de l’équipe d’imagerie de la sonde Cassini qui tourne toujours autour de Saturne et qui nous envoie régulièrement des images extraordinaires. C’est un très court résumé de son immense carrière, et je ne parle même pas des livres qu’il a écrits et de son engagement auprès du grand public.
En fait, comme je n’ai pas envie de vous faire une nécrologie, et que je suis encore pas mal affectée, je vais plutôt vous lire la lettre de Mathieu Vidard qui est le plus bel hommage qu’on puisse lui faire.

Comme vous pouvez le constater, je suis encore très triste, alors je préfère rester ces mots magnifiques de Mathieu Vidard et poursuivre avec la prochaine rubrique…

EXPLOREZ PLUTON
Les images, donc ! Restons là-haut dans le ciel et allons voir du côté de Pluton pour commencer, parce qu’André Brahic a fait partie des personnes qui ont donné une promotion à cet astre fascinant en le nommant grand chef des objets transneptuniens… Mais c’est une longue et drôle histoire que je vous raconterai bientôt sur un autre support…
Il s’agit là d’une vidéo à 360° constituée grâce aux images de la sonde New Horizons qui l’a survolé le 14 juillet dernier et c’est absolument fabuleux, allez vous y promener, vraiment. Autant Mars est absolument sublime mais ça reste un environnement familier fait de roches, de montagnes et de sable, mais là sur Pluton, on a complètement l’impression d’être dans un paysage extraterrestre – ce qui est vrai, mais ce que je veux dire, c’est que ça ne ressemble à rien de ce qu’on peut trouver sur Terre – déjà parce que le Soleil est juste un gros point dans le ciel… mais au-delà de ça c’est pas du tout familier et c’est un peu perturbant, mais évidemment dans le sens magique du terme.
Et je n’ai mis en illustration de mes propos que des captures d’écran pour ne pas me faire bloquer par Youtube, mais je vous mets évidemment le lien dans la description sous la vidéo.

LES NUAGES NOCTURNES DE VÉNUS
Et voici une image inédite de Vénus ! C’est la sonde japonaise Akatsuki qui nous l’envoie, et il s’agit des nuages nocturnes photographiés en infrarouge… C’est vraiment chouette, on n’a pas beaucoup d’images de Vénus, c’est assez émouvant de la voir un peu mieux…

Et pour finir, je ne peux pas m’empêcher de vous montrer le dernier retour en date du premier étage de la fusée de SpaceX, encore une fois sur une berge flottante, parce que c’est proprement hallucinant, cet exploit technologique.
C’était le 27 mai et ils ont d’autant plus de mérite que c’était un lancement de satellites vers une orbite géostationnaire, donc avec une vitesse très élevée, et c’était donc d’autant plus complexe de faire revenir le premier étage dans une chute maîtrisée – et regardez ça, c’est dingue, ça paraît d’une facilité déconcertante alors que c’est d’une difficulté inouïe.

J’ai entendu quelque part que c’était comme si on laissait tomber un stylo depuis la Tour Eiffel pour le faire atterrir debout sur un smartphone – je ne sais pas ce que vaut cette analogie donc à prendre avec des pincettes, mais je rajouterais que le smartphone en question flotte dans une grosse flaque qui se déplace par rapport à la Tour Eiffel. Bref ! SpaceX, merci pour ce rêve que tu nous envoies.

CONQUEST.SPACE
En parlant de rêve envoyé et de présent qui se mélange au futur, je voudrais vous parler de conquest.space. Bon, je ne suis pas très d’accord avec le titre qui parle de conquête plutôt que d’exploration, mais à part ça c’est un projet génial qui a été lancé par une maison d’édition suisse, et l’objectif est de mettre en avant sous la forme d’interviews des personnalités contemporaines qui sont les acteurs du futur de l’humanité dans l’espace.
Ça se présente sous la forme d’e-book, un par entretien, au prix de 2,99€ – ce qui est plus que correct – et qui comprend en plus un avant-propos écrit par la personne elle-même, et des fiches pour en savoir plus.
Je fais partie des premiers interviewés mais c’est à propos de Mars One, c’est un peu daté, mais tous les autres entretiens sont absolument passionnants, il y a notamment Romain Charles, de la mission Mars500, dont je vous parle assez souvent, mais aussi Andreas Tziolas, qui a été chercheur à la NASA et qui préside le projet Icarus Interstellar qui promeut les missions interstellaires, ou encore Cameron Smith, qui est anthropologue, et qui s’intéresse à la colonisation de l’espace par l’humanité.
Le terme conquête est plutôt bien employé dans ce contexte, et ce sont des entretiens passionnants, j’ai lu ça d’une traite dans un TGV qui avait 2 heures de retard, j’ai appris plein de choses et je me suis nourrie du point de vue de gens qui réfléchissent à notre avenir avec un point de vue qu’on n’entend pas souvent. Ça soulève de chouettes questions et c’est ce que j’adore dans ce genre de projet.
Alors moi j’ai eu la chance d’avoir l’intégralité des entretiens en format papier parce que j’y ai participé, mais je ne vois nulle part où vous pourriez vous le procurer… Il faudrait peut-être leur poser la question. Mais c’est un projet numérique quand même à la base – cela dit, même pour un projet numérique, l’édition papier est bien plus belle que de nombreuses publications d’éditeurs classiques…
Vous pouvez donc retrouver tout ça sur conquest.space, et j’espère qu’ils ne vont pas s’arrêter en si bon chemin.

LE NOUVEAU SITE DE CIEL&ESPACE
Restons en ligne avec le bidule 2.0, et c’est le magazine Ciel et Espace qui lance enfin son nouveau site internet… Visiblement ça faisait longtemps qu’ils étaient dessus, donc c’est une bonne nouvelle ! C’est cieletespace.fr, tout simplement, c’est une version très claire, très épurée, sur fond blanc plutôt que sur fond noir comme ils avaient avant – personnellement je préfère – et ça permet de lire ces journalistes plus souvent que sur papier. Si vous êtes passionnés de tous les sujets que je traite, vraiment, je sais que je vous le dis à chaque fois, mais Ciel et Espace, à acheter régulièrement ou sous forme d’abonnement, c’est juste le top du top du top du top.

100 000 ORBITES POUR L’ISS
Sur le web, toujours, le tweet nous vient de Samantha Cristoforetti, l’astronaute européenne et italienne qui a récemment fait un séjour dans l’ISS, et qui nous apprend la Station Spatiale Internationale, justement, a bouclé 100 000 orbites autour de la Terre !… « Nos enfants n’ont jamais connu une seule journée sans présence humaine dans l’espace », précise-t-elle – et effectivement, je n’avais pas vu les choses sous cet angle, mais maintenant que j’y pense, c’est assez vertigineux… C’est une super définition pour une génération !

 

MARS À L’OPPOSITION
L’info de cet épisode nous fait lever le nez vers le ciel également, puisque Mars est passé à l’opposition le 22 mai dernier, ce qui veut dire que le Soleil, la Terre et Mars étaient alignés (Mars se trouve à l’opposé du Soleil de notre point de vue), et ça veut surtout dire qu’en ce moment, on peut la voir Mars très très bien tous les soirs. Mais c’est le 30 mai qu’elle sera au plus proche, à environ 75 millions de kilomètres, ce qui est la moitié de la distance Terre-Soleil – donc ces jours-ci, à l’œil nu ou pas, si vous voulez voir Mars, c’est le moment, et c’est très beau !

Si vous voulez avoir des détails sur ce qu’on peut observer et sur ce phénomène astronomique plus globalement, il y en a justement un article très complet dans le Ciel et Espace actuellement en kiosque, c’est un très bon guide.
Et du coup, Hubble a profité de ce rapprochement pour la photographier, et avec la légende, ça donne ça…
Cela dit, il n’y a pas que Mars qu’on peut voir en ce moment, il y a aussi Jupiter et Saturne qui se trouvent dans notre champ de vision ces jours-ci…

DE LA GLYCINE ET DU PHOSPHORE SUR CHURY
L’événement de cet épisode, c’est une découverte absolument majeure de l’instrument Rosina sur Rosetta, qui a trouvé, tenez-vous bien, de la glycine et du phosphore sur Chury !! Pourquoi c’est complètement dingue et très excitant ? Parce que la glycine n’est pas seulement une fleur, c’est d’abord un acide aminé, donc une brique de la vie, et le phosphore est l’un des cinq atomes qui constituent l’ADN.
C’est Hervé Cottin, dont je vous parle très souvent, qui co-signe l’article publié dans « Science Advances », et il explique sur le site du CNES que cette découverte « renforce l’hypothèse selon laquelle la vie pourrait s’être formée sur Terre grâce à l’apport de molécules d’origine extraterrestre ».
C’est fascinant, de voir comment on avance dans la compréhension de l’origine du vivant sur Terre, avec cette mission Rosetta – moi je suis toujours autant excitée de voir l’histoire de l’astrochimie s’écrire devant mes yeux, c’est une nouvelle incroyable, on est bien d’accord !! Je vous laisse des tas de liens pour aller vous renseigner plus en détails sur cette découverte, et encore une fois, suivez Hervé Cottin sur Twitter, à chaque fois il prend le temps d’expliquer les études qui sortent en détail, il fait un super boulot de vulgarisation et c’est passionnant.

https://rosetta.cnes.fr/fr/rosetta-senti-de-la-glycine

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2016/05/27/rosetta-detecte-une-brique-du-vivant-dans-la-queue-de-la-comete-tchouri_4928010_1650684.html

http://www.lefigaro.fr/sciences/2016/05/27/01008-20160527ARTFIG00330-rosetta-a-decouvert-une-brique-du-vivant-sur-la-comete-67p.php

NUIT SCIENCES ET LETTRES DE L’ENS
En parlant de vulgarisation, justement, et pour finir cet épisode, la date est celle du 3 juin et je serai à la Nuit Sciences et Lettres organisée par l’ENS de Paris – à Paris, donc – avec mes camarades youtubeurs David, de Science Etonnante, Léo, de dirtybiology, et Cyrus du coup de fil, pour parler Youtube et vulgarisation scientifique.
Mais si vous n’êtes pas à Paris, ça se sera retransmis en live sur Youtube, de toute façon. Et si vous êtes à Paris, que vous aimez la culture et que vous n’avez pas spécialement envie de voir nos tronches, venez quand même faire un tour du côté de Normale Sup vendredi prochain, parce qu’il y aura un milliard de trucs passionnants à voir, à faire, à écouter, à rencontrer, de lectures de textes du mathématicien Alexandre Grothendieck par Anouk Grinberg à des expos, en passant par des conférences sur le bitcoin et des ateliers sur les virus marins, il va y en avoir pour tous les goûts. Je vous mets le programme en-dessous de la vidéo, comme toujours, et si vous me croisez, n’hésitez pas à dire bonjour, ça me fera très plaisir !

C’est la fin du 55ème épisode de ce podcast, un peu rapide pardonnez-moi mais je n’ai pas beaucoup de temps libre en ce moment… Merci à tous ceux qui le téléchargent sur iTunes de le solliciter autant ! Ça fait plus d’une semaine maintenant qu’il se trouve systématiquement devant la Conversation Scientifique, ce qui me fait très plaisir, mais tout de même, voilà une émission qui mériterait la première place du classement… Du côté de la Tête au Carré, je vous conseille l’émission hommage à André Brahic qui est pleine de ses interventions, notamment celle où il était venu à la Cité des Sciences pour l’atterrissage de Philae sur la comète, si vous écoutez ce passage, sachez que je me trouvais à un micro juste en face de lui et que j’en garde un souvenir ébloui, parce que c’est la seule fois où j’ai eu la chance de le rencontrer…
En ce qui me concerne personnellement, vous pouvez me retrouver sur la chaîne String Theory dans Spatialiste – on tourne 4 épisodes dans quelques jours, j’ai hâte !… Et bien sûr vous pouvez me suivre sur Twitter, liker ma page Facebook où je partage de l’actu absolument tous les jours, et vous abonner à ma chaîne Youtube.
Merci aux Tipeurs pour leur générosité, vous êtes presque 100, je suis vraiment gâtée !! Et si vous voulez m’aider autrement, alors partagez mes vidéos, parlez-en autour de vous, abonnez-vous à la chaîne, mettez un petit mot et des étoiles sur iTunes, ça me fait toujours hyper plaisir…
Je vous laisse en rediffusant cette interview d’André Brahic dont je vous avais déjà parlé un jour, je crois, et en attendant prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire…

[PERSO] André Brahic… MERCI.

mai 15, 2016 dans Culture scientifique, Personnel

Cher André Brahic,

Quand je suis arrivée ce matin sur la scène de l’amphithéâtre Mérieux de l’ENS de Lyon pour intervenir lors d’une table-ronde dans le cadre des Intergalactiques, il y avait plus de fauteuils que nous n’étions d’intervenants.
Vous étiez annoncé « sous réserve » et je savais que vous ne viendriez pas, mais quand on m’a proposé de participer à l’événement, l’espoir était permis, j’en avais été folle de joie.
Alors j’ai eu une pensée pour vous avant de m’asseoir, sachant que de toute façon vous ne seriez pas longtemps resté assis si vous aviez été présent. Ça m’a fait sourire.

Lorsque je suis partie dans un monologue un peu sombre et décousu concernant notre avenir, j’ai à nouveau pensé à vous. J’ai voulu tempérer mes propos en vous citant, en rappelant que, tout de même, nous vivons une époque formidable, et j’étais prête à égrainer vos arguments pour que vous soyez parmi nous un peu quand même. Et puis… je ne l’ai pas fait, finalement.

Nous avions échangé quelques mails ces derniers temps, nous devions nous rencontrer, vous étiez d’accord. « Votre santé passe avant tout le reste. Vraiment. », vous avais-je écrit, essayant d’être raisonnable à votre place alors que vous m’aviez détaillé vos déplacements entre deux séjours à l’hôpital. « Prenez soin de vous », avais-je conclu en pesant chacun de ces quatre mots.

Nous nous étions croisés une fois, sur le plateau de « La tête au carré » à la Cité des Sciences, le 12 novembre 2014, à l’occasion de l’atterrissage de Philae. Je vous avais fait part de mon émotion de vous voir, de mon admiration, et je vous avais remercié pour tout ce que vous faisiez pour le grand public, dont je fais partie. Ça vous avait bien fait rire et c’est vous qui m’aviez remerciée en retour, « d’écouter un vieux croulant comme moi ». Dans une indignation hilare, je vous avais un peu engueulé, ne vous permettant pas de parler de vous-même ainsi. Et je ne vous avais pas quitté des yeux avec un sourire niais, appréciant chaque seconde de votre présence et de votre énergie.

Ce matin, la table-ronde s’est terminée. Au moment de rentrer, j’ai rallumé mon téléphone. Et j’ai appris que les fauteuils vides étaient bien plus vides que ce que j’avais imaginé.

Sur le chemin du retour, mes yeux noyés derrière mes lunettes de soleil, j’ai partagé mon chagrin avec un ami. Je n’arrivais plus à être une homo rigolus. Il m’a écrit que ça reviendrait. Qu’il le fallait. Une larme est tombée sur mon téléphone. Qu’il faudra grimper sur vos épaules, comme vous l’aviez fait avant nous. Même si les vôtres « sont sacrément hautes ».

Je ne sais pas si j’arriverai à grimper sur vos épaules, André Brahic. Je sais juste que vous êtes l’un de ceux qui m’ont amenée à être ce que je suis aujourd’hui. Et malgré les doutes, malgré les angoisses, malgré la peur d’y être illégitime, je suis heureuse de ce que je suis, et de ce que j’aimerais continuer à devenir.

Mais vous êtes si grand, et vos épaules me paraissent tellement inaccessibles… Peut-être, avec votre accord, devrais-je grimper sur ce fauteuil vide ?…

Florence

© MaxPPP

[TWITTER] Pendant ce temps-là, dans l’Univers… #transit #Mercure

mai 13, 2016 dans Culture scientifique, Pendant ce temps-là, dans l'Univers

LES ÉPISODES PRÉCÉDENTS
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 1
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 2
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 3
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 4
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 5
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 6
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 7
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 8
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 9
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 10
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… Spécial éclipse
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… #Canicule2015
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… #ConjonctionVénusJupiter
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… spécial éclipse lunaire

LA SUITE !
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 11 (à venir)

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 54

mai 8, 2016 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 54ème épisode de ce podcast dans lequel je vais vous parler de Mars sous différents points de vue avec notamment le témoignage d’un Français actuellement en mission avec la NASA, où je vais vous faire visiter un institut du CNRS qui reproduit des étoiles et des planètes dans leur labo, et où il sera question de réalité qui dépasse la science-fiction…

LA REVUE DE TWEETS
Et si on commençait non pas par un tweet mais par une revue de tweets, pour rattraper tout ce temps passé entre l’épisode 53 et celui-là ?… Alors c’est parti : et c’est Neil deGrasse Tyson qui ouvre le bal en commentant la détection des ondes gravitationnelles. « 1916 : Einstein prédit les ondes gravitationnelles. 1917 : il pose les bases du laser. 2016 : on découvre les ondes gravitationnelles grâce à des lasers. » Toute la beauté, toute la magie de la science, et tout le génie d’Einstein résumés en 140 caractères – j’aime éperdument Neil deGrasse Tyson, sachez-le, ce gars-là est mon idole. Et concernant les ondes gravitationnelles, je ne vais pas m’étendre dessus dans cet épisode, parce que j’en ai fait une vidéo – vous pouvez cliquer dans la vidéo dans la vidéo dans cette vidéo pour y accéder… La magie de l’internet.

Deuxième tweet, le 23 février, Scott Kelly qui était encore dans l’ISS se commençait une petite rétrospective… Alors là on a un double inception : Scott Kelly qui cite Scott Kelly qui partage l’image de l’ISS de Gravity dans l’image de l’ISS de la vraie vie… Si vous écoutez ce podcast sans le regarder, ahah, je suis pas sûre que vous ayez compris grand-chose mais je vous assure, l’image est dingue.

 

Et en parlant de Scott Kelly, quelques jours plus tard, le 2 mars au petit matin heure française, il est revenu sur Terre avec Mikhail Kornienko et un troisième astronaute – la particularité des deux que j’ai cités étant qu’ils ont passé un an dans l’espace au lieu des 6 mois de mission habituels pour préparer les voyages de longue durée vers Mars… Oui, on dirait pas sur la photo, comme ça, mais en vrai il y a une capsule spatiale avec 3 gars dedans, au bout du parachute géant au-dessus des nuages…

Ensuite, ce tweet de Curiosity. Non, sérieux. Regardez bien. Bon, le gars à droite a été le responsable du développement de l’instrument franco-américain CHEMCAM, qui est l’instrument le plus important du rover, et il a été nommé chevalier de la légion d’honneur par le consul de France qui est à gauche. Mais c’est pas ça qui m’intéresse, là. Non mais regardez sa cravate !!! Moi je dis oui. Voilà, c’est un grand oui, je dis oui, je dis mille fois oui. Sérieux, si vous la trouvez quelque part faites péter le lien, je veux la même, et je vous jure que je la porterai. Je pense d’ailleurs, messieurs, que si vous étiez plus nombreux à oser les cravates cosmiques, le monde serait plus beau. Et recevoir la légion d’honneur avec ça, bah moi vous savez quoi ? ça m’émeut. Parce que le gars qui n’a pas l’air d’avoir 20 ans, eh ben il a toujours 4 ans et demi dans sa tête, et ça me retourne complètement. Voilà. Merci à lui, rien que pour ça. Monsieur, t’as trop le swag.

[TWITTER] Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 10

mai 1, 2016 dans Culture scientifique, Pendant ce temps-là, dans l'Univers

LES ÉPISODES PRÉCÉDENTS
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 1
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 2
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 3
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 4
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 5
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 6
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 7
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 8
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 9
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… Spécial éclipse
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… #Canicule2015
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… #ConjonctionVénusJupiter
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… spécial éclipse lunaire

LA SUITE !
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 11 (à venir)

[PERSO] Le succès, YouTube, le sexisme et moi

mars 30, 2016 dans Personnel, Société

Hier matin, j’ai tweeté, à la fois blasée et fatiguée, la capture d’écran d’un commentaire sexiste. J’avais juste envie de râler, de témoigner de ce qu’une femme qui s’expose sur Internet peut recevoir, encore, en 2016.

J’ai enchainé sur quelques tweets expliquant que ces commentaires sexistes incessants m’empoisonnent, me touchent, m’angoissent, et j’ai fait référence à un débat qui a eu lieu il n’y a pas longtemps sur la question du sexisme dans le succès modéré des youtubeuses scientifiques en France (par rapport à leurs homologues masculins).

 

 

Malgré moi, j’ai rouvert ce débat. Comme j’ai à nouveau besoin des services de la SNCF et que DONC mon TGV est annulé, mais remplacé, mais on sait pas quand, j’en profite pour exposer mon point de vue et mon histoire en plus de 140 caractères.  

Du CV-court-métrage à « La folle histoire de l’Univers »

Ma première vidéo date de novembre 2009. Dire si je suis une ancienne sur les Internets, même si ça n’avait rien à voir avec les sciences (pour les plus observateurs d’entre vous, vous noterez quand même qu’Étienne Klein était déjà là…)

 

 

C’était un CV-court-métrage et le succès qu’il a remporté, à la fois en ligne et dans les médias, m’avait déjà confronté aux commentaires sexistes, de la simple « blague » vaseuse aux menaces de viol et de mort.

 

Deux ans plus tard, ce CV-vidéo m’a permis d’être embauchée par StoryCircus où ma formation de comédienne, mes compétences d’auteure et mon aisance sur les réseaux sociaux ont fait de moi la personne idéale pour intégrer l’équipe d’une émission dingue : Le Grand Webze.

 

Le projet était trop ambitieux, l’émission n’a pas survécu à son quatrième numéro. Coup dur. Il fallait que je pense à autre chose.

 

J’ai alors fait mon « coming-out » scientifique sur mon blog en partageant un projet un peu fou que je venais de créer : l’Univers en 30 comptes sur Twitter. J’étais passionnée de sciences, je ne l’avais jamais dit, et je trouvais l’outil Twitter intéressant à plus d’un titre. Je n’ai pas seulement créé tous ces comptes, j’ai aussi créé à chacun une fiche personnage avec des traits de caractère, des qualités, des défauts. À chaque fois que je prends les rênes d’un compte, c’est un personnage que j’interprète : un mélange de comédie virtuelle et de travail d’auteur.

 

L’accueil reçu a dépassé mes espérances. J’ai voulu aller plus loin, proposer autre chose, toujours lié au spatial et aux sciences de l’Univers – d’autant plus que ce que j’aurais voulu voir dans les médias n’existait nulle part. J’ai développé des concepts de vidéos de vulgarisation de tous types : des programmes courts, du moyen format, des projets plus longs.

 

Au sein de la même prod, j’avais enchaîné sur le Vinvinteur et je voulais profiter d’avoir un pied à France 5 pour essayer de vendre au moins un des concepts. J’ai monté des dossiers, aiguisé mes arguments, été aidée, entourée et soutenue par des producteurs. Il y a eu plusieurs années de démarchage – en vain.

 

Je savais que ça serait long et j’avais quand même envie de proposer des contenus – en attendant. Il était hors de question que je mette en place un ersatz des concepts que j’essayais de vendre, il fallait donc que j’en trouve un autre.

 

C’est comme ça qu’est née « La folle histoire de l’Univers« . Le programme se présente sous la forme d’une vidéo, constituée d’une voix-off sur des images d’illustrations, divisé en 8 rubriques (toujours les mêmes) dans lesquelles se distribuent l’actualité du spatial et des sciences de l’Univers et des sujets non-datés. Les rubriques « personnalité » et « date » servent souvent à présenter un personnage historique, une théorie dont c’est l’anniversaire, l’histoire d’une découverte, etc.

 

Donc, Bruce, quand tu dis ce genre de chose, non seulement sur Twitter mais dans toutes tes interviews dans les médias, oui, ça m’énerve.

 

 

J’explique la relativité restreinte, l’histoire de Pluton, la vie et la mort des étoiles, ou l’intrication quantique sur Youtube depuis 2012. Donc depuis 4 ans. Et voir son travail balayé d’un revers de la main, ce n’est pas très agréable.

 

Un ami, Vincent Touati, m’a conseillé de mettre mon programme également sur iTunes. Je n’aurais jamais pu le faire sans son aide technique, j’en profite pour le remercier une fois encore. Il s’est vite avéré que les téléchargements iTunes étaient 100 fois, voire 1000 fois, plus importants que les vues sur Youtube – d’où le fait que j’en parle comme d’un podcast.

 

 

Encore faux : j’ai voulu continuer à le mettre en ligne sur Youtube – d’où la limite à 15 minutes maximum par vidéo : lors de la première saison, mon compte ne me permettait pas de mettre en ligne des contenus plus longs. J’aurais pu m’éviter cette limite en me retirant de Youtube, mais je ne voulais pas.

Le format de « La folle histoire de l’Univers » m’était dicté par deux contraintes. La première était technique et financière : je n’avais pas les moyens de m’acheter caméra, son, lumière, logiciel de montage, etc – je ne pouvais donc pas me filmer, d’où la voix-off.

La deuxième était personnelle et sociétale : je n’étais pas prête à devoir faire face, à nouveau, à la logorrhée sexiste des commentaires qui m’avait déjà bien retournée à l’époque du CV-vidéo. D’où la voix-off.

Le harcèlement extrêmement violent dont j’ai été victime lors de l’épisode du Vinvinteur sur le sexisme dans les jeux vidéo m’a convaincu que la voix-off sur « La folle histoire de l’Univers », C’ÉTAIT UNE BONNE IDÉE.

Ma chaîne Youtube comme un laboratoire

J’ai donc échoué à vendre des concepts de vulgarisation scientifique à des chaînes de télévision. Mais le besoin d’aller plus loin que « La folle histoire de l’Univers » était de plus en plus présent, et l’envie de me mettre en scène, de jouer une comédie moins virtuelle que sur Twitter était de plus en plus forte.

Mais j’avais toujours aussi peu de moyens financiers et j’étais bien traumatisée par les différentes sortes de harcèlement dont j’ai été victime (s’il n’y avait eu que celui du Vinvinteur, ç’aurait été trop facile…) Il fallait également que je réécrive les concepts que j’avais essayé de vendre de manière à pouvoir les produire toute seule.

J’ai donc mis du temps. C’est la raison pour laquelle j’ai commencé à faire des vidéos « classiques » tardivement. C’était en décembre 2014 et j’ai commencé avec les « Perles du PAF » – concept que je n’avais pas proposé aux chaînes de télévision, bizarrement, mais qui était une sorte de pied à l’étrier, et de manière pour moi de régler ma déception de n’avoir pas pu pouvoir faire quelque chose dans ce média-là.

Bien sûr, les commentaires sexistes ont été là tout de suite – j’en ai d’ailleurs toujours eu sur « La folle histoire de l’Univers », mais c’était anecdotique puisque (c’est comme ça que je l’explique) je n’exposais pas mon image. Mais contrairement à ce que j’avais pu subir, c’était supportable. J’ai donc continué.

J’ai continué, en testant à la fois des formes d’écriture, des techniques de montage, des rythmes, des décors, des personnages. Je vois ma chaîne Youtube comme un laboratoire où je teste des trucs – comme une gigantesque expérience. Je garde, j’affine, j’abandonne, je modifie, je tiens compte des retours, ou pas ; bref… Je ne m’interdis rien. Je fais surtout des choses qui me tiennent à cœur – même si c’est pas toujours au point techniquement parce que je ne suis pas réal, ni chef op, ni ingé son, ni monteuse, ni graphiste, ni… etc.

Mon auto-critique

Je connais mes limites. J’ai conscience des nombreux défauts de ma chaîne Youtube.

Je n’ai pas d’identité visuelle bien définie par exemple : pas vraiment de logo, pas de générique qui soit partout le même, pas de cartons tout faits.

Je fais des listes pour les différents concepts que je teste mais je multiplie les listes et pas les vidéos à l’intérieur de ces listes – ce qui peut donner l’impression que je m’éparpille, que je n’ai pas deux ou trois concepts forts à retrouver à intervalles réguliers.

Il y a des vidéos où j’ai besoin d’autres personnages que moi-même pour faire avancer le schmilblick – et d’autres non.

Il y a « La folle histoire de l’Univers » qui est un exercice qui se rapproche plus du journalisme, avec des reportages, des interviews ; et les autres vidéos qui s’approchent plus de ce qu’on attend d’un youtubeur. Ça peut déstabiliser un internaute qui ne saurait pas trop à quoi s’attendre de cette chaîne multifonction. J’aurais sans doute dû dédier une chaîne au podcast, et en ouvrir une deuxième pour les vidéos.

Au-delà du fond, il y a aussi la forme : je suis seule, de A à Z, pour écrire, tourner, monter, promouvoir. Je viens de la télé, je sais ce que c’est que de produire du contenu audiovisuel – et croyez bien que ça implique des dizaines de corps de métier différents. Je suis seule, avec des moyens financiers limités et des compétences techniques au ras des pâquerettes parce que j’apprends sur le tas – et toute seule, encore une fois.

Alors non, ma chaîne ne peut pas avoir le succès d’un DirtyBiology qui a des moyens techniques et de post-prod que je n’ai pas. Ni celui d’un e-penser dont l’identité visuelle est irréprochable et qui a des formats bien définis. Ni celui d’un Axolot qui a un talent de conteur incroyable, qui n’est pas tout seul et qui a accès à des endroits dingues. Ni… Et je pourrais continuer longtemps comme ça.

Le sexisme et les youtubeuses scientifiques

Bruce m’accuse de me plaindre que ma chaîne ne décolle pas parce que je suis une femme.

C’EST FAUX, je n’ai jamais dit ça – pas plus aujourd’hui que les autres jours : je parle des youtubeuses scientifiques en général, pas de mon cas personnel.

 

Mais c’est sûr que quand on me demande d’argumenter, je parle du cas que je connais le mieux : le mien. Ça peut donner l’impression que je prends mon cas pour une généralité, mais vraiment pas, non. Seulement, en 140 caractères, c’est pas simple d’expliquer ça. D’où le contresens de Bruce – que je ne blâme pas pour ça.

Je connais les raisons qui font que ma chaîne ne « décolle » pas malgré mon ancienneté, le sérieux avec lequel je travaille, le temps que j’y passe et la passion que j’y mets. J’en ai décrit quelques-unes ci-dessus, je ne vais pas y revenir.

NÉANMOINS.
Néanmoins le sexisme de notre société ne doit pas être minimisé dans le fait que – comme c’est étrange – aucun des poids lourds de la vulgarisation scientifique sur le Youtube français n’est une femme.

Bien entendu que le fait d’être une femme, en sciences, sur Youtube, en France, joue en notre défaveur !

Ce n’est évidemment pas la seule raison de nos succès mitigés. Mais c’en est une, qu’il ne faut pas minimiser (oui, j’insiste).
Et je ne l’ai pas inventé : les débats que nous avons eus, avec statistiques, témoignages, et captures d’écran de commentaires des youtubeuses parlent d’eux-mêmes.

Il y a un problème de sexisme. C’est évident.
Il faudrait une étude sociologique sur ce sujet. Il est bien plus complexe, bien plus insidieux que : « On prend pas au sérieux/on n’est pas habitué aux filles qui parlent de sciences ».
C’est la société, c’est l’éducation, ce sont les stéréotypes qu’on a tous – moi la première – intégrés et contre lesquels il est difficile de lutter tellement ils sont ancrés en nous, c’est un millier de facteurs qui font que le sexisme est un élément qui nous freine.

Et quand on partage nos expériences et nos commentaires, ce serait pas mal que les hommes évitent de reprendre tout ça à leur compte en se faisant passer pour les victimes qu’ils ne sont pas.

NON. Personne, Bruce, personne, JAMAIS, ne te demande de t’excuser d’être un homme. Non, jamais. Nulle part.
Nous par contre, en tant que femme, c’est tous les jours. Sur Youtube ou dans la vraie vie. Au bureau ou dans la rue.

Bien entendu que ton succès tient en partie au fait que tu es un homme !

Je suis certaine que tu n’as pas la naïveté de réellement croire le contraire. Ton succès tient en partie au fait que tu es un homme, tout comme avoir un meilleur salaire tient en partie au fait d’être un homme, tout comme avoir un poste à responsabilité tient en partie au fait d’être un homme, tout comme ne pas être victime de harcèlement de rue tient en partie au fait d’être un homme, tout comme être pris au sérieux dans un magasin de bricolage tient en partie au fait d’être un homme, tout comme être chirurgien plutôt qu’infirmière tient en partie au fait d’être un homme, etc, etc.

Mais quand on se plaint des violences sexistes, quand on dit qu’être une femme joue en notre défaveur, nous ne disons pas : « Excusez-vous d’être des hommes. »
NON.
Nous disons seulement : « Nous voudrions que ces violences sexistes et que cette discrimination cessent. » C’est très différent.
On n’attaque personne – encore moins nos camarades. On essaye juste de se défendre contre les abrutis qui sont trop nombreux.

Je persiste et signe : oui, le fait que les femmes aient moins de succès sur Youtube, en sciences, en France, EST lié à un problème de sexisme.
Pour répondre à Bruce qui pense que non, je n’ai rien d’autre à lui montrer qu’une comparaison du nombre d’abonnées des femmes et de ceux des hommes, ou que les commentaires sexistes qu’on se prend dans la gueule à longueur de journée et qui prouvent qu’on ne peut pas d’exposer quand on est une femme sans qu’on nous regarde comme un bout de viande – ce que nous racontons est donc souvent secondaire.

Je me suis rendue compte, moi-même, que quand je regarde une femme sur un écran, je regarde comment elle est présentée d’abord – alors que quand je regarde un homme, je commence par l’écouter, et ensuite je le regarde. C’est insidieux. C’est difficile à expliquer. C’est inconscient la plupart du temps. Mais c’est un fait.
Il n’y a pas d’étude qualitative, quantitative, sociologique sur le sujet. (En tout cas, pas à ma connaissance.)

Mais ça ne veut pas dire que ça n’existe pas, et Bruce (et ceux qui pensent comme lui, hein ! je prends juste Bruce comme exemple parce qu’il s’est exprimé sur la question hier, rien de personnel évidemment) peut bien penser le contraire, il n’a pas d’argument non plus. Dire qu’il y a du sexisme partout, pas seulement sur Youtube, ce n’est pas un argument.
Nous ramons dans ce domaine particulier, en partie parce que nous sommes des femmes. Et cette partie (qui ne fait pas tout ! on est d’accord) ne doit pas être minimisée. Ce serait pas mal de se sentir un peu soutenues – en tout cas pas enfoncées.

Que la culture scientifique gagne !

Je suis ravie du succès de Mickaël, Léo, Germain, David, Baptiste, Bruce, Sébastien. Ravie, revigorée, ragaillardie, parce que moi qui ai essayé d’amener les sciences à la télé (à ma toute, toute, toute petite échelle, hein), leur succès est la preuve que j’avais raison : il y a un public pour ça. J’étais juste un peu en avance et ces chaînes n’existaient pas à l’époque où j’ai constitué mes dossiers. Je manquais de chiffres d’audience pour convaincre. Mais peu importe, c’est de l’histoire ancienne.
Ce qui compte, c’est que la culture scientifique touche le plus grand nombre. Des centaines de milliers de personnes et des millions de vues, c’est bien plus que ce que la télévision aurait pu faire. Et c’est cool, putain.

Alors peu importe mon cas personnel. Evidemment que j’aimerais avoir plus d’abonnés. J’aimerais surtout, en fait, que la culture scientifique sur le web ne se prive pas des youtubeuses, pour élargir encore plus le public touché. Et pour atteindre un public féminin, sous-représenté aussi.

Je n’ouvre pas les commentaires pour ce billet parce que je n’ai pas le courage de modérer les horreurs sexistes qui vont immanquablement tomber. Désolée pour le débat, pour les échanges, pour les avis argumentés. Mais je suis trop fragile par rapport à toute cette violence en ce moment pour m’infliger ça.

Je voudrais remercier toutes les personnes qui me soutiennent sur Tipeee et qui me permettent de continuer à expérimenter. Comme je ne gagne pas du tout ma vie avec les vidéos et que ça prend un temps fou (ma vidéo sur les ondes gravitationnelles, juste pour donner un exemple, c’est 35 heures d’écriture), vous me permettez de dégager des journées pour continuer à en faire quand même. Je ne pourrais plus, sans vous.

Je remercie toutes les personnes qui écrivent des commentaires constructifs et qui m’envoient leurs encouragements. C’est ça qui me fait tenir quand j’en peux plus des abrutis.

Sachez enfin que je n’ai pas le nez sur mes compteurs. Ma chaîne est très importante pour moi pour ce qu’elle m’apporte en terme de partages, d’échanges, de créativité, de connaissances, de rencontres. J’y mets tout mon cœur, et ça n’a pas changé d’un iota entre 45 et 16 000 abonnés. Ce serait pareil à 3 millions.

Mais quand je mets mes tripes, six mois de mon temps et une énergie infinie à constituer un contenu comme « La folle histoire de l’Exoconférence« , pour la seule raison que je ne veux pas garder pour moi la chance inouïe de pouvoir côtoyer les personnes incroyables qui y participent, et qu’on me dit que j’ai forcément couché avec chacun des intervenants pour pouvoir parvenir à ce résultat, je sais que je devrais supprimer et oublier. Mais c’est humiliant. C’est profondément humiliant et c’est compliqué de vous parler de ce commentaire-là encore aujourd’hui, plusieurs mois après l’avoir reçu. Je le fais pour témoigner, pour dire que ces commentaires, même si on a l’habitude, même si on les subit au quotidien partout, ne sont jamais anodins et nous marquent. Et peuvent nous empêcher d’avancer, de continuer.

Je voudrais également arrêter de lire, en vrac :
- je te défoncerais bien ta chatte de Schrödinger
- tu t’épiles comment ?
- c’est étonnant qu’une femme s’intéresse à Etienne Klein
- on peut bien t’agresser sexuellement puisque tu voles nos emplois
- va te faire engrosser sur Mars sale chienne
- je te verrais bien à la fistinière
- tu suces ?
- t’es moche
- t’es bonne
Et je m’arrête là.

C’est un peu décousu, tout ça… Bref.

Voici des chaînes de vulgarisation scientifique, par ordre alphabétique. Des hommes, des femmes, on s’en fout. Ce qui compte, c’est que la culture scientifique soit partagée.

Merci à vous qui nous regardez.

Astronogeek
Axolot
C’est une autre histoire
DirtyBiology
e-penser
ExperimentBoy
Florence Porcel
La vie sur Vénus
Les Revues du Monde
Micmaths
Motorsport Gigantoraptor
Science étonnante
Scilabus
Sense of Wonder

(Je sais que j’en oublie. PLEIN. Ce n’est pas une liste exhaustive.)

 

ÉDIT DU 04/04/2016

Après la violence des réactions autour de ce billet, je souhaite apporter quelques précisions. Il me semble important également d’apporter une sélection de témoignages ou de commentaires qu’il faudra voir comme des arguments, comme quelques preuves de ce que j’avance.

À ceux qui m’accusent d’avoir fait ce billet pour « le buzz/me faire de la pub/faire mon auto-promo », je vous réponds que le jour où on mettra des cons sur orbite, vous n’aurez pas fini de tourner. Prévoyez un peu de carburant pour accélérer de temps en temps quand même, parce que sinon vous allez finir par vous cramer les fesses dans l’atmosphère. Eh oui, ça sert à savoir ça aussi, la vulgarisation. (De rien, pour le conseil.)

À ceux qui m’accusent de « mettre-mon-échec-sur-le-dos-du-sexisme-sans-me-remettre-en-question », je réponds que vous n’avez pas lu ce billet. Alors je répète, je reformule, je reprécise.
- Les trois-quarts du billet sont dédiés à expliquer mon parcours et les raisons pour lesquelles ma chaîne ne peut pas avoir des centaines de milliers d’abonnés – indépendamment de tout sexisme. Si ce n’est pas une remise en question, je ne vois pas ce que c’est.
- Je n’ai JAMAIS parlé d’échec. D’ailleurs, il y a « succès » dans le titre. Je suis ravie, et surtout honorée, d’être suivie par une telle communauté, qui grossit d’année en année, et avec laquelle j’ai un lien fort (en tout cas c’est ce que je ressens, et j’estime que c’est une très belle histoire).
- Mon message N’EST PAS : « Ma chaîne est un échec parce que je suis une femme. » Mon message EST : « Les youtubeuses scientifiques ne décollent pas parce qu’il y a un problème de sexisme sociétal et culturel qui explique en partie le fait que nous soyons moins nombreuses et que celles qui sont présentes soient moins suivies. »
- Et remettre en question VOTRE déni, VOS a priori, VOTRE comportement, jamais, non, c’est valable pour les autres mais pas pour vous, ça ? L’hôpital, la charité, toussa.

À ceux qui me reprochent de « manquer de preuves, d’arguments, de faits, d’études, de chiffres », effectivement il y en a peu dans ce billet (ce que j’avais d’ailleurs précisé et regretté). Alors ok, d’accord, allons-y.

PARLONS CHIFFRES
- Nombre de youtubeurs scientifiques français au-dessus de 100k abonnés : 6 (Micmaths, Science étonnante, Dirtybiology, Experimentboy, e-penser, Dr Nozman). Nombre de youtubeuses scientifiques françaises au-dessus de 100k abonnés : 0.
- Dans les conventions et assimilés, vous avez croisé combien de youtubeuses scientifiques par rapport aux youtubeurs, déjà ?
- En élargissant à tous les domaines, maintenant. Combien de youtubeurs sont renvoyés à leur sexe de manière dégradante et réduits à un statut d’objet sexuel ? Combien de youtubeuses sont renvoyées à leur sexe de manière dégradante et réduites à un statut d’objet sexuel ?

PARLONS PREUVES
Voici deux-trois petites choses reçues ces derniers jours qui prouvent que le chemin est encore très long.

 


PARLONS TÉMOIGNAGES Et pareil, un échantillon de témoignages reçus ces derniers jours.

 


 

Voilà.
Tout ça va bien au-delà de la question des youtubeurs dans le domaine des sciences. Ça concerne toute la société.
Alors on fait quoi, maintenant ?

Mesdames : faites ce que vous avez à faire, ce que vous avez envie de faire, sur Youtube ou ailleurs. Si vous devez vous poser des questions, la seule valable est celle-ci : si j’étais un homme, est-ce que je le ferais/j’oserais/j’irais ?

Messieurs : auto-censurez-vous. Le sexisme au deuxième degré que vous servirez trois fois l’an renvoie à une réalité quotidienne pour les femmes. Et si vous êtes témoin de propos ou de comportements déplacés, allez discuter avec l’auteur de ce propos ou de ce comportement. Vous serez mieux entendu que la victime ou son entourage féminin.

Le flot de haine et de violence que j’ai vécu ces derniers jours me dit que ça va être encore long. Mais on va y arriver.

Vive Einstein, vive Marie Curie, vive Thomas Pesquet, vive Claudie Haigneré. (Liste non-exhaustive.)

À ceux qui m’ont envoyé des mots d’encouragement et de soutien… merci. 

[VIDÉO] 8 formes insolites dans le système solaire

mars 14, 2016 dans Vidéos, Vidéos de sciences

On trouve de drôles de formes, dans le système solaire…

Le livre présenté est « Pouvoirpoint » d’Erwann Surcouf aux éditions Vide Cocagne

——————————
S’abonner à la chaîne
Like la page Facebook
Me suivre sur Twitter
Me soutenir sur Tipeee
——————————–

[VIDÉO] Les ondes gravitationnelles

février 15, 2016 dans Vidéos, Vidéos de sciences

Que sont les ondes gravitationnelles prédites par Albert Einstein il y a 100 ans et découvertes il y a quelques jours ? En quoi cela va changer notre manière de faire de l’astronomie ?

——————————
S’abonner à la chaîne
Like la page Facebook
Me suivre sur Twitter
Me soutenir sur Tipeee
——————————–

La chute des corps sur la Lune
La balle de golf en slow motion
Les ondes gravitationnelles par David Louapre de Science Étonnante
Le 360° de Curiosity

Scientifique consultant : Stéphane Detournay.

[CHANSON] Berceuse pour Philae

février 12, 2016 dans Vidéos, Vidéos de sciences

J’ai la joie de vous présenter ma « Berceuse pour Philae », l’atterrisseur de la mission européenne Rosetta à destination de la comète Churyumov-Gerasimenko.
Bravo et merci à toutes les équipes de l’ESA, du CNES, des institutions, des centres de recherche, des laboratoires et des industries pour les succès de cette mission historique… à rebondissements.

——————————
S’abonner à la chaîne
Like la page Facebook
Me suivre sur Twitter
Me soutenir sur Tipeee
——————————–

Clip écrit et réalisé par Virginie Sarrazin.
Étalonnage, effets additionnels et générique par Antoine Sarrazin.
Montage par Florence Porcel et Virginie Sarrazin.

Chanson écrite, composée et interprétée par Florence Porcel.
Enregistrement et mixage par Arnaud Léonard.
Arrangements par Véronique Fruchart.
Arrangements pour cordes et cordes par Arnaud Léonard.

Tourné en Champagne en août 2015 sous un soleil à faire fondre cent comètes, avec la participation de Wifi.

Merci au blog Ciloubidouille pour les plans de la fusée, et merci à Pythagore pour m’avoir permis de calculer les longueurs des triangles du toit de notre fusée au millimètre près.

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 53

janvier 27, 2016 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 53ème épisode de ce podcast où je vais vous parler d’une hypothétique neuvième planète, d’une étoile décidément très mystérieuse, de récits de chercheurs et d’anniversaire martien…

MIKE BROWN, LE « TUEUR DE PLUTON »
Commençons avec la personnalité de la semaine. Il s’agit d’un astrophysicien américain du nom de Mike Brown, et vous avez sûrement entendu parler de lui ces derniers jours car c’est lui, avec un de ses collègues, qui a émis l’hypothèse d’une neuvième planète dans le système solaire dans une étude publiée récemment. Avant de revenir là-dessus plus en détails dans la rubrique événement qui va suivre, je voudrais donc m’arrêter un instant sur Mike Brown que je suis depuis des années – il s’appelle @plutokiller sur Twitter – mais dont je ne connaissais pas le parcours, en fait. Du coup ça m’a fait trop bizarre de le voir cité partout, tout d’un coup, mais en même temps c’est cool parce que ça m’a permis d’apprendre que son pseudo Twitter n’est pas juste une blagounette.
Entre 2003 et 2005, Mike Brown a découvert Eris, un gros objet transneptunien, donc qui se trouve au-delà de l’orbite de Neptune, et même au-delà de la Ceinture de Kuiper dans laquelle se trouve Pluton. Or, Eris est plus massive que Pluton de 27% – du coup le premier réflexe a été de lui donner le statut de 10ème planète du système solaire. Et puis comme il n’était pas exclu qu’on découvre des tas d’autres objets comme Pluton ou Eris dans la Ceinture de Kuiper ou au-delà, l’Union Astronomique Internationale s’est dit que peut-être il serait pas mal de penser éventuellement à définir le mot « planète » – non, ça n’avait pas été formellement fait jusque-là.
C’est donc suite à la découverte d’Eris qu’en 2006, une nouvelle définition de planète a vu le jour – il faut donc tourner autour du Soleil, être sphérique et avoir nettoyé gravitationnellement son environnement proche, pour résumer grossièrement – et que Pluton est passée de planète à planète naine. Mike Brown n’a pas « tué » Pluton comme son pseudo l’indique, mais il a bel et bien été à l’origine de son déclassement en découvrant une Eris plus grosse que lui.

Et le 20 janvier, je vois passer ce tweet très étonnant : « Ok ok, maintenant je veux bien l’admettre : je crois vraiment que le système solaire a neuf planètes ». Comme c’était réellement très incongru de sa part, j’ai suivi l’affaire de près et c’est comme ça que j’ai appris l’existence de sa nouvelle étude sur l’hypothèse de la Neuvième Planète… UNE NEUVIÈME PLANÈTE DANS LE SYSTÈME SOLAIRE ? Alors, qu’en est-il, de cette Neuvième Planète… Elle vient donc d’un article publié le 20 janvier dans l’Astronomical Journal par Mike Brown et Konstantin Batygin qui sont chercheurs au California Institute of Technology. Ils se sont intéressé à l’orbite de 6 corps transneptuniens, dont Sedna, découverte aussi par Mike Brown, décidément, et ils se trouvent que les orbites de ces 6 corps, en rose sur la vidéo, ont quelques particularités. Deux en l’occurrence : la première, c’est qu’elles se croisent à l’endroit où elles se trouvent au plus proche du Soleil, et le deuxième, c’est qu’elles se trouvent quasiment alignées sur le même plan orbital – quand on les regarde sur le côté ça fait presque plat, comme sur cette capture d’écran, quoi, grossièrement.

Or, ces deux particularités accumulées ont 0,007% de chance d’arriver par hasard – autant dire quasiment pas. Il faut donc expliquer autrement que par le hasard le croisement des 6 orbites étudiées et leur alignement. Les deux chercheurs font donc l’hypothèse d’une neuvième planète qui serait une sorte de Neptune, placée en opposition comme on le voit donc en orange sur l’animation, et qui se baladerait entre 200 et 1200 unités astronomiques autour du Soleil – autrement dit très très loin puisque par comparaison, nous sommes à 1 unité astronomique, soit 150 millions de kilomètres du soleil, et Pluton évolue entre 30 et 50 unités astronomiques et qu’on a mis 10 ans pour y arriver avec une sonde très rapide. Donc bon, une planète qui évolue entre 200 et 1200 unités astronomiques, c’est considérablement loin et elle ferait le tour du Soleil en 15 000 ans.

Beaucoup d’entre vous m’ont demandé comment c’est possible qu’on puisse observer des astres qui se trouvent parfois à des millions ou des milliards d’années-lumière et qu’on soit pas fichu de trouver une planète dans notre propre système solaire si elle existe. Effectivement, c’est une bonne question. Prenons le cas de Hubble qui peut donc faire des photos sublimes de cette galaxie, par exemple, mais un cliché tout pourri de Pluton. Quand on sait que la galaxie en question se trouve à 72 millions d’années-lumière et Pluton à 0,0005 années-lumière, pour garder la même unité, il y a effectivement de quoi s’étonner. Mais en terme de prises d’images astronomiques, autant que la distance, il y a la taille qui compte. Or, cette jolie galaxie que vous voyez là fait 50 000 années-lumière de large. C’est grand. Et Pluton fait 2400 kilomètres de large. C’est ridiculement petit. Alors, certes, Pluton est plus proche, mais elle est tellement minuscule que dans le ciel, vue depuis la Terre, elle apparaît 1300 fois plus petite que la galaxie – qui pourtant se trouve à 72 millions – millions ! – d’années-lumière, quand on essaye d’imaginer ça donne le vertige, faites gaffe si vous êtes sur le quai du métro.

Et puis il y a aussi la résolution de l’appareil photo à prendre en compte. Sachez que chaque pixel d’Hubble vaut 0,04 secondes d’arc – les minutes d’arc, c’est une unité de mesure pour les petits angles. Ça c’est pour ceux que ça intéresse, mais au final, étant donnée la taille apparente des objets dans le ciel, la résolution de la galaxie est de 3600 pixels. Et la résolution de Pluton, c’est à peine 3 pixels.

Du coup bah voilà pourquoi c’est chaud patate de trouver un petit objet dans notre propre système solaire – la Neuvième Planète serait une très grosse Terre ou une petite Neptune, c’est toujours plus gros que Pluton mais comme c’est vachement plus loin, ben c’est pas plus facile à détecter.

Alors vous allez me dire : oui mais enfin, on trouve bien des astéroïdes et des comètes, alors que par rapport à des planètes, c’est rien que des grains de poussière. Certes. Mais vous remarquerez qu’on n’a aucune image des comètes qui composent le nuage d’Oort, par exemple – et qu’on n’en aura jamais. Il est beaucoup trop loin. On n’en a pas d’observation directe. Quand on voit des comètes et des astéroïdes, c’est quand ils passent relativement près de la Terre et qu’on les voit bouger. Pas à l’œil nu, mais simplement en prenant des photos plus ou moins espacées dans le temps, comme sur ce gif, par exemple.

Je ne sais pas si les images sont espacées par des heures ou des jours, mais en tout cas on peut voir un déplacement en un laps de temps assez court. Mais pour un astre qui fait le tour du Soleil en 15 000 ans, sa vitesse par rapport à nous est très faible. On peut prendre une photo tous les dix jours pendant 6 mois sans rien voir bouger. Donc là aussi c’est compliqué. D’autant plus que pour cette hypothétique planète, on sait même pas où regarder ! Et il y a le problème de la luminosité, aussi… Une galaxie, c’est très lumineux et on la voit parfaitement bien même à des millions d’années-lumière. Mais une planète gazeuse au fin fond du système solaire, c’est pas le même son de cloche… Bref, si vous vous demandiez pourquoi on a des images superbes d’objets très lointains et qu’on a autant de mal à voir Pluton, des comètes éloignées ou des planètes pas encore découvertes, je vous ai donné quelques éléments de réponse… Pour résumer, si on veut une photo de cette éventuelle Neuvième Planète, ça pourrait prendre des années, même avec le James Webb Space Telescope qui va remplacer Hubble bientôt.

Maintenant, il y a aussi la possibilité qu’elle n’existe pas… Parce que je rappelle que cette étude présente une possibilité mathématique, pas une découverte. Neptune est la seule planète du système solaire découverte par le calcul – toutes les autres ayant été découvertes par l’observation directe – mais Neptune est la preuve que cette méthode fonctionne. Elle n’est pas nouvelle et elle peut effectivement aboutir à une vraie planète. Mais certains chercheurs tempèrent les résultats de la publication quand même. Le directeur de planétologie de la NASA, par exemple, a dit qu’il était trop tôt pour établir avec certitude la présence d’une planète là-bas, que c’est une prédiction précoce basée sur une modélisation basée elle-même sur des observations limitées. Et effectivement, ça rejoint pas mal l’avis d’autres scientifiques qui mettent en avant le fait que se baser sur seulement 6 objets de la Ceinture de Kuiper, c’est limitant. On ne les connaît pas tous, loin de là, et il suffirait d’en trouver 6 autres avec des orbites opposées pour que ça explique le mouvement de ceux qui ont été étudiés.

Ce que je comprends, c’est que conclure sur l’existence d’une neuvième planète pour expliquer un phénomène dans un endroit complexe avec des corps innombrables, c’est peut-être aller un peu vite en besogne. Personne ne dit que l’étude est mathématiquement fausse, mais il y a peut-être une autre explication. D’ailleurs, une étude française travaille sur le même sujet et ils ont d’autres conclusions… Le magazine Ciel et Espace a pu interviewer Agnès Fienga, qui fait partie de l’équipe de cette recherche, et voici ce qu’elle a dit : « Nous avons travaillé à l’aide des orbites de Saturne et de Jupiter, obtenues par les données récentes de la sonde Cassini. Et nous n’arrivons pas aux mêmes résultats qu’eux. » Et pour preuve, leurs données indiquent qu’une planète massive ne pourrait pas exister en-dessous de 1200 unités astronomiques… ce qui est embêtant parce que c’est précisément là que Mike Brown et Konstantin Batygin la trouvent !

Bref… Affaire à suivre, notamment avec cette publication française qui ne devrait pas tarder, et à moins d’avoir une photo de cette neuvième planète, ce sera compliqué d’affirmer son existence…

L’ÉTOILE KIC 8462852 EST DÉCIDÉMENT TRÈS ÉTRANGE

Du côté de l’info de la semaine, on a encore plus mystérieux. L’étoile KIC 8462852 a beaucoup fait parler d’elle il y a quelques mois suite aux propos d’un chercheur qui suggérait l’hypothèse d’une civilisation alien pour expliquer son comportement étrange. C’était un peu retombé quand d’autres ont évoqué un cortège de comètes géantes pour rendre compte de la baisse de luminosité exceptionnelle qui avait été observée, mais voilà que cette explication ne tient plus non plus. Je récapitule. KIC 8462852, c’est elle – c’est l’étoile indiquée par les deux petits traits verts, et cette photo date d’octobre dernier.

Comme la chercheuse qui dirige l’étude sur cette étoile s’appelle Tabetha Boyajian, elle a été surnommée Tabby au lieu de KIC etc. Elle se trouve à 1400 années-lumière de nous et elle a donc un comportant très étrange – étrange parce qu’il ne correspond à rien de connu jusqu’ici. Alors voilà : Tabby a des baisses de luminosité importantes et complètement aléatoires. Mais du genre jusqu’à 22% de luminosité en moins pendant quelques jours, tu vois ! C’est beaucoup quand même, 22% ! Je peux te dire que si le Soleil baissait de quasiment un quart, comme ça sans prévenir, ça nous ferait bizarre. Mais bref.

Plusieurs hypothèses ont été avancées, puis réfutées au fur et à mesure : c’est pas une exoplanète qui passe devant, c’est pas des perturbations à sa surface, c’est pas sa nature non plus puisque ce type d’étoile reste stable pendant des dizaines de millions d’années, c’est pas des trucs qui pourraient se trouver autour ou devant, c’est pas nos instruments de mesure tout a été vérifié, et c’est pas non plus des aliens – ou en tout cas l’idée qu’on s’en fait – parce que le SETI a écouté et n’a rien détecté du tout… Aucune signature de quoi que ce soit. Tout ça est très étrange.

Et tout ça est devenu encore plus étrange il y a quelques jours avec la publication de l’étude d’un chercheur qui a eu la bonne idée d’aller fouiller dans les archives pour voir un peu si Tabby avait été observée dans le passé. Et il se trouve que oui, et pas qu’un peu puisqu’on a des données sur la période 1890-1989 – et voilà ce que ça donne.

C’est bien bien chelou, quand même, non ? Donc non seulement l’étoile change de luminosité tous les quatre matins de manière totalement aléatoire, mais en plus en l’espace de 100 ans, elle a baissé d’environ 20 % en moyenne, ce qui ne devrait pas arriver pour une étoile comme elle. Et avec ces nouvelles informations, l’hypothèse du nuage de comètes géantes ne tient plus non plus. Donc voilà. On en est là. Il y a un « mystère Tabby », et je sais pas vous, mais moi je trouve ça carrément trop cool. Là encore, à suivre…

Source 1, source 2, source 3

L’ORIGINE DES ÉLÉMENTS DU TABLEAU PÉRIODIQUE

Puisqu’on était la tête dans les étoiles, restons-y avec le tweet de la semaine et c’est Hervé Cottin qui est à l’honneur pour avoir partagé cette image du tableau périodique des éléments.

 

Ce qui m’intéresse dans cette version, c’est que pour chacun d’entre eux, un code couleur indique où il a été fabriqué ! C’est une bonne manière de voir d’un seul coup d’œil que la plupart d’entre eux a été fabriquée soit dans des étoiles, soit dans des supernova, qui sont des explosions d’étoiles – d’où l’expression « poussières d’étoiles » puisque nos corps sont fabriqués avec ces éléments-là. Et puis il y a en bas du tableau les éléments qui n’existent pas dans la nature et qui ont été fabriqués par l’humain. J’aime bien cette version du tableau ! Elle réunit l’infiniment grand et l’infiniment petit, c’est chouette.
Oh, et il faut suivre Hervé Cottin, hein. Si vous vous intéressez à ce que je raconte, il vous passionnera. Il est astrochimiste, en plus, c’est pas trop classe comme profession, ça ? Je compte sur vous pour lui faire dépasser le cap des 1000 abonnés, il mérite d’être lu.

« FAIRE DE LA SCIENCE AVEC STAR WARS » DE ROLAND LEHOUCQ
Un autre qui mérite d’être lu, c’est Roland Lehoucq ! Roland Lehoucq, pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, c’est un astrophysicien qui travaille au CEA, et qui a fait sa thèse sur une supernova, d’ailleurs, pour l’anecdote, et qui écrit des livres de vulgarisation. (Oui ça c’est une photo de groupie de lui avec moi aux Utopiales, parce qu’il est aussi le président des Utopiales.)
Son truc à lui c’est de prendre les œuvres de science-fiction et d’expliquer en quoi c’est possible scientifiquement ou pas. Sur scène en conférence c’est un show man, hein, il est super drôle, mais si je le case dans le bidule 2.0 de cet épisode, c’est parce que son livre « Faire des sciences avec Star Wars » est disponible gratuitement en format e-book et PDF sur le site que je vous indiquerai dans la description et sur mon blog. C’est d’actualité, du coup, même si ça ne traite pas de l’épisode 7, encore, et si vous ne connaissez pas son travail, du coup c’est une bonne manière de le découvrir !

CARNETS DE THÈSE
Et puisqu’on parle de livres, passons à la rubrique culture… Il y a deux livres que j’ai enfin pris le temps de lire, mille ans après leurs sorties respectives, le premier c’est un roman graphique de Tiphaine Rivière qui s’appelle « Carnet de thèse », et c’est l’histoire d’une jeune prof de collège en ZEP qui se lance dans une thèse de littérature. On s’éloigne un peu des étoiles, c’est vrai, mais ça raconte quand même le quotidien d’une doctorante et d’après ce que j’en ai entendu autour de moi, c’est une description fidèle de n’importe quelle vie de thésard, quelle que soit la discipline.

C’est super prenant, c’est souvent très drôle mais ça fait souvent rire jaune en même temps, et elle se raconte sans complaisance même dans ses moments les moins flatteurs pour elle – c’est pas vraiment elle, ça reste un personnage, mais d’après ce que j’ai compris, c’est quand même fortement inspiré de son expérience personnelle… J’ai fait un mémoire de master 2 donc ça m’a rappelé quelques trucs, mais globalement même si vous n’êtes pas docteur ou que vous ne pensez pas faire de thèse un jour, c’est une super BD quand même, hein. Mais je me demande dans quelle mesure c’est une bonne idée de lire ça si vous voulez en faire une… Ça peut décourager. En tout cas ça vous donnera une idée de ce qui vous attend, ce qui peut éviter des désillusions, ce qui n’est pas si mal.
Mais dans l’ensemble, y a des moments très universels – par exemple il y a toute une scène où elle veut écrire un mail à son directeur de thèse et elle ne sait pas comment le formuler. Ça lui prend tellement la tête qu’elle y passe la nuit pour trouver comment lui écrire – et ça m’a fait trop rire parce que c’était tellement moi quand j’ai voulu envoyer un mail à Etienne Klein pour lui demander d’être intervenant dans « La folle histoire de l’Exoconférence » ! Je me suis sentie moins seule. Bref ! C’est un moment tout à fait plaisant dans le merveilleux monde de la recherche universitaire.

THÉORÈME VIVANT
Deuxième livre que je lis des années après sa sortie – mais du coup il existe en poche – c’est « Théorème vivant » de Cédric Villani. Et là, c’est marrant, c’est exactement pareil : on suit un chercheur de l’idée de départ jusqu’au rendu de l’article final. Sauf que ce n’est pas de la littérature, ce sont des mathématiques, et que ce n’est pas un roman graphique mais un témoignage écrit, mais c’est la même expérience, racontée différemment.

Et alors je sais pas vous, mais pour moi, la recherche en mathématiques, c’était quelque chose de tout à fait abstrait dans ma tête. Et là du coup, après avoir lu Cédric Villani, j’ai compris ce qu’était le quotidien d’un mathématicien, comment une idée évolue, comment un théorème se met en place, quelles difficultés arrivent, et surtout ce qui se passe dans la tête de Cédric Villani… C’est fascinant, ça se lit tout seul – bon évidemment il partage aussi tous les échanges de mail avec son collègue qui sont absolument imbitables sauf pour une poignée de personnes dans le monde, mais c’est pas grave, on les survole, il y a des équations dans tous les sens c’est très joli, et ça fait partie de l’aventure. Enfin du coup, depuis que j’ai lu son livre, je comprends en quoi consiste le travail d’un mathématicien, et ça c’est chouette.

12 ANS SUR MARS POUR OPPORTUNITY
Rien à voir avec les maths, mais avant la dernière rubrique de ce podcast voici l’image de la semaine, c’est Opportunity qui l’a prise à l’occasion de ses 12 ans terrestres sur Mars…

Je rappelle qu’elle était censée fonctionner 3 mois. Et que ça fait donc 12 ans qu’elle se balade là-haut tranquillou et qu’elle continue à faire de la science. Voici une autre photo de la série – à mon avis les couleurs ont été accentuées, sur celle-là.

LYON SCIENCE LE 7 FÉVRIER 2016
Et pour finir, la date à retenir c’est le 7 février, c’est un dimanche, et c’est ce jour-là que se tiendra l’événement Lyon Science ! Ce sera à Lyon, et ça parlera de sciences.
Et voilà ! C’est la fin du 53ème épisode de ce podcast et… ok, non, je rigole. Oh ça va, sinon on n’a pas le droit de pas être drôle dans son propre podcast, c’est même plus rigolo, d’abord…

Donc, Lyon Science ! Non sérieux ça va être trop cool. L’entrée sera libre et gratuite et y aura des interventions toute la journée dans des domaines très variés avec un casting trop bien. Juste quelques exemples pour vous mettre l’eau à la bouche : Pierre Kerner qui va parler des lolcats, Alan Vonlanthen de PodcastScience qui causera science et communication, Sébastien Carassou qui va nous raconter la fin de l’Univers – et j’ai déjà vu son intervention, je peux vous dire que c’est du grand art, il y a aura aussi Marion Sabourdy, Madame Déjantée, David Louapre de la chaîne Science Étonnante, et last but not least, Christophe Galfard. CHRISTOPHE GALFARD, quoi, l’auteur de « L’univers à portée de main » !!

Ah oui puis y aura moi, aussi, mais rien que de penser que je vais intervenir au même titre que Christophe Galfard, ça me donne mal au ventre, alors j’évite de trop y penser. Si vous ne le connaissez pas, d’ailleurs, sachez qu’il était un de mes intervenants dans mon hors-série sur l’Exoconférence et je vous mets en lien sous cette vidéo et sur mon blog son entretien intégral, il y dit des choses passionnantes.

Mais pour en revenir à Lyon Science, pour ma part je vous raconterai deux anecdotes marrantes tirées de l’histoire de la conquête spatiale – oui on était encore dans la conquête, c’était dans les années 60.
Bref ! Un chouette événement qui se prépare, si vous êtes Lyonnais, Lyonnaise ou dans les environs, j’espère qu’on pourra s’y croiser – en tout cas moi j’ai trop hâte. Aaah ! Même si j’ai mal au ventre. Voilà.

Cette fois-ci c’est bien la fin du 53ème épisode de ce podcast, merci à tous de l’avoir suivi… Alors régulièrement, environ une fois par semaine, j’ai des commentaires super gentils qui me disent systématiquement la même chose, à savoir que c’est incompréhensible que ma chaîne ait si peu d’abonnés et qui me demandent pour quelle raison. Évidemment je suis très flattée et je vous remercie beaucoup, mais je ne sais jamais quoi répondre…
Alors sachez juste que je fais de mon mieux pour vous proposer des contenus de qualité sur des sujets qui me tiennent à cœur, et qu’à partir de là je n’ai aucun contrôle sur la manière dont ça va être perçu ou partagé… Donc merci à vous, et si vous voulez voir le compteur d’abonnés grimper, n’hésitez pas à vous abonner vous-mêmes et à partager les vidéos. Et merci d’être aussi généreux sur Tipeee, là ça m’aura permis de dégager quelques jours pour faire cet épisode.

Concernant l’actualité de la chaîne, je vous annonce dès à présent que le clip de ma berceuse pour Philae sera mis en ligne le 15 février… Ce sera autre chose mais j’espère que ça vous plaira.
Vous pouvez suivre « La galaxie de Florence Porcel » sur Facebook, mon compte Twitter si ça vous amuse, on se voit IRL à Lyon Science pour ceux qui pourront venir, et en attendant prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire…