[PERSO] Le succès, YouTube, le sexisme et moi

mars 30, 2016 dans Humeur, Personnel

Hier matin, j’ai tweeté, à la fois blasée et fatiguée, la capture d’écran d’un commentaire sexiste. J’avais juste envie de râler, de témoigner de ce qu’une femme qui s’expose sur Internet peut recevoir, encore, en 2016.

J’ai enchainé sur quelques tweets expliquant que ces commentaires sexistes incessants m’empoisonnent, me touchent, m’angoissent, et j’ai fait référence à un débat qui a eu lieu il n’y a pas longtemps sur la question du sexisme dans le succès modéré des youtubeuses scientifiques en France (par rapport à leurs homologues masculins).

 

 

Malgré moi, j’ai rouvert ce débat. Comme j’ai à nouveau besoin des services de la SNCF et que DONC mon TGV est annulé, mais remplacé, mais on sait pas quand, j’en profite pour exposer mon point de vue et mon histoire en plus de 140 caractères.  

Du CV-court-métrage à « La folle histoire de l’Univers »

Ma première vidéo date de novembre 2009. Dire si je suis une ancienne sur les Internets, même si ça n’avait rien à voir avec les sciences (pour les plus observateurs d’entre vous, vous noterez quand même qu’Étienne Klein était déjà là…)

 

 

C’était un CV-court-métrage et le succès qu’il a remporté, à la fois en ligne et dans les médias, m’avait déjà confronté aux commentaires sexistes, de la simple « blague » vaseuse aux menaces de viol et de mort.

 

Deux ans plus tard, ce CV-vidéo m’a permis d’être embauchée par StoryCircus où ma formation de comédienne, mes compétences d’auteure et mon aisance sur les réseaux sociaux ont fait de moi la personne idéale pour intégrer l’équipe d’une émission dingue : Le Grand Webze.

 

Le projet était trop ambitieux, l’émission n’a pas survécu à son quatrième numéro. Coup dur. Il fallait que je pense à autre chose.

 

J’ai alors fait mon « coming-out » scientifique sur mon blog en partageant un projet un peu fou que je venais de créer : l’Univers en 30 comptes sur Twitter. J’étais passionnée de sciences, je ne l’avais jamais dit, et je trouvais l’outil Twitter intéressant à plus d’un titre. Je n’ai pas seulement créé tous ces comptes, j’ai aussi créé à chacun une fiche personnage avec des traits de caractère, des qualités, des défauts. À chaque fois que je prends les rênes d’un compte, c’est un personnage que j’interprète : un mélange de comédie virtuelle et de travail d’auteur.

 

L’accueil reçu a dépassé mes espérances. J’ai voulu aller plus loin, proposer autre chose, toujours lié au spatial et aux sciences de l’Univers – d’autant plus que ce que j’aurais voulu voir dans les médias n’existait nulle part. J’ai développé des concepts de vidéos de vulgarisation de tous types : des programmes courts, du moyen format, des projets plus longs.

 

Au sein de la même prod, j’avais enchaîné sur le Vinvinteur et je voulais profiter d’avoir un pied à France 5 pour essayer de vendre au moins un des concepts. J’ai monté des dossiers, aiguisé mes arguments, été aidée, entourée et soutenue par des producteurs. Il y a eu plusieurs années de démarchage – en vain.

 

Je savais que ça serait long et j’avais quand même envie de proposer des contenus – en attendant. Il était hors de question que je mette en place un ersatz des concepts que j’essayais de vendre, il fallait donc que j’en trouve un autre.

 

C’est comme ça qu’est née « La folle histoire de l’Univers« . Le programme se présente sous la forme d’une vidéo, constituée d’une voix-off sur des images d’illustrations, divisé en 8 rubriques (toujours les mêmes) dans lesquelles se distribuent l’actualité du spatial et des sciences de l’Univers et des sujets non-datés. Les rubriques « personnalité » et « date » servent souvent à présenter un personnage historique, une théorie dont c’est l’anniversaire, l’histoire d’une découverte, etc.

 

Donc, Bruce, quand tu dis ce genre de chose, non seulement sur Twitter mais dans toutes tes interviews dans les médias, oui, ça m’énerve.

 

 

J’explique la relativité restreinte, l’histoire de Pluton, la vie et la mort des étoiles, ou l’intrication quantique sur Youtube depuis 2012. Donc depuis 4 ans. Et voir son travail balayé d’un revers de la main, ce n’est pas très agréable.

 

Un ami, Vincent Touati, m’a conseillé de mettre mon programme également sur iTunes. Je n’aurais jamais pu le faire sans son aide technique, j’en profite pour le remercier une fois encore. Il s’est vite avéré que les téléchargements iTunes étaient 100 fois, voire 1000 fois, plus importants que les vues sur Youtube – d’où le fait que j’en parle comme d’un podcast.

 

 

Encore faux : j’ai voulu continuer à le mettre en ligne sur Youtube – d’où la limite à 15 minutes maximum par vidéo : lors de la première saison, mon compte ne me permettait pas de mettre en ligne des contenus plus longs. J’aurais pu m’éviter cette limite en me retirant de Youtube, mais je ne voulais pas.

Le format de « La folle histoire de l’Univers » m’était dicté par deux contraintes. La première était technique et financière : je n’avais pas les moyens de m’acheter caméra, son, lumière, logiciel de montage, etc – je ne pouvais donc pas me filmer, d’où la voix-off.

La deuxième était personnelle et sociétale : je n’étais pas prête à devoir faire face, à nouveau, à la logorrhée sexiste des commentaires qui m’avait déjà bien retournée à l’époque du CV-vidéo. D’où la voix-off.

Le harcèlement extrêmement violent dont j’ai été victime lors de l’épisode du Vinvinteur sur le sexisme dans les jeux vidéo m’a convaincu que la voix-off sur « La folle histoire de l’Univers », C’ÉTAIT UNE BONNE IDÉE.

Ma chaîne Youtube comme un laboratoire

J’ai donc échoué à vendre des concepts de vulgarisation scientifique à des chaînes de télévision. Mais le besoin d’aller plus loin que « La folle histoire de l’Univers » était de plus en plus présent, et l’envie de me mettre en scène, de jouer une comédie moins virtuelle que sur Twitter était de plus en plus forte.

Mais j’avais toujours aussi peu de moyens financiers et j’étais bien traumatisée par les différentes sortes de harcèlement dont j’ai été victime (s’il n’y avait eu que celui du Vinvinteur, ç’aurait été trop facile…) Il fallait également que je réécrive les concepts que j’avais essayé de vendre de manière à pouvoir les produire toute seule.

J’ai donc mis du temps. C’est la raison pour laquelle j’ai commencé à faire des vidéos « classiques » tardivement. C’était en décembre 2014 et j’ai commencé avec les « Perles du PAF » – concept que je n’avais pas proposé aux chaînes de télévision, bizarrement, mais qui était une sorte de pied à l’étrier, et de manière pour moi de régler ma déception de n’avoir pas pu pouvoir faire quelque chose dans ce média-là.

Bien sûr, les commentaires sexistes ont été là tout de suite – j’en ai d’ailleurs toujours eu sur « La folle histoire de l’Univers », mais c’était anecdotique puisque (c’est comme ça que je l’explique) je n’exposais pas mon image. Mais contrairement à ce que j’avais pu subir, c’était supportable. J’ai donc continué.

J’ai continué, en testant à la fois des formes d’écriture, des techniques de montage, des rythmes, des décors, des personnages. Je vois ma chaîne Youtube comme un laboratoire où je teste des trucs – comme une gigantesque expérience. Je garde, j’affine, j’abandonne, je modifie, je tiens compte des retours, ou pas ; bref… Je ne m’interdis rien. Je fais surtout des choses qui me tiennent à cœur – même si c’est pas toujours au point techniquement parce que je ne suis pas réal, ni chef op, ni ingé son, ni monteuse, ni graphiste, ni… etc.

Mon auto-critique

Je connais mes limites. J’ai conscience des nombreux défauts de ma chaîne Youtube.

Je n’ai pas d’identité visuelle bien définie par exemple : pas vraiment de logo, pas de générique qui soit partout le même, pas de cartons tout faits.

Je fais des listes pour les différents concepts que je teste mais je multiplie les listes et pas les vidéos à l’intérieur de ces listes – ce qui peut donner l’impression que je m’éparpille, que je n’ai pas deux ou trois concepts forts à retrouver à intervalles réguliers.

Il y a des vidéos où j’ai besoin d’autres personnages que moi-même pour faire avancer le schmilblick – et d’autres non.

Il y a « La folle histoire de l’Univers » qui est un exercice qui se rapproche plus du journalisme, avec des reportages, des interviews ; et les autres vidéos qui s’approchent plus de ce qu’on attend d’un youtubeur. Ça peut déstabiliser un internaute qui ne saurait pas trop à quoi s’attendre de cette chaîne multifonction. J’aurais sans doute dû dédier une chaîne au podcast, et en ouvrir une deuxième pour les vidéos.

Au-delà du fond, il y a aussi la forme : je suis seule, de A à Z, pour écrire, tourner, monter, promouvoir. Je viens de la télé, je sais ce que c’est que de produire du contenu audiovisuel – et croyez bien que ça implique des dizaines de corps de métier différents. Je suis seule, avec des moyens financiers limités et des compétences techniques au ras des pâquerettes parce que j’apprends sur le tas – et toute seule, encore une fois.

Alors non, ma chaîne ne peut pas avoir le succès d’un DirtyBiology qui a des moyens techniques et de post-prod que je n’ai pas. Ni celui d’un e-penser dont l’identité visuelle est irréprochable et qui a des formats bien définis. Ni celui d’un Axolot qui a un talent de conteur incroyable, qui n’est pas tout seul et qui a accès à des endroits dingues. Ni… Et je pourrais continuer longtemps comme ça.

Le sexisme et les youtubeuses scientifiques

Bruce m’accuse de me plaindre que ma chaîne ne décolle pas parce que je suis une femme.

C’EST FAUX, je n’ai jamais dit ça – pas plus aujourd’hui que les autres jours : je parle des youtubeuses scientifiques en général, pas de mon cas personnel.

 

Mais c’est sûr que quand on me demande d’argumenter, je parle du cas que je connais le mieux : le mien. Ça peut donner l’impression que je prends mon cas pour une généralité, mais vraiment pas, non. Seulement, en 140 caractères, c’est pas simple d’expliquer ça. D’où le contresens de Bruce – que je ne blâme pas pour ça.

Je connais les raisons qui font que ma chaîne ne « décolle » pas malgré mon ancienneté, le sérieux avec lequel je travaille, le temps que j’y passe et la passion que j’y mets. J’en ai décrit quelques-unes ci-dessus, je ne vais pas y revenir.

NÉANMOINS.
Néanmoins le sexisme de notre société ne doit pas être minimisé dans le fait que – comme c’est étrange – aucun des poids lourds de la vulgarisation scientifique sur le Youtube français n’est une femme.

Bien entendu que le fait d’être une femme, en sciences, sur Youtube, en France, joue en notre défaveur !

Ce n’est évidemment pas la seule raison de nos succès mitigés. Mais c’en est une, qu’il ne faut pas minimiser (oui, j’insiste).
Et je ne l’ai pas inventé : les débats que nous avons eus, avec statistiques, témoignages, et captures d’écran de commentaires des youtubeuses parlent d’eux-mêmes.

Il y a un problème de sexisme. C’est évident.
Il faudrait une étude sociologique sur ce sujet. Il est bien plus complexe, bien plus insidieux que : « On prend pas au sérieux/on n’est pas habitué aux filles qui parlent de sciences ».
C’est la société, c’est l’éducation, ce sont les stéréotypes qu’on a tous – moi la première – intégrés et contre lesquels il est difficile de lutter tellement ils sont ancrés en nous, c’est un millier de facteurs qui font que le sexisme est un élément qui nous freine.

Et quand on partage nos expériences et nos commentaires, ce serait pas mal que les hommes évitent de reprendre tout ça à leur compte en se faisant passer pour les victimes qu’ils ne sont pas.

NON. Personne, Bruce, personne, JAMAIS, ne te demande de t’excuser d’être un homme. Non, jamais. Nulle part.
Nous par contre, en tant que femme, c’est tous les jours. Sur Youtube ou dans la vraie vie. Au bureau ou dans la rue.

Bien entendu que ton succès tient en partie au fait que tu es un homme !

Je suis certaine que tu n’as pas la naïveté de réellement croire le contraire. Ton succès tient en partie au fait que tu es un homme, tout comme avoir un meilleur salaire tient en partie au fait d’être un homme, tout comme avoir un poste à responsabilité tient en partie au fait d’être un homme, tout comme ne pas être victime de harcèlement de rue tient en partie au fait d’être un homme, tout comme être pris au sérieux dans un magasin de bricolage tient en partie au fait d’être un homme, tout comme être chirurgien plutôt qu’infirmière tient en partie au fait d’être un homme, etc, etc.

Mais quand on se plaint des violences sexistes, quand on dit qu’être une femme joue en notre défaveur, nous ne disons pas : « Excusez-vous d’être des hommes. »
NON.
Nous disons seulement : « Nous voudrions que ces violences sexistes et que cette discrimination cessent. » C’est très différent.
On n’attaque personne – encore moins nos camarades. On essaye juste de se défendre contre les abrutis qui sont trop nombreux.

Je persiste et signe : oui, le fait que les femmes aient moins de succès sur Youtube, en sciences, en France, EST lié à un problème de sexisme.
Pour répondre à Bruce qui pense que non, je n’ai rien d’autre à lui montrer qu’une comparaison du nombre d’abonnées des femmes et de ceux des hommes, ou que les commentaires sexistes qu’on se prend dans la gueule à longueur de journée et qui prouvent qu’on ne peut pas d’exposer quand on est une femme sans qu’on nous regarde comme un bout de viande – ce que nous racontons est donc souvent secondaire.

Je me suis rendue compte, moi-même, que quand je regarde une femme sur un écran, je regarde comment elle est présentée d’abord – alors que quand je regarde un homme, je commence par l’écouter, et ensuite je le regarde. C’est insidieux. C’est difficile à expliquer. C’est inconscient la plupart du temps. Mais c’est un fait.
Il n’y a pas d’étude qualitative, quantitative, sociologique sur le sujet. (En tout cas, pas à ma connaissance.)

Mais ça ne veut pas dire que ça n’existe pas, et Bruce (et ceux qui pensent comme lui, hein ! je prends juste Bruce comme exemple parce qu’il s’est exprimé sur la question hier, rien de personnel évidemment) peut bien penser le contraire, il n’a pas d’argument non plus. Dire qu’il y a du sexisme partout, pas seulement sur Youtube, ce n’est pas un argument.
Nous ramons dans ce domaine particulier, en partie parce que nous sommes des femmes. Et cette partie (qui ne fait pas tout ! on est d’accord) ne doit pas être minimisée. Ce serait pas mal de se sentir un peu soutenues – en tout cas pas enfoncées.

Que la culture scientifique gagne !

Je suis ravie du succès de Mickaël, Léo, Germain, David, Baptiste, Bruce, Sébastien. Ravie, revigorée, ragaillardie, parce que moi qui ai essayé d’amener les sciences à la télé (à ma toute, toute, toute petite échelle, hein), leur succès est la preuve que j’avais raison : il y a un public pour ça. J’étais juste un peu en avance et ces chaînes n’existaient pas à l’époque où j’ai constitué mes dossiers. Je manquais de chiffres d’audience pour convaincre. Mais peu importe, c’est de l’histoire ancienne.
Ce qui compte, c’est que la culture scientifique touche le plus grand nombre. Des centaines de milliers de personnes et des millions de vues, c’est bien plus que ce que la télévision aurait pu faire. Et c’est cool, putain.

Alors peu importe mon cas personnel. Evidemment que j’aimerais avoir plus d’abonnés. J’aimerais surtout, en fait, que la culture scientifique sur le web ne se prive pas des youtubeuses, pour élargir encore plus le public touché. Et pour atteindre un public féminin, sous-représenté aussi.

Je n’ouvre pas les commentaires pour ce billet parce que je n’ai pas le courage de modérer les horreurs sexistes qui vont immanquablement tomber. Désolée pour le débat, pour les échanges, pour les avis argumentés. Mais je suis trop fragile par rapport à toute cette violence en ce moment pour m’infliger ça.

Je voudrais remercier toutes les personnes qui me soutiennent sur Tipeee et qui me permettent de continuer à expérimenter. Comme je ne gagne pas du tout ma vie avec les vidéos et que ça prend un temps fou (ma vidéo sur les ondes gravitationnelles, juste pour donner un exemple, c’est 35 heures d’écriture), vous me permettez de dégager des journées pour continuer à en faire quand même. Je ne pourrais plus, sans vous.

Je remercie toutes les personnes qui écrivent des commentaires constructifs et qui m’envoient leurs encouragements. C’est ça qui me fait tenir quand j’en peux plus des abrutis.

Sachez enfin que je n’ai pas le nez sur mes compteurs. Ma chaîne est très importante pour moi pour ce qu’elle m’apporte en terme de partages, d’échanges, de créativité, de connaissances, de rencontres. J’y mets tout mon cœur, et ça n’a pas changé d’un iota entre 45 et 16 000 abonnés. Ce serait pareil à 3 millions.

Mais quand je mets mes tripes, six mois de mon temps et une énergie infinie à constituer un contenu comme « La folle histoire de l’Exoconférence« , pour la seule raison que je ne veux pas garder pour moi la chance inouïe de pouvoir côtoyer les personnes incroyables qui y participent, et qu’on me dit que j’ai forcément couché avec chacun des intervenants pour pouvoir parvenir à ce résultat, je sais que je devrais supprimer et oublier. Mais c’est humiliant. C’est profondément humiliant et c’est compliqué de vous parler de ce commentaire-là encore aujourd’hui, plusieurs mois après l’avoir reçu. Je le fais pour témoigner, pour dire que ces commentaires, même si on a l’habitude, même si on les subit au quotidien partout, ne sont jamais anodins et nous marquent. Et peuvent nous empêcher d’avancer, de continuer.

Je voudrais également arrêter de lire, en vrac :
- je te défoncerais bien ta chatte de Schrödinger
- tu t’épiles comment ?
- c’est étonnant qu’une femme s’intéresse à Etienne Klein
- on peut bien t’agresser sexuellement puisque tu voles nos emplois
- va te faire engrosser sur Mars sale chienne
- je te verrais bien à la fistinière
- tu suces ?
- t’es moche
- t’es bonne
Et je m’arrête là.

C’est un peu décousu, tout ça… Bref.

Voici des chaînes de vulgarisation scientifique, par ordre alphabétique. Des hommes, des femmes, on s’en fout. Ce qui compte, c’est que la culture scientifique soit partagée.

Merci à vous qui nous regardez.

Astronogeek
Axolot
C’est une autre histoire
DirtyBiology
e-penser
ExperimentBoy
Florence Porcel
La vie sur Vénus
Les Revues du Monde
Micmaths
Motorsport Gigantoraptor
Science étonnante
Scilabus
Sense of Wonder

(Je sais que j’en oublie. PLEIN. Ce n’est pas une liste exhaustive.)

 

ÉDIT DU 04/04/2016

Après la violence des réactions autour de ce billet, je souhaite apporter quelques précisions. Il me semble important également d’apporter une sélection de témoignages ou de commentaires qu’il faudra voir comme des arguments, comme quelques preuves de ce que j’avance.

À ceux qui m’accusent d’avoir fait ce billet pour « le buzz/me faire de la pub/faire mon auto-promo », je vous réponds que le jour où on mettra des cons sur orbite, vous n’aurez pas fini de tourner. Prévoyez un peu de carburant pour accélérer de temps en temps quand même, parce que sinon vous allez finir par vous cramer les fesses dans l’atmosphère. Eh oui, ça sert à savoir ça aussi, la vulgarisation. (De rien, pour le conseil.)

À ceux qui m’accusent de « mettre-mon-échec-sur-le-dos-du-sexisme-sans-me-remettre-en-question », je réponds que vous n’avez pas lu ce billet. Alors je répète, je reformule, je reprécise.
- Les trois-quarts du billet sont dédiés à expliquer mon parcours et les raisons pour lesquelles ma chaîne ne peut pas avoir des centaines de milliers d’abonnés – indépendamment de tout sexisme. Si ce n’est pas une remise en question, je ne vois pas ce que c’est.
- Je n’ai JAMAIS parlé d’échec. D’ailleurs, il y a « succès » dans le titre. Je suis ravie, et surtout honorée, d’être suivie par une telle communauté, qui grossit d’année en année, et avec laquelle j’ai un lien fort (en tout cas c’est ce que je ressens, et j’estime que c’est une très belle histoire).
- Mon message N’EST PAS : « Ma chaîne est un échec parce que je suis une femme. » Mon message EST : « Les youtubeuses scientifiques ne décollent pas parce qu’il y a un problème de sexisme sociétal et culturel qui explique en partie le fait que nous soyons moins nombreuses et que celles qui sont présentes soient moins suivies. »
- Et remettre en question VOTRE déni, VOS a priori, VOTRE comportement, jamais, non, c’est valable pour les autres mais pas pour vous, ça ? L’hôpital, la charité, toussa.

À ceux qui me reprochent de « manquer de preuves, d’arguments, de faits, d’études, de chiffres », effectivement il y en a peu dans ce billet (ce que j’avais d’ailleurs précisé et regretté). Alors ok, d’accord, allons-y.

PARLONS CHIFFRES
- Nombre de youtubeurs scientifiques français au-dessus de 100k abonnés : 6 (Micmaths, Science étonnante, Dirtybiology, Experimentboy, e-penser, Dr Nozman). Nombre de youtubeuses scientifiques françaises au-dessus de 100k abonnés : 0.
- Dans les conventions et assimilés, vous avez croisé combien de youtubeuses scientifiques par rapport aux youtubeurs, déjà ?
- En élargissant à tous les domaines, maintenant. Combien de youtubeurs sont renvoyés à leur sexe de manière dégradante et réduits à un statut d’objet sexuel ? Combien de youtubeuses sont renvoyées à leur sexe de manière dégradante et réduites à un statut d’objet sexuel ?

PARLONS PREUVES
Voici deux-trois petites choses reçues ces derniers jours qui prouvent que le chemin est encore très long.

 


PARLONS TÉMOIGNAGES Et pareil, un échantillon de témoignages reçus ces derniers jours.

 


 

Voilà.
Tout ça va bien au-delà de la question des youtubeurs dans le domaine des sciences. Ça concerne toute la société.
Alors on fait quoi, maintenant ?

Mesdames : faites ce que vous avez à faire, ce que vous avez envie de faire, sur Youtube ou ailleurs. Si vous devez vous poser des questions, la seule valable est celle-ci : si j’étais un homme, est-ce que je le ferais/j’oserais/j’irais ?

Messieurs : auto-censurez-vous. Le sexisme au deuxième degré que vous servirez trois fois l’an renvoie à une réalité quotidienne pour les femmes. Et si vous êtes témoin de propos ou de comportements déplacés, allez discuter avec l’auteur de ce propos ou de ce comportement. Vous serez mieux entendu que la victime ou son entourage féminin.

Le flot de haine et de violence que j’ai vécu ces derniers jours me dit que ça va être encore long. Mais on va y arriver.

Vive Einstein, vive Marie Curie, vive Thomas Pesquet, vive Claudie Haigneré. (Liste non-exhaustive.)

À ceux qui m’ont envoyé des mots d’encouragement et de soutien… merci. 

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 53

janvier 27, 2016 dans La folle histoire de l’Univers (PODCAST)

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 53ème épisode de ce podcast où je vais vous parler d’une hypothétique neuvième planète, d’une étoile décidément très mystérieuse, de récits de chercheurs et d’anniversaire martien…

MIKE BROWN, LE « TUEUR DE PLUTON »
Commençons avec la personnalité de la semaine. Il s’agit d’un astrophysicien américain du nom de Mike Brown, et vous avez sûrement entendu parler de lui ces derniers jours car c’est lui, avec un de ses collègues, qui a émis l’hypothèse d’une neuvième planète dans le système solaire dans une étude publiée récemment. Avant de revenir là-dessus plus en détails dans la rubrique événement qui va suivre, je voudrais donc m’arrêter un instant sur Mike Brown que je suis depuis des années – il s’appelle @plutokiller sur Twitter – mais dont je ne connaissais pas le parcours, en fait. Du coup ça m’a fait trop bizarre de le voir cité partout, tout d’un coup, mais en même temps c’est cool parce que ça m’a permis d’apprendre que son pseudo Twitter n’est pas juste une blagounette.
Entre 2003 et 2005, Mike Brown a découvert Eris, un gros objet transneptunien, donc qui se trouve au-delà de l’orbite de Neptune, et même au-delà de la Ceinture de Kuiper dans laquelle se trouve Pluton. Or, Eris est plus massive que Pluton de 27% – du coup le premier réflexe a été de lui donner le statut de 10ème planète du système solaire. Et puis comme il n’était pas exclu qu’on découvre des tas d’autres objets comme Pluton ou Eris dans la Ceinture de Kuiper ou au-delà, l’Union Astronomique Internationale s’est dit que peut-être il serait pas mal de penser éventuellement à définir le mot « planète » – non, ça n’avait pas été formellement fait jusque-là.
C’est donc suite à la découverte d’Eris qu’en 2006, une nouvelle définition de planète a vu le jour – il faut donc tourner autour du Soleil, être sphérique et avoir nettoyé gravitationnellement son environnement proche, pour résumer grossièrement – et que Pluton est passée de planète à planète naine. Mike Brown n’a pas « tué » Pluton comme son pseudo l’indique, mais il a bel et bien été à l’origine de son déclassement en découvrant une Eris plus grosse que lui.

Et le 20 janvier, je vois passer ce tweet très étonnant : « Ok ok, maintenant je veux bien l’admettre : je crois vraiment que le système solaire a neuf planètes ». Comme c’était réellement très incongru de sa part, j’ai suivi l’affaire de près et c’est comme ça que j’ai appris l’existence de sa nouvelle étude sur l’hypothèse de la Neuvième Planète… UNE NEUVIÈME PLANÈTE DANS LE SYSTÈME SOLAIRE ? Alors, qu’en est-il, de cette Neuvième Planète… Elle vient donc d’un article publié le 20 janvier dans l’Astronomical Journal par Mike Brown et Konstantin Batygin qui sont chercheurs au California Institute of Technology. Ils se sont intéressé à l’orbite de 6 corps transneptuniens, dont Sedna, découverte aussi par Mike Brown, décidément, et ils se trouvent que les orbites de ces 6 corps, en rose sur la vidéo, ont quelques particularités. Deux en l’occurrence : la première, c’est qu’elles se croisent à l’endroit où elles se trouvent au plus proche du Soleil, et le deuxième, c’est qu’elles se trouvent quasiment alignées sur le même plan orbital – quand on les regarde sur le côté ça fait presque plat, comme sur cette capture d’écran, quoi, grossièrement.

Or, ces deux particularités accumulées ont 0,007% de chance d’arriver par hasard – autant dire quasiment pas. Il faut donc expliquer autrement que par le hasard le croisement des 6 orbites étudiées et leur alignement. Les deux chercheurs font donc l’hypothèse d’une neuvième planète qui serait une sorte de Neptune, placée en opposition comme on le voit donc en orange sur l’animation, et qui se baladerait entre 200 et 1200 unités astronomiques autour du Soleil – autrement dit très très loin puisque par comparaison, nous sommes à 1 unité astronomique, soit 150 millions de kilomètres du soleil, et Pluton évolue entre 30 et 50 unités astronomiques et qu’on a mis 10 ans pour y arriver avec une sonde très rapide. Donc bon, une planète qui évolue entre 200 et 1200 unités astronomiques, c’est considérablement loin et elle ferait le tour du Soleil en 15 000 ans.

Beaucoup d’entre vous m’ont demandé comment c’est possible qu’on puisse observer des astres qui se trouvent parfois à des millions ou des milliards d’années-lumière et qu’on soit pas fichu de trouver une planète dans notre propre système solaire si elle existe. Effectivement, c’est une bonne question. Prenons le cas de Hubble qui peut donc faire des photos sublimes de cette galaxie, par exemple, mais un cliché tout pourri de Pluton. Quand on sait que la galaxie en question se trouve à 72 millions d’années-lumière et Pluton à 0,0005 années-lumière, pour garder la même unité, il y a effectivement de quoi s’étonner. Mais en terme de prises d’images astronomiques, autant que la distance, il y a la taille qui compte. Or, cette jolie galaxie que vous voyez là fait 50 000 années-lumière de large. C’est grand. Et Pluton fait 2400 kilomètres de large. C’est ridiculement petit. Alors, certes, Pluton est plus proche, mais elle est tellement minuscule que dans le ciel, vue depuis la Terre, elle apparaît 1300 fois plus petite que la galaxie – qui pourtant se trouve à 72 millions – millions ! – d’années-lumière, quand on essaye d’imaginer ça donne le vertige, faites gaffe si vous êtes sur le quai du métro.

Et puis il y a aussi la résolution de l’appareil photo à prendre en compte. Sachez que chaque pixel d’Hubble vaut 0,04 secondes d’arc – les minutes d’arc, c’est une unité de mesure pour les petits angles. Ça c’est pour ceux que ça intéresse, mais au final, étant donnée la taille apparente des objets dans le ciel, la résolution de la galaxie est de 3600 pixels. Et la résolution de Pluton, c’est à peine 3 pixels.

Du coup bah voilà pourquoi c’est chaud patate de trouver un petit objet dans notre propre système solaire – la Neuvième Planète serait une très grosse Terre ou une petite Neptune, c’est toujours plus gros que Pluton mais comme c’est vachement plus loin, ben c’est pas plus facile à détecter.

Alors vous allez me dire : oui mais enfin, on trouve bien des astéroïdes et des comètes, alors que par rapport à des planètes, c’est rien que des grains de poussière. Certes. Mais vous remarquerez qu’on n’a aucune image des comètes qui composent le nuage d’Oort, par exemple – et qu’on n’en aura jamais. Il est beaucoup trop loin. On n’en a pas d’observation directe. Quand on voit des comètes et des astéroïdes, c’est quand ils passent relativement près de la Terre et qu’on les voit bouger. Pas à l’œil nu, mais simplement en prenant des photos plus ou moins espacées dans le temps, comme sur ce gif, par exemple.

Je ne sais pas si les images sont espacées par des heures ou des jours, mais en tout cas on peut voir un déplacement en un laps de temps assez court. Mais pour un astre qui fait le tour du Soleil en 15 000 ans, sa vitesse par rapport à nous est très faible. On peut prendre une photo tous les dix jours pendant 6 mois sans rien voir bouger. Donc là aussi c’est compliqué. D’autant plus que pour cette hypothétique planète, on sait même pas où regarder ! Et il y a le problème de la luminosité, aussi… Une galaxie, c’est très lumineux et on la voit parfaitement bien même à des millions d’années-lumière. Mais une planète gazeuse au fin fond du système solaire, c’est pas le même son de cloche… Bref, si vous vous demandiez pourquoi on a des images superbes d’objets très lointains et qu’on a autant de mal à voir Pluton, des comètes éloignées ou des planètes pas encore découvertes, je vous ai donné quelques éléments de réponse… Pour résumer, si on veut une photo de cette éventuelle Neuvième Planète, ça pourrait prendre des années, même avec le James Webb Space Telescope qui va remplacer Hubble bientôt.

Maintenant, il y a aussi la possibilité qu’elle n’existe pas… Parce que je rappelle que cette étude présente une possibilité mathématique, pas une découverte. Neptune est la seule planète du système solaire découverte par le calcul – toutes les autres ayant été découvertes par l’observation directe – mais Neptune est la preuve que cette méthode fonctionne. Elle n’est pas nouvelle et elle peut effectivement aboutir à une vraie planète. Mais certains chercheurs tempèrent les résultats de la publication quand même. Le directeur de planétologie de la NASA, par exemple, a dit qu’il était trop tôt pour établir avec certitude la présence d’une planète là-bas, que c’est une prédiction précoce basée sur une modélisation basée elle-même sur des observations limitées. Et effectivement, ça rejoint pas mal l’avis d’autres scientifiques qui mettent en avant le fait que se baser sur seulement 6 objets de la Ceinture de Kuiper, c’est limitant. On ne les connaît pas tous, loin de là, et il suffirait d’en trouver 6 autres avec des orbites opposées pour que ça explique le mouvement de ceux qui ont été étudiés.

Ce que je comprends, c’est que conclure sur l’existence d’une neuvième planète pour expliquer un phénomène dans un endroit complexe avec des corps innombrables, c’est peut-être aller un peu vite en besogne. Personne ne dit que l’étude est mathématiquement fausse, mais il y a peut-être une autre explication. D’ailleurs, une étude française travaille sur le même sujet et ils ont d’autres conclusions… Le magazine Ciel et Espace a pu interviewer Agnès Fienga, qui fait partie de l’équipe de cette recherche, et voici ce qu’elle a dit : « Nous avons travaillé à l’aide des orbites de Saturne et de Jupiter, obtenues par les données récentes de la sonde Cassini. Et nous n’arrivons pas aux mêmes résultats qu’eux. » Et pour preuve, leurs données indiquent qu’une planète massive ne pourrait pas exister en-dessous de 1200 unités astronomiques… ce qui est embêtant parce que c’est précisément là que Mike Brown et Konstantin Batygin la trouvent !

Bref… Affaire à suivre, notamment avec cette publication française qui ne devrait pas tarder, et à moins d’avoir une photo de cette neuvième planète, ce sera compliqué d’affirmer son existence…

L’ÉTOILE KIC 8462852 EST DÉCIDÉMENT TRÈS ÉTRANGE

Du côté de l’info de la semaine, on a encore plus mystérieux. L’étoile KIC 8462852 a beaucoup fait parler d’elle il y a quelques mois suite aux propos d’un chercheur qui suggérait l’hypothèse d’une civilisation alien pour expliquer son comportement étrange. C’était un peu retombé quand d’autres ont évoqué un cortège de comètes géantes pour rendre compte de la baisse de luminosité exceptionnelle qui avait été observée, mais voilà que cette explication ne tient plus non plus. Je récapitule. KIC 8462852, c’est elle – c’est l’étoile indiquée par les deux petits traits verts, et cette photo date d’octobre dernier.

Comme la chercheuse qui dirige l’étude sur cette étoile s’appelle Tabetha Boyajian, elle a été surnommée Tabby au lieu de KIC etc. Elle se trouve à 1400 années-lumière de nous et elle a donc un comportant très étrange – étrange parce qu’il ne correspond à rien de connu jusqu’ici. Alors voilà : Tabby a des baisses de luminosité importantes et complètement aléatoires. Mais du genre jusqu’à 22% de luminosité en moins pendant quelques jours, tu vois ! C’est beaucoup quand même, 22% ! Je peux te dire que si le Soleil baissait de quasiment un quart, comme ça sans prévenir, ça nous ferait bizarre. Mais bref.

Plusieurs hypothèses ont été avancées, puis réfutées au fur et à mesure : c’est pas une exoplanète qui passe devant, c’est pas des perturbations à sa surface, c’est pas sa nature non plus puisque ce type d’étoile reste stable pendant des dizaines de millions d’années, c’est pas des trucs qui pourraient se trouver autour ou devant, c’est pas nos instruments de mesure tout a été vérifié, et c’est pas non plus des aliens – ou en tout cas l’idée qu’on s’en fait – parce que le SETI a écouté et n’a rien détecté du tout… Aucune signature de quoi que ce soit. Tout ça est très étrange.

Et tout ça est devenu encore plus étrange il y a quelques jours avec la publication de l’étude d’un chercheur qui a eu la bonne idée d’aller fouiller dans les archives pour voir un peu si Tabby avait été observée dans le passé. Et il se trouve que oui, et pas qu’un peu puisqu’on a des données sur la période 1890-1989 – et voilà ce que ça donne.

C’est bien bien chelou, quand même, non ? Donc non seulement l’étoile change de luminosité tous les quatre matins de manière totalement aléatoire, mais en plus en l’espace de 100 ans, elle a baissé d’environ 20 % en moyenne, ce qui ne devrait pas arriver pour une étoile comme elle. Et avec ces nouvelles informations, l’hypothèse du nuage de comètes géantes ne tient plus non plus. Donc voilà. On en est là. Il y a un « mystère Tabby », et je sais pas vous, mais moi je trouve ça carrément trop cool. Là encore, à suivre…

Source 1, source 2, source 3

L’ORIGINE DES ÉLÉMENTS DU TABLEAU PÉRIODIQUE

Puisqu’on était la tête dans les étoiles, restons-y avec le tweet de la semaine et c’est Hervé Cottin qui est à l’honneur pour avoir partagé cette image du tableau périodique des éléments.

 

Ce qui m’intéresse dans cette version, c’est que pour chacun d’entre eux, un code couleur indique où il a été fabriqué ! C’est une bonne manière de voir d’un seul coup d’œil que la plupart d’entre eux a été fabriquée soit dans des étoiles, soit dans des supernova, qui sont des explosions d’étoiles – d’où l’expression « poussières d’étoiles » puisque nos corps sont fabriqués avec ces éléments-là. Et puis il y a en bas du tableau les éléments qui n’existent pas dans la nature et qui ont été fabriqués par l’humain. J’aime bien cette version du tableau ! Elle réunit l’infiniment grand et l’infiniment petit, c’est chouette.
Oh, et il faut suivre Hervé Cottin, hein. Si vous vous intéressez à ce que je raconte, il vous passionnera. Il est astrochimiste, en plus, c’est pas trop classe comme profession, ça ? Je compte sur vous pour lui faire dépasser le cap des 1000 abonnés, il mérite d’être lu.

« FAIRE DE LA SCIENCE AVEC STAR WARS » DE ROLAND LEHOUCQ
Un autre qui mérite d’être lu, c’est Roland Lehoucq ! Roland Lehoucq, pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, c’est un astrophysicien qui travaille au CEA, et qui a fait sa thèse sur une supernova, d’ailleurs, pour l’anecdote, et qui écrit des livres de vulgarisation. (Oui ça c’est une photo de groupie de lui avec moi aux Utopiales, parce qu’il est aussi le président des Utopiales.)
Son truc à lui c’est de prendre les œuvres de science-fiction et d’expliquer en quoi c’est possible scientifiquement ou pas. Sur scène en conférence c’est un show man, hein, il est super drôle, mais si je le case dans le bidule 2.0 de cet épisode, c’est parce que son livre « Faire des sciences avec Star Wars » est disponible gratuitement en format e-book et PDF sur le site que je vous indiquerai dans la description et sur mon blog. C’est d’actualité, du coup, même si ça ne traite pas de l’épisode 7, encore, et si vous ne connaissez pas son travail, du coup c’est une bonne manière de le découvrir !

CARNETS DE THÈSE
Et puisqu’on parle de livres, passons à la rubrique culture… Il y a deux livres que j’ai enfin pris le temps de lire, mille ans après leurs sorties respectives, le premier c’est un roman graphique de Tiphaine Rivière qui s’appelle « Carnet de thèse », et c’est l’histoire d’une jeune prof de collège en ZEP qui se lance dans une thèse de littérature. On s’éloigne un peu des étoiles, c’est vrai, mais ça raconte quand même le quotidien d’une doctorante et d’après ce que j’en ai entendu autour de moi, c’est une description fidèle de n’importe quelle vie de thésard, quelle que soit la discipline.

C’est super prenant, c’est souvent très drôle mais ça fait souvent rire jaune en même temps, et elle se raconte sans complaisance même dans ses moments les moins flatteurs pour elle – c’est pas vraiment elle, ça reste un personnage, mais d’après ce que j’ai compris, c’est quand même fortement inspiré de son expérience personnelle… J’ai fait un mémoire de master 2 donc ça m’a rappelé quelques trucs, mais globalement même si vous n’êtes pas docteur ou que vous ne pensez pas faire de thèse un jour, c’est une super BD quand même, hein. Mais je me demande dans quelle mesure c’est une bonne idée de lire ça si vous voulez en faire une… Ça peut décourager. En tout cas ça vous donnera une idée de ce qui vous attend, ce qui peut éviter des désillusions, ce qui n’est pas si mal.
Mais dans l’ensemble, y a des moments très universels – par exemple il y a toute une scène où elle veut écrire un mail à son directeur de thèse et elle ne sait pas comment le formuler. Ça lui prend tellement la tête qu’elle y passe la nuit pour trouver comment lui écrire – et ça m’a fait trop rire parce que c’était tellement moi quand j’ai voulu envoyer un mail à Etienne Klein pour lui demander d’être intervenant dans « La folle histoire de l’Exoconférence » ! Je me suis sentie moins seule. Bref ! C’est un moment tout à fait plaisant dans le merveilleux monde de la recherche universitaire.

THÉORÈME VIVANT
Deuxième livre que je lis des années après sa sortie – mais du coup il existe en poche – c’est « Théorème vivant » de Cédric Villani. Et là, c’est marrant, c’est exactement pareil : on suit un chercheur de l’idée de départ jusqu’au rendu de l’article final. Sauf que ce n’est pas de la littérature, ce sont des mathématiques, et que ce n’est pas un roman graphique mais un témoignage écrit, mais c’est la même expérience, racontée différemment.

Et alors je sais pas vous, mais pour moi, la recherche en mathématiques, c’était quelque chose de tout à fait abstrait dans ma tête. Et là du coup, après avoir lu Cédric Villani, j’ai compris ce qu’était le quotidien d’un mathématicien, comment une idée évolue, comment un théorème se met en place, quelles difficultés arrivent, et surtout ce qui se passe dans la tête de Cédric Villani… C’est fascinant, ça se lit tout seul – bon évidemment il partage aussi tous les échanges de mail avec son collègue qui sont absolument imbitables sauf pour une poignée de personnes dans le monde, mais c’est pas grave, on les survole, il y a des équations dans tous les sens c’est très joli, et ça fait partie de l’aventure. Enfin du coup, depuis que j’ai lu son livre, je comprends en quoi consiste le travail d’un mathématicien, et ça c’est chouette.

12 ANS SUR MARS POUR OPPORTUNITY
Rien à voir avec les maths, mais avant la dernière rubrique de ce podcast voici l’image de la semaine, c’est Opportunity qui l’a prise à l’occasion de ses 12 ans terrestres sur Mars…

Je rappelle qu’elle était censée fonctionner 3 mois. Et que ça fait donc 12 ans qu’elle se balade là-haut tranquillou et qu’elle continue à faire de la science. Voici une autre photo de la série – à mon avis les couleurs ont été accentuées, sur celle-là.

LYON SCIENCE LE 7 FÉVRIER 2016
Et pour finir, la date à retenir c’est le 7 février, c’est un dimanche, et c’est ce jour-là que se tiendra l’événement Lyon Science ! Ce sera à Lyon, et ça parlera de sciences.
Et voilà ! C’est la fin du 53ème épisode de ce podcast et… ok, non, je rigole. Oh ça va, sinon on n’a pas le droit de pas être drôle dans son propre podcast, c’est même plus rigolo, d’abord…

Donc, Lyon Science ! Non sérieux ça va être trop cool. L’entrée sera libre et gratuite et y aura des interventions toute la journée dans des domaines très variés avec un casting trop bien. Juste quelques exemples pour vous mettre l’eau à la bouche : Pierre Kerner qui va parler des lolcats, Alan Vonlanthen de PodcastScience qui causera science et communication, Sébastien Carassou qui va nous raconter la fin de l’Univers – et j’ai déjà vu son intervention, je peux vous dire que c’est du grand art, il y a aura aussi Marion Sabourdy, Madame Déjantée, David Louapre de la chaîne Science Étonnante, et last but not least, Christophe Galfard. CHRISTOPHE GALFARD, quoi, l’auteur de « L’univers à portée de main » !!

Ah oui puis y aura moi, aussi, mais rien que de penser que je vais intervenir au même titre que Christophe Galfard, ça me donne mal au ventre, alors j’évite de trop y penser. Si vous ne le connaissez pas, d’ailleurs, sachez qu’il était un de mes intervenants dans mon hors-série sur l’Exoconférence et je vous mets en lien sous cette vidéo et sur mon blog son entretien intégral, il y dit des choses passionnantes.

Mais pour en revenir à Lyon Science, pour ma part je vous raconterai deux anecdotes marrantes tirées de l’histoire de la conquête spatiale – oui on était encore dans la conquête, c’était dans les années 60.
Bref ! Un chouette événement qui se prépare, si vous êtes Lyonnais, Lyonnaise ou dans les environs, j’espère qu’on pourra s’y croiser – en tout cas moi j’ai trop hâte. Aaah ! Même si j’ai mal au ventre. Voilà.

Cette fois-ci c’est bien la fin du 53ème épisode de ce podcast, merci à tous de l’avoir suivi… Alors régulièrement, environ une fois par semaine, j’ai des commentaires super gentils qui me disent systématiquement la même chose, à savoir que c’est incompréhensible que ma chaîne ait si peu d’abonnés et qui me demandent pour quelle raison. Évidemment je suis très flattée et je vous remercie beaucoup, mais je ne sais jamais quoi répondre…
Alors sachez juste que je fais de mon mieux pour vous proposer des contenus de qualité sur des sujets qui me tiennent à cœur, et qu’à partir de là je n’ai aucun contrôle sur la manière dont ça va être perçu ou partagé… Donc merci à vous, et si vous voulez voir le compteur d’abonnés grimper, n’hésitez pas à vous abonner vous-mêmes et à partager les vidéos. Et merci d’être aussi généreux sur Tipeee, là ça m’aura permis de dégager quelques jours pour faire cet épisode.

Concernant l’actualité de la chaîne, je vous annonce dès à présent que le clip de ma berceuse pour Philae sera mis en ligne le 15 février… Ce sera autre chose mais j’espère que ça vous plaira.
Vous pouvez suivre « La galaxie de Florence Porcel » sur Facebook, mon compte Twitter si ça vous amuse, on se voit IRL à Lyon Science pour ceux qui pourront venir, et en attendant prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire…

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 52

janvier 17, 2016 dans La folle histoire de l’Univers (PODCAST)

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 52ème épisode de ce podcast où je vais vous parler d’exploration lunaire, de magazines scientifiques, d’alphabet de la nature et de paysages qui nous viennent tout droit de la Ceinture de Kuiper…

 

FABIOLA GIANOTTI, PREMIÈRE FEMME DG DU CERN
Mais avant de partir en balade, littéralement, dans le système solaire, je voudrais commencer par vous présenter la personnalité de la semaine dans le domaine de la physique des particules. Cette personnalité, c’est Fabiola Gianotti. Elle est italienne, elle est née en 1960 – qui est décidément une merveilleuse année puisque c’est aussi l’année de naissance de mon papa – et elle avait plutôt un profil littéraire et artistique dans sa jeunesse puisqu’elle a commencé par faire des études de latin, de grec et de philosophie et qu’elle était pianiste diplômée du conservatoire de Milan. Mais en fait elle se posait aussi des questions sur la matière et donc elle s’est redirigée vers les sciences dures et elle est devenue docteure en physique expérimentale des particules en 1989. Elle est entrée au CERN cinq ans plus tard, en 1994, et pendant 15 ans elle a travaillé sur plusieurs expériences, elle a participé à la recherche sur les détecteurs, au développement de logiciels, à l’analyse des données ; et en 2009 elle a été nommée chef de projet et porte-parole de l’expérience ATLAS.

Alors l’expérience ATLAS, c’est monstrueux. C’est monstrueux. Je crois que c’est le seul détecteur que j’ai pas pu aller voir quand j’ai fait mes séjours au CERN mais en tout cas, j’avais pu prendre en photo ce bâtiment où il est peint en coupe. Dans tous les cas, l’expérience ATLAS est souvent qualifiée de plus grande expérience scientifique du monde, et quand on sait qu’elle a réuni 3000 physiciens de 37 pays différents, ça doit pas être faux. Et c’est cette expérience, avec l’expérience CMS aussi, qui a découvert le boson de Higgs qui a complètement changé notre connaissance de la masse – rien que ça. Et donc c’est Fabiola Gianotti, en tant que chef de projet et porte-parole d’ATLAS, qui a présenté les résultats des recherches lors du séminaire du 4 juillet 2012 pendant lequel la découverte a été annoncée.
Je vous mets les 2 dernières minutes de son intervention – et vrai ça dure presque une heure et c’est parfaitement imbitable si on n’est pas spécialiste – mais sa conclusion est drôle et émouvante (si on fait abstraction du Comic Sans MS).

Voilà, et le monsieur en gros plan qui pleurait, c’était Peter Higgs lui-même – il a d’ailleurs eu le prix Nobel en 2013 puisque c’est donc lui qui a théorisé, avec d’autres, l’existence de ce fameux boson qui donne leur masse aux particules élémentaires. Il aura fallu 48 ans et la plus monstrueuse expérience scientifique du monde au sein de la construction humaine la plus complexe pour la détecter.
C’est donc Fabiola Gianotti qui a piloté l’expérience ATLAS de 2009 à 2013. Et si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce qu’elle est Directrice Générale du CERN depuis le 1er janvier, pour une durée de 5 ans, et que c’est la première fois dans l’histoire du CERN – qui existe depuis 62 ans, tout de même… – qu’une femme prend la tête de cette institution. C’est une excellente nouvelle, c’est amplement mérité et toutes mes félicitations à elle, donc…

JOYEUX ANNIVERSAIRE, HUYGENS !
J’ai donné beaucoup de dates, jusque-là, alors restons-y et pour cette semaine je choisis le 14 janvier. Ce jour-là, on a fêté le 11ème anniversaire de l’atterrissage de la sonde Huygens sur Titan. Je sais que j’en ai déjà parlé, mais je trouve que c’est l’événement historique le plus sous-évalué de l’exploration spatiale, européenne qui plus est, et ça m’énerve, alors j’en remets une couche dès que je peux. C’était une sorte d’exploit à la Philae dans les années 2000, pour les plus jeunes d’entre nous qui écoutent.
Huygens n’était pas accroché à une Rosetta à destination d’une comète, il était accroché à la sonde Cassini qui a décollé de la Terre en 1997 à destination de Saturne – et elle tourne toujours autour et continuera jusqu’en 2017. Ils se sont mis en orbite saturnienne en 2004 après 7 ans de voyage, et le 25 décembre 2004, Huygens s’est séparé de Cassini pour se diriger vers Titan, une lune absolument fascinante. Et c’est une vingtaine de jours plus tard, le 14 janvier 2005, que Huygens a traversé l’épaisse atmosphère de Titan pour aller s’y poser presque en douceur…

Et ce que vous voyez là, c’est le paysage extraterrestre le plus lointain sur lequel on se soit jamais posé. 1,5 milliard de kilomètres, ça nous prendrait plus d’un demi-millénaire pour y aller à vitesse TGV, et on s’est posé sur son sol il y a 11 ans – et quand je dis « on », c’est comme le CERN et la plus grande expérience scientifique du monde, hein, c’est l’Europe. Alors voilà à quoi ressemble un monde glacial autour d’une planète gazeuse aux anneaux majestueux, seul endroit dans le système solaire (à part la Terre), où des étendues liquides se trouvent à sa surface – en l’occurrence ce sont des lacs de méthane et d’éthane – et on n’en parle jamais, ça m’énerve. D’autant plus qu’à chaque fois qu’on mange des chips, il faudrait qu’on ait une pensée pour Huygens – mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai un autre jour… En attendant, joyeux anniversaire à lui, bravo l’Europe, et merci à la NASA d’avoir joué les taxis cosmiques évidemment, avec cette merveilleuse sonde qu’est Cassini et qui reste pour moi l’une des plus belles missions d’exploration…

L’EUROPE VEUT S’INSTALLER SUR LA LUNE
Restons quand même côté européen avec la rubrique événement, et pour l’ESA, c’est l’annonce d’une volonté d’installation sur la Lune qui a été mise en ligne ces jours-ci. Ça faisait un moment que le nouveau directeur général Jan Woerner en parlait, Michel Tognini et Claudie Haigneré m’avaient confirmé, mais je n’avais pas vu passer quoi que ce soit d’un peu officiel – c’est donc chose faite sur le site de l’ESA, avec une vidéo que je vous mets en lien, et avec même un rétroplanning assez précis et quelques détails.

Pour vous résumer, l’ESA annonce vouloir un retour des missions habitées sur la Lune dans une coopération internationale ET avec les acteurs du secteur privé. C’est énorme !! Et qui en a parlé ? Personne. Vous en avez entendu parlé dans les médias, vous ? Moi pas. Ça commence à me casser sérieusement les bonbons, ce système médiatique où on ne parle que des gamineries de cour de récré de ceux qui nous gouvernent et de sextape de footballeur, sérieusement. Ça me soûle. Sérieux ça me soûle. Et vous pouvez m’expliquer pourquoi je m’énerve juste au moment où je voulais vous parler d’un truc trop cool que j’attendais depuis des années ? Je ne sais plus. Bref.
Donc ! On va retourner sur la Lune, y a un peu de concret, c’est globalement du pensé pour le long-terme, et honnêtement depuis qu’on a pris la décision de construire l’ISS y a une vingtaine d’années, jamais on avait eu une idée d’avenir comme ça où on peut se projeter, et alors moi ça me fait complètement planer. Surtout que c’est vachement plus excitant que l’ISS ! On va sur la Lune, on va quelque part, quoi, se poser, on va marcher sur un sol, ma génération a jamais connu ça ! On ne va plus tourner en rond autour de la Terre, ça va être autre chose ! Alors attention, hein, l’ISS ça reste le projet habité le plus cool depuis les missions Apollo et je suis la première fascinée par ce qui s’y passe, mais bon, il était quand même temps de penser à l’après.
Donc pour le concret, en 2020, l’Europe accèdera pour la première fois au sol lunaire avec le système PILOT qui s’occupera de faire atterrir le rover russe Luna 27, et il y a également une foreuse pour ramasser des échantillons et un système de communication qui est en cours de construction. Pour la suite, rien n’est signé ni budgeté mais tout ça sera soumis à tous les ministres européens chargés des affaires spatiales à la fin de l’année. Jan Woerner a dit à la conférence de presse que si on disait que son projet était fou c’était une bonne nouvelle, parce que fou, ça veut dire nouveau et innovant ! Ouais ça c’est chouette, un dirigeant qui tient à mettre en place un truc énorme comme ça, c’est vraiment chouette.
Alors on voit beaucoup le terme « village lunaire » passer, mais c’est pas exactement ça quand même. Il y a plusieurs idées qui circulent, comme faire une première mission habitée où les astronautes resteraient en orbite pour téléguider des rovers au sol qui prélèveraient des échantillons ou qui installeraient les premiers éléments d’une base ; il y a aussi l’idée d’y installer un télescope, projet qui est dans les cartons des Chinois je crois ; bref, tout est possible, et a priori c’est le pôle sud qui est visé. Et encore une fois, ce serait un projet international et mêlant public-privé – et ça pourrait rendre service à la NASA pour les missions martiennes, comme une étape possible.
À suivre, en tout cas, et j’espère que les ministres seront chaud pour ça. On croise les doigts…

DU NOUVEAU EN GÉOLOGIE LUNAIRE GRÂCE À YUTU
Restons un peu sur la Lune justement, et je vous parlais des Chinois tout à l’heure et justement, leur petit Lapin de Jade s’y trouve toujours, et même s’il est immobilisé depuis un moment, les scientifiques sont toujours en train de travailler sur ses données – et quand je parle de scientifiques, l’étude dont je vais vous parler provient d’une équipe internationale là encore, composée de Chinois et d’Américains.

Sur cette image pas super nette, désolée, on peut voir en rouge les endroits où les missions Apollo se sont posé – avec leur numéro à côté, et en blanc c’est là où le rover Yutu se trouve.
Alors, oui, c’est sans doute pas très clair, je récapitule. En fait il y a un atterrisseur qui s’appelle Chang’E-3, d’où les initiales CE3 sur la carte, dans lequel se trouvait le rover Yutu. Yutu, ça veut dire Lapin de Jade en chinois, donc on peut trouver les deux appellations. Et quand Chang’E-3 a aluni, il a ensuite libéré Yutu qui a roulé le long d’une petite passerelle comme on peut le voir sur cette image, pour arriver sur le sol lunaire. Et voilà.

Et donc ! Et donc Yutu a analysé le régolithe et quelques roches, et il se trouve que les résultats ont étonné les scientifiques sur Terre parce que ces échantillons ne ressemblent pas du tout à ce qu’on avait pu trouver sur les sites des missions Apollo. En fait, ceux de Yutu sont bien plus jeunes puisqu’ils datent d’il y a 3 milliards d’années – alors que ceux d’Apollo et des missions russes Lunokhod et Luna étaient tous datés de 4 milliards d’années. Leurs compositions sont différentes, aussi, notamment en titane et en olivine. Les échantillons précédents étaient soit très riches en titane, soit très pauvres, mais ceux-là sont un peu entre les deux, ce qui est une vraie surprise. Et c’est une information précieuse parce que la teneur en titane renseigne sur l’origine de la coulée de lave qui a donné ces roches en surface. Bref, plus on aura de données géologiques sur des endroits différents de la Lune, plus on sera à même d’en reconstituer l’histoire, et c’est une vraie découverte qu’on a, là. Les scientifiques ne savent pas trop quoi en penser, à part que la surface de la Lune varie visiblement beaucoup d’un endroit à l’autre, ce qu’ils ne soupçonnaient pas jusqu’ici, mais ils continuent à chercher, à analyser les données, et il n’y a qu’à espérer que l’ESA contribuera elle aussi à l’avenir à répondre à ces questions avec des futures missions pourquoi pas habitées.

SURVOL EN RASE-MOTTE DE PLUTON
On continue à en apprendre tous les jours sur la Lune, donc, et autre mission dont les données nous étonnent chaque jour est évidemment New Horizons qui a survolé Pluton en juillet dernier. Alors l’image de la semaine, c’est cette vidéo où on fait une sorte de rase-motte au-dessus des plaines de Pluton, avec un effet 3D particulièrement saisissant qu’on n’a pas sur des photos, et c’est évidemment fascinant au-delà de tout puisque ce tout petit monde très étonnant se trouve au fin fond de notre espace interplanétaire, vraiment très, très loin de nous…

SÉLECTION DE TWEETS
Beaucoup plus proche, puisqu’on va rester sur Terre ou pas loin autour, voici une petite sélection de tweets… Alors la NASA, d’abord, qui a dévoilé un alphabet constitué à partir de photos de notre planète. Bon, c’est parfois un peu tiré par les cheveux quand on regarde dans le détail, mais c’est super joli et carrément classe, non ?

Côté ISS, le britannique Tim Peake a fait sa première sortie dans l’espace le 15 janvier dernier…

 

Visiblement il a kiffé sa race, et y avait toute l’Angleterre derrière lui, la preuve avec ce tweet de Paul McCartney : « Bonne chance Tim, on te regarde tous, pas de pression ! Je te souhaite une heureuse balade à l’extérieur, au sein de l’univers… »

Alors attention, parce que je vois passer des trucs faux – Tim Peake est effectivement le premier britannique à sortir dans l’espace, mais ce n’est pas le premier astronaute britannique ! Il s’agissait d’Helen Sharman, en l’occurrence, qui a volé en 1991. La sortie a été écourtée parce que Tim Kopra avait un peu d’eau dans son casque – et depuis que Luca Parmitano a failli se noyer de cette manière lors d’une sortie en 2013, si ma mémoire est bonne, on rigole pas trop avec ça. Ça a d’ailleurs fait réagir Buzz Aldrin avec l’humour qu’on lui connaît : « Bravo Tim pour ta première sortie dans l’espace ! Hey, Tim – oui parce que les deux astronautes s’appellent Tim, je vous jure, c’est pratique tiens, ahah – hey Tim, moi j’utilisais l’eau pour m’entraîner, pas pour en avoir dans ma combinaison ! Restez sains et saufs, les gars ».

 

Et le dernier tweet de cette sélection, c’est Scott Kelly, l’américain qui fait une mission d’un an, qui nous a envoyé une photo d’une fleur qui a poussé dans la Station Spatiale… « Oui, il y a d’autres formes de vie dans l’espace ! », a-t-il tweeté, et c’est une image à la fois scientifique, poétique, botanique et très, très étonnante…

 

DU TRÈS BON DANS LA PRESSE FRANÇAISE !
Côté culture, je voudrais vous parler de la presse, cette semaine. Déjà avec ce hors-série du Nouvel Obs sur les dernières nouvelles de l’Univers, avec la crème de la crème : André Brahic, fabuleux André Brahic que je ne présente plus, Jean-Pierre Bibring qui est un des responsables de la mission Rosetta, Jean-Pierre Luminet, Francis Rocard, Marc Lachièze-Rey, Hervé Cottin pour l’exobiologie, Hélène Courtois qui a découvert Laniakea, Françoise Combes qui a une chaire au Collège de France – excusez du peu, Christophe Galfard qui propose une nouvelle de science-fiction, et Etienne Klein, bon, voilà, Etienne Klein, quoi – si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que, en ce qui le concerne, je suis pas très objective. Casting 4 étoiles, donc, pour un numéro très riche et très instructif qui nous emmène de la cosmologie à la vie extraterrestre, en passant par les amas de galaxies, l’exploration martienne, la matière noire, les ondes gravitationnelles, la relativité générale, les comètes, ou un reportage à l’Observatoire du Pic du Midi ; il y a aussi des croisements entre les sciences et la culture avec un article sur les peintres du cosmos, un autre sur le cinéma, un autre sur les livres et les blogs de vulgarisation scientifique ; et aussi un papier sur le tourisme spatial ; sans oublier les trois noirs, les exoplanètes, le CERN, le temps, l’origine de l’Univers… Bref, un très très beau numéro, très réussi, passionnant, qui fait une synthèse de tout ce qu’on peut savoir aujourd’hui et ce qui nous reste à apprendre. Bravo au Nouvel Obs, c’est vraiment un super boulot.

Autre conseil de cette rubrique culture concernant la presse, c’est la revue Ciel&Espace. La formule a changé, elle passe de mensuel à bimestriel – donc une fois tous les deux mois, mais le boulot effectué me bluffe un peu plus à chaque numéro. Les journalistes font un boulot de dingue avec des reportages et des enquêtes, c’est passionnant et les sujets sont hyper variés, et en plus des articles il y a toujours les éphémérides pour savoir quoi regarder la nuit, des conseils techniques pour des télescopes ou pour réussir des photos astro ; enfin, bref… C’est le meilleur magazine que je connaisse, il est trop peu connu, et je vous invite vivement à le découvrir si vous ne l’avez jamais lu. S’il vous plaît et que vous avez les moyens de vous abonner c’est évidemment encore mieux parce que ça les aiderait beaucoup, mais il est disponible chez les marchands de journaux et évidemment dans les bibliothèques, donc n’hésitez pas. Je devrais recevoir le numéro de janvier-février bientôt, et il me semble avoir vu passer qu’il y a une interview d’Alexandre Astier, d’ailleurs… Trop hâte de le lire.

UNE PROMENADE SUR MARS
Et pour finir cet épisode, IL FAUT ABSOLUMENT que vous alliez voir ça. C’est un panorama à 360° de Curiosity au pied d’une dune martienne, et je vous jure que c’est complètement planant, dépaysant, euphorisant – tout ce que vous voulez. Pour ceux qui me suivent sur Twitter et qui ont liké ma page Facebook, j’ai partagé le lien il y a quelques jours, mais évidemment je le rajoute dans la description sous la vidéo – allez-y, allez vous balader sur Mars, vous pouvez zoomer, dézoomer, baisser les yeux et regarder le sol en détail, lever la tête, vous rapprocher de la dune ou lui tourner le dos, regarder les montagnes au loin… Sérieux, on peut se balader sur Mars, en HD, comme si on y était, quoi ! C’est complètement dingue !! On peut se balader sur Mars !! Sans Oculus Rift ou rien du tout, juste avec un ordinateur et une connexion Internet, on peut se balader sur Mars ! Alors, voilà… c’est fabuleux. N’hésitez pas.

Et voilà, c’est la fin du 52ème épisode de ce podcast – il a été long à venir mais comme vous le savez peut-être, j’ai eu 6 mois de boulot sur mon hors-série à propos de l’Exoconférence, le spectacle d’Alexandre Astier, alors c’était compliqué de tout faire en même temps… Je vous remercie de l’avoir si bien accueilli, d’ailleurs, ça m’a beaucoup touchée parce que c’était vraiment un projet important pour moi. Je vais essayer de reprendre un rythme plus régulier d’épisodes « classiques » – je dis bien essayer, parce que j’ai plusieurs projets en ce moment qui me prennent beaucoup de temps et qui me tiennent à cœur aussi – mais j’aurai l’occasion de vous en reparler.
Deux petits messages avant de conclure : vous êtes très très très nombreux à me demander si je connais le jeu Kerbal Space Program. Alors oui, je connais, enfin de nom parce que je ne joue pas, mais je connais. Et deuxième chose, si vous êtes chercheur ou ingénieur, je crois que ça marche aussi, il y a le compte Twitter @EnDirectDuLabo qui cherche toutes les semaines une nouvelle personne pour l’animer. Alors n’hésitez pas à vous manifester, c’est absolument passionnant pour les followers comme moi de découvrir un nouveau sujet toutes les semaines, un nouveau quotidien, un nouveau point de vue – c’est une super démarche et merci à Sébastien Carassou de l’avoir mise en place en France.
Merci à tous ceux qui me filent un coup de pouce sur Tipeee, alors ça c’est vraiment ultra généreux de votre part – ça m’aura permis de me payer des billets de train pour ma vidéo sur l’Exoconférence, notamment, j’ai pas encore fini de rembourser le matos que j’ai acheté et je compte même pas les impôts que je vais payer dessus – tout ça pour vous dire que tout l’argent va vraiment dans le podcast et dans les vidéos. D’ailleurs pour ce qui va suivre, il y aura un clip pour Philae, une vidéo sur les formes géométriques insolites qu’on peut trouver dans le système solaire, une autre qui expliquera comment ne plus confondre le CNES, le CNRS, le CERN et le CEA, je ne désespère pas réussir à finir d’écrire ma deuxième vidéo sur le réchauffement climatique un jour – je prends mon temps parce que c’est complexe et touchy – et j’espère publier plus régulièrement « La folle histoire de l’Univers », donc. Et je rappelle que je fais tout ça sur mon temps libre, et que ça ne me rapporte pas d’argent. Enfin si, pour être tout à fait transparente j’ai monnayé ma chaîne Youtube, mais j’accumulé en tout 180 dollars à l’heure où je vous parle mais que je n’ai pas encore touchés – donc bon. Voilà. Vous savez tout sur ma petite cuisine interne !
Ce qui m’aiderait, ce serait que vous vous abonniez à ma chaîne Youtube – merci à ceux qui sont déjà abonnés – et de partager mes vidéos, vous pouvez aussi liker la page Facebook intitulée « La galaxie de Florence Porcel » – je suis également sur Twitter. Et vous pouvez retrouver ce podcast sur iTunes, n’hésitez pas à mettre des étoiles et des commentaires, ça me fait trop plaisir de vous lire – enfin quand c’est gentil – il est également disponible en version audio sur l’appli Stitcher et sur Deezer, et vous trouverez tout le détail avec le texte intégral, les images, les liens, etc sur mon blog florenceporcel.com.
Comme c’est mon bébé et que j’en suis trop fière, je ne résiste pas à l’envie de vous laisser avec la bande-annonce de « La folle histoire de l’Exoconférence ». Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air… à ne rien faire.

[PODCAST] La folle histoire de l’Exoconférence

décembre 13, 2015 dans A la une, La folle histoire de l’Univers (PODCAST)

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le deuxième hors-série de ce podcast où je vais vous parler de l’Exoconférence, le spectacle d’Alexandre Astier qui règle la question de la vie extraterrestre…

La version audio (.mp3) est disponible également. Pour vous la procurer, cliquez sur l’image !

Merci à Serge pour son aide précieuse !

LA CULTURE AVEC FRANÇOIS ROLLIN
Alexandre Astier se glisse à nouveau dans la peau de celui-qui-sait pour dispenser un savoir à ceux-qui-ne-savent-pas. Un hommage au travail de François Rollin, parfaitement assumé.
Pendant ce temps-là, François Rollin donne son point de vue sur le paysage culturel d’aujourd’hui…

L’IMAGE AVEC CHRISTOPHE GALFARD
Alexandre Astier commence son spectacle en évoquant de nombreuses images, réelles ou imaginées. Christophe Galfard, physicien théoricien ayant fait sa thèse avec Stephen Hawking et auteur du brillantissime « L’Univers à portée de main », m’a parlé de l’appréhension des distances, de l’image emblématique du cosmos et de sa fascination pour la question de la vie extraterrestre.

L’UNIVERS 2.0 AVEC BRUCE BENAMRAN
Alexandre Astier donne des conseils d’applications d’astronomie pour pouvoir regarder le ciel sans se perdre. Et qui de mieux qu’un Youtubeur pour cette rubrique ? Surtout quand ce Youtubeur fait la première partie du spectacle…

LE TWEET AVEC GUILHEM BOYER
Alexandre Astier est sur Twitter sous le pseudonyme de @sgtpembry. Mais par quel truchement ?? J’ai voulu comprendre pourquoi. Il m’a également parlé de son rapport avec ce média. Guilhem Boyer, community manager du CNES, a analysé la manière dont il gère son compte. Et le bilan est positif.

Alexandre Astier n’a pas manqué de me notifier le jour où il s’est rendu chez Étienne Klein pour préparer le spectacle. Ce jour-là, je crois bien que je l’ai haï :-)

Et comme la vengeance est un plat qui se mange froid, je n’ai pas manqué de lui rendre la pareille quand, à mon tour, je me suis rendue chez lui pour qu’il me parle de son rôle dans le spectacle…

 

LA PERSONNALITÉ AVEC ÉTIENNE KLEIN
Du coup, qui de mieux qu’Étienne Klein pour être la personnalité de ce hors-série ? Au-delà de l’Exoconférence et d’Alexandre Astier, pour lesquels il a beaucoup d’estime, d’admiration et de respect, nous avons papoté de sujets aussi divers que l’origine de l’Univers, le temps dans les équations de Newton, la matière noire, et la théorie de bidule-truc. Je vous jure que c’est vrai.
Depuis, j’ai toujours un sourire niais accroché à mon visage. (Ah ben dites, hein… Depuis le temps que je vous en parle, fallait bien que ça arrive un jour.)

L’INFO AVEC MICHEL TOGNINI
L’Exoconférence est bourrée d’informations sur l’astrophysique, les cosmogonies diverses (et surtout variées), et la manière dont les mythes extraterrestres ont émergé. Parmi ces mythes, beaucoup sont déconstruits par Alexandre Astier à l’aide du bon sens. Il évoque notamment le pilotage des soit-disant soucoupes volantes ainsi que le retro-engineering. Qui de mieux placé qu’un astronaute, pilote d’essai et militaire, pour confirmer ses dires et développer sur les OVNI et les PAN ?

LA DATE AVEC JACQUES ARNOULD
16 juin 2024. Au-delà du fait qu’Alexandre Astier fêtera ses 50 ans ce jour-là, l’Humanité apprend que la vie existe ailleurs. Comment réagira-t-on ? Que se passera-t-il dans la tête d’Alexandre ce jour-là ? Pour compléter son point de vue, je suis allée recueillir celui de Jacques Arnould qui a un métier unique au monde : chargé d’éthique dans une agence spatiale (le CNES, en l’occurrence).

L’ÉVÈNEMENT AVEC HERVÉ COTTIN
C’est le thème central du spectacle et c’est une question que tout le monde se pose : sommes-nous seuls dans l’Univers ? Le jour où un début de réponse positive nous arrivera sera un évènement incomparable dans notre histoire. Mais comment pourrait-on découvrir cette vie ? Où ? Quand ? À quoi ressemblerait-elle ? Et d’ailleurs… qu’appelle-t-on la vie ? Hervé Cottin, astrochimiste au LISA, m’en a longuement parlé dans un entretien passionnant…

LES ANAGRAMMES DE L’EXOCONFÉRENCE D’ALEXANDRE ASTIER
Parce que je m’ennuyais un dimanche soir, je me suis amusé à chercher des anagrammes de l’expression « l’Exoconférence d’Alexandre Astier ». (OUI BON. On a les occupations qu’on peut.) Certes, j’en ai trouvé quelques-unes qui ne veulent absolument rien dire – malgré leurs tournures grammaticalement correctes. Mais la dernière a quelque chose…

PERCEVAL EST-IL UN EXTRATERRESTRE ?
Tout fan de Kaamelott qui se respecte a bien remarqué que Perceval était un personnage spécial. Peut-être n’est-il pas l’enfant dans un corps d’adulte que l’on croit. Ou plutôt, si. Ou finalement, pas tout à fait… Questions existentielles, don mathématique, naissance inconnue et toujours le nez tourné vers les étoiles…
Mais alors… Perceval viendrait-il d’ailleurs ?

Bon, Alexandre ne m’a jamais voulu me donner la réponse mais j’aurais essayé.

Sinon, en plus de tous ces intervenants, je me suis aussi entretenue avec Patrick Baud, de la chaîne Axolot, grand spécialiste des curiosités et de l’étrange. Je ne pouvais pas passer à côté de son avis sur la question de la vie extraterrestre !

Je me suis également longuement entretenue avec mon ami Michel Felet, un journaliste passionné par le domaine du spatial, qui a interviewé les plus grands noms et côtoyé les plus grands mythes. Ne ratez pas son témoignage, il a des histoires étonnantes à raconter…

J’espère que ce hors-série vous aura plu ! Si c’est le cas, n’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne Youtube et à partager la vidéo le plus possible.
Merci à la générosité de tous ceux qui m’ont filé un coup de pouce sur Tipeee, ça m’aurait aidé à produire cet épisode.
Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air… à ne rien faire. À très vite :-)

[PODCAST] La folle histoire de Cap Sciences (hors-série n°1)

novembre 20, 2015 dans La folle histoire de l’Univers (PODCAST)

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le premier hors-série de ce podcast où je vais vous parler du Village des Sciences du 10 et 11 octobre 2015 à Capsciences, à Bordeaux, sur le thème de l’exploration spatiale…

Quelques images de l’évènements
Et rien de tel que des images pour vous décrire ce week-end de conférences, d’ateliers et d’expositions avant de vous présenter les différents intervenants de cet épisode…
Capsciences a eu la tête dans les étoiles tout le week-end à travers de nombreuses animations. Pour les enfants, déjà, il était possible de peindre son astéroïde et ils ont été nombreux à s’en donner à cœur joie pendant que les plus petits avaient l’autorisation de colorier un mur de vaisseaux spatiaux, d’astronautes et de robots ; on a pu apprendre comment cuisiner et se nourrir dans l’espace, ce que font actuellement 6 astronautes dans la Station Spatiale Internationale ; on nous a expliqué le fonctionnement du soleil et de ses éruptions absolument gigantesques ; on a pu aller voir de près l’intérieur d’une fusée Ariane ; et tout un tas d’autres choses réjouissantes et passionnantes…
Et bien sûr, il y avait l’exposition centrale où l’on pouvait naviguer d’un astre à l’autre, se balader entre la Terre, la Lune et Mars, et changer d’espace-temps au fur et à mesure qu’on évoluait autour d’une grande fusée centrale.
1969, l’année où l’Humanité a marché sur la Lune, avec sa technologie d’époque et sa déco désormais vintage…
1997 et la mission Pathfinder sur Mars, avec le petit Sojourner que l’on voit dans le coin de la photo…
2004 avec Opportunity, qui bat actuellement tous les records de longévité sur un sol extraterrestre…
2009 en compagnie des hommes et des femmes qui ont vécu et continuent à se relayer dans la Station Spatiale Internationale…
Et bien sûr 2012 avec Curiosity, ce robot gros comme une voiture – voyez le public à côté pour avoir une idée de l’échelle – qui a des roues beaucoup moins neuves que celles de la maquette mais qui continue à sillonner les plaines et les cratères martiens à l’heure où je vous parle…
Mars était d’ailleurs présente autrement que par ses rovers dans cette exposition, avec tout un tas de questions qui se posent et dont les explications passionnent.

Que penser des effets d’annonce de la NASA concernant Mars ?
Et justement, le premier intervenant de ce hors-série est Jean-Marc Salotti, professeur à l’Ecole Nationale Supérieure de Cognitique, à Bordeaux, qui a donné une conférence intitulée « Voyage habité vers Mars : sommes-nous prêts ? », sujet sur lequel il a des éléments de réponse puisqu’il participe à un groupe de travail de l’académie internationale d’astronautique sur les missions martiennes habitées…
C’est évidemment super intéressant, alors du coup, combien de temps pense-t-il que ça va prendre pour enfin poser le pied sur Mars ?
Comme on est dans la rubrique info, je lui ai demandé ce qu’il pensait des grands effets d’annonce de la NASA, qui tease des découvertes soit-disant historiques et qui sont des informations importantes, certes, mais qui ne font que confirmer ce qu’on soupçonnait déjà depuis longtemps, comme par exemple la présence d’eau liquide sur Mars dans des conditions très précises ou encore l’érosion de l’atmosphère martienne à cause des vents solaires…
Vous connaissez ma fascination pour Elon Musk, le fondateur de la société SpaceX qui est devenue le premier organisme privé à s’être imposé dans le spatial, et j’ai donc demandé à Jean-Marc Salotti ce qu’il pense de ce personnage…

Neil Armstrong, le premier être humain à avoir foulé un sol extraterrestre
Et restons dans les hommes d’exception avec la personnalité de ce hors-série, et il s’agit de Neil Armstrong, le premier être humain à avoir foulé un sol extraterrestre. C’est Serge Bordères, auteur du livre « Ici la base de la tranquillité » aux éditions Cépaduès, qui est venu en parler. Il est ingénieur informatique au CNRS et il s’est intéressé à la conquête lunaire sous l’angle de l’informatique, justement…
Mais venons-en à Neil Armstrong… Qui était-il ? Comment on devient le premier homme de l’Histoire à marcher sur la Lune ?…

Si on voyage vite, le mot « date » aura-t-il encore un sens ?
La tête sur les épaules mais cette date, 1969, emblématique dans l’histoire de la conquête spatiale… Et justement en parlant de date… Une date, pour nous, c’est un point fixe dans le temps – mais à notre échelle seulement. Si on se met à voyager, et si on se met à voyager vite… Les mots « date » », « rendez-vous » et « anniversaire » auront-ils encore un sens ?… J’en ai discuté avec Jean-Christophe Caillon, physicien théoricien, qui enseigne la relativité restreinte, ce qui l’a amené à réfléchir sur les voyages interstellaires qui étaient le thème de se conférence ce week-end-là…

Le Professeur Van de Burne
Après avoir surchauffé nos cerveaux, je vous propose quelque chose de moins technique avec la rubrique culture… Je me suis entretenue avec Victorien Marchand et Simon Naulin, tous les deux ingénieurs, mais avec un pied dans le théâtre… On a parlé de leur spectacle d’improvisation qu’ils sont venus jouer ce week-end-là, et puis de tout un tas de sujets aussi différents que la culture scientifique, Alexandre Astier, la reproduction de la drosophile au Mozambique, ou encore le rôle des médias dans la diffusion des sciences. Je vous laisse les découvrir…

La chaîne Youtube de Simon dédié à l’univers Star Wars, c’est ici !

Et si on découvrait une vie ailleurs…
Le théâtre permet tout, absolument tout, alors restons dans le champ de tous les possibles avec la catégorie événement… Celui que l’on attend tous, c’est évidemment une preuve de vie ailleurs. Pour évoquer ce sujet encore hypothétique, je me suis entretenue avec Jean-Luc Morel, physiologiste, chargé de recherche au CNRS, et avant d’aborder les extraterrestres, je vous propose de l’écouter expliquer ce qu’il fait dans la vie, parce que c’est passionnant et c’est quelque chose dont je ne soupçonnais même pas l’existence…
Quelqu’un qui étudie le terrestre dans des conditions extraterrestres a forcément des choses fascinantes à dire sur l’éventuelle possibilité extraterrestre. Nous y voilà… et sa première réponse est étonnante.
Je lui ai demandé ensuite ce qu’il penserait d’envoyer des animaux avec les futures missions habitées.
Et je suis revenue sur la découverte d’une vie ailleurs – totalement détachée de la vie terrestre.

Quelques tweets
Quelques tweets pour revenir sur ce week-end, avec Emeline Broussier notamment qui a partagé quelques images d’un entraînement d’astronaute et une photo d’un échange entre un architecte et un designer sur la meilleure manière d’habiter dans l’espace ; et j’y ai donné aussi une conférence, en plus des entretiens filmés avec les autres intervenants, sur l’exploration spatiale – merci à Cynthia de l’avoir tweeté. Et bien sûr le compte officiel de Capsciences qui a partagé un moment parmi tant d’autres…

Les liens utiles
Ce qui m’amène à la dernière rubrique de ce hors-série, les bidules 2.0. Vous pouvez donc retrouver Capsciences et tout ce qu’il y a autour sur le web avec cap-sciences point net et sur le compte Twitter Capsciences, il y a également un magazine qui s’appelle c-yourmag – et puis bien sûr Facebook, Instagram et sans oublier la chaîne Youtube sur laquelle vous trouverez une super vidéo de présentation.

Et c’est la fin de ce premier hors-série de la Folle histoire de l’Univers, je tiens à remercier tous les intervenants qui ont bien voulu m’accorder du temps, merci également à toute l’équipe de Capsciences pour son accompagnement.
Quant à moi, vous pouvez me retrouver sur Twitter, Facebook et sur mon blog, florenceporcel.com, où j’indiquerai les liens, les informations et les vidéos évoquées tout au long de ce hors-série ; n’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne Youtube où un deuxième hors-série arrivera bientôt…
Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire… À très vite !

[CINÉMA] 5 bonnes raisons d’aller voir « Le Grand Tout »

octobre 8, 2015 dans Cinéma, Culture

« Le Grand Tout », c’est un film de hard SF français fait par des passionnés. C’est surtout une oeuvre qui mérite d’être diffusée dans un maximum de salles en France et c’est malheureusement loin d’être le cas. Voici donc 5 bonnes raisons d’en parler au gérant ou à la gérante de votre salle de cinéma préférée, si vous avez la chance de le/la connaître – et je ne plaisante pas, si vous en avez la possibilité, faites-le !

1. De la hard SF française, on n’en voit pas beaucoup
Certes, on a « Le 5ème élément » (qui est un putain de bon film, allez cracher votre venin anti-Besson ailleurs, merci) mais c’est plus de la space fantasy que de la SF (tout comme « Star Wars », d’ailleurs). On a aussi « Un ticket pour l’espace » dans le 43ème degré, les cultissimes « La Soupe au choux » et « Les Gendarmes et les Extraterrestres » et quelques autres également qui montrent que la France ne traite de la SF qu’avec humour et légèreté. S’il y a quelques exceptions à cette règle, aucun en tout cas ne prend pour base scénaristique des théories physiques.
C’est le cas du « Grand Tout » qui confronte un groupe d’humains à la réalité de la relativité générale d’Einstein.

2. Le site
Malgré un budget très serré, l’équipe fait les choses bien jusqu’au bout : le site est une mine d’informations sur le film, tout ce qu’il y a autour, et tout ce qu’il y a dedans. Excellent boulot sur la page Facebook également.

3. Les personnages
C’est un huis clos à 5 personnages et les co-scénaristes, les frères Nicolas et Yann Bazz, ont donné deux rôles de scientifiques à des femmes pour un équipage mixte et équilibré. Eh ben ça fait plaisir.
En plus, le casting est réussi et l’alchimie entre les comédiens fonctionne, ce qui ne gâche rien.

4. Le voyage
Jamais de la hard SF au cinéma ne nous avait fait voyager aussi loin (cela dit je n’ai pas tout vu, donc si vous avez des références à me proposer, je prends !!)
Fort de 4 ans de post-prod, on est complètement embarqué dans le voyage avec les personnages et un soin tout particulier a été pris pour que les images soient les plus proches de la réalité possible. C’est grandiose, et la bande-son est à la hauteur des images.

5. Le voir pour ne pas mourir dans d’atroces souffrances
Ce n’est pas moi qui le dis. C’est Muradin.

Il est diffusé en ce moment au Saint-André des Arts à Paris, avec une rencontre avec le réalisateur après chaque séance. Si ça, c’est pas la classe (et une chance !!) je ne vois pas ce que c’est.
Dans tous les cas, j’ai pu l’interviewer – avec Pierre-Alain de Garrigues qui joue Harry – et j’y reviendrai longuement dans « La folle histoire de l’Univers » 52 qui est en cours d’écriture.

Bon film, et parlez-en autour de vous ! :-)

[TWITTER] Pendant ce temps-là, dans l’Univers… spécial éclipse lunaire

septembre 28, 2015 dans Pendant ce temps-là, dans l'Univers, Projet Voie Lactée

Dans la nuit du 27 au 28 septembre 2015, heure française, une éclipse de Lune a eu lieu alors même qu’elle se trouvait au plus proche de la Terre. Cette configuration n’arrivera plus avant 2033. Ça valait le coup de se lever en pleine nuit pour observer ce magnifique phénomène…

Éclipse de Lune - Photo personnelle

Et, bien entendu, les astres eux-mêmes se sont exprimés sur cet évènement… qui n’a pas fait que des heureux, visiblement !

LES ÉPISODES PRÉCÉDENTS
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 1
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 2
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 3
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 4
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 5
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 6
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 7
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 8
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 9
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… Spécial éclipse
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… #Canicule2015
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… #ConjonctionVénusJupiter

LA SUITE !
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 10 (à venir)

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 51

septembre 20, 2015 dans La folle histoire de l’Univers (PODCAST)

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 51ème épisode de ce podcast où je vais vous parler de record spatial, de mystérieuses planètes naines, de colonisation de Mars et d’un petit robot très malin…

GUENNADI PADALKA, RECORDMAN DE L’ESPACE
Et commençons par un record ! Le cosmonaute Guennadi Padalka est désormais l’être humain qui aura passé le plus de temps dans l’espace avec 879 jours accumulés au total, ce qui fait plus de deux ans en apesanteur si on met ça bout à bout, le veinard… Il est rentré sain et sauf le 12 septembre dernier après sa cinquième mission, accompagné du kazakh Aïdyn Aimbetov et du danois Andreas Mogensen qui venaient d’effectuer leur tout premier séjour dans l’espace, eux, d’une durée de 10 jours. Ce que vous voyez là c’est leur capsule en train d’arriver sur Terre, et attention ça va faire mal… Voilà – de l’intérieur, il paraît que c’est aussi violent qu’un accident de voiture.
Et le voilà, le héros du jour, sorti en premier de la capsule et tout sourire… Il a quand même battu un record vieux de 10 ans et qui était déjà détenu par un Russe, Sergueï Krikaliov, qui est désormais directeur de la Cité des Étoiles. D’ailleurs, pour la petite histoire, Sergueï Krikaliov est le seul astronaute à avoir changé de nationalité pendant qu’il était dans l’espace, parce qu’entre le moment où il est arrivé dans la station Mir en 1991 et le moment où il est redescendu sur Terre, l’URSS était devenue la Russie. Il est monté soviétique, il est redescendu russe. C’est rigolo.
Bref ! Guennadi Padalka, 879 jours passés dans l’espace, record à battre !

QUAND BARACK OBAMA PARLE À SCOTT KELLY
Une fois n’est pas coutume, il n’était pas monté avec les astronautes qui l’ont accompagné lors de son retour, puisque Scott Kelly et Mikhaïl Kornienko sont restés dans l’ISS pour une mission d’un an destinée à préparer les futures missions de longue durée vers Mars. Et lors d’une opération de communication sur Twitter avec Scott Kelly, Barack Obama lui-même a posé une question : « Hey salut, Scott, j’adore les photos. Ça ne t’arrive jamais de flipper quand tu regardes par le hublot ? » Ce à quoi l’astronaute a répondu : « Rien ne me fait peur, Monsieur le Président. À part recevoir une question de vous… » C’est-y pas mignon.
Sérieux, si vous avez un compte Twitter et que vous ne le suivez pas encore, foncez. Il poste des photos de malade tous les jours et il doit rester encore 6 mois là-haut, donc il n’est pas trop tard !

NAO BIENTÔT DANS L’ISS ?

En parlant de l’ISS… L’info de cet épisode, c’est une étude qui est sortie il y a quelques jours sur la possibilité de transmettre des connaissances entre un robot et des astronautes dans l’ISS. L’idée, c’est que lors d’une réparation, par exemple, le robot – et l’étude a été conduite avec notre petit Nao – apprenne la manip et l’enregistre à la fois par le langage, et à la fois par la vidéo, avec les caméras qu’il a dans ses yeux. Comme ça, si la même réparation est à faire plus tard avec un autre astronaute, Nao pourra le guider en communicant verbalement et en lui montrant la vidéo de la réparation précédente. Et la transmission est faite ! J’ai trouvé ça trop bien et comme en plus le labo qui a fait l’étude se trouve à Lyon, je suis allée rencontrer Anne-Laure Méalier qui y a participé… Voilà ! Il ne reste plus qu’à poser la question à Thomas Pesquet…

ICUB, LE ROBOT ITALIEN BOURRÉ D’ÉLECTRONIQUE

En tout cas dans ce labo, il n’y avait pas que Nao – d’ailleurs il y en avait un deuxième dans un coin avec une moustache, il y avait aussi un robot italien du nom d’Icub – et il était tellement impressionnant ! Toutes les articulations humaines sont recréées – en tout cas au niveau des mains – il a plusieurs moteurs, il est beaucoup plus imposant et la masse d’électronique qu’il contient est vraiment ahurissante. Il y a plein de démos de ce qu’il peut faire sur Youtube si ça vous intéresse, en tout cas j’ai été ravie de l’approcher de près.

REETI, LE FILS CACHÉ DE SHREK ET FRANÇOIS HOLLANDE (EN DRÔLE)

Et parce que ce labo, c’est un peu la caverne d’Ali Baba, il y avait également Reeti ! Alors Reeti, c’est un peu le fils caché de Shrek et de François Hollande, et il ne s’explique pas, il se vit – je vous laisse le découvrir… Voilà, comme vous avez pu le constater, il me fait beaucoup rire – et je suis un peu dégoûtée que ma caméra ait décidé de rendre net le décor derrière pendant son concours de grimace – elle devait être jalouse de lui, je ne vois pas d’autre explication. Ah, les machines !… Bref, je voudrais remercier chaleureusement Anne-Laure Méalier et son collègue de m’avoir reçue dans leur labo de l’INSERM à Bron, c’était vraiment super gentil, j’ai adoré passé du temps avec tous ces robots et j’en garderai des super souvenirs.

MERVEILLEUSE PLUTON

Mais repartons du côté du ciel avec quelques images de toute beauté… La NASA vient de recevoir les dernières en date de Pluton envoyées par New Horizons, et elles sont sublimes…

Je vois pas d’autre mot. On y voit la fameuse Plaine de Spoutnik avec son immense étendue de glace d’azote, les montagnes, et une nouvelle zone avec des cratères, plus ancienne. Un géologue de la mission a dit que la surface de Pluton était aussi complexe que celle de Mars et il faut bien avouer que ce petit corps étonne un peu plus les scientifiques à chaque donnée qui arrive. D’ailleurs, quand la NASA a tweeté les images, la première chose qu’elle a dite a été : c’est compliqué…

Compliqué peut-être, mais beau. Très très beau.

LES MYSTÉRIEUSES TACHES BLANCHES DE CÉRÈS

Et puisqu’on est dans les planètes naines, on a aussi une vue beaucoup plus rapprochée d’un cratère de Cérès, avec les mystérieuses taches blanches qui nous apparaissent un peu plus en détails… C’est la sonde Dawn qui l’a prise à une distance de 1470 kilomètres, le cratère a été baptisé du nom d’Occator et les scientifiques ne savent toujours pas ce que c’est, même s’ils pensent que c’est de la glace. « Bientôt, l’analyse scientifique va révéler la nature géologique et chimique de ce paysage extraterrestre mystérieux et fascinant », a dit l’un d’entre eux

L’HÉMISPHÈRE SUD DE MARS

On se rapproche encore de la Terre pour aller du côté de Mars avec cette photo de la sonde européenne Mars Express qui est à couper le souffle. On y voit principalement l’hémisphère sud…

LES ASTRONAUTES FRANÇAIS AU GRAND COMPLET

Et revenons sur Terre avec cette photo du magazine Paris Match qui a réussi l’exploit de réunir les 10 astronautes français sur une même image… Honnêtement, quand la photo est sortie, je me suis demandé si ce n’était pas un montage – comme ça arrive souvent pour les photos de groupe qui montrent des gens aux emplois du temps de ministre – mais j’ai demandé à Michel Tognini, le plus à gauche sur la photo, qui m’a confirmé qu’ils avaient tous bien posé en même temps. Le journaliste a mis des mois à organiser ça et c’était au moment du Salon du Bourget et il était 7 heures du matin, pour la petite anecdote… Comme ça vous savez tout des coulisses de cette chouette photo. Bravo à Paris Match, en tout cas, c’est un très joli portrait !

BUZZ ALDRIN, DE LA LUNE À MARS

Les personnalités de cet épisode sont deux hommes qui ont un objectif en commun : coloniser Mars. Vous savez que je n’aime pas ce mot et tout ce qu’il implique, mais c’est celui qu’ils utilisent alors je vais le garder pour parler de leur projet de la manière la plus juste possible. Le premier, vous le connaissez tous : c’est Buzz Aldrin, le deuxième homme à avoir marché sur la Lune. Ça fait plusieurs années qu’il milite pour qu’on aille sur Mars, il en a d’ailleurs écrit un bouquin et je vous avais déjà parlé de son fameux t-shirt qu’il porte régulièrement. Mais il ne s’arrête pas qu’à des objets parce qu’il a inauguré fin août le Buzz Aldrin’s Space Institute au sein de l’université Florida Institute of Technology.

Ce programme, qui sera ouvert aux étudiants à partir de cet automne, aura pour but de mettre en place le plan qu’il a élaboré pour installer l’humain sur Mars à l’horizon 2039, à l’occasion des 70 ans du premier pas sur la Lune. La première étape consistera à construire deux bases, une sur la Lune et une en orbite à un point de Lagrange (en L4 ou L5 si j’ai bien compris, mais à vérifier) où seront testés dans un premier temps des technologies, des rovers, et des protocoles qui seront utilisés sur Mars. La deuxième étape servira à acheminer tout un tas de bazar dont on aura besoin sur place : essentiellement tout le matériel nécessaire pour construire une base martienne et les robots qui iront avec, avec en plus des ressources qui seront utiles en temps voulu comme de l’énergie, un peu d’eau et d’oxygène, de la nourriture, des médicaments, bref… du fret. Et pour faire tout ça de la manière la plus simple et la plus fluide possible, il a imaginé un système de navettes entre la Terre et Mars qui circuleront comme le montre l’animation qui est train de passer. Et c’est assez malin. Ces navettes n’atterriront jamais, elles seront juste réapprovisionnées sur Terre par des vaisseaux cargo comme on le fait déjà pour l’ISS et avec des atterrisseurs pour que tout le matériel arrive sur Mars en bon état.

Et troisième étape, l’envoi d’astronautes non pas sur Mars mais sur Phobos dans un premier temps, une des lunes martiennes qui ne se trouve qu’à 6000 km de la planète, d’où ils pourront superviser la construction de la base qui sera entièrement robotisée. Et une fois seulement que la base sera opérationnelle, alors on pourra arriver sur Mars – en 2039 pour les 70 ans d’Apollo 11. Ça semble super court, comme délai, mais Buzz Aldrin a annoncé travailler sur ce projet depuis plusieurs années, il a déjà déposé des brevets et tout, et la création de son programme au sein de l’université spatiale de Floride va pouvoir former des scientifiques et des ingénieurs qui ne se consacreront qu’à ce projet.

Donc maintenant, la seule question que je me pose, c’est pourquoi je ne suis pas américaine, avec 10 ans de moins et un diplôme de sciences, de maths ou d’ingénieur – mais on ne va pas réécrire l’Histoire, hein, ça ne sert à rien. Bref, tout ceci est évidemment très excitant et j’ai hâte de suivre l’avancée du projet. Pour finir sur Buzz Aldrin, 85 ans quand même, hein, pour rappel, il a écrit dans le New York Times dernièrement : « Je vois la Lune sous un jour tout nouveau – plus du tout comme une destination, mais plutôt comme un point de départ ». Et c’est effectivement ce qui se profile à l’horizon de ces 20 prochaines années puisque les Chinois, les Européens et les Américains semblent tous vouloir retourner sur la Lune comme tremplin vers Mars… À suivre, mais ce projet de Buzz Aldrin m’envoie beaucoup, beaucoup de rêve !!

Source 1Source 2

ELON MUSK A-T-IL PÉTÉ UNE DURITE ? (spoiler : NON)

La deuxième personnalité qui souhaite coloniser Mars et qui en parle également depuis plusieurs années, c’est Elon Musk – dont je vous parle très souvent, je dois bien avouer, il est fascinant. Et il n’y pense pas seulement en se rasant le matin puisqu’il a fondé SpaceX qui est la première société privée à envoyer du fret vers l’ISS. Il rêve vraiment d’installer un petit bout d’humanité sur Mars et il a été l’invité d’un talk show sur la CBS dernièrement où il a expliqué qu’il y avait deux méthodes pour terraformer Mars : une lente, et une rapide. Et quand le présentateur lui demande en quoi consiste la rapide, il répond qu’il suffit de balancer deux bombes nucléaires sur les pôles pour réchauffer l’atmosphère et faire fondre l’eau.

Alors évidemment, le monde entier à titrer qu’Elon Musk voulait atomiser Mars, etc etc, et en lisant ces gros titres, je me suis demandé moi-même s’il n’avait pas totalement pété une durite – mais !… Mais je suis allée voir l’extrait de l’émission en question et on se rend compte qu’en fait, c’était à prendre au deuxième degré… Je ne peux pas vous diffuser la vidéo parce que Youtube me bloquerait la mienne, mais je vous laisse le lien pour aller la voir, ça dure même pas trois minutes et en plus d’être beau, milliardaire, doué et ambitieux, Elon Musk est drôle – oui je sais ! je l’ai déjà dit mille fois aussi, mais que voulez-vous, hein, bon. Voilà.

En tout cas, face au tollé que ça a déclenché dans la presse, il a dû se fendre d’un tweet où il dit ceci : « Au fait, je n’ai pas dit qu’on *devrait* lâcher une bombe atomique sur Mars – j’étais juste en train d’évoquer quelques options… » Voilà donc sa réponse aux journalistes qui se sont un peu trop emballés…

 

Et en attendant, il continue à développer sa capsule Dragon habitée – SpaceX a d’ailleurs tweeté une image d’artiste représentant le vaisseau sur Mars – HAN vous trouvez pas que ça a trop trop trop de la gueule ! hein ? sans rire – ah la la j’ai trop trop hâte de voir ça, moi !!
Et puisque rien ne l’arrête, ce garçon, il pense déjà à aller plus loin !
C’était deux jours après son tweet sur la bombe nucléaire martienne, d’ailleurs – je vous traduis.
Le Dragon 2 a été designé pour atterrir sur n’importe quelle surface (solide ou liquide) dans le système solaire. Je suis content de voir que des gens pensent déjà à des applications !
Et ensuite : dans sa version la plus allégée, le lanceur Falcon Heavy peut envoyer un Dragon plein à craquer vers Mars ou un Dragon pas trop lourd vers les lunes de Jupiter. Une mission vers Europe serait cool…

 

Tu parles, Charles !! Ce serait carrément génial. De toute façon, Elon Musk est génial. Avec Paypal, Tesla, SpaceX, l’hyperloop et le reste, ce mec a fait à lui tout seul en quelques années plus que des dizaines de sociétés et d’organisations en quelques décennies.

EXPERIENCE CURIOSITY
Bref ! En attendant de voir une capsule Dragon se poser sur Mars, la NASA a créé ce site où on peut se balader sur Mars avec Curiosity. Voilà, on l’amène où on veut… on peut sélectionner les différentes caméras pour avoir les images de chacune d’entre elles… et on peut regarder autour, tranquille, au calme…
Ah mais de toute façon moi c’est bien simple, hein. Le jour où l’Oculus Rift aura un programme avec les images HD d’Opportunity et de Curiosity, on me perdra définitivement.

LE PROJET MARS 5
Bon, mais je suis toujours là, alors je vais vous parler de culture, un petit peu. Restons sur Mars avec la sortie du 5ème tome du « Projet Mars » d’Andreas Eschbach que j’ai préfacé, comme les quatre autres, c’est aux éditions L’Atalante et il se trouve un peu partout. C’est l’histoire d’adolescents qui ont toujours vécu sur Mars et à qui il arrive tout plein d’aventures… C’est rangé en fiction jeunesse, à partir de 13 ans, mais je le savais pas quand je l’ai lu pour la première fois il y a quelques années, et j’ai beau ne plus avoir 13 ans depuis très longtemps, j’ai tout dévoré très vite tellement c’est trop bien. Donc voilà ! La fin de l’histoire vient de sortir…

L’UNIVERS À PORTÉE DE MAIN… EN ANGLAIS !
Côté livre, toujours, je vous en avais déjà parlé à l’épisode 50 avec une interview de l’auteur, mais sachez que la version anglais de « L’Univers à portée de main » de Christophe Galfard est désormais disponible également – comme je sais qu’il y a beaucoup d’expatriés qui m’écoutent, peut-être que ce sera plus facile de vous procurer cette version-là que la version française… Et c’est le livre qu’il faut avoir lu pour tout comprendre, du big bang aux trous noirs en passant par la physique quantique et les vases moches de votre grand-tante, c’est brillant, c’est drôle et c’est limpide, je ne le répèterai jamais assez.

UN POLAR CHEZ LES ASTRONAUTES
Sinon fin août j’ai dû faire un séjour à Paris et j’étais limitée en bagages, donc j’avais pas pu prendre de livre. Et moi sans livre, je suis perdue – alors je m’étais acheté complètement au hasard un polar à Carrefour en faisant mes courses – ma vie est tout à fait fascinante, n’est-ce pas ? – et j’avais adoré. Alors du coup j’ai voulu lire les autres livres de cet auteur, qui s’appelle Bernard Minier, et après « Glacé » il y avait « Le cercle », et après « Le Cercle » il y avait « N’éteins pas la lumière ». Et comme chaque histoire est suivie par le même enquêteur que dans le premier livre et que tout se passe à Toulouse et dans les environs, il fallait bien qu’à un moment, ça se passe un petit peu dans le milieu du spatial ! Et c’est donc chose faite dans « N’éteins pas la lumière » où les astronautes ne sont pas présentés sous leur meilleur jour… Je serais eux, je ferais un peu la gueule, mais l’auteur précise bien à la fin qu’il ne s’agit que de fiction et le polar reste super efficace, comme les deux autres… En tout cas moi j’ai lu les trois en quelques jours, je suis devenu accro à cet auteur et aux personnages.

L’EXOCONFÉRENCE PART À NOUVEAU EN TOURNÉE
Du côté du théâtre, je vous rappelle qu’Alexandre Astier fait une deuxième tournée dans toute la France avec son Exoconférence, qui traite d’astronomie, de physique, d’histoire des sciences et qui règle la question de la vie extraterrestre… C’est drôle, intelligent, et poétique, je l’ai déjà dit, Etienne Klein est l’un des consultants, ce qui pour moi est un gage de qualité, et il me semble qu’il reste quelques places, donc à ne pas manquer si vous le pouvez. Sinon, le DVD sort le 6 octobre. Et moi j’y retourne le 27 septembre à Lyon, donc ne faites pas les timides comme l’autre fois, si vous me croisez vous pouvez venir me dire bonjour, je ne mords pas et ça me fera plaisir !

 

DE L’ART CONTEMPORAIN SPATIAL
Et le week-end du 3 et 4 octobre, il y aura une exposition d’art contemporain au siège du CNES, l’agence spatiale française, située à Châtelet, et cette année le thème est l’interdépendance… Je mets toutes les infos sous cette vidéo et dans le billet dédié à ce podcast sur mon blog florenceporcel.com

LA SEMAINE DE L’ESPACE
Terminons avec un peu d’agenda et tout plein d’évènements à venir… Déjà, sachez que la Semaine mondiale de l’Espace, c’est du 4 au 10 octobre. Comme tous les ans depuis 15 ans, certes, mais du coup il y a sans doute des trucs organisés à côté de chez vous, ça vaut le coup de se renseigner.
En tout cas moi je serai à Bordeaux les 10 et 11 octobre pour assister au Village des Sciences pour un week-end dédié à l’exploration spatiale où je donnerai notamment une conférence le samedi à 16h30.

IMAGINASCIENCES
Le mercredi 14 octobre, vous pourrez me croiser à Annecy, au festival Imaginascience, où j’animerai un atelier avec Boris Burgarella et où je ferai le zouave sur scène aux côtés de Patrick Baud et de Sébastien Carassou, tout ceci animé par Fred de « C’est pas sorcier » – bref, que du beau monde ! Alors par contre il faut s’inscrire, donc pareil, je mets tous les liens sous la vidéo et sur mon blog.

CONFÉRENCE SUR L’EXOBIOLOGIE
Un autre événement, auquel je ne participe pas, cette fois, c’est la deuxième conférence nationale « Exobiologie Jeunes Chercheurs » qui se déroulera à Paris, au siège du CNES, du 16 au 18 novembre, et si je vous en parle maintenant c’est parce qu’il faut s’inscrire avant le 6 octobre pour y participer.

LUCIE POULET CHEZ STÉPHANE BERN
Je vous signale que ma copine Lucie, avec qui j’étais partie simuler Mars dans l’Utah, est venue parler de son expérience de simulation martienne de 4 mois à Hawaii sur le plateau de Stéphane Bern, l’émission est encore visible sur Pluzz, c’est à partir de la 29ème minute et son intervention fait suite bien sûr à la participation d’un autre français, Cyprien Verseux, à la mission de 12 mois dans la même base, en ce moment.

LA CONVERSATION SCIENTIFIQUE, LE RETOUR

Et pour finir, je vous informe que « La conversation scientifique », l’émission d’Etienne Klein sur France Culture, rempile pour une deuxième saison pour mon plus grand bonheur, c’est désormais le samedi à 14h et elle dure 10 minutes que l’année dernière… La vie est belle.

C’est la fin du 51ème épisode de ce podcast, le premier de la quatrième saison – j’arrive pas à y croire… Merci à tous d’être si fidèle et bienvenue à tous ceux qui me rejoignent – n’hésitez pas à laisser des commentaires, des étoiles et des pouces verts sur iTunes et sur Youtube. Ce podcast est également disponible en version audio sur l’application gratuite Stitcher et sur mon blog avec le texte, les images, les vidéos et tous les liens.
Vous pouvez me retrouver sur Twitter ainsi que sur Facebook si vous voulez de l’actu plus régulièrement que par le podcast.
Et bien entendu, un immense merci à tous ceux qui me soutiennent sur Tipeee – c’est grâce à vous que j’ai pu m’acheter du matériel pour vous fournir un contenu de meilleure qualité, et c’est grâce à ce soutien financier que je peux prendre sur mon temps de travail pour aller rencontrer des chercheurs dans leur labo, comme je l’ai fait dans cet épisode avec Anne-Laure Méalier, par exemple. Donc merci infiniment.
Et surtout, n’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne Youtube pour me filer un coup de pouce, et si vous aimez ce programme, partagez-le et parlez-en autour de vous.
Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire…

[VIDÉO] Qu’est-ce qu’un réchauffement global de quelques degrés ?

août 22, 2015 dans Culture scientifique, Vers la science

Ça faisait longtemps que j’avais envie de faire une série de vidéos sur le réchauffement climatique. Mais le sujet est tellement complexe, vaste et touchy que j’avais reculé le moment où je me lancerais. Sauf qu’on n’a pas toute la vie devant nous… Alors voici la première vidéo.

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 50

juillet 31, 2015 dans La folle histoire de l’Univers (PODCAST)

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officiel de l’Univers et je vous souhaite la bienvenue dans le 50ème épisode de ce podcast où je vais vous parler de Pluton, bien sûr, mais aussi d’exoplanète, des premiers résultats scientifiques de Philae et de recherche de signaux extraterrestres…

ON A SURVOLÉ PLUTON !
Et commençons évidemment avec l’événement de cet épisode puisqu’il est historique : ça y est, on a survolé Pluton et Charon ! La sonde New Horizons est enfin arrivée à bon port après 9 ans et demi de voyage et elle nous a envoyé notamment cette image absolument sublime de Pluton où l’on voit distinctement le désormais célèbre cœur qui fait sa particularité…

Si vous n’avez pas suivi en direct toutes les pérégrinations de la sonde et les données qui nous arrivaient au fur et à mesure, sachez que c’était assez dingue en émotions – moins que Philae parce qu’il ne s’agissait que d’un survol, finalement – mais tout de même, c’était chouette à vivre.
Si ça l’était pour moi, ça l’était évidemment pour les scientifiques qui travaillent sur la mission, et c’est notamment le cas de François Forget, qui est directeur de recherches au CNRS et qui est planétologue – il étudie notamment les astres, que ce soit des planètes, des lunes ou des planètes naines, qui sont pourvus d’une atmosphère – et je lui ai demandé comment il avait vécu ce survol tant attendu…
Et justement, ce nouveau monde, on en a déjà des images détaillées où on peut voir des montagnes, qui sont hautes d’environ 3000 mètres, les fameux glaciers, et tout un tas d’autres choses qui font que ce monde est assez fascinant – en tout cas personne ne s’attendait à ça et c’est hyper exaltant. Du coup, j’ai demandé à François Forget de me résumer ce qu’on savait déjà avec les premières données…

Voilà pour Pluton et Charon – mais du coup, c’est sans doute une véritable aubaine que ces deux corps soient aussi exotiques, pour reprendre ses termes, et j’ai voulu savoir quels étaient les enjeux d’une telle recherche – est-ce que ça vous nous aider à la compréhension de la formation du système solaire, par exemple ?
C’est là qu’on se rend compte quand même qu’étudier un si petit corps permet de faire avancer les connaissances dans des domaines beaucoup plus vastes et ça c’est vraiment tout ce qui fait l’incroyable force et tout l’intérêt de la recherche scientifique.
Mais quand même, parce que les Américains restent les Américains, ils ont été vraiment relou – et ils le sont toujours d’ailleurs, avec des pétitions qui tournent, et tout – sur le fait de réhabiliter Pluton au rang de planète. Du coup, j’ai demandé son avis à François Forget…
Voilà !! Voilà un discours tout à fait positif sur le statut de ce petit corps incroyable – ça me fait penser qu’il faudra que je l’intègre au compte Twitter de Pluton, tiens.

Mais pour revenir à ce que je disais, c’est que là où ces personnes ne sont pas cohérentes, c’est que les Américains ont également une sonde qui étudie la planète naine Cérès depuis plusieurs mois, avec le fameux mystère de ses taches blanches, et que j’ai jamais entendu personne vouloir la réhabiliter à travers des pétitions, des prises de bec sur Twitter, etc… Donc bon. Hein ! Je vais traduire les propos de François Forget et l’envoyer à tout ce petit monde, tiens…
Bon je râle, je râle, mais en tout cas, quand même, la NASA a fait un truc formidable que je tiens à souligner : ils ont baptisé une partie de Pluton du nom de « la Plaine de Spoutnik » du nom du tout premier satellite artificiel mis en orbite autour de la Terre – qui était soviétique et qui a mis une très très grande baffe aux Américains à l’époque. Dans ces temps un peu tendus entre les USA et la Russie, je trouve que c’est classe, élégant et presque bisounours. Et c’est ça aussi que je trouve génial, et émouvant, dans l’exploration spatiale, c’est que ben voilà, on n’oublie jamais longtemps qu’on vit sur un même vaisseau, la Terre, et qu’au fond on doit tous – à défaut de l’être toujours – être copains.
Alors la Plaine de Spoutnik, ben moi je dis oui, bravo, et surtout, merci.

Et pour conclure sur Pluton, il faut savoir que les données arrivent kilobit par kilobit et à raison d’un ou deux kilobits par seconde, donc autant vous dire qu’on n’aura pas tout tout de suite – surtout que New Horizons filoche toujours à grande vitesse dans la Ceinture de Kuiper et qu’elle se trouve à environ 4,5 heures-lumière de nous. En gros, on devrait récupérer les 50 gigabits de données au grand complet dans 16 mois. On n’a donc pas fini de faire des découvertes et d’en entendre parler !

LES PREMIERS RÉSULTATS DE PHILAE
Et justement, comme c’est toujours le cas dans les missions spatiales, une des infos de cet épisode est qu’on a enfin les premiers résultats de Philae, plus de 6 mois après son atterrissage sur la comète Churyumov-Gerasimenko. Tout ce qui va suivre provient des 63 heures qui ont suivi sa séparation d’avec Rosetta, pendant lesquelles 10 instruments ont effectué leurs mesures – sachant qu’en plus le fait qu’il ait rebondi a fourni des informations supplémentaires, donc c’était une aubaine.
Et justement, 25 minutes après le premier contact avec le sol cométaire, l’instrument COSAC a reniflé le nuage de poussières que ça a provoqué, et il a détecté des molécules organiques donc 4 qui n’avaient jamais été détectés sur une comète. Je rappelle que ces molécules organiques ne sont pas du vivant, ce sont seulement, et là je cite l’article, « des précurseurs de molécules importantes pour la vie » comme par exemple des sucres, des acides aminés ou des bases de l’ADN.
En tout cas, toutes ces molécules donnent de nouvelles informations sur les processus chimiques en cours au moment de la formation du système solaire.

COSAC a également montré, grâce aux rebonds de Philae, que la comète n’était pas faite de la même manière partout et que sa composition dépend de l’endroit où on regarde. Du coup, un noyau cométaire c’est un bloc moins homogène que ce qu’on pensait jusqu’à présent, ce qui explique pourquoi Rosetta et Philae ne détectent pas toujours les mêmes choses et pourquoi aussi les résultats varient d’une comète à l’autre – notamment au niveau de l’eau. Je ne sais pas si vous vous souvenez de ces résultats de Rosetta, mais elle avait détecté que l’eau qui compose Chury est différente de celle qu’on trouve sur Terre – alors que dans d’autres comètes, on avait trouvé la même que chez nous, ce qui avait mené au modèle qui propose que l’eau a été apportée sur Terre par les comètes. Le fait que l’eau soit pas la même sur Chury avait surpris les scientifiques, du coup – c’est une question de composition isotopique, très précisément, de rapport deutérium sur hydrogène qui peut varier d’un astre à l’autre. Bref, tout ça pour dire que toutes les comètes sont pas faites pareilles, ce que confirment les mesures de Philae.
Un autre instrument, CIVA, a révélé – et je cite encore l’article – que « les terrains proches du site d’atterrissage final de Philae sont dominés par des agglomérats sombres qui sont vraisemblablement de gros grains de molécules organiques. Les matériaux des comètes ayant été très peu modifiés depuis leurs origines, cela signifie qu’aux premiers temps du système solaire, les composés organiques étaient déjà agglomérés sous forme de grains, et pas uniquement sous forme de petites molécules piégées dans la glace comme on le pensait jusqu’à présent. Ce sont de tels grains qui, introduits dans des océans planétaires, auraient pu y favoriser l’émergence du vivant. »
Donc là encore, on avance. On pensait que les molécules organiques étaient mélangées à la glace, mais non, en fait ils se regroupaient déjà entre eux et restaient entre eux. Enfin je personnifie un peu en disant ça, ce qui n’est pas pertinent puisque ce n’est pas vivant mais vous m’avez comprise.

Ensuite, une image panoramique a été prise par Philae là où il se trouve, donc une image à 360°, et non seulement elle révèle que les fractures qu’on peut voir à grande échelle avec Rosetta sont les mêmes que celles que voit Philae à l’échelle millimétriques – elles sont causées par les différences de température entre les moments où elle est proche du soleil et où elle dégaze et les moments où elle s’en éloignent et où elle se refroidit – mais en plus cette photo, prise avec 7 micro-caméras, montre que Philae se trouve dans un trou qui fait sa taille avec deux pieds sur trois qui touchent le sol.
Et enfin, l’instrument CONSERT a réussi à déterminer une zone de 21 mètres sur 34 mètres où se trouverait Philae, ce qui réduit fortement les endroits où chercher.
Et voilà tout ce qu’on sait aujourd’hui avec les premières données qu’il nous a envoyées suite à son atterrissage mouvementé !
Ça remet pas mal en question tout ce qu’on savait jusqu’ici sur d’autres comètes – le truc c’est qu’on en a pas étudié beaucoup non plus, même pas une petite dizaine. Il faudrait des données sur des centaines, j’imagine, pour commencer à avoir une idée globale de ce que sont ces gros blocs de glace cosmiques…
Mais cette mission est quand même assez hallucinante – et le plus beau dans tout ça c’est qu’on n’a pas fini d’en apprendre…

MAIS QU’EST-CE QUE KEPLER-452b A-T-ELLE DE SI SPÉCIAL ?
Autre info de taille dans cet épisode, c’est l’annonce de la découverte de l’exoplanète Kepler-452b qui serait une énième cousine de la Terre… Là encore, justement, j’ai demandé à François Forget de m’en dire un peu plus…

Au-delà des précisions que François Forget a données concernant Kepler-452b, ce qu’il y a d’intéressant dans son propos c’est qu’en l’espace de 30 ans, soit environ la durée de mon existence, la question de la vie extraterrestre a complètement évolué. C’est-à-dire que quand j’étais petite, c’était même pas un sujet scientifique – à part de blagues ou de ricanements, et le SETI ou les plaques envoyées à bord de sondes étaient plus un symbole qu’autre chose – et maintenant, il n’y a plus un scientifique, en tout cas dans ceux que je rencontre, qui n’a pas cette question-là dans un coin de sa tête. Et encore plus loin, et c’est vraiment emblématique, c’est que les scientifiques que je croise ne se demandent même plus si cette vie ailleurs existe mais quand on pourra la détecter ou en voir des traces. C’est fou quand on y pense.

100 MILLIONS DE DOLLARS POUR LA RECHERCHE DE SIGNAUX ALIENS
Et d’ailleurs pour info, et pour appuyer un peu tout ça, même Stephen Hawking qui est pourtant connu pour sa position de « oui ils existent, et ce serait pas mal d’arrêter d’envoyer des signaux à tort et à travers sinon on va se faire bouffer », il a lancé un programme qui s’appelle « Breakthrough Listen », qui sera doté de 100 millions de dollars sur 10 ans et qui cherchera mieux que jamais des signaux extraterrestres, sous forme d’onde radio ou de rayon laser. Les moyens mis en œuvre pourront récolter des données sur une plus grande zone, cent fois plus vite et sur cinq fois plus de fréquences que ce que fait le SETI depuis qu’il existe. En gros, il faudra seulement 24 heures pour recevoir les données que le SETI récolte en un an – ce qui n’est pas rien. Ça reste un gros pari évidemment, mais Stephen Hawking a dit dans son discours au lancement du programme, je le cite : « Il n’est pas de plus grande question. Il est temps de s’engager à trouver la réponse, de rechercher la vie au-delà de la Terre. Il faut que nous sachions ». Mais il a réinsisté sur le fait qu’il valait mieux éviter d’envoyer un message pour le moment, par prudence.

CHRISTOPHE GALFARD
En parlant de Stephen Hawking… La personnalité de cet épisode a justement travaillé avec lui puisqu’il a passé son doctorat de physique théorique à Cambridge sous sa direction – excusez du peu… Il s’appelle Christophe Galfard et il vient de sortir un livre dont le titre est « L’univers à portée de main » et qui est devenu pour moi pour LA référence absolue en vulgarisation scientifique pour tout ce qui concerne les sciences de l’Univers, de la cosmologie à la physique quantique. Ce livre est un voyage et ce n’est pas une image, puisque le narrateur s’adresse directement au lecteur et lui prend la main pour l’emmener partout dans l’espace et dans le temps, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. C’est intelligent, divertissant, drôle, instructif et absolument brillant. Mais je crois que c’est encore son auteur qui en parle le mieux – il en a donné une définition qui est parfaitement exacte…

Et puisqu’avoir travaillé avec Stephen Hawking et avoir même co-écrit un livre avec lui n’est pas suffisant, il a aussi eu Etienne Klein comme prof à Centrale. Du coup, j’ai pas pu m’empêcher de lui poser la question suivante…
Et pour en revenir à Stephen Hawking, je lui ai demandé ce qu’il lui devait…
Voilà, et quand même, je voulais en savoir plus à propos du livre. Je vous laisse écouter notre échange à ce propos…
Voilà ! Ce garçon est formidable, que voulez-vous que je vous dise, il a toutes les qualités, c’est assez agaçant.
Sérieux, son bouquin, il devrait être au programme de tous les collégiens. C’est limpide. Si vous voulez vraiment tout comprendre de l’Univers dans lequel on vit, et ça inclut la redoutable physique quantique, foncez. Et il tient la promesse qu’il fait à la première page, à savoir qu’il n’y a qu’une seule équation, et c’est E=mc2. C’est tout, et il l’explique évidemment quand elle doit intervenir. Bref ! C’est donc une référence.

LE FESTIVAL D’ASTRONOMIE DE FLEURANCE
Restons dans la culture, tiens. Plusieurs choses à vous signaler, déjà évidemment le Festival d’astronomie de Fleurance du 7 au 14 août qui fête ses 25 ans cette année. Il y a des ateliers, des conférences, des soirées d’observations, tout un tas d’activités excitantes et vous pourrez par exemple y voir François Forget, justement, qui parlera de Pluton, mais aussi Sylvie Vauclair à propos du Soleil et la matière noire, l’astronaute Jean-François Clervoy qui expliquera le lien entre les sciences et l’apesanteur, ou encore Marc Lachièze-Rey sur le temps, Roland Lehoucq qui décryptera Interstellar, et Cédric Villani, Hubert Reeves, enfin… voilà j’arrête le name-dropping, mais ce festival c’est un Disneyland puissance un million pour moi. Ah mais j’irai, un jour, j’irai ! Si vous y passez, amusez-vous bien, en tout cas.

MES VACANCES SUR MARS
Si vous n’êtes pas du côté du sud-ouest, je vous signale que du côté de Lyon, le planétarium de Vaulx-en-Velin organise des « Vacances sur Mars » ! Ça a l’air trop chouette mais j’ai pas eu l’occasion d’y faire un tour, malheureusement. Vous pourrez simuler un vol spatial, voyager dans l’Univers avec un Oculus Rift (les lunettes de réalité virtuelle), mais aussi construire votre habitat martien avec le logiciel Minecraft, faire de la recherche scientifique comme si vous étiez sur Mars guidé par un médiateur, fabriquer l’élément de votre choix d’une base martienne imprimé en 3D qui sera ensuite intégré à la construction, prendre un selfie martien, etc etc… C’est jusqu’au 7 août, et si j’avais été à Lyon à cette période j’avoue que je vous aurais bien piqué un ou deux enfants pour y aller avec eux, c’est plus rigolo comme ça !

ENVOYEZ VOS DESSINS DANS L’ESPACE !
En parlant d’enfant, si vous avez entre 8 et 14 ans ou si vous êtes entouré de personnes de cet âge, sachez que l’Agence Spatiale Européenne vous propose de faire un dessin qui sera ensuite gravé sur le télescope spatial CHEOPS actuellement en cours de construction et qui servira à observer les exoplanètes. Alors pour qu’il puisse gravé il faut qu’il soit en noir et blanc, il y en aura 3000, mais c’est quand même trop la classe de se dire qu’un de ses dessins sera envoyé dans l’espace sur un engin qui observera peut-être des planètes habitées. Enfin moi je dis ça, je dis rien, vous faites ce que vous voulez. Je mettrai évidemment le lien avec toutes les infos pour participer sous la vidéo et sur mon blog, et sachez que CHEOPS sera mis en orbite fin 2017.

SPACE GIRLS SPACE WOMEN
Et enfin pour cette rubrique culture, j’aimerais revenir sur l’exposition Space Girls Space Women parce que j’ai été conviée à l’inauguration au musée des Arts et Métiers à Paris au mois de juin et pas mal de participantes étaient là, dont celles dont j’avais diffusé une partie des vidéos dans l’épisode précédent, d’ailleurs. Voici un sélection de leurs interventions… (Alors juste une chose, l’image et le son sont pas terribles parce que des photographes passaient tout le temps devant moi et j’avais un interprète italien juste à côté…)
Evidemment on ne peut pas organiser un événement autour des femmes dans le spatial sans l’implication de Claudie Haigneré, la seule Française qui soit allée dans l’espace, et elle a fait un discours également…

J’ai pu aller lui poser des questions – mais dehors donc c’est tout aussi bruyant, mais bref – et je lui ai d’abord demandé son point de vue sur l’évolution de la place des femmes dans le spatial…
C’était super émouvant pour moi d’avoir pu lui poser quelques questions en face à face, si jamais elle tombe sur ce podcast, je la remercie infiniment de m’avoir consacré ces quelques minutes, et sa réponse à propos de la Lune m’avait beaucoup surprise. Et puis quelques jours plus tard, le tout nouveau directeur général de l’Agence Spatiale Européenne, que Claudie Haigneré conseille, a annoncé vouloir construire une base scientifique sur la Lune pour l’après Station Spatiale – donc du coup ses propos prennent sens. Et sérieux, ça aurait de la gueule. Moi je veux bien aider, hein, si faut des volontaires. Même si c’est pour faire le ménage ou organiser le planning de construction du bousin, je vous préviens.

LE RECORD DE GUENNADI PADALKA
Bon enfin on n’y est pas encore, surtout que la Station Spatiale Internationale se porte très bien, et justement la date de l’épisode, c’est un record ! Le 29 juin dernier, le cosmonaute Guennadi Padalka est devenu l’être humain ayant passé le plus de temps dans l’espace en battant le précédent record de 803 jours. Et puis il ne va pas s’arrêter là puisqu’il fait partie, avec l’américain Scott Kelly, de la mission d’un à bord de l’ISS pour préparer les futures missions habitées vers Mars, donc il va carrément exploser son propre record en descendant – ce qui devrait faire en tout 878 jours, soit presque 2 ans et demi en tout passé en apesanteur… Le veinard.

UNE CARTE DES PHOTOS PRISES DEPUIS L’ISS
En tout cas ça lui donnera le temps de faire des tas de photos, et ça nous amène au bidule connecté de cet épisode qui est une carte interactive justement des photos prises depuis la Station Spatiale avec la première lettre du prénom de l’astronaute qui les a prises – on peut voir d’un seul coup d’œil que l’italienne Samantha Cristoforetti en a pris beaucoup – même si elle revenue sur Terre, maintenant – et évidemment on peut cliquer sur chaque petit repère pour découvrir la photo. C’est une bien jolie façon de visiter notre planète…

LOU CAILLOU TOUT CHELOU
Restons dans les photos avec les images de l’épisode, et alors là on est gâté côté martien. Déjà, y a ce caillou hyper chelou sur lequel est tombé Curiosity.

LES CARTES POSTALES D’OPPORTUNITY
Mais pour du rêve, voici deux photos d’Opportunity où je trouve la lumière absolument sublimissime.

11 ANS DE BALADE MARTIENNE
Et surtout cette vidéo où la NASA a compilé 11 ans des pérégrinations du petit rover sur le sol martien, et ça donne un résultat aussi hypnotique qu’émouvant…

LE SOLEIL SANS TACHE
Et finissons sur un tweet qui est aussi une image, en l’occurrence une photo du soleil que l’on peut voir quasiment sans tache solaire… C’est assez impressionnant et en tout cas, on vit autour d’une bien belle étoile…

 

Et voilà, c’est la fin du dernier épisode de la 3ème saison de ce podcast – j’arrive pas à croire que ce soit déjà le cas – 50 épisodes ! Et vous êtes toujours plus nombreux à le suivre, vous n’avez pas idée d’à quel point ça me fait plaisir… C’est pour ça que je continue, aussi, parce qu’au risque de me répéter, c’est un boulot de malade. J’espère que les entretiens que j’ai faits vous auront plu – bon c’était pas toujours dans des conditions idéales mais ça me tient à cœur de vous proposer des images à moi puisque j’ai la chance de côtoyer des gens incroyables – autant en faire profiter tout le monde.

Je voudrais vous signaler deux courts-métrages de science-fiction, le premier qui traite du voyage dans le temps, qui a super scénario et des super comédiens – il s’appelle « One-minute Time Machine »,

et un autre qui a un scénario tout pourri, mais qui a la particularité d’avoir été entièrement filmé à la lumière de la Lune.

REFUGE // A Moonlit Short Film from Sam Shapson on Vimeo.

Je vous signale aussi le projet conquest.space qui regroupe les témoignages de différents acteurs de « la nouvelle conquête spatiale » – je cite, c’est pas moi qui le dis – et en l’occurrence j’ai témoigné. Chaque témoignage s’achète au prix de 2 euros 99 à lire sur Kindle, celui de Thomas Pesquet est disponible gratuitement en PDF sur le site, mais il y a aussi Romain Charles, le Français qui a participé à Mars500, Thomas Pesquet, le prochain Français à partir dans l’espace et Marie-Mirage, comme elle se nomme, une femme incroyable de 76 ans qui pilote des avions de chasse (alors qu’elle est civile) et qui sera l’une des premières à effectuer un vol dans une navette de tourisme spatial.

J’ai la chance de l’avoir reçu en version papier, avec tous les témoignages, mais je ne crois pas qu’elle soit disponible à la vente… En tout cas je vous mets tous les liens sous la vidéo et dans le billet dédié à ce podcast sur mon blog florenceporcel.com

Pour rester dans le moi-je-myself, j’ai la chance de figurer dans le dernier numéro de Geek avec des questions sur ma mission dans l’Utah – c’était chouette de parler d’autre chose que Mars One – et au-delà de mon interview, je vous le conseille vivement parce qu’il est entièrement consacré aux femmes dans la culture geek – et c’est là qu’on se rend compte (enfin je le savais déjà mais passons) qu’il ne faut pas aller chercher bien loin pour en trouver touuuuuut plein mais qu’il y a un fossé immense entre la présence de ces femmes dans ces domaines et leur quasi-absence dans les médias. Bref… c’est un chouette numéro.

Si vous aimez ce podcast n’hésitez pas à mettre des étoiles sur iTunes et à y laisser un commentaire, ça me fait super plaisir et ça vous rend présent – c’est con mais je ne sais pas forcément qui m’écoute… et pareil sur Stitcher pour la version audio. Vous pouvez liker ma page Facebook si vous voulez des infos tous les jours, que ce soit pour l’actu du spatial ou l’actu de ce que je sors comme contenu – et c’est l’occasion d’avoir des échanges en commentaires si vous le souhaitez. Vous pouvez me suivre sur Twitter où je partage aussi pas mal d’infos et où je live-tweete des évènements comme les conférences de presse de la NASA ou des lancements de fusée ; et bien sûr si vous voulez m’aider, abonnez-vous à ma chaîne Youtube et partagez mes vidéos le plus possible si vous trouvez qu’elles en valent le coup.
Je tiens à remercier l’ensemble de mes Tipeurs pour leur générosité qui m’a permis d’acheter du beau matériel, qui m’a notamment permis de filmer Christophe Galfard et Claudie Haigneré pour ce numéro 50.

Je vous souhaite un bel été, n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire, à regarder les étoiles, filantes ou pas, et les passages de l’ISS au-dessus de nos têtes (y a des applis et des sites qui vous indiqueront les horaires exacts pour la voir) ; bien entendu prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et je vous dis à très bientôt…