[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 48

avril 23, 2015 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers et je vous souhaite la bienvenue dans le 48ème épisode de ce podcast où je vais vous parler d’astéroïdes, d’une photo historique, de tweets de l’espace et d’une expo lumineuse…

PLUTON (ET CHARON) EN COULEURS POUR LA PREMIÈRE FOIS !
Et commençons justement avec la photo historique : ça y est ! La sonde New Horizons se trouve à moins de 100 jours de Pluton et elle a réussi à faire ce cliché qui est donc la toute première photo en couleurs que l’œil humain puisse voir de Pluton et Charon… Faut quand même avouer que c’est vachement mieux qu’un des clichés précédents qui ne montrait pas grand-chose… Bon, certes, c’est encore un peu flou mais on distingue nettement les deux corps dans les tons beige, rapprochés l’un de l’autre. Je rappelle que la sonde doit arriver le 14 juillet à destination après une traversée du système solaire qui aura duré 9 ans et demi…

UNE MISSION ESA/NASA POUR ÉVITER L’IMPACT AVEC UN ASTÉROÏDE
Outre New Horizons, il y a des corps naturels qui traversent le système solaire, et ceux qui nous inquiètent le font dans l’autre sens puisqu’il s’agit des astéroïdes… Les experts de l’Agence Spatiale Européenne ont identifié environ 500 astéroïdes qui pourraient menacer la Terre dans les 100 prochaines années – ce qui n’est pas négligeable – mais la probabilité pour qu’un impact ait lieu reste très faible donc pas de panique.

Enfin… pas de panique, c’est quand même vite dit, parce qu’on risque à tout moment de se faire méchamment frapper par un gros caillou – la météorite de Tcheliabinsk que personne n’avait vu venir nous l’avait rappelé – et pour des raisons de sécurité il faudrait à tout prix que les agences gouvernementales aient une mission toute prête à envoyer en cas de menace réelle.

On n’y est pas encore, mais il y a des groupes de travail qui commencent quand même à plancher dessus. Le 13 avril dernier, justement, l’Agence Spatiale Européenne a réuni plusieurs scientifiques pendant quelques jours pour travailler sur une étude de cas. Cette année, le scénario – fictif évidemment – impliquait la détection d’un astéroïde qui nous foncerait droit dessus et qui heurterait la Terre le 3 septembre 2022. Il faut savoir que lors d’un exercice de ce genre précédent, personne n’avait réussi à se mettre d’accord et que l’astéroïde serait tombé sur Nice…

Mais du coup, on en est où, concrètement, des solutions à ce problème ? Eh ben figurez-vous qu’en 2022, on va tester une technique dans des conditions réelles. C’est une mission conjointe ESA/NASA et le but de l’opération est simple : l’ESA va envoyer une sonde vers l’astéroïde Didymos pour recueillir des données sur sa lune, qui a été nommée Didymoon, du coup, et ensuite la NASA ira y crasher un impacteur à grande vitesse pour tenter de la dévier de sa trajectoire – et on verra si ça marche. Tout ceci à 11 millions de kilomètres de la Terre et sans aucun danger pour nous, évidemment.
Maintenant, il n’y a plus qu’à espérer pour qu’un gros caillou ne nous menace pas vraiment avant 2022, quoi…

UNE APPLICATION POUR DÉTECTER DES ASTÉROÏDES
Et justement, si vous êtes astronome amateur et que vous avez un télescope, vous pouvez aidez la NASA à repérer une éventuelle menace – et contribuer à sauver le monde, du coup – si si c’est classe.
Pour ça, il vous suffit de télécharger une application – compatible PC, Mac et Linux – et d’y télécharger les images prises par votre télescope. Ensuite, un algorithme qui est plus efficace de 15% par rapport à celui utilisé pour repérer les objets de la Ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter analysera les images et pourra y détecter d’éventuels nouveaux objets.
Il n’y a pas de configuration à faire et en plus elle est en open source, donc modifiable si ça vous chante.
Je vous mets évidemment tous les liens sous la vidéo, et dans le billet dédié à ce podcast sur florenceporcel.com

MÊME JOUEUR ESSAYE ENCORE POUR SPACEX
Plus terre à terre, maintenant… Le 14 avril dernier, SpaceX a envoyé une capsule de fret Dragon vers la Station Spatiale Internationale – rien de bien incroyable jusque-là, même si le fait que tout se soit bien passé reste quand même du domaine de l’incroyable dans ce secteur à risque qu’est le spatial, ne l’oublions pas – mais c’était surtout l’occasion pour la firme d’Elon Musk de tenter une deuxième fois de faire revenir le 1er étage du lanceur à la verticale sur une barge flottante.

Je ne sais pas si vous vous souvenez de l’essai précédent que je vous avais déjà montré, mais là quand même, mais si c’est encore loupé, y a une nette amélioration.
Le truc arrive tranquille, bien verticalement, à l’endroit prévu – ce qui est déjà hyper bluffant – et tout se passe bien jusqu’à l’arrivée – jusqu’à ce que ça explose après avoir malencontreusement basculé. Bon. Mais on avance, on avance !
En tout cas je sais pas vous, mais moi je kiffe trop de voir l’évolution de tout ça, c’est vraiment chouette de la part de SpaceX de partager tous ces essais avec le grand public…

#YEARINSPACE
La capsule avec des vivres et des expériences scientifiques est arrivée à bon port, et justement dans la Station se trouvent désormais 2 astronautes, sur les 6 actuellement à bord, qui vont y passer 1 an au lieu de 6 mois.
À ce propos je vous présente mes excuses pour avoir dit une grosse ânerie dans l’épisode précédent, ce ne sont pas du tout les deux Russes qui vont rester un an, mais Scott Kelly, un Américain, qui a son jumeau resté sur Terre pour comparaison, et Mikhaïl Kornienko, un Russe, donc.
Le but de cette mission est évidemment de voir comment se comportent les astronautes, d’un point de vue physique, physiologique et psychologique, pendant un an dans l’espace, en apesanteur, dans un endroit confiné – et ce pour préparer les futurs vols habités vers Mars même si un an dans l’ISS, c’est le Club Med par rapport à une mission de plus de 2 ans à des dizaines de millions de kilomètres de la Terre…

QUAND SAM PARLE À THOMAS DEPUIS L’ESPACE
Le tweet de cet épisode nous arrive directement depuis l’ISS, justement, il s’agit de Samantha Cristoforetti qui répond avec beaucoup d’humour à notre astronaute Thomas Pesquet qui s’entraîne en vue d’une future mission et qui visiblement a appris à ses dépends que ranger correctement ses affaires évite de perdre sa serviette… et de se retrouver avec une autre – héhéhé.
Et Samantha de lui répondre depuis l’espace qu’elle est très fière de lui, qu’il apprend vite, et qu’il répète après elle : la réponse est 42 !
Mais surtout, dans ce tweet, elle lui envoie également une photo de la France prise de là-haut la nuit… et c’est très beau.
Voilà.

 

LE PROJET DE KAREN URIOT
La personnalité de cet épisode s’appelle Karen Uriot, elle a 26 ans et elle termine sa thèse en biophysique à l’institut Jacques Monod à Paris – elle travaille sur la caractérisation des interactions entre deux protéines à la surface des cellules, pour les connaisseurs.
Quel est le rapport avec la choucroute, vous allez me demander – et vous aurez raison. En fait, cette jeune femme a un projet génial : elle veut ouvrir un espace de co-working dédié aux sciences, aux technologies, à l’ingénierie, aux arts, et aux maths – donc environ à tout ce qui me parle – qui serait aussi un salon de thé – donc environ le paradis sur Terre en ce qui me concerne.
Mais le mieux, c’est encore qu’elle vous le présente elle-même…

J’adorerais vraiment qu’un tel lieu puisse se monter – et pas que à Paris, d’ailleurs – et si vous voulez l’encourager, elle participe à un concours dont le premier prix est un kit pour l’aider à monter son entreprise. Alors je suis très à la bourre, je sais, on n’a que jusqu’à samedi, le 25 avril, pour voter, mais si on s’y met à plusieurs et qu’on vote tous les jours, ça peut faire la différence parce qu’elle est dans le top 3 à l’heure où je vous parle. Donc n’hésitez pas à lui filer un coup de pouce si le projet vous parle, c’est vraiment une démarche que je voudrais encourager à fond.

CULTURE
Et finissons avec un peu de culture et je voudrais vous signaler l’exposition « L’odyssée de la lumière » dont voici le teaser…

Alors d’accord, c’est à la Cité des Sciences à Paris, mais si vous êtes loin ce n’est pas grave, il y a un super webdoc qui est fait autour de l’expo et que je vous indiquerai dans les liens, évidemment. En tout cas c’est cool d’avoir des contenus comme ça en parallèle, ça permet de profiter de la culture sans avoir forcément le musée dans son secteur géographique…
Je l’ai vue, cette expo, évidemment, et si vous y passez, n’hésitez pas à faire un tour dans cette salle un peu magique et totalement planante où on se croirait flotter dans l’Univers…

Voilà, c’est sur ces paroles emplies de modestie et d’humilité que se termine ce 48ème épisode de « La folle histoire de l’Univers », merci beaucoup de l’avoir suivi.

Je vous rappelle que vous pouvez le trouver sur plusieurs supports : sur ma chaîne Youtube d’abord, n’hésitez pas à vous abonner et à partager la vidéo, tout ça me rend bien service ; il est disponible également sur iTunes où vous pouvez mettre des étoiles et des commentaires qui me donnent la force de continuer quand je suis un peu fatiguée (parce que créer un contenu comme ça, c’est énormément de travail et que ça m’arrive comme tout le monde d’avoir des coups de mou) ; vous pouvez également le retrouver en version audio sur Stitcher, une application gratuite, pour l’écouter dans les transports en commun, dans une voiture ou au bord de la plage, que sais-je, mais surtout envoyez-moi une photo si c’est un endroit qui peut m’envoyer du rêve, et là c’est pareil, vous pouvez mettre des étoiles et poster un commentaire. Et bien sûr, je le relaye sur mon blog avec tous les liens, les images, les vidéos etc si vous voulez aller plus loin.

Sur mon blog, d’ailleurs, vous pouvez vous inscrire à ma newsletter, j’envoie des nouvelles une fois par mois avec un petit strip inédit – voici le premier si ça vous amuse de le voir… Il suffit de laisser votre adresse mail et je m’occupe du reste.

Du côté de Facebook, je poste une vidéo par jour en fonction de l’actualité de l’espace et des sciences sur ma page « La galaxie de Florence Porcel » et vous pouvez bien sûr me retrouver sur Twitter où j’essaye de live-tweeter le plus d’évènements possibles en rapport avec l’espace.
Et bien sûr, merci, merci beaucoup à tous les tipeurs qui me filent un coup de pouce financier – ce qui me permet d’enregistrer ce podcast avec un meilleur son et d’avoir pu m’acheter un bon logiciel de montage. Avec la très grosse cagnotte du mois dernier que je toucherai bientôt, je vais m’acheter du son pour mes autres vidéos, pour info. D’ailleurs n’hésitez pas à faire un tour sur ma chaîne Youtube pour aller voir les autres contenus que je propose en plus de mon podcast…

Et je vous laisse avec quelques images… Elles sont tournées par un astronaute qui s’appelle Michel Tognini, qui est allé deux fois dans l’espace, et qui m’a emmenée faire un tour en avion. Si. Siiiii si si. Donc voilà, si vous voulez savoir ce que ça fait de voler avec un astronaute, regardez ça – et attention, c’est moi qui pilote… Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air… à ne rien faire. À très vite !

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 47

mars 15, 2015 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officiel de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 47ème épisode de ce podcast où je vais vous parler d’eau liquide extraterrestre, de loupe gravitationnelle, de drôles de bestioles cosmiques et d’une BD au pays des physiciens.

LE RETOUR DE L’EXPÉDITION 42
Commençons par l’événement de la semaine avec le retour de l’expédition 42 sur Terre tôt le 12 mars. L’Américain Barry Wilmore, le Russe Alexander Samokutyaev, et la première femme russe dans l’ISS Elena Serova ont quitté la Station Spatiale à bord de leur Soyouz, la rentrée dans l’atmosphère s’est bien déroulée, le parachute s’est déployé sans problème, ils ont atterri comme prévu dans les plaines du Kazakhstan et ils ont été extraits de la capsule un par un. Pendant ce temps-là, l’équipage 43 est toujours là-haut et ils seront rejoints par l’Américain Scott Kelly et les deux Russes Mikhaïl Kornienko et Guennadi Padalka qui décolleront de Baïkonour le 28 mars prochain. Et ce sera un jour important parce que les deux Russes ne vont pas faire une mission de 6 mois comme c’est le cas pour le moment pour tous les équipages dans l’ISS, mais de un an ! Le but, comme l’a précisé la NASA, est de « collecter des données biomédicales pour préparer les missions habitées de longue durée dans l’espace ». C’est pas dit comme ça mais l’objectif ultime est évidemment Mars, on n’y est pas encore mais ça se prépare, ça se prépare…

DU STREET ART FRANÇAIS DANS L’ISS !
Restons du côté de l’ISS avec la rubrique culture et cette fois-ci, je vais vous parler de street art !… Le 12 mars, quelques heures seulement après le retour sur Terre de l’expédition 42, l’astronaute italienne Samantha Cristoforetti a installé la première œuvre d’art de l’ISS, et c’est celle d’un Français qui s’appelle Invader ! Je suis sûre que vous avez déjà vu ses œuvres, soit dans la rue ou en photo, il fait des petites mosaïques qui représentent un petit extraterrestre pixellisé inspiré du jeu vidéo Space Invaders, vous voyez ? Eh ben une de ses mosaïques était dans le dernier ATV, la capsule européenne de fret, qui a décollé le 29 juillet dernier, elle mesure 15 centimètres sur 10 et représente un petit alien rouge avec des yeux blancs sur fond noir posé sur une ligne gris métal avec un bout de la Terre dans le coin en haut à gauche.

Et ça y est, elle est donc collée au module européen Columbus de l’ISS ! Je trouve ça vraiment chouette qu’il y ait de l’art là-haut – et d’autant plus que ce soit un peu geek et que ça vienne d’un artiste français – et j’ai l’impression que c’est passé complètement inaperçu en France.
En tout cas je vous mets le lien vers l’interview d’Invader dans Télérama sur mon blog florenceporcel.com et sous la vidéo, elle est super intéressante et il raconte comment ça a pu être possible.

L’ÉCLIPSE DE SOLEIL DU 20 MARS 2015
La date de la semaine c’est évidemment le 20 mars prochain puisque ce jour-là, il y aura une éclipse de Soleil au-dessus de l’Europe ! Elle sera partielle en France, de 80 % à Lille à 63 % à Nice, par exemple. À ce propos, si vous voulez savoir comment se passe une éclipse, où aller la regarder et vous procurer des lunettes, je vous conseille d’acheter le dernier numéro de Ciel & Espace qui consacre évidemment un dossier complet sur cet événement et qui fournit une paire de lunettes. Et surtout, surtout, ne regardez JAMAIS le Soleil sans protection, ça peut vous poser des problèmes très graves qui peuvent aller jusqu’à la cécité – ce serait vraiment dommage de devenir aveugle. Donc si vous voulez l’observer, n’oubliez pas les lunettes, ne réutilisez pas celles de l’éclipse de 1999, ne faites pas vos propres lunettes chez vous, et n’utilisez pas non plus de lunettes de soleil – et si vous ne savez pas où trouver des lunettes spécial éclipse, sachez qu’il y en a donc dans le dernier numéro de Ciel & Espace. Le maximum de l’éclipse, ce sera à 10h29, en matinée, heure française, ça ne dure que quelques minutes donc si vous le pouvez, n’hésitez pas à prendre une pause et à sortir la voir. Je vous souhaite une bonne observation, en tout cas !!

LE GORAPHILAE
Quittons la Terre, l’ISS, et la Lune, allons un peu plus loin voir du côté du tweet de la semaine et c’est Le Gorafi qui l’emporte avec ce tweet qui m’a fait glousser pendant un quart d’heure : « La sonde Philae refuse de se mettre au travail et demande à être appelée désormais Son Altesse Reine de Tchouri et des Immensités ».

 

Comme toujours, ils sont très drôles, et ils se réfèrent évidemment à l’actualité puisqu’on essaye à nouveau de communiquer avec Philae depuis jeudi, le 12 mars – décidément, il s’en est passées, des choses, ce jour-là !! – sans succès pour le moment – la fenêtre est ouverte jusqu’au 20 mars, et après s’il n’y a pas de signal, on réessayera en avril où on aura sans doute plus de chances parce que la comète se rapproche de plus en plus du soleil, ce qui fait que les panneaux solaires de l’atterrisseur vont pouvoir avoir de plus en plus d’énergie pour réveiller tout ça… À suivre !

IL Y A TRÈS LONGTEMPS, UN OCÉAN MARTIEN
Et ailleurs dans le système solaire, il se passe quoi ? La semaine dernière, c’était un peu une spéciale planètes naines, mais là on est plutôt dans la team océans extraterrestres… Du côté de Mars, des scientifiques de la NASA ont observé l’atmosphère de Mars pendant 6 années terrestres, soit 3 années martiennes environ, avec des télescopes à infrarouge depuis la Terre. Et ils en ont conclu que Mars avait abrité un océan qui recouvrait la moitié de son hémisphère nord sur une profondeur qui pouvait dépasser les 1600 mètres. Cela dit, 87 % de cet océan a disparu dans l’espace – il reste un peu de cette eau sous forme de glace au pôle nord, et peut-être qu’il y en a encore dans les profondeurs, mais ça on ne sait pas trop. En tout cas, un des chercheurs dit que Mars a très probablement été humide plus longtemps qu’estimé jusqu’alors, ce qui suggère qu’elle aurait été habitable plus longtemps. Avec le méthane découvert récemment, ça fait pas mal d’indices sur une vie possible là-bas, qu’elle soit présente ou passée…

CONFIRMATION D’UN OCÉAN SALÉ SOUS GANYMÈDE
Toujours dans les océans extraterrestres, la NASA, encore elle, vient de confirmer la présence d’un océan d’eau liquide salée sur Ganymède, une des lunes de Jupiter – ou plutôt en-dessous parce qu’il est situé sous sa croûte de glace de 150 kilomètres d’épaisseur. Cet océan a une profondeur de 100 kilomètres, ce qui est considérable quand on pense que le point le plus profond de la Terre, c’est la Fosse des Mariannes (et hop, j’en profite pour faire un bisou à ma petite sœur !) avec une altitude de – 10 971 mètres exactement. J’imagine même pas la pression de malade qu’il doit y avoir au fond de l’eau de Ganymède, quoi. En tout cas les chercheurs pensent que cette eau a pu communiquer avec la surface il y a très longtemps. Ça ajoute un astre de plus à la liste des potentiellement habités dans le système solaire extérieur, avec notamment Europe sur laquelle on fonde beaucoup d’espoirs…

UNE CROIX D’EINSTEIN AVEC UNE SUPERNOVA
Sortons du système solaire maintenant, avec l’image de la semaine qui est une première, puisqu’il s’agit d’une croix d’Einstein avec une supernova ! On y voit une galaxie avec quatre points lumineux tout autour qui forment une sorte de croix, et ces quatre points lumineux sont l’image d’une seule et même supernova située derrière la galaxie. C’est un phénomène tellement rare que les astrophysiciens en cherchaient depuis 20 ans ! C’est Hubble qui l’a trouvée et elle valide encore une fois la théorie de la relativité générale qui prédisait que des objets très massifs, comme des galaxies ou des amas de galaxies, pouvaient agir comme une loupe sur les rayons lumineux – d’où l’appellation de lentille gravitationnelle.

Pour vous expliquer comme ça fonctionne, imaginez une toile de trampoline. Installez-y une boule de bowling au milieu, du genre bien lourde. Du coup elle déforme complètement la toile sous son poids, vous voyez le tableau, bon – ben la boule de bowling, c’est la galaxie de la photo. Maintenant imaginez que vous êtes à un bout du trampoline et que vous avez un pote à l’autre bout, avec évidemment la boule de bowling entre vous deux. Votre pote est accroupi et tient ses mains refermées sur quelque chose sur le bord de la toile. Ça, ses mains, c’est la supernova qui se trouve donc derrière la galaxie. Et le principe d’une supernova, c’est quand même une étoile qui explose, donc il va ouvrir ses mains et envoyer les billes qu’il y avait à l’intérieur – et qui symbolisent les photons, les particules de lumière – violemment devant lui. Et les billes, qu’est-ce qu’elles vont faire ? Eh ben elles vont suivre la courbure de la toile du trampoline, notamment autour de la boule de bowling. Y en a qui vont passer à gauche et d’autres à droite. Ce qui veut dire que vous, vous allez voir la lumière de la supernova passer de part et d’autre, vous donnant l’impression qu’il y a en plusieurs – alors qu’il n’y en a qu’une ! Et c’est exactement ce qu’on voit sur l’image de la croix d’Einstein avec les quatre images de la supernova autour de la galaxie. Alors évidemment, comme toutes les analogies, ce n’est pas exactement satisfaisant puisqu’on voit la toile du trampoline comme un objet à 2 dimensions alors que l’univers possède 3 dimensions d’espace, et que vous pouvez votre pote derrière la boule de bowling avec qu’en vrai on ne peut pas voir la supernova derrière la galaxie – on ne peut en voir que la lumière qui nous en parvient, donc, après qu’elle a emprunté un chemin courbe dû à la masse de la galaxie sur son chemin entre elle et la Terre.

Et cette image représente encore plus qu’une énième validation de la théorie de la relativité générale, puisque les loupes gravitationnelles aident les astrophysiciens à calculer la masse de matière noire présente dans une galaxie ! Ils ont pu déterminer que les mirages de la supernova ne nous étaient pas parvenus au même moment – alors que ces images proviennent d’une unique étoile qui a explosé en un instant unique. Ça veut dire que les rayons lumineux qui ont contourné la galaxie ont parcouru plus ou moins de distance avant de nous arriver. Ce qui veut dire qu’il y a des endroits avec plus ou moins de matière noire dont la masse oblige les rayons lumineux à la contourner plus ou moins. Et plus il y a de matière noire à un endroit, plus la toile de l’espace-temps sera déformée, plus la lumière devrait faire un détour et plus elle mettra de temps à nous arriver.

Et apparemment, les astrophysiciens ont déjà une petite idée de la répartition de la matière noire à cet endroit-là de l’Univers puisqu’une autre image de la supernova devrait nous arriver dans quelques années – en tout cas, c’est la prédiction permise par le modèle actuel et ils vont la guetter pour savoir s’il est bon ou s’il faut le revoir ou l’affiner. Tout ça est assez fascinant, quand même ! Surtout quand on pense que la supernova se situe à 9,3 milliards d’années-lumière de nous. Et la galaxie entre nous deux à environ 5 milliards d’années-lumière. Ouais. C’est des trucs, tu sais c’est… ouais, non, on peut même pas savoir, en fait.

Tiens d’ailleurs, ça me fait penser à un truc ! J’ai lu cette info, l’autre jour, titrée « US 708, l’étoile qui file à travers la Voie Lactée », et à un moment on tombe sur cette phrase géniale : « cette étoile se déplace assez vite pour sortir de notre galaxie dans quelques 25 millions d’années ». Assez vite – 25 millions d’années :D
Vous voyez c’est aussi pour ça que je fais ce podcast, parce que quand on commence à toucher à ce genre de sujet, c’est tellement inimaginable que ça en devient vertigineux, fascinant et super excitant. Et puis surtout, c’est des trucs qu’on peut tellement pas concevoir que c’est limite orgasmique – intellectuellement parlant évidemment – de s’imaginer qu’on comprend quand même des choses, que des gens manipulent ces concepts tous les jours, qu’on en a des images, mieux ! qu’on vit dedans et qu’on en fait partie, et surtout qu’on sait calculer, remonter dans le temps, calculer la trajectoire de cette étoile, prédire quand on aura une autre image de la supernova, savoir combien de matière noire il y a à 5 milliards d’années-lumière d’ici… Bref, je ne me lasserai jamais – du moins je l’espère – de lire des choses pareilles et de les partager avec vous. Et puisque je viens de parler d’Einstein, il y a cette citation qui illustre à la fois bien et mal ce que je viens de dire : « Ce qui est incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible. »

TRINH XUAN THUAN
Alors oui en effet, on comprend beaucoup de choses du monde, mais je pense que plus on avance, et plus Einstein a tort… dans le sens où on ne comprend pas 95 % de ce qui compose l’Univers. Ça fait quand même beaucoup. Et du coup ça m’amène à la personnalité de la semaine, un astrophysicien qui s’appelle Trinh Xuan Tuan, et je vous propose d’écouter sa réponse à la question que Sciences et Avenir lui a posée, à savoir : « quelles sont encore les grands problèmes de l’astrophysique ? »


ASTRO. Trinh Xuan Thuan explique "l'ajustement… par sciencesetavenir

Voilà, donc on n’est vraiment pas sorti de l’auberge et je ne suis pas sûre que le « monde compréhensible » d’Einstein soit encore tout à fait d’actualité – sans compter la physique quantique qu’on sait utiliser mais dont on ne comprend pas encore totalement le pourquoi du comment du fonctionnement.

D’ailleurs, l’autre jour, j’ai appris en écoutant « La conversation scientifique » d’Etienne Klein, sur France Culture (que je vous conseille chaudement) qu’on ne sait pas expliquer pourquoi l’eau est à l’état liquide à une fraction au-dessus de zéro, et qu’elle passe immédiatement à l’état solide à zéro. On comprend comment. Mais on ne sait pas pourquoi ça se passe d’un instant à l’autre, sans une phase de transition où elle serait à moitié glace et à moitié liquide… Bref, on ne comprend pas vraiment. Et pourtant c’est un truc plutôt quotidien. Mais non. Alors bon, pas si compréhensible que ça, ce monde…

Bref, revenons sur Trinh Xuan Thuan – je vous conseille de lire « Le cosmos et le lotus » où il raconte son parcours, d’où il vient, comment et pourquoi il en est venu à devenir astrophysicien, tout ça dans un contexte sociopolitique super intéressant et que je connais mal puisqu’il est vietnamien, il baigne dans la culture française, et il est parti faire ses études, puis sa carrière aux Etats-Unis… Et en même temps, il nous parle un peu du cosmos, donc c’est un très chouette bouquin qui se lit très facilement et que je vous conseille. Et de lui, j’ai beaucoup aimé « Désir d’infini », aussi. Je sais que je vous en avais déjà parlé mais voilà, il fait partie des scientifiques que j’aime bien lire.

UNE ILLUSTRATRICE CHEZ LES PHYSICIENS
Et en parlant de lire, je voudrais vous signaler le bidule 2.0 de la semaine et c’est une BD en ligne, d’une illustratrice qui a passé quatre mois au Laboratoire de Physique des Solides et qui en a fait une bande dessinée disponible gratuitement en ligne et qui fera aussi l’objet d’une expo. Il y aura neuf épisodes, déjà deux sont disponibles, et je mettrai évidemment tous les liens pour aller voir ça sur mon blog, florenceporcel.com et sous la vidéo sur Youtube.

Et voilà, c’est la fin du 47ème épisode de ce podcast, merci beaucoup de l’avoir suivi. La semaine dernière j’ai complètement oublié de vous tenir au courant du projet Mars One, je suis désolée… Vous l’avez peut-être vu dans la presse ou lu sur les réseaux sociaux puisque j’y ai partagé les dernières infos, mais je ne fais pas partie des 100 candidats qui ont réussi à accéder au troisième tour des sélections. Donc voilà, il reste un seul Français en lice mais c’est terminé pour moi. Merci encore pour votre soutien, en tout cas, ça été 18 mois de folie et je suis absolument ravie d’être arrivée dans les 660 shortlistés sur plus de 200 000 à travers le monde – donc aucune déception, c’était dingue !

Je voudrais vous signaler que c’est en ce moment la Semaine des Mathématiques, jusqu’au 22 mars, avec des tas d’évènements et d’activités organisés un peu partout – n’hésitez pas à vous renseigner autour de vous je suis sûre qu’il y a des trucs sympa à faire, à voir ou à écouter pas loin de chez vous.

Merci à tous ceux qui m’ont permis d’atteindre la première place audio et vidéo confondues dans la catégorie Sciences et Médecine d’iTunes, devant tout Radio France – ça fait quand même bien plaisir, je vous avoue… Et ce podcast est également disponible sur Youtube, n’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne, ça m’aide énormément, si vous aimez ce contenu, et évidemment n’hésitez pas à partager les vidéos aussi pour me filer un coup de pouce.

Si vous avez l’habitude de vous laver dans des piscines de billets verts, vous pouvez toujours en laisser quelques-uns sur mon compte Tipeee mais évidemment sans aucune obligation. J’en profite pour remercier tous les tipeurs, vous êtes des grands malades, je vous kiffe.

Et sachez que vous pouvez me retrouver sur Twitter et que je poste désormais une vidéo par jour sur ma page Facebook, liée à l’actualité quand c’est possible.

N’oubliez pas l’éclipse du 20 mars avec des lunettes adaptées, prenez soin de vous et de notre planète, et une fois que la Lune aura fini de vouloir rivaliser avec le Soleil, continuez donc de rester le nez en l’air à ne rien faire…

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 46

mars 6, 2015 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 46ème épisode de ce podcast où je vais vous parler de planètes naines (au pluriel), de vaisseaux spatiaux, de femmes de sciences et de sortie dans l’espace…

TERRY VIRTS DANS L’ESPACE
Et commençons justement par la sortie dans l’espace avec les tweets de l’astronaute américain Terry Virts ! Le 22 février dernier, il a posté un selfie de lui en sortie extravéhiculaire où on voit la Terre se refléter dans son casque avec un message que je traduirais comme suit : « Ma toute première sortie dans l’espace aujourd’hui – c’était trop génial !!! »

Et un tweet suivant où il partage deux photos de lui en pleine action, sur fond de lever ou de coucher de soleil derrière notre belle planète bleue. Ben c’est beau.

 

Et quelques jours plus tard, il a tweeté seulement cette photo du salut vulcain sur fond de Terre, sans texte, pour rendre hommage à Leonard Nimoy, l’interprète de Monsieur Spock dans Star Trek, décédé le 27 février dernier.

 

LES 25 ANS DU PORTRAIT DU SYSTÈME SOLAIRE
Restons dans les dates avec le 14 février ! On y a fêté cette année les 25 ans de cette photo culte… C’est le premier – et toujours le seul, à ce jour – portrait du système solaire. C’est la sonde Voyager 1 qui l’a fait, ce portrait de famille cosmique, et de gauche à droite on peut y voir Jupiter, la Terre, Vénus, Saturne, Uranus et Neptune – toutes aussi grosses que des points plus ou moins bleus ou grisâtres. À 6 milliards et demi de kilomètres du soleil, on n’est vraiment pas beaucoup plus gros qu’une poussière, déjà, et on est juste un peu loin dans le système solaire. N’hésitez pas à aller voir ce cliché, je mettrai le lien sous la vidéo et sur mon blog, florenceporcel.com, évidemment, il est vraiment bouleversant.

Alors par contre il manque Mercure, qui était trop proche du Soleil pour que Voyager 1 puisse la voir, et Mars qui s’est perdue dans la luminosité du soleil aussi sur l’objectif de l’appareil photo.
Il manque également Pluton, qui non seulement était encore une planète, à l’époque, mais qui en plus était plus proche du Soleil que Neptune ! Ça lui arrive de temps à l’autre, c’était le cas il y a 25 ans, mais elle était trop petite et trop peu lumineuse pour être vue.

PLUTON ET CHARON PAR NEW HORIZONS
Mais ça, c’était y a 25 ans, parce qu’aujourd’hui on a une sonde qui s’appelle New Horizons et qui se dirige justement droit sur elle pour lui rendre une petite visite – et je vous présente donc l’image de cet épisode qui est animée, prise par New Horizons du 25 au 31 janvier dernier, et où on voit Pluton et Charon.

Cette image est très intéressante parce qu’on y voit nettement que l’orbite de Pluton est perturbée par Charon qu’on présente souvent comme sa lune. Or, peut-on vraiment parler de satellite quand un corps – plus petit certes – perturbe à ce point l’orbite de l’astre autour duquel il tourne ? D’ailleurs tourne-t-il réellement autour de Pluton ? Eh ben non. Et c’est là que je vais vous causer du barycentre.

On parle de barycentre en astronomie pour désigner le centre de gravité d’un système à deux corps. Ne partez pas tout de suite je vais essayer de vous expliquer clairement ce que ça veut dire.
Vous avez deux corps, par exemple la Terre et le Soleil. Quand il y en a un qui beaucoup plus massif que l’autre, le barycentre se trouve très très près du centre du plus gros – d’ailleurs on confond souvent centre du noyau et barycentre pour aller plus vite – et donc le plus petit tourne autour du plus gros – comme la Terre autour du Soleil. C’est valable aussi pour la Lune autour de la Terre, pour Neptune autour du Soleil ou pour Titan autour de Saturne, pour vous donner plein d’exemples.

Bon. C’est un peu différent pour les systèmes où les corps n’ont pas des masses très très différentes. Dans ces cas-là, le barycentre ne se trouve pas au centre d’un des deux corps, mais à l’extérieur, quelque part dans l’espace entre les deux corps, qui du coup orbitent tous les deux autour du barycentre au lieu d’en trouver un qui tourne autour de l’autre. C’est le cas de Pluton et Charon. Charon ne tourne pas vraiment autour de Pluton – il est plus rigoureux de dire que Pluton et ! Charon tournent autour de leur barycentre – et donc certains scientifiques les qualifient de double planète naine.

Pour revenir sur cette histoire de barycentre et si c’est pas clair, imaginez que vous êtes à un mariage et qu’il y ait une piste de danse. Vous devez trouver un partenaire, vous mettre face à face, vous prendre par les mains et tourner sur vous-mêmes. Si vous êtes face à un jeune enfant, le petit bout de chou aura beau tirer vos bras de toutes ses forces, il ne fera pas le poids face à vous et au bout de quelques tours, vous tournerez tout seul sur vous-mêmes en faisant tournoyer le gnome autour de vous à bout de bras – en général les enfants adorent. Dans cette situation, c’est un peu comme si vous étiez le Soleil et le gnome, la Terre. Bon, mais si maintenant vous vous retrouvez face à un partenaire qui fait le même poids que vous, alors vous tournerez tous les deux autour d’un point qui se trouvera quelque part exactement à mi-chemin entre vous deux. Et si vous êtes plus léger que votre partenaire, ce point se rapprochera de lui – exactement comme dans le cas de Pluton et Charon.

Mais attention, ce n’est pas une très bonne analogie parce que dans le cas des astres c’est la gravitation qui est en jeu, alors que dans le cas de la danse c’est l’effet centrifuge – en terme physique c’est pas tout à fait la même chose.
Et si vous voulez une dernière analogie, Pluton et Charon c’est comme si on remplaçait la Lune par une très grosse Mars – et qu’on la plaçait un peu plus proche, d’ailleurs, mais ça j’ai pas vérifié.
En tout cas, ces images prises par New Horizons confirment bien que le barycentre ne se trouve pas du tout au centre de Pluton.

Voici une autre image de la sonde où on peut voir deux lunes, Hydre et Nix – les deux autres ne sont pas visibles sur cette image – tourner autour de Pluton et Charon. Cette animation a été rendue publique le 18 février, soit le jour du 85ème anniversaire de la découverte de Pluton.

J’ai hâte que New Horizons arrive au plus près pour avoir d’autres images, en tout cas – encore quelques mois à attendre…

LES TACHES DE LUMIÈRE DE CÉRÈS
En attendant, c’est une autre planète naine qui fait l’actualité ! Elle est beaucoup plus proche de nous puisqu’elle se trouve dans la Ceinture d’Astéroïdes qui se situe entre Mars et Jupiter, elle s’appelle Cérès, et il se passe des trucs bizarres, là-bas…
C’est la sonde Dawn, actuellement en route pour aller la rejoindre, qui nous transmet ces images. On y voit un astre qui ressemble à la Lune, gris foncé constellé de cratères, mais des taches blanches apparaissent un peu partout… Et plus incroyable encore, une de ces taches blanches s’avèrent être doubles ! Comme si quelqu’un avait oublié d’éteindre ses phares, là-bas…

C’est très étonnant ! Les scientifiques n’ont aucune idée de ce que ça peut être. La théorie la plus avancée est celle du cryovolcanisme, mais ils pensent également à des roches très claires qui reflèteraient pas mal la lumière du soleil. En tout cas la sonde Dawn doit arriver demain, le 6 mars, pour se mettre en orbite et j’espère bien qu’on pourra avoir des images plus détaillées pour élucider ce mystère Cérès !…

UN SUCCÈS POUR L’IXV
L’événement de cet épisode, c’est bien sûr l’Agence Spatiale Européenne qui vient d’entrer dans une nouvelle ère avec le test 100 % réussi de l’IXV – c’est son petit nom – un engin spatial hybride, à mi-chemin entre la capsule Soyouz et la navette spatiale.
L’IXV a décollé de Kourou le 11 février dernier et il a effectué un vol de 100 minutes où il est monté jusqu’à 420 kilomètres d’altitude – l’altitude où évolue la Station Spatiale – et il est ensuite redescendu dans l’atmosphère sans encombre pour amerrir dans le Pacifique.
L’objectif de ce vol d’essai était surtout de tester trois choses : les comportements des dispositifs d’isolation thermique (moi je traduis ça par comment ça se passe au niveau des matériaux qui doivent isoler l’intérieur de l’engin des températures extérieures), les effets de la rentrée dans l’atmosphère (qui est la partie la plus délicate d’un vol de retour sur Terre), et l’évaluation des techniques de guidage du vaisseau (en gros, est-ce qu’il est allé où on voulait qu’il aille).
Tout s’est donc très bien passé et à l’heure où je vous parle, les scientifiques et les ingénieurs sont en train d’éplucher les données des 300 capteurs présents sur le vaisseau.
En tout cas ce premier succès fait entrer l’Europe dans le club des nations – ou assimilées, hein – capables de ramener du contenu sur Terre, que ce soit des astronautes ou des échantillons, même si ce vol d’essai était vide, évidemment. Il faut savoir que c’était une technologie qu’on n’avait pas, avant l’IXV – alors que les Russes font revenir les astronautes dans leur Soyouz qui date de Mathusalem, environ, les Chinois pareil avec leur capsule inspirée du Soyouz, les Américains avaient leur navette et SpaceX a ses capsules Dragon pour les retours de matériel.
Et l’IXV, qui a été développé par Thales Alenia Space, une entreprise franco-italienne, est une sorte de mélange entre une capsule et une navette : il mesure 5 mètres de long pour 2 tonnes, il n’a pas d’ailes mais il a une forme allongée et on peut le diriger.
Bref – ce prototype non-habité a fait ses preuves, et maintenant le but c’est de fabriquer une mini-navette réutilisable, donc capable d’atterrir. Elle s’appellera l’ISV et devrait être testée en 2020.

 

YEONMI PARK
Passons à la personnalité de cet épisode… Exceptionnellement, je voudrais vous parler de quelqu’un qui n’a aucun rapport avec les sciences ou avec le spatial. Il s’agit d’une jeune femme coréenne de 21 ans qui s’appelle Yeonmi Park qui a fait un discours lors du sommet One Young World de Dublin il y a quelques mois. Elle y parle des conditions de vie en Corée du Nord et comment elle a réussi à s’en échapper. Evidemment tout ce qu’elle raconte est absolument épouvantable mais à un moment, elle explique comment elle a pu, avec sa maman, se guider dans le désert de Gobi grâce aux étoiles…


Corée du Nord : le discours de Yeonmi par positivr

Si j’ai eu envie de vous parler d’elle aujourd’hui, c’est non seulement parce que son témoignage m’a beaucoup beaucoup émue mais aussi parce que cette anecdote fait écho à des choses que j’ai vues et vécues ces derniers temps.
Je suis de plus en plus inquiète de la dépendance de nos sociétés aux technologies qui continuent à se développer de manière exponentielles alors qu’elles sont elles-mêmes dépendantes de sources d’énergie qui commencent déjà à nous manquer, et dont on doit de toute façon réduire notre consommation pour lutter contre le réchauffement climatique.
On a de plus en plus tendance à s’en remettre à des technologies pour faire les choses à notre place – comme du calcul mental ou le chemin qu’on doit prendre pour aller d’un point à un autre – ce qui est très pratique mais qui ne devrait pas, je trouve, se substituer totalement à ce qu’on pourrait faire sans. En gros, on ne prend plus la peine d’apprendre des choses qui pourraient nous être très utiles sans technologie.

Alors certes, la probabilité pour qu’on soit perdu dans un désert comme Yeon-Mi avec une boussole cassée est relativement faible pour la plupart d’entre nous – mais voici ma question : est-ce que cette jeune femme serait là aujourd’hui pour nous apporter son témoignage si elle et sa maman n’avaient pas su se guider grâce aux étoiles ?
En d’autres termes, j’ai la crainte qu’on oublie d’apprendre des choses qui pourraient nous être très utiles à l’avenir, quand l’énergie sera rationnée. Je ne pense pas qu’être complètement dépendant d’instruments soit une bonne chose – même aujourd’hui en cas de panne, de casse ou d’oubli, par exemple.
Or, si on fait un sondage dans la rue, je suis sûre que les personnes qui savent repérer le nord grâce aux étoiles, ou qui savent que le soleil se lève à l’est et qu’il se couche à l’ouest sont plutôt rares.

Et j’ai eu un premier écho de ces questionnements dans l’Exoconférence d’Alexandre Astier quand il explique qu’on n’a jamais été aussi avancé technologiquement, mais que quand même, dans le passé, les enfants avaient besoin de connaissances en astronomie pour savoir lire l’heure. Ça paraît anecdotique mais je pense qu’il y a une vraie question – et le témoignage de Yeon-Mi me renforce dans cette idée.
Et deuxième chose, je me suis justement retrouvée au beau milieu d’un désert récemment, sans boussole ni GPS – c’était dans l’Utah aux Etats-Unis lors de ma mission de simulation martienne. Au début, j’étais complètement désorientée parce que c’était un paysage vraiment nouveau pour moi – et c’est hyper rare que je sois désorientée parce que pour une raison que j’ignore, je sais toujours où se trouve le nord. C’est pas vraiment rationnel, mais je peux toujours vous l’indiquer où que je sois, comme si j’avais une sorte de boussole interne, et sans m’aider du soleil ou des étoiles – je le sens, c’est tout.
Mais le jour de notre arrivée, avec le décalage horaire et cet environnement un peu extraterrestre, j’avais littéralement perdu le nord et j’étais pas bien. On a profité de ne pas être encore en simulation le premier soir pour sortir voir les étoiles, et là j’ai pu le repérer tout de suite, et je me suis sentie mieux. Et quand après on sortait en sortie extra-véhiculaire et que j’avais un doute, je pouvais me repérer grâce au soleil.

Bref, voilà, il n’y a pas vraiment de conclusion à tout ça. Je ne dis pas que la technologie c’est mal, attention, hein, je dis juste que c’est dommage qu’on perde un peu le réflexe de faire un peu de calcul mental de temps en temps, d’utiliser une carte ou un plan ou d’apprendre à se repérer dans l’espace grâce aux astres. Et le témoignage de cette jeune fille en est un exemple.
C’était juste des réflexions comme ça… sans autre but que de poser des questions et de réfléchir un petit peu.

DES FEMMES DE SCIENCES EN PAGAILLE
Après ces considérations cosmico-philosophiques, voyons ce qu’il y a du côté du bidule 2.0… Vous n’êtes pas sans savoir que c’est bientôt la Journée Internationale pour les Droits des Femmes, je ne peux donc pas m’empêcher de les mettre à l’honneur – ce qui est complètement débile comme phrase puisque c’est ce que je fais dans quasi tous les épisodes mais bon.
Figurez-vous que j’ai trouvé un jeu de cartes à télécharger sur Imgur sur les femmes scientifiques – il y a la règle du jeu avec, donc si vous ne savez pas quoi faire de votre prochain samedi soir et que vous comprenez l’anglais, n’hésitez pas (en envoyez-moi une photo, ça m’intéresse.) Ça permet d’apprendre à connaître des scientifiques qu’on connaît évidemment beaucoup moins que leurs homologues masculins, ce qui est toujours intéressant à prendre.
Et je ne sais pas s’il y a un lien de cause à effet mais quelques jours plus tard, je suis tombée sur un crowdfunding québécois pour un jeu de cartes également à propos de femmes scientifiques. Apparemment c’est un couple qui cherchait des modèles d’inspiration pour leur fille de 7 ans et ils veulent financer la création d’un jeu – c’est en français, pour le coup, prévu pour que les enfants puissent y jouer et ils reverseront de l’argent à des organismes de promotion des sciences. Donc si ça vous intéresse de participer à ce projet, je mets le lien sous la vidéo et sur mon blog, florenceporcel.com

MARS !
Et pour finir un peu de culture avec un livre qui s’appelle tout simplement « Mars » de Ben Bova. Je voudrais remercier beaucoup beaucoup beaucoup le jeune homme qui me l’a conseillé aux Utopiales ! Il se reconnaîtra, j’espère, en tout cas j’ai kiffé ma race vous avez pas idée. C’est bien simple, j’ai passé mes deux plus gros vols en avion à le lire : moitié à l’aller, moitié au retour.
Il n’est pas récent, il date de 1992, mais c’est le meilleur roman à propos de Mars que j’ai pu lire jusqu’ici – avec « Seul sur Mars » d’Andy Weir.
J’ai particulièrement bien aimé le fait que le personnage principal ne fasse pas partie d’une majorité : bon c’est un homme, occidental, mais il est à moitié Peau-Rouge, ce qui est un aspect important de l’histoire.
Et à la base il est quand même d’abord géologue et il fait partie de la toute première mission habitée vers Mars où il va se passer tout plein de choses, vous imaginez bien. Ça se lit tout seul, c’est un vrai bonheur, et Mars et les conditions de voyage et de séjour là-bas sont tellement crédibles qu’on s’y croirait vraiment, et ça, c’est cool. Et il est disponible en livre de poche, pour ne rien gâcher.

Et voilà ! C’est la fin de ce 46ème épisode – je voudrais remercier Sébastien Carassou qui m’a relue – et ses félicitations me vont droit au cœur parce que bon quand même il est astrophysicien et pas moi, donc ça fait toujours plaisir de savoir qu’avec beaucoup de travail, je réussis à ne pas dire de bêtises.

Je voudrais remercier tous ceux d’entre vous qui me filent un coup de pouce sur Tipeee ! C’est vraiment super touchant, vous êtes nombreux et ça m’émeut beaucoup… Donc merci, vraiment. Je rappelle que le principe de Tipeee, c’est que si vous voulez m’aider financièrement à continuer à créer des contenus, vous pouvez le faire à partir d’un euro, soit par mois, soit une seule fois, et que vous pouvez donner n’importe quand et arrêter de donner n’importe quand aussi. En tout cas sachez qu’avec ce que vous m’avez déjà donné, je me suis acheté un micro pour vous proposer du meilleur son – j’espère qu’il vous plaît, n’hésitez pas à me dire…

Si ça ne vous intéresse pas de donner de l’argent mais que vous voulez m’aider un peu quand même, la meilleure manière de le faire est évidemment de vous abonner à ma chaîne Youtube, de cliquer sur le pouce vert et de partager cette vidéo. Si vous êtes abonné à ce podcast sur iTunes n’hésitez pas à lui mettre tout plein d’étoiles et un commentaire sympa.
Et j’en profite pour vous dire que la version audio de ce podcast est désormais disponible sur l’application Stitcher ! Elle est gratuite et c’est le meilleur moyen d’écouter des contenus depuis un téléphone ou une tablette – mais j’aurai l’occasion de vous en reparler.

N’hésitez pas à aller découvrir les autres vidéos que je poste sur ma chaîne Youtube et de les partager, en tout cas, il va y en avoir des nouvelles très vite, et pour info je serai le 12 mars à Nancy pour faire un troisième TEDx, cette fois-ci en duo avec Lucie Poulet, dont je vous avais déjà parlé, qui est ingénieure en aérospatiale et doctorante en génie des procédés biologiques et qui était le commandant de notre mission de simulation martienne. A ce propos, je ne vous en ai pas beaucoup parlé dans cet épisode mais c’était une expérience de dingue et j’essaye d’en faire un épisode spécial très vite.

En attendant prenez soin de vous ! Prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire…

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 45

janvier 22, 2015 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 45ème épisode de ce podcast où je vais vous parler de nouvelles excitantes qui nous viennent de Mars, de photos à tomber raide du télescope spatial Hubble, d’un nouvel épisode dans les aventures de SpaceX et d’exoplanètes qui pourraient ressembler à la Terre…

BEAGLE 2 RETROUVÉ SUR MARS 11 ANS PLUS TARD !
Et commençons du côté de la planète Mars, décidément riche en actualité… L’événement du moment, c’est bien sûr la découverte de l’atterrisseur Beagle 2 qu’on avait perdu depuis qu’il avait atterri en décembre 2003 ! Le jour de Noël, plus précisément…
C’est la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter qui a réussi à le trouver et tout le monde est ravie à l’ESA, puisque ce qui s’apparentait à un échec total est en fait un demi-succès !
Plus de 11 ans plus tard, on apprend donc que l’Europe a bien réussi à se poser sur Mars puisque le petit Beagle 2, qui pèse 70 kilos terriens, se trouve toujours, visiblement intact, à seulement 5 kilomètres du point d’atterrissage prévu.

Bravo à nos amis britanniques, en tout cas, puisque Beagle 2 est de conception et de construction anglaise, ils ont réussi à se poser sans problème ! C’est au niveau du déploiement que ça s’est gâté ensuite, puisque l’équipe sur Terre n’avait jamais réussi à communiquer avec le robot…
C’est bien dommage, parce qu’il était conçu pour creuser jusqu’à 2 mètres de profondeur pour rechercher de la vie présente ou passée.
Mais c’est quand même chouette de se savoir qu’il ne s’est pas viandé comme une grosse bouse… Non mais si, ça fait plaisir. L’Europe sait donc se poser sur Mars, ce qui est plutôt de bon augure pour la mission ExoMars de 2016-2018.

SEMI-SUCCÈS POUR SPACEX
Toujours dans le domaine des semis-succès… C’est la mode, tiens ! Il y avait deux ratés dans le spatial privé dans l’épisode 43, dans le 45 ce sont des semis-succès. Si la tendance se poursuit, dans le 47, je vous annonce deux succès extraordinaires !
En attendant, c’est du côté de nos amis de SpaceX que ça se passe, c’était le 10 janvier, et la firme de l’ineffable Elon Musk a réussi à envoyer une capsule Dragon vers la Station Spatiale Internationale – capsule de fret qui s’est amarrée à bon port quelques jours plus tard – mais ce cinquième ravitaillement était aussi l’occasion de tester pour la première fois réellement le retour du premier étage de la fusée – je rappelle que SpaceX est le premier à se lancer, sans mauvais jeu de mot, dans ce genre de technique, dont le but est de réduire les coûts.
L’idée, c’était que le premier étage du lanceur redescende sur Terre et vienne se poser à la verticale sur une plateforme flottante à 320 km au large de la Floride. Vous vous souvenez sans doute du test à vide réussi dont je vous avais parlé dans un épisode précédent – ben voilà, c’était le grand jour pour la récupération en conditions réelles.

Tout s’est parfaitement bien déroulé au début : le premier étage a commencé sa chute libre à 140 kilomètres, et les moteurs se sont allumés comme prévu à différents moments pour ralentir la chute. Mais à quelques centaines de mètres d’altitude, le système de contrôle des ailerons est tombé en panne de fluide hydraulique, du coup quand le moteur principal s’est rallumé pour ralentir une dernière fois la fusée avant atterrissage, ça ne l’a pas ralentie assez et elle n’est pas arrivée tout à fait à la verticale, donc boum…

C’est un cylindre haut comme un immeuble de 14 étages, hein quand même, c’est pas rien…
Donc bon, la plateforme a été endommagée et le test n’est pas totalement réussi mais bon, déjà l’engin est quand même arrivé sur la plateforme, quoi, ce qui est déjà un petit miracle en soi…
Prochain test dans 2 ou 3 semaines, a annoncé Elon Musk, avec plus de fluide hydraulique, cette fois… À suivre !

KEPLER ET LES EXOPLANÈTES
Du côté de l’info, le télescope spatial Kepler nous a encore déniché des merveilles loin de nous… Huit exoplanètes toutes neuves et comme on les aime puisqu’elles ont toutes de grandes chances d’être rocheuses et de se trouver dans la zone habitable de leur étoile. Et notamment deux d’entres elles se rapprochent du seul exemple qu’on connaisse de corps cosmique abritant la vie, à savoir la Terre, puisque Kepler-438b et Kepler-442b ont un diamètre d’une fois et demie celui de la Terre. Elles se trouvent respectivement à 470 et 1100 années-lumière de nous, donc absolument inaccessibles, mais ce sont des candidates sérieuses pour un environnement éventuellement favorable à l’éclosion de la vie.

DESTINATION SYSTÈME SOLAIRE
Plus proche de nous et du côté de la culture, je voudrais vous signaler le beau livre nommé « Destination Système Solaire » aux éditions Marabout. C’est le père-noël qui me l’a apporté et il est très exactement la synthèse parfaite de ce qu’on sait sur le système solaire, ses planètes, ses lunes, ses autres objets, avec les toutes dernières photos des sondes et des télescopes – ce livre est génial. On me demande souvent des conseils pour des enfants, des ados, ou même des adultes qui voudraient quelque chose pour commencer ou s’y remettre, et je pense que c’est le livre idéal. Il est vraiment top.

Je vous signale également la sortie du film « Une merveilleuse histoire du temps », le biopic de Stephen Hawking, qui n’est pourtant pas encore mort et qui a d’ailleurs fêté ses miraculeux 73 ans le 8 janvier, qui a valu le Golden Globe Award du meilleur acteur à Eddy Redmayne, le comédien qui incarne dont le physicien à l’écran, et une nomination aux Oscars également dans la catégorie meilleur acteur, ainsi que dans la catégorie meilleure actrice pour Felicity Jones qui joue la première épouse. Les critiques sont toutes très bonnes, je ne l’ai pas encore vu puisqu’il est sorti aujourd’hui, le 21 janvier, mais j’irai le voir dès que possible.

LA GALAXIE D’ANDROMÈDE VERSION ZOOMABLE
En parlant de voir, il faut absolument que vous alliez admirer le bidule 2.0 que je vous mettrai en lien : il s’agit d’un cliché de la galaxie d’Andromède, ou au moins d’une partie, pris par Hubble.
Mais alors attention, là on parle d’une image de 69 536 sur 22 230 pixels, donc zoomable autant que vous voulez. Et c’est proprement vertigineux. Rendez-vous compte : pour obtenir cette image, il aura fallu à Hubble – un vénérable engin qui a 25 ans, quand même, un âge où quand il a été lancé, y avait pas Internet chez les gens ! – et donc il lui aura fallu 394 heures de pose réparties sur plus de 3 ans. Et ce qu’on peut visiter, c’est juste une partie de cette galaxie, partie qui fait déjà 48 000 années-lumière de large.
Et cette galaxie, la galaxie d’Andromède, qu’on peut voir à l’œil nu quand les conditions s’y prêtent, c’est la plus proche de nous. Mais d’une proximité toute relative puisqu’elle se trouve à 2,5 millions d’années-lumière de nous. 2,5 millions ! d’années-lumière – ça veut dire que quand on regarde cette image, on voit ce qui existait il y a 2,5 millions d’années.
Et vice-versa, hein ! Si y a des machins qui regardent la Voie Lactée depuis cette galaxie à l’heure où je parle, et qu’ils réussissent à voir la Terre – déjà ils sont fortiches, mais passons – ils peuvent regarder quelques hominidés crapahuter mais c’est tout… Hubble est pas là-haut, encore.

LES PILIERS DE LA CRÉATION VERSION HD
Quand vous aurez fini de scruter notre voisine, je vous suggère d’aller baver à nouveau devant une autre image de notre cher Hubble, et une connue puisqu’il s’agit des Piliers de la Création…
Alors les Piliers de la Création, ce sont des colonnes de poussières interstellaires situées dans la nébuleuse de l’Aigle, et c’est une des images mythiques du télescope – on connaît surtout sa version de 1995. Et puis boum, 20 ans plus tard, les mêmes en version HD.

Ah ouais ouais, la grosse claque, hein…
Pis alors regardez-les bien parce qu’il se pourrait fort qu’ils n’existent plus – ils se trouvent à environ 7000 années-lumière de nous mais apparemment une supernova qui a explosé dans le coin les aurait soufflés – il faudra attendre 1000 ans pour refaire une photo et voir un peu ce qu’il en est. Ou d’en faire régulièrement pendant 1000 ans, aussi, pour avoir un petit film, tiens.
Et là c’est pareil, hein, ça fait pas l’équivalent d’un immeuble de 14 étages de haut, des engins pareils, hein, pas comme le premier étage de la fusée de SpaceX, là, non non, on parle en années-lumière, du genre où y a des systèmes solaires qui naissent dedans, en gros.

CROQUIS DE GALILÉE
Quand on pense qu’il n’y a pas si longtemps, du genre en 1610, quand on n’avait pas de télescope spatial pour regarder les objets de l’univers, on les dessinait soi-même… Un petit gars épatant, ce Galilée, quand même !

FRANÇOISE COMBES
Et je termine cet épisode sur une autre personne qui est épatante et il s’agit d’une dame, Françoise Combes, qui est astrophysicienne, grande spécialiste des galaxies et de la matière noire.
Si je vous en parle maintenant, c’est parce qu’elle a été nommée à la Chaire de Cosmologie du Collège de France – première femme, d’ailleurs, a décrocher une chaire d’astrophysique, en 2014 ça paraît hallucinant mais bon…
Elle a donné sa leçon inaugurale le 18 décembre, que je vous conseille d’aller écouter, et elle en donne tout un tas d’autres dans les semaines qui vont venir…

Et c’est la fin du 45ème épisode, merci à tous de l’avoir suivi, voici maintenant quelques petites nouvelles et actualités me concernant dont je ne vous ai pas parlé à l’épisode précédent…
On me pose souvent la question et c’est vrai que je vous ai pas trop tenu au courant alors du côté de Mars One, l’étape des entretiens a commencé mi-décembre et se terminera le 31 janvier – on est 660 à passer et on aura les résultats le 16 février pour savoir qui passe au 3ème tour des sélections. J’ai passé mon entretien et je ne peux absolument rien vous en dire avant le 16 février parce que j’ai signé un contrat de confidentialité – mais voilà, réponse dans 3 semaines – je saurai ce jour-là aussi.
Ça fait très longtemps que beaucoup d’entre vous me demandent, me le proposent, me le conseillent, alors ça y est, j’ai sauté le pas : je me suis créé un compte Tipeee. C’est un peu différent du crowdfunding – là le principe c’est de soutenir financièrement une personne, souvent pour des vidéos, d’ailleurs, soit par vidéo, soit par mois.
Le principe est tout simple et super pratique : vous donnez la somme que vous voulez, à partir d’un euro, et vous décidez de donner cette somme tous les mois ou juste une seule fois. Et puis vous pouvez changer d’avis à tout moment : si pendant 2 mois vous avez donné 5 euros et qu’ensuite vous voulez donner plus ou arrêter, ben vous pouvez changer pour 20 euros par mois ou pour plus rien du tout. C’est vraiment super libre.
Comme toute démarche de ce genre il doit y avoir des contreparties, mais comme ce que je fais ne s’y prête pas vraiment, j’ai proposé vraiment ce que j’ai pu – vous irez voir si ça vous intéresse.
Pourquoi j’ai changé d’avis sur la question ? Parce que mon contrat avec France Inter n’ayant pas été renouvelé, je me trouve sans travail régulier en ce moment, alors du coup, comme ça me trotte dans la tête depuis un bon bout de temps, je me suis dit que c’était le moment de me lancer. Alors voilà, j’ai pris la décision d’essayer de vivre de ce que je fais sur Internet, que ce soit ce podcast ou des vidéos Youtube, mon blog, etc… Ce n’est pas infaisable, il y en a qui y arrivent, alors je vais tout faire pour que ça marche.
Et du coup j’ai ouvert ce Tipeee pour ceux d’entre vous qui auraient envie de me filer un petit coup de pouce pour le travail que je fournis déjà. Ça me servira pour m’acheter du matériel – notamment un micro, j’aimerais bien un logiciel de montage un peu plus élaboré et la petite formation qui va avec, ou encore rémunérer quelqu’un pour me faire des habillages un peu classes… ce genre de chose.
Et qu’on soit bien d’accord : si vous avez envie de donner et que vous en avez les moyens, vous pouvez le faire. Mais si vous n’en avez ni les moyens, ni l’envie, ça n’a aucune importance, dans le sens où tous les contenus que je fournirai seront accessibles à tous – ça, ça ne change absolument pas. Le Tipeee est juste là pour ceux qui veulent et peuvent me filer un coup de pouce, rien de plus.
En tout cas, je dois déjà un énorme merci aux 24 premiers tipeurs – c’est vraiment super gentil et ça me touche beaucoup…

Du côté de mon actu, je l’avais évoqué à l’épisode précédent mais voilà, « Le Projet Mars » d’Andreas Eschbach sort le 22 janvier aux éditions L’Atalante, et j’ai écrit les préfaces des 4 premiers tomes, sur 5 en tout. Là c’est pareil, je vous donne l’info mais sachez que je ne touche absolument rien sur les ventes, c’est juste que ça a toujours été mon rêve d’écrire des livres, alors commencer par des préfaces pour un roman de science-fiction que j’ai adoré, ben ça me fait super plaisir de le partager avec vous, voilà.
C’est à partir de 13 ans et c’est une sorte de Club des Cinq amélioré sur Mars, moi j’ai dévoré ça en quelques jours.

Et enfin sachez que je suis sur le départ pour ma mission de simulation martienne dans l’Utah et je suis absolument surexcitée : je pars 15 jours aux Etats-Unis pour vivre comme si on était sur Mars, et ma mission puisque je l’ai acceptée sera donc de communiquer autour de cette expérience sur le site de la mission, sur les réseaux sociaux, par le biais de vidéos, d’articles, de photos… Je tiendrai notamment un journal de bord quotidien à partir du lundi 26 janvier dans L’Union, amis champenois, et je vous indiquerai évidemment tous les liens où suivre tout ça sous la vidéo Youtube et dans le billet dédié à ce podcast sur mon blog florenceporcel.com

Alors je vous laisse, on se retrouve en février, et en attendant, je vous donnerai plein de nouvelles depuis Mars…
Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et surtout n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire !…

Le site de ma mission de simulation martienne dans l’Utah : MDRS Crew 148
Le compte Twitter : @MDRS148
La page Facebook : MDRS 148

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 44

janvier 12, 2015 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 44ème épisode de ce podcast.
Il est enregistré dans des circonstances un peu spéciales, en plein cœur des attentats à Paris, mais je veux vraiment poster cet épisode pour continuer à transmettre du savoir, des connaissances, de l’actualité qui fait rêver. C’est ma petite pierre à l’édifice d’un monde que j’essaye, à mon humble échelle, de rendre meilleure…
Donc ! Je vais vous parler de l’atterrissage historique de Philae sur la comète, d’avancées dans le domaine de l’exploration habitée, de la vie dans la Station Spatiale Internationale et d’un fabuleux court-métrage…

 

HISTORIQUE : PHILAE S’EST POSÉ SUR LA COMÈTE !
Et l’événement du moment est évidemment historique, puisque nous nous sommes posés pour la première fois sur une comète ! Et quand je dis nous, c’est certes l’humanité avec un artefact, mais aussi parce que c’est une mission européenne… Pour l’anecdote, la NASA a passé la journée du 12 novembre à expliquer aux internautes qu’elle n’y était pour rien dans cet exploit.
Mais revenons justement sur cette fameuse journée, riche en émotions et surtout en surprises… À la fois tout et rien s’est déroulé comme prévu, c’était des moments absolument dingues à vivre. D’ailleurs pour ma part j’étais à la Cité des Sciences avec le CNES et j’étais bien entourée puisque Bruce, de la chaîne e-penser et Sébastien du Collectif Conscience étaient là aussi pour qu’on puisse vivre cet événement tous ensemble… Et ça restera un souvenir trop génial.
Voici donc une petite rétrospective en images de ce qui s’est passé à 500 millions de kilomètres de la Terre ce jour-là…

Il était une fois, dans l’Univers, Rosetta et Philae. Leur mission fut conçue l’année de ma naissance, en 1983. Son financement arriva plus de 10 ans plus tard, en 1994, et c’est le 2 mars 2004 que la sonde Rosetta et l’atterrisseur Philae quittèrent notre jolie planète.
À ce moment-là, sur la Terre, Twitter n’existait pas encore et un jeune homme du nom de Mark Zuckerberg avait créé Facebook un mois auparavant.

Mais Rosetta et Philae filaient déjà dans l’espace et commençaient leur long périple. Les merveilleux ingénieurs et scientifiques de la Terre leur avaient calculé une trajectoire à peine croyable où elles purent profiter de l’assistance gravitationnelle des planètes pour se propulser à chaque fois plus loin et gagner à chaque fois plus de vitesse.

Pendant leur visite du système solaire intérieur, elles croisèrent des astres et envoyèrent des selfies à la Terre. Là par exemple, avec Mars. Et puis elles firent de drôles de rencontres, aussi. L’astéroïde Steins en forme de diamant en 2008, par exemple.

Et petit à petit, elles s’éloignèrent du Soleil pour mieux se rapprocher de la comète Chury, le but de leur voyage. Alors elles décidèrent de se reposer et commencèrent à hiberner dans le froid interplanétaire. En janvier 2014, presque 10 ans après leur départ, Rosetta se réveilla. Toute l’équipe sur Terre était très heureuse de la retrouver en pleine forme. Commencèrent alors les dernières étapes de leur périple avant la rencontre tant attendue avec la comète Chury. Il y eut des manœuvres à gogo, des séries de freinage à la pelle, et bien sûr… les premières images de la comète que les Terriens attendaient avec grande impatience. Quelle ne fut pas notre surprise alors que nous découvrîmes que Chury avait un double noyau et la forme d’un canard en plastique ! Ce fut un moment de sidération et d’excitation mêlées à la crainte que la mission ne se complexifie pour le petit Philae.

Mais comme la mise en orbite de Rosetta autour de la surprenante comète se déroula absolument sans accroc, on s’inquiéta sans excès. Et puis le grand jour arriva. Le 12 novembre, Philae dut se séparer de Rosetta après plus de 10 ans de vie commune et plus de 6 milliards de kilomètres parcourus. Certes, ça crée des liens, mais le petit Philae prit son indépendance avec une joie non dissimulée. Alors qu’il entamait sa descente vers Chury, il se retourna une dernière fois et pris une photo de Rosetta en guise d’adieu. Rosetta, de son côté, suivit d’un regard tendre le petit Philae… jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Mais Philae était très excité par son aventure et commença à mitrailler Chury. Il prit un premier cliché… puis un deuxième à 40 mètres de la surface. Et enfin, à l’heure prévue et à l’endroit exact calculé par son équipe, Philae toucha pour la première fois le sol de la comète. En voici le son… Encore une fois…

Mais le filou Philae, qui ne s’était pas dégourdi les jambes depuis plus de 10 ans, décida de bloquer ses harpons qui l’auraient tout de suite cloué au sol. Il fit donc un rebond de 2 heures pour visiter Chury et ses sublimes paysages avant de se décider enfin à se poser définitivement. Mais comme il avait pris un peu trop d’élan, il rebondit encore et finit sa course de guingois contre une falaise. Nullement impressionné, le petit Philae, désormais premier artefact à se poser sur le sol d’une comète et définitivement entré dans l’Histoire, prit alors le premier cliché de sa nouvelle maison !

Mais bien décidé à faire une blague à Rosetta et aux Terriens tout là-bas, il resta bien caché de manière à ce qu’on respecte son intimité. À l’heure qu’il est, le filou Philae n’a toujours pas été retrouvé ! Confortablement installé malgré un de ses trois pieds en l’air, il mena à bien la plupart des expériences scientifiques pour lesquelles il avait été programmé. Puis, épuisé, et après avoir pris soin d’envoyer toutes les données précieuses à son équipe et s’être légèrement déplacé pour mieux capter la lumière du soleil à l’approche du gros astre, il s’endormit pour un repos bien mérité. Il pourra être réveillé mars prochain… Pendant ce temps-là, sur Terre, les scientifiques et les ingénieurs bouleversés se remirent de leurs émotions pour continuer à travailler sur la mission… Et voilà pour l’histoire de Philae ! Suite au prochain épisode…

 

UN TOUR DE LUNE CHINOIS

En Europe, on était tellement excité par l’atterrissage de Philae sur la comète qu’on a un peu éludé l’actualité spatiale du reste du monde… Et pourtant, il s’en est passé, des choses intéressantes ! Après s’être posés sur la Lune il y a maintenant 1 an avec Chang’E 3 et le Lapin de Jade, ils viennent d’en faire le tour avec Chang’E-5-T1… Ils ont décollé le 24 octobre dernier et le but de cette mission était de tester la rentrée dans l’atmosphère d’une capsule qui contiendra des échantillons lunaires prélevés lors d’une mission future… Chang’E-5-T1 était juste un test, en fait. Après 4 jours de voyage, elle a contourné la Lune à environ 13 000 kilomètres de distance – et elle en a profité pour prendre cette photo très très très impressionnante et très très très émouvante…

Elle a ensuite largué la capsule qui s’est posée comme prévu le 31 octobre en Mongolie… Toute cette mission est une réussite pour la Chine, qui rapportera donc un jour des échantillons lunaires, mais qui semble également préparer des futurs vols habités vers notre satellite – comme le montre ce montage publié sur le site Enjoy Space et qui compare Chang’E-5-T1 à leur capsule habitée… Rien d’officiel du côté chinois, cependant, mais on peut raisonnablement le penser étant donné leurs ambitions.

LE PREMIER TEST RÉUSSI DE LA CAPSULE AMÉRICAINE ORION

Il n’y a pas que la Chine qui a des ambitions de missions habitées ! Le 5 décembre dernier était un jour historique pour les Etats-Unis qui ont fait le premier pas vers une mission martienne habitée en testant leur nouvelle capsule Orion ! Elle a décollé de Cap Canaveral sans aucun problème et on a pu tout suivre en direct grâce à la web TV de la NASA qui a retransmis la mission. Tous les lanceurs sont équipés de caméras, maintenant, grâce auxquelles on peut regarder, en direct, donc, la Terre s’éloigner doucement… C’est toujours incroyablement émouvant… La capsule Orion a atteint 5800 kilomètres d’altitude, bien loin des 400 kilomètres de la Station Spatiale, elle a traversé deux fois la ceinture de Van Allen intérieure qui nous protège des vents solaires et des rayons cosmiques, puis elle est revenue vers la Terre. L’objectif était de tester le bouclier thermique, qui a donc très bien résisté à une température de 2200 degrés en entrant dans l’atmosphère, mais aussi l’ordinateur de bord et les parachutes. Evidemment, les scientifiques et les ingénieurs ont profité de ce vol de test – donc à vide, hein, il n’y avait pas d’astronautes dedans – pour y placer plus de 1000 capteurs qui ont transmis des données notamment sur les vibrations, le bruit, et la température. Orion servira à envoyer des hommes et des femmes sur la Lune sans doute, dans un premier temps, mais l’objectif visé est le voyage habité vers Mars.

 

Elle a amerri de manière très gracieuse dans le Pacifique après un vol qui s’est déroulé à la perfection… Bravo à la NASA pour cet exploit !!
Et comme tous les évènements liés à l’espace, je rappelle que c’est retransmis en direct sur Internet – je live-tweete quand je le peux, donc n’hésitez pas à me suivre sur Twitter si vous voulez suivre ça également en direct dans un coin de votre ordinateur ou de votre bureau…

WANDERERS
En attendant que des Américaines et des Américains voyagent vers la Lune ou Mars, je vous conseille très, très, très vivement d’aller regarder ce court-métrage qui est tout simplement le plus sublime que j’ai jamais vu.
Il s’appelle Wanderers, qui veut dire vagabonds, et il traite justement en moins de 4 minutes des voyages futurs de l’humanité dans le système solaire, sur la voix de Carl Sagan et avec les paysages les plus réalistes qu’il m’ait été donné de voir dans une fiction.
Il a beaucoup été partagé sur les réseaux sociaux, mais si vous ne l’avez pas vu, courez-y.
Je l’intégrerai évidemment dans le billet dédié à ce podcast sur mon blog et dans les liens sous la vidéo Youtube.

Wanderers – a short film by Erik Wernquist from Erik Wernquist on Vimeo.

Et puisqu’on est dans la culture, je vous conseille également à nouveau l’Exoconférence, le spectacle d’Alexandre Astier sur la question de la vie extraterrestre, qui est actuellement en tournée d’hiver et qui reprendra à partir de septembre prochain dans toute la France à nouveau. C’est passionnant, intelligent, drôle, et émouvant. Un beau spectacle d’un grand artiste – ne le manquez pas si vous pouvez vous l’offrir, il fait voyager presque autant que le court-métrage Wanderers…

ROMAIN CHARLES, DE MARS500 À MDRS147
Pour rester dans le thème du voyage… Je vais bientôt partir aux Etats-Unis pour simuler une mission sur Mars dans le désert de l’Utah, au sein de la 148ème équipe à se relayer dans la Mars Desert Research Station. Mais avant de vous en parler en détail, j’ai enfin pu rencontrer Romain Charles, le Français qui a fait partie de l’expérience Mars 500. Mars500, c’était une équipe de 6 hommes qui ont justement une mission vers Mars, aller-retour, pendant environ 500 jours. Et Romain fait également partie de l’équipe 147, celle juste avant nous dans l’Utah que nous allons relever, donc…
Autant de raisons pour lesquelles j’ai voulu lui poser tout plein de questions sur Mars500, sur son métier, sur son rapport à la communication dans le domaine du spatial sur les réseaux sociaux… Et il m’a fait l’honneur de me raconter une très jolie histoire qu’il n’avait jamais racontée publiquement jusqu’ici, ça concerne les mineurs chiliens qui étaient restés bloqués sous terre il y a quelques années de ça – je vous laisse écouter…

Et ce sera notre tour à partir du 24 janvier jusqu’au 8 février, donc. La Mars Desert Research Station, c’est un module d’habitation qui accueille des équipes depuis une petite quinzaine d’années pour recueillir le plus de données possibles pour préparer les futures missions habitées vers Mars. C’est géré par la Mars Society, une organisation internationale à but non lucratif, qui promeut l’exploration humaine de Mars et qui met en œuvre des tas de choses pour aller dans ce sens. Donc voilà, je fais partie de l’équipage 148 grâce à Lucie Poulet, notre commandant, dont je vous avais déjà parlé, et mon rôle sera de communiquer autour de la mission. Je posterai donc des nouvelles toujours sur notre blog, sur Twitter et sur les réseaux sociaux – mais en respectant toujours un décalage de 20 minutes pour respecter la simulation d’un vrai séjour sur Mars qui se trouve à environ 20 minutes-lumière de la Terre, donc.
Je ferai des photos, des vidéos, des billets bilingues, j’organiserai sans doute des petits évènements sur les réseaux sociaux… N’hésitez pas à suivre tout ça si ça vous intéresse, en tout cas moi j’ai vraiment hâte, ça va être beaucoup de travail mais je suis sûre que ça va être une expérience super fun aussi !!

FRIENDS IN SPACE
Et justement, en parlant d’interactions avec les réseaux sociaux, j’en viens au bidule 2.0 et à Samantha Cristoforetti, l’astronaute italienne actuellement dans l’ISS dont parlait Romain tout à l’heure…
On peut lui faire coucou grâce à une application : quand la Station passe au-dessus de nos têtes, il suffit de la « poker », en quelque sorte, elle peut nous répondre depuis l’espace.
Ça s’appelle « Friends In Space » et c’est aussi un réseau social entre passionnés du spatial qui ne durera que les 6 mois de sa mission.

L’IMPRESSION 3D DANS L’ESPACE : ÇA FONCTIONNE !
Restons dans la Station Spatiale avec l’image de cet épisode : il s’agit du premier objet imprimé en 3 dimensions dans l’espace ! C’est un rectangle en plastique blanc, avec un trou dans chaque coin du bas, et sur lequel est inscrit en lettres en relief « made in space, NASA ». Ce n’est pas juste un premier test pour rien puisqu’il s’agit d’une pièce de l’imprimante 3D – le but étant évidemment à terme qu’elles puissent se répliquer.

La chef de projet de la NASA, Niki Werkheiser, a d’ailleurs déclaré, je la cite : « Cette impression réussie est le premier pas vers la mise en place d’un véritable banc de fabrication extra-terrestre. Si demain nous utilisons des imprimantes 3D dans l’espace pour remplacer rapidement des pièces, la priorité est d’être capable de fabriquer l’imprimante elle-même. »
Imprimer des pièces de rechange pour des réparations et créer des nouvelles imprimantes, ça a l’air donc bien parti, mais le plus rigolo, c’est que la chef de projet avait précisé qu’il suffirait d’envoyer des objets par e-mail, désormais – et c’est chose faite, déjà !

Parce que si ce premier test a été rendu public le 25 novembre, les astronautes ont eu besoin d’une nouvelle manivelle en décembre et hop ! un mail de la NASA pour leur fournir le fichier de l’objet réalisé à l’aide d’un logiciel 3D et bim ! la manivelle toute neuve a été imprimée dans l’espace.
C’est trop cool, non ? Je trouve ça hyper cool, moi.

3 TWEETS POUR LA TERRE
Et je termine avec le tweet, ou plutôt les tweets puisqu’ils sont au nombre de trois… Ils ont été postés par Alexander Gerst le 8 novembre dernier depuis l’ISS également, et voici ce qu’ils disent…
Pour savoir que les humains peuvent vivre dans l’espace, il m’aura fallu 6 mois là-haut.
Pour réaliser à quel point la Terre est belle, il m’aura fallu une minute.
Et pour prendre conscience de la fragilité de notre petite planète bleue, je n’aurai eu besoin que d’un seul coup d’œil.

 

 

C’est la fin du 44ème épisode de la Folle histoire de l’Univers, merci beaucoup de l’avoir regardé ou écouté dans ces circonstances particulières – j’ai beaucoup de choses chouettes à vous signaler mais je n’ai pas trop le cœur de m’y attarder, alors je vous donne les infos un peu brutes, désolée pour ça.

D’abord le prochain mardi de l’espace aura lieu le 20 janvier au Café de Pont Neuf à Paris – l’entrée est libre mais c’est 6 euros la conso – et le thème sera le champ magnétique terrestre, j’y serai sans doute.

Autre date dans l’agenda, c’est Etienne Klein qui se produira sur la scène du théâtre du Rond-Point le 23 janvier à 18h30 pour parler du boson de Higgs – et pour le coup je ne pourrai pas y être parce que je serai dans l’avion en direction de l’Utah et je suis bien dégoûtée. Vous me raconterez…

Ça c’était pour les Parisiens – à tout le monde je conseille « Objectif Mars », un docu de France Culture vraiment très chouette auquel Romain Charles et moi-même avons participé – c’est d’ailleurs dans ce cadre que j’ai pu le rencontrer et lui poser toutes mes questions de tout à l’heure…

J’ai la joie immense de vous annoncer, non sans fierté, je vous avoue, la sortie du « Projet Mars », d’Andreas Eschbach aux éditions L’Atalante. C’est un roman qu’on peut lire à partir de 13 ans mais que j’ai dévoré malgré mon âge canonique, il est en 5 tomes, et j’ai écrit les préfaces des 4 premiers… Voilà, je suis vraiment folle de joie, j’ai hâte de les avoir entre mes mains, et vous me direz ce que vous en aurez pensé – sortie prévue le 22 janvier…

Je vous signale que grâce à des moyens techniques que j’ai enfin pu me procurer, je me suis lancée dans la vidéo où je parle de choses autrement qu’en voix-off, ça s’appelle les Perles du PAF, il y a déjà 4 épisodes, et j’espère que ça vous plaira !! Parce que j’ai d’autres projets de ce genre dans mes tiroirs que je compte bien mener à terme…

Je me suis également créé un compte Tipeee, je ne me sens pas trop de vous expliquer la démarche pour le moment mais j’y reviendrai au prochain épisode, vous saurez tout c’est promis… Dans tout les cas je remercie chaleureusement les 10 premiers tipeurs, merci à vous, vraiment…

Et merci également à tous ceux qui téléchargent ce podcast via iTunes, qui le regardent sur Youtube, n’hésitez pas à laisser des étoiles, des commentaires, à vous abonner à ma chaîne et la page Facebook du blog.

En cette année internationale de la lumière, je vous souhaite une merveilleuse année 2015 – je suis sûre, je suis persuadée, malgré tous les évènements récents, qu’elle sera belle, qu’elle nous offrira des moments magnifiques, et n’hésitez pas à partager vos connaissances autour de vous, c’est l’année de la lumière, pas de l’obscurantisme.
Je vous embrasse, prenez soin de vous et de notre planète, et n’oubliez pas, surtout, de rester le nez en l’air à ne rien faire…

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 43

novembre 7, 2014 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 43ème épisode de ce podcast où je vais vous parler de l’exploration martienne, de sons cosmiques, d’un moment historique à venir et malheureusement de tristes nouvelles…

SEMAINE NOIRE POUR LE SPATIAL PRIVÉ
Et commençons par celles-ci d’ailleurs, elles sont au nombre de deux, ces mauvaises nouvelles : une fusée Antarès a explosé le 28 octobre quelques secondes après son décollage, regardez… attention ça va être rapide.

Voilà, images impressionnantes mais ce n’est que de la tôle. 200 millions de dollars de dégâts quand même pour Orbital Sciences sans compter la casse sur le pas de tir mais il n’y a aucune victime humaine à déplorer au sol, et les astronautes dans la Station Spatiale Internationale qui attendaient la capsule de fret que la fusée devait livrer peuvent s’en passer.
Apparemment, comme pour les satellites de Galileo qui n’ont pas été envoyés sur la bonne orbite, ce serait une défaillance du moteur russe qui serait à l’origine du problème. Mais encore une fois, même si c’est bien dommage et que ça fait jamais plaisir, ce ne sont que des dégâts matériels.

En revanche, du côté de Virgin Galactic, un pilote s’est tué lors d’un vol d’essai de la navette SpaceShipTwo destinée au tourisme spatial. C’était le 31 octobre et l’enquête est toujours en cours pour déterminer exactement ce qui s’est passé. Le deuxième pilote s’en est sorti, heureusement, mais il est blessé et il sera interrogé quand il le pourra.

C’était en tout cas une semaine bien noire pour le spatial privé et ça nous rappelle à quel point ce domaine est dangereux, épouvantablement complexe, et que la moindre erreur peut avoir une issue fatale.

C’est pour ça que quand Mars One prévoit d’envoyer le premier équipage en 2024, ce n’est pas crédible deux secondes, il y a trop de trucs à régler avant et 2024, c’est juste demain.

MDRS CREW 148
Du coup… En attendant de voir comment Mars One va s’y prendre pour régler tous ces problèmes, et en combien de temps ils pensent le faire, je vous présente le premier tweet du compte Twitter officiel de l’équipage 148 de la Mars Desert Research Station.

 

J’en fais partie – et je vous avoue qu’avoir son nom sur ce genre de blason, ça fait un petit quelque chose, et nous simulerons donc une mission martienne dans un module d’habitation perdus dans le désert de l’Utah, aux Etats-Unis, du 24 janvier au 7 février prochain.

C’est la Mars Society qui organise ça – elle existe depuis 15 ans, c’est une organisation internationale à but non lucratif et son objectif est de promouvoir et d’aider l’exploration habitée de la planète Mars. Et donc depuis tout ce temps, elle organise des conférence et des concours, elle promeut l’enseignement des sciences, elle soutient les agences spatiales, et elle monte des tas de projets dont les missions de simulations.
Donc je fais partie de la 148ème à se relayer dans l’habitat de l’Utah pour 2 semaines où nous serons 6 à vivre comme sur Mars. Donc même nourriture que les astronautes, pas de sortie sans combinaison spatiale, temps de douche limité, entretien des modules, délai de communication simulé comme si on était vraiment sur Mars, etc etc… Et tout ceci en anglais bien entendu.
Cela dit le commandant de notre équipe est Lucie Poulet, dont je vous avais parlé dans l’épisode l’épisode 37 puisqu’elle a fait une mission de simulation de 4 mois à Hawaii – tout s’est très bien passé et du coup, elle rempile pour 15 jours !

Alors ce genre de mission, c’est essentiellement pour les scientifiques : Lucie, par exemple, elle est ingénieure et son but dans la vie c’est de réussir à faire pousser des plantes sur la Lune et sur Mars. Donc elle cherche notamment quelle longueur d’onde de lumière est la plus appropriée.
Je ne connais pas du tout les quatre autres mais je vous conseille d’aller sur notre site pour voir un peu quel genre de profils ils ont – en tout cas à part des scientifiques et des ingénieurs, ce genre de mission accepte aussi les communicants – ce sera mon rôle, je serai donc chargée de raconter ce qui se passe sur le site et sur les réseaux sociaux – et des artistes en résidence.

Et d’ailleurs je cherche des sponsors pour financer ma mission, il me faudrait idéalement 2000 € – moitié en billet d’avion que j’ai déjà achetés, et 1000 dollars que demande la Mars Society. Je ne veux pas faire de crowdfunding, mais si vous faites partie d’une société qui fait du mécénat ou ce genre de chose, ça m’intéresse, d’autant plus que je ne sais absolument pas comment m’y prendre.
Dans tous les cas, j’aurai évidemment l’occasion de vous en reparler…

KATE GREENE
Et d’ailleurs je vais continuer tout de suite avec la personnalité de la semaine qui s’appelle Kate Green, c’est une journaliste américaine qui a justement fait une mission de 4 mois et dont j’avais beaucoup aimé l’article sur l’ennui qu’elle en avait fait. Il n’a pas été traduit en français mais si vous lisez l’anglais, je vous le mets en lien dans le billet dédié à cet épisode sur mon blog florenceporcel.com

Et elle a écrit un autre article, qui a récemment été traduit en français sur Slate, et qui se base également sur son expérience lors de sa mission de simulation. Comme elle est scientifique de formation, elle a fait une étude sur le sommeil des membres de l’équipage, elle avait donc aussi toutes les données concernant les dépenses caloriques de chacun. Et elle s’est rendue compte que les femmes avaient besoin de 2 à 3 fois moins de calories par jour que les hommes et que, en gros – je vous résume l’article en une phrase, hein – le plus cohérent, le moins cher, et le plus confortable pour l’équipage serait de n’envoyer que des femmes vers Mars, puisque je rappelle que dans le spatial, moins la charge est lourde, plus le coût est limité – en ce moment on est à 30 000 euros le kilo, si vous voulez. Et en plus, les personnes petites et minces sont évidemment beaucoup plus à l’aise dans un endroit aux dimensions réduites – comme c’est déjà le cas dans l’ISS.
Je vous résume l’article grossièrement mais il est vraiment intéressant, avec plein d’explications d’études qui ont été conduites pendant l’histoire de l’exploration spatiale et tout – à lire, donc.

SIDING SPRING A FRÔLÉ MARS
Mais en attendant de voir la planète à travers des yeux humains, le 19 octobre dernier était un jour historique dans l’histoire du système solaire puisqu’une comète a frôlé Mars – et ça n’arrive que tous les millions d’années – autant vous dire qu’on ne la reverra pas de sitôt, celle-là. Elle s’appelle Siding Spring, elle n’a fait aucun dégât puisque les sondes en orbite avant été rangées derrière la planète pour des raisons de sécurité, et l’image que vous voyez est une vraie photo, prise par le télescope spatial Hubble.

(c) Hubble

Et quand je vous dis qu’elle a frôlé la planète, elle est passée à 136 000 km, ce qui est vraiment rien du tout, c’est le tiers de la distance Terre-Lune – et elle se déplace à 56km/s, soit 202 000 km/h… On n’aurait pas aimé qu’elle heurte un satellite, en effet.
En tout cas les rovers au sol ont pris des images qui devraient nous arriver bientôt. Et voici une autre photo, prise de la Terre cette fois-ci, par l’astrophotographe Damian Peach.

(c) Damian Peach

NOTRE BEAU SYSTÈME SOLAIRE
Restons dans les images et restons d’ailleurs dans notre système solaire avec ces tâches solaires assez impressionnantes… Alors ça n’a pas l’air comme ça sur ce gif parce qu’on n’a jamais d’emblée la taille du Soleil en tête – donc la revoilà, pour info. Oui on est là, en bas à gauche. Voilà voilà.

Donc des taches solaires impressionnantes qui sont d’ailleurs accompagnées d’éruptions de classe X, les plus puissantes.
Ce groupe de taches a été baptisé AR 2192, il est plus gros que Jupiter, ce qui n’est pas rien, et c’est la plus grosse formation observée sur notre étoile depuis 2001. Heureusement qu’elle est dans un cycle d’activité plutôt tranquillou…

Plus proche de nous, voici une photo assez sublime du système Terre-Lune vu par la sonde chinoise Chang-E5 qui a fait un petit tour lunaire et qui est revenu…

Et puisque décidément la Terre aime être accompagnée, voici une photo de la Terre et de Mars.
Mais si, regardez ! Là bas, très loin…

INTERSTELLAR
Du côté de la culture, un film qui nous emmène très loin, c’est Interstellar. Je l’ai vu le jour de sa sortie – et je n’intègre pas la bande-annonce à ce podcast parce que Youtube va bloquer la vidéo – et je n’ai pas voyagé aussi loin et été aussi emportée depuis Contact. C’est une grosse claque visuelle et auditive et ça fait un bien fou d’avoir du spectacle comme ça au cinéma, j’attendais ça depuis un brave moment. Ben depuis Contact, en gros.
Alors bien sûr y a des défauts – mais Contact aussi en avait – et c’est pas super crédible parfois – mais on s’en fout. On demande pas à un film de science-fiction d’être crédible à 100 %. Si vous recherchez ça, regardez un documentaire mais arrêtez de demander à de la fiction de tenir debout. Ça n’a pas de sens. La fiction, c’est justement un truc qui n’a rien à voir avec la réalité. Non je dis ça parce que quand je dis que j’ai aimé c’est l’argument qu’on me ressort tout le temps, alors…
Et puis aussi : arrêtez de comparer n’importe quel film de science-fiction avec 2001, odyssée de l’espace. Il faut arrêter, maintenant. Stop. C’est plus possible. Sérieusement, c’est plus possible. 2001 est sorti en 1968. 1968 !! On a fait autre chose, depuis, hein ! Et des tas de trucs bien, je vous jure ! Il faut arrêter, maintenant !!
C’est comme si on comparait systématiquement le dernier ordinateur sorti à un Minitel. Le Minitel, c’était le top du top, on est d’accord. Mais dans son contexte. Faut vraiment arrêter, avec 2001. On est passé à autre chose, quoi.
Donc, Interstellar, j’ai adoré, j’irai sûrement le revoir parce que ce film regroupe tout ce que j’attends d’un film : me divertir, m’emmener très loin dans l’espace et dans le temps, me faire voir des choses que je ne peux pas voir dans la vraie vie, et me poser des questions sur l’Univers, la vie et le reste.

SUMERKI
Et puisqu’on est dans la culture, je ne peux pas ne pas vous parler de Sumerki, qui a gagné le prix Utopiales européen, et je faisais partie du jury…

Alors Sumerki, c’est le roman le plus étrange et le plus fascinant que j’ai jamais lu. C’est l’histoire toute bête d’un traducteur russe, qui vit à Moscou, qui normalement traduit de l’anglais vers le russe ou inversement, mais qui accepte de traduire un texte espagnol parce qu’il n’a pas beaucoup de travail. Et le texte espagnol en question est un vieux manuscrit du 15ème siècle qui est le journal de bord d’un conquistador en Amérique du Sud à qui il va arriver des choses étranges…
Et ce roman en fait, c’est à la fois l’histoire du traducteur qui traduit le texte à Moscou dans le présent, et l’histoire du conquistador en Amérique du Sud dans le passé. Et on bascule je ne sais pas comment dans le fantastique puis dans la science-fiction avec une fin tellement inattendue qu’on se reprend encore une claque, et on se demande comment l’auteur a fait pour nous emporter dans un univers aussi étrange sans qu’on comprenne à quel moment on est passé d’un quotidien banal à un monde inquiétant et pâteux, gluant. Et je l’ai vécu, ce bouquin, c’est à dire que j’ai vécu une expérience physique, j’avais des palpitations, j’avais du mal à respirer, j’avais les mains qui tremblaient tellement fallait que je connaisse la suite et vite… Et cette fin !… Cette fin…
Bref. Sumerki – ça veut dire crépuscule en russe – aux éditions L’Atalante, je vous le conseille.

LA NASA SUR SOUNDCLOUD
Du côté du bidule 2.0, la NASA continue son exploration des possibilités quasi-infinies du web avec l’ouverture d’un SoundCloud où elle regroupe tout plein de sons trop bien comme des décollages de fusée, des retranscriptions audibles pour l’oreille humaine des ondes sonores des planètes, le bip bip de Spountik, des discours de Kennedy ou encore du fameux « Houston, on a un problème »…
C’est merveilleux, j’y passerai des heures, c’est trop génial.

ALLEZ PHILAE !!!!
Last but not least !… L’événement est bien sûr à venir et c’est l’atterrissage de Philae sur la comète qui se passera le 12 novembre.

Le site J a été baptisé Agilkia du nom d’une île égyptienne et on espère tous que ça lui portera bonheur… Je rappelle que la mission Rosetta a décollé il y a plus de 10 ans et que c’est la première fois dans toute l’histoire de l’humanité qu’un artefact va se poser sur une comète – et je rappelle que c’est l’Agence Spatiale Européenne, avec de nombreux partenaires européens dont le CNES, qui a lancé cette mission.
Je serai à la Cité des Sciences le 12 pour vivre ce moment, et j’espère bien qu’il y aura des dispositifs spéciaux en télé, en radio et sur Internet pour que vous puissiez aussi assister à l’événement. C’est très risqué mais on croise tous les doigts pour que ça se passe bien…
En tout cas j’espère vous apporter de bonnes nouvelles au prochain épisode !

C’est la fin de ce numéro 43, merci à tous de l’avoir regardé. Et je voudrais vous remercier surtout d’avoir été si nombreux à voter pour moi pour les Golden Blog Awards, me voici 2ème derrière les amis d’Agence Tous Geeks, chez qui j’avais été invitée l’année dernière et dont j’avais diffusé un reportage dans le numéro 37, si vous avez la curiosité d’aller voir. Pareil, le résultat des courses ça sera le 12 novembre – quelle journée !! On verra bien si le jury se prononce en ma faveur ou pas.

Je voudrais aussi saluer tous ceux que j’ai pu croiser aux Utopiales, j’ai rencontré beaucoup d’entre vous et ça m’a fait hyper plaisir de vous voir en vrai et de pouvoir échanger – plus ou moins selon les cas, et désolée si j’ai pas eu l’occasion de discuter plus avec vous que vous l’auriez voulu.

J’ai passé un festival extraordinaire et j’en reviens pas d’avoir vécu un truc aussi dingue et je voudrais remercier toutes les équipes des Utopiales pour tout. Et voici une photo de groupie avec Roland Lehoucq, astrophysicien, et président du festival.

Et pour finir en image, voici un extrait de la rencontre avec Alexandre Astier. C’est l’hommage d’un artiste aux sciences, et c’est à la fois juste, riche, brillant et très émouvant. J’espère que vous serez aussi touchés que moi… A très vite et bonne chance à Philae !

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 42

octobre 11, 2014 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 42ème épisode de ce podcast où je ne répondrai pas à la grande question sur la Vie, où je ne répondrai pas non plus à la grande question sur l’Univers, et où je répondrai encore moins à la grande question sur le Reste. Eh ouais, c’est comme ça.

L’INDE AUTOUR DE MARS !
Du coup commençons par l’événement de ces derniers jours et il est historique : le 24 septembre dernier, l’Inde est entrée dans l’Histoire avec plusieurs premières pour une seule mission.
D’abord, sa sonde Mars Mission Orbiter a réussi l’exploit de se placer en orbite autour de Mars. Il faut savoir que c’est la première fois dans toute l’histoire de l’exploration spatiale qu’un pays y arrive du premier coup. Enfin… l’Europe aussi avait réussi à faire ça du premier coup mais aux dernières nouvelles, l’Europe n’est pas un pays.

Ensuite, l’Inde devient le premier pays d’Asie à explorer Mars. Quand on pense au spatial chinois qui s’est posé sur la Lune il y a moins d’un an et que ça faisait 37 ans qu’on avait rien posé sur elle, ou encore qu’ils ont construit leur propre station spatiale, que l’Inde les grille sur Mars, c’est quand même à souligner.

Et enfin cette sonde, elle a été construite en un temps record et avec un budget low-cost ! Il n’aura fallu que 3 ans pour la concevoir et la fabriquer, avec un coût de 74 millions de dollars, ce qui est une somme tout à fait ridicule dans le domaine. Pour vous donner une idée, la sonde américaine MAVEN qui s’est mise en orbite martienne aussi quelques jours avant a coûté 671 millions de dollars. Et Gravity, c’est 100 millions de dollars. Se mettre en orbite pour de vrai autour de Mars coûte moins cher que se mettre en orbite pour de faux autour de la Terre – en tout cas quand on est Indien… et Indienne !!

Parce que c’est l’autre très bonne surprise de cette histoire : beaucoup de scientifiques indiennes ont fait partie de cette mission : 20 % du personnel de l’ISRO, agence spatiale indienne, sont des femmes ; et elles comptent pour 10 % des ingénieurs – c’est certes peu mais c’est un bon début. Et surtout, c’est une physicienne qui était directrice des opérations sur cette mission, et il y a quelques années à l’occasion d’un lancement de satellite, le directeur de projet, le directeur de mission et le directeur des opérations étaient des directrices. Je ne suis pas sûre qu’on puisse en dire autant du côté de l’agence spatiale européenne…

Mais la sonde n’est pas seulement un exploit technologique, elle a aussi un but scientifique et elle va analyser la présence de méthane – ou non – dans l’atmosphère de Mars pour savoir si l’existence d’une forme de vie primitive sur la planète est possible ou pas.

FROM MARS, TO INDIA
Mais en attendant les résultats scientifiques, voici les images qu’elle nous envoie, cette sonde indienne… Ça, c’est la toute première…

Et celle-là, c’est la dernière en date…

Et celle-là, entre les deux, qui est sublime et où on voit très distinctement l’atmosphère martienne… Quelle bien belle planète !

SEUL SUR MARS

En la voyant comme ça, on ne se doute pas que c’est un désert extrêmement hostile pour notre organisme fragile de bipède organique… Et pourtant !

Rester coincé tout seul sur Mars est un cauchemar de tous les instants et c’est le sujet de ce roman monstrueux que j’ai dévoré d’une traite.
L’histoire est très simple : suite à une tempête de sable, une équipe d’astronautes est contrainte de partir, mais ils laissent l’un d’entre eux laissé pour mort. Sauf qu’il n’est pas mort, et le livre est en fait son journal de bord à partir du moment où il revient à lui et où il se rend compte qu’il est tout seul sur Mars, avec heureusement un module d’habitation en bon état, mais sans aucun moyen de communication, donc sans moyen de faire savoir qu’il est vivant.

Et c’est tellement crédible !! Alors souvent un peu technique, du coup, parce que ça pose tout plein de problème d’ingénierie, mais c’est une sorte de mélange entre Robinson Crusoé, Apollo 13 et Gravity – avec en plus un personnage plein d’humour donc c’est souvent drôle. Et c’est tellement réussi que les droits ont déjà été rachetés par le cinéma et que Ridley Scott est en train de préparer un film. Donc si vous cherchez un excellent thriller, « Seul sur Mars » de Andy Weir.

ALLÔ LA TERRE ? SUR VENTS CONTRAIRES

Et décidément c’est un peu la fête des contenus de qualité sur le thème des sciences, de l’espace et de l’exploration spatiale, en ce moment – et j’aurais dit ça même avant qu’on me propose d’en faire partie.

Je vous présente Vents Contraires, la revue collaborative du théâtre du Rond-Point, à Paris. Quel rapport avec les thèmes abordés dans ce podcast, me direz-vous ? Eh ben à l’occasion de l’Exoconférence d’Alexandre Astier, actuellement à l’affiche du Rond-Point, Vents Contraires a monté tout un dossier qui s’appelle « Allô la Terre » et qui regroupe des tas de contenus très différents sur le thème du contact avec une civilisation extraterrestre.
Il y a des poèmes, de la BD, des chroniques, des vidéos, des interviews – et dans les interviews, il y a des gens aussi divers et passionnants qu’Emmanuel Kreis qui est historien des religions et qui a un point de vue super intéressant sur le conspirationnisme ufologique ; il y a Xavier Passot, le responsable du GEIPAN (Groupe d’Etudes d’Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés) au sein de l’agence spatiale française ; bon il y a moi ; mais surtout, il y a Alexandre Astier, et ça… l’entendre parler de toutes ces choses-là, pour moi, c’est du petit lait.

Quant au spectacle lui-même, je l’ai vu, donc, et qu’est-ce que vous voulez que je vous dise… C’est drôle, intelligent, instructif, inspirant, vertigineux, grinçant, poétique… C’est du Astier, quoi.
Et pourtant je suis pas la cible, clairement ! J’ai souvent été frustrée parce que c’est hyper grand public – et c’est très bien !! et heureusement qu’il est là pour le faire – mais pour des gens qui s’intéressent à tous ces sujets depuis des années, des amateurs éclairés comme on dit, ça reste un chouïa frustrant parce qu’on aimerait qu’il aille un peu plus loin, qu’il creuse plus certains aspects qu’il ne fait parfois qu’effleurer.
Mais bon… C’est sûr que s’il avait fait ça, le spectacle durerait 12 heures, c’est pas gérable – enfin pour lui ! parce que moi perso, je pourrai l’écouter 25 siècles causer de ce genre de thématiques sans m’ennuyer 3 secondes.
Donc, l’Exoconférence, foncez-y si ça passe pas trop loin de chez vous.

ELENA SEROVA, PREMIÈRE RUSSE DANS L’ISS
Il y en a 3 par contre qui sont partis loin de chez eux, à 400 km d’altitude précisément, ce sont les astronautes du nouvel équipage de la Station Spatiale Internationale qui ont rejoint leurs petits camarades déjà sur place le 26 septembre dernier : il s’agit de deux Russes et d’un Américain, à savoir Barry Wilmore, Alexandre Samokoutiaev et Elena Serova – les voici accueillis par Reid Wiseman et Alexander Gerst – Maxime Souraev étant hors champ.

Cette semaine c’est Elena Serova qui m’intéresse puisqu’elle est la première cosmonaute, donc la première femme russe, à monter à bord de la Station Spatiale Internationale… C’est la quatrième femme russe dans l’espace mais celle qui l’avait précédée avait volé vers la station Mir en 1994 et en 1997 – ce qui fait quand même 17 années sans femme russe dans l’espace…

Elena Serova est ingénieure, diplômée de l’institut national supérieur d’aviation de Moscou, elle a été sélectionnée dans le corps des astronautes en 2006 à l’âge de 30 ans, et après plusieurs années de formation à la Cité des Etoiles, la voici dans l’expédition 41/42 en tant qu’ingénieure de vol où elle va passer les 6 prochains mois dans l’ISS à faire des expériences en biophysique et en médecine.
Et bien évidemment, un journaliste a quand même réussi à lui demander comment elle allait faire pour prendre soin de sa coupe de cheveux dans l’espace. Voici ce qu’elle a répondu :

LES GARDIENS DE LA GAL… DE l’ISS
Restons dans la Station Spatiale Internationale avec le tweet de la semaine : « Il y a maintenant 6 humains, 20 souris, des mouches, des poissons, des plantes, et un robonaute dans l’ISS. C’est un vrai zoo, là-haut ! »
Tu m’étonnes… Une véritable arche de Noé, cette station spatiale, c’est vraiment n’importe quoi… M’enfin tant qu’il n’y aura pas des licornes et des chatons mignons, je vous préviens que j’y foutrai pas les pieds.

LE CHAÎNON MANQUANT DE LA VIE ?
Il y a donc un radeau bourré de vie en orbite basse autour de la Terre, mais quid de la vie ailleurs ? Les scientifiques cherchent toujours – mais on a peut-être une nouvelle piste. Pour ça il faut que je remonte au fonctionnement des étoiles alors je vais essayer de résumer sans dire de bêtises.

Les étoiles, c’est rien d’autre que des usines de fusion nucléaire. À la base, y a beaucoup d’hydrogène. Pourquoi l’hydrogène ? Parce que c’est l’élément le plus simple, il est seulement composé d’un proton et d’un électron. Bon, de l’hydrogène, donc. Il fait tellement chaud au cœur des étoiles que les atomes d’hydrogène fusionnent pour donner des atomes d’hélium. Et voilà, n’importe quelle étoile que vous voyez, Soleil y compris, fabrique de l’hélium, c’est leur job – rien d’autre. Et ça, la transformation de l’hydrogène en hélium, c’est un truc du genre 95 % de leur vie. Enfin je suis pas exactement sûre du chiffre, vu que ça dépend de la taille des étoiles, mais c’est une très grosse partie, quoi.

Et puis un jour, ben y a plus d’hydrogène. Alors du coup c’est l’hélium qui commence à être fusionné – parce qu’il fait toujours très très chaud, là-dedans. Mais comme ça change ses petites habitudes de plusieurs milliards d’années, ben ça la gonfle, donc elle commence à gonfler à ce stade-là. Et plus y avait de masse à la base, c’est-à-dire plus y avait d’hydrogène pour former l’étoile, plus l’étoile est massive, plus elle a d’énergie et donc plus elle peut continuer longtemps à fusionner des atomes – et évidemment, les nouveaux atomes formés deviennent de plus en plus lourds ; donc on est passé de l’hydrogène à l’hélium, puis après avoir fusionné de l’hélium, elle fusionne du carbone, puis du néon, puis de l’oxygène, puis du silicium, puis du fer, et en général après ça elle se transforme en supernova, et là ça synthétise tous les éléments plus lourds que le fer – mais toutes les étoiles n’atteignent pas ce stade – le soleil par exemple mourra bien avant, comme le résume très clairement ce tableau.

Donc vous imaginez bien qu’avec les températures nécessaires à ce genre de cuisine, on peut pas bien fabriquer les éléments du tableau périodique ailleurs que dans les étoiles – d’où l’expression « poussières d’étoiles » puisque tout ce qui nous compose vient de ces jolies petites choses qui ont brillé un jour. Dont, évidemment, ce qui nous intéresse ici, à savoir les briques de la vie.

Mais revenons à la mort des étoiles. Quand elles ne sont pas très grosses, comme le soleil, leur cœur s’effondre pour former des naines blanches, et elles expulsent leurs couches externes, constituées des atomes qui ont été fabriqués, et ça crée des nuages de gaz qu’on appelle nébuleuse planétaire – oui, rien à voir avec les planètes. En voilà quelques exemples, et c’est comme ça que le Soleil finira. Ces cadavres cosmiques sont quand même les objets les plus sublimes de l’Univers, on est bien d’accord…

Et pour les supernovae, c’est pareil, les couches externes sont expulsées dans l’espace – ce qui donne des rémanents de supernova, comme sur ces images – mais comme cette fois le cœur explose – enfin il explose pas vraiment, c’est un peu plus complexe que ça mais je suis pas compétente pour rentrer dans les détails – donc ça produit des ondes de choc monumentales et ça fait valdinguer tous les éléments lourds qui ont été produits un peu partout, et en plus de ça, l’onde de choc arrive jusqu’aux autres nuages de gaz et de poussières des étoiles moins grosses, ce qui les sort un peu de leur torpeur, et ça provoque ou ça accélère leur contraction créée par la gravitation, et pouf ils s’effondre sur eux-mêmes, et pouf ça donne de nouvelles étoiles, etc etc…

Ça fait donc maintenant 10 minutes que je vous raconte les étoiles, la fusion thermonucléaire et le reste mais pourquoi exactement ?… Ah oui ! Les briques de la vie.

Donc… Au cœur de notre Voie Lactée – vous savez ? là où ça sent la framboise… bref. Y a des gigantesques nuages de gaz où se trouvent donc tout un tas d’atomes qui s’assemblent pour former des molécules – et qui dit nuages de gaz dit aussi… aussi… lieu de formation des étoiles ! Faut suivre, hein.

Et donc en gros, regarder là-bas à 27 000 années-lumière du Soleil, c’est un peu comme si on observait ce qui s’est passé au moment où notre propre système solaire s’est formé. Or ! des chercheurs viennent d’y trouver tout plein de ça ! Alors ça, c’est une molécule d’iso-propyl cyanide, composée d’atomes de carbone en gris, d’atomes d’hydrogène en blanc et d’un atome d’azote en violet. Et alors ? me diriez-vous. Et vous auriez raison. Eh ben le truc, c’est que jusqu’ici, on trouvait beaucoup de ça. C’est presque la même chose, et bien évidemment, tout est dans le « presque ». La différence entre ça, et ça, c’est que dans celle qu’on connaissait bien, les atomes se suivaient un peu comme dans un collier de perles. Alors qu’ici… c’est subtil, hein, je vous l’accorde, mais ça forme une ramification en sorte de patte d’oie – évidemment ce serait plus flagrant si on avait un gif en 3D mais j’ai pas trouvé.

Et le fait que les atomes se soient organisés comme ça, contrairement à la première version qu’on connaissait bien, ça permettrait à d’autres atomes de venir s’y accrocher pour former des molécules beaucoup plus complexes, comme… TADAAAM des acides aminés qui, comme chacun sait, permettent de former l’ADN et donc la vie – telle qu’on la connaît, toujours, hein.

Or, vous savez sans doute qu’on trouve tout plein d’acides aminés dans les météorites, ce qui a conduit à la théorie de la panspermie. En gros, ça dit que les briques de la vie ne sont pas nées sur Terre, mais dans l’espace, et qu’elles ont été amenées sur Terre par les météorites qui s’y sont écrasées.
Cette découverte est donc un pas de plus vers cette théorie – les molécules d’iso-propyl cyanide se formeraient donc dans les nuages de gaz où se forment les étoiles, elles permettraient à d’autres atomes de venir s’y accrocher pour devenir des molécules plus complexes comme les acides aminés, qui s’accrocheraient à des poussières qui passent par là et qui deviennent ensuite de plus en plus pour arriver au stade de caillou, caillou qui s’écraseraient sur des planètes d’un système en cours de formation autour d’une étoile formée dans un nuage de gaz, et tous ces acides aminés copuleraient joyeusement dans une soupe d’eau liquide et d’énergie solaire sur un bébé planète pour former de l’ADN et ensuite la vie et ensuite moi qui vous raconte tout ça… Pfiou !…

Ceux que j’ai perdu en route, levez la main ? Ah ouais quand même. Mais attendez, c’est pas fini !
Quand j’ai partagé l’article de Science et Avenir qui en parle, y a Martin Fournier qui m’a répondu ça : « pour détailler un peu, tant qu’on n’a pas trouvé de carbone sp3 asymétrique, on n’a rien trouvé ».
Alors j’ai pas compris ce que ça veut dire, mais en gros, si ça se trouve, je viens d’écrire 12 pages d’explication pour rien. Mais comme il vient de finir sa thèse d’astrochimie, j’ai un peu tendance à lui faire confiance.
Donc voilà. Peut-être ben que oui y aurait de la vie virtuellement possible partout dans l’Univers, mais peut-être encore ben que non.

NON, PLUTON N’EST PAS « REDEVENUE » UNE PLANÈTE
Puisqu’on est dans les réponses de Normands, plusieurs personnes ces derniers jours sont venus me dire que ça y est, Pluton était redevenu une planète ! Alors que ce soit bien clair : NON.
Cette rumeur provient d’une réunion d’astronomes américains qui ont décidé de la surclasser, comme ça, à la cool, mais ça marche pas comme ça en vrai. Parce que moi aussi je peux le faire, hein. Mais en fait non : il n’y a que l’Union Astronomique Internationale qui puisse prendre des décisions sur la nature des corps célestes – et c’est tout ! C’est comme ça. C’est eux qui font les lois.

Alors je rappelle la définition d’une planète.
Il faut que ce corps soit en orbite autour d’une étoile – c’est bon puisque Pluton tourne autour du soleil.
Il faut aussi que ce soit un corps en équilibre hydrostatique – c’est-à-dire une sphère, hein – qui ne produise pas de fusion thermonucléaire – sinon ça s’appelle une étoile. Et aux dernières nouvelles, Pluton ne fusionne pas d’hydrogène pour produire de l’hélium, donc jusqu’ici tout va bien.
Et troisième point, il faut que le corps en question ait fait le ménage d’un point de gravitationnel, c’est-à-dire qu’il ne doit pas y avoir d’autres corps qui gravitent au voisinage de son orbite. Et là par contre Pluton a merdé, on en trouve des kilotonnes, dont certains qui sont plus gros que lui – comme Eris, par exemple.

Et l’argument de « ouais mais quand même, Pluton a des lunes » n’est pas valable ! On trouve des astéroïdes, qui ont des lunes, et ça n’en fait pas des planètes pour autant !

Et de toute façon, c’est UAI qui décide, et c’est marre. Alors après, on peut effectivement discuter des conditions dans lesquelles cette décision a été prise… Et là je vais me taire 5 minutes et je vais laisser causer l’ami e-penser qui a expliqué ça beaucoup mieux que je ne le ferai jamais.

Voilà. Mais dans ces conditions, on peut aussi remettre en question la validité des lois qui sont votées en l’absence d’un certain nombre de députés et de sénateurs.
Voilà.

Oh, et pour en finir avec cette histoire, vous savez pourquoi ça fait autant polémique, surtout du côté des scientifiques américains ? Non parce que globalement ailleurs, on s’en fout, hein.
Ben c’est parce que du temps où elle était une planète, c’était la seule découverte par un Américain. Eh ouais.
Et parce qu’aussi ils ont fabriqué une sonde qui s’appelle New Horizons, chargée d’aller étudier Pluton, qu’elle a été envoyée le 19 janvier 2006 vers la planète la plus éloignée du système solaire, ce qui leur aurait permis de réaliser encore tout un tas d’exploits, mais que 9 mois après le lancement, le 24 août 2006, bim ! l’UAI décide que leur planète chouchoute n’en est plus une.
Ah ben ils font la gueule, depuis, c’est sûr… Donc voilà ce qu’on pouvait dire à propos de Pluton.

LES UTOPIALES
Revenons à des choses moins polémiques avec la date de la semaine, et je voudrais vous signaler que du 29 octobre en 3 novembre se déroule les Utopiales. Les Utopiales, c’est un festival international de science-fiction qui a lieu tous les ans à Nantes et voici le teaser de cette année…

Je vous informe que je fais partie des invités de cette année puisque j’interviendrai dans différentes tables rondes sur des sujets divers, que je fais partie d’un jury littéraire qui décernera un prix, et qu’il y aura même une « rencontre avec » organisée à mon sujet… C’est bien parce que la « rencontre avec » de la veille ce sera Alexandre Astier – ahahah ça fout pas la pression DU TOUT, alors faites pas les cons, si vous êtes dans le coin venez, ce sera le vendredi à 16 heures, j’ai trop peur de me retrouver toute seule.

Et voilà, c’est la fin du 42ème épisode de ce podcast. Si vous l’avez apprécié ainsi que les 41 précédents, vous pouvez voter pour lui chaque jour pour les Golden Blog Awards – je vous en remercie d’avance.

Merci à tous ceux qui le téléchargent sur iTunes, qui le regardent sur Youtube, et qui le partagent, vous m’avez encore hissée à des sommets tels que je grille la politesse à Etienne Klein lui-même et que audio et vidéo confondus, je me classe juste derrière les monuments de Jean-Claude Ameisen et de Mathieu Vidard…

En parlant de Mathieu Vidard, je co-anime avec lui le quiz scientifique de la Tête au Carré du lundi au jeudi à 14h50 sur France Inter – n’hésitez pas à vous inscrire si ça vous amuse de jouer ; je vous informe également que je fais partie des speakers de TEDxReims le 21 novembre prochain dont le thème sera la société 3.0 ; et enfin je voudrais adresser un merci monumental à l’ami d’e-penser. J’ai fait un caméo d’une demi-seconde dans sa dernière vidéo sur la relativité […] et mes abonnements Youtube ont augmenté de 500 %. Un immense merci à lui, donc, et bienvenue à tous ceux qui me rejoignent !

En attendant le numéro 43, vous pouvez donc me retrouver sur Facebook, sur Twitter et sur mon blog. Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire !

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 41

septembre 20, 2014 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 41ème épisode de ce podcast où je vais vous parler du système solaire, d’intrication quantique, de voyage dans l’espace et de fête de la science…

VOLS SPATIAUX HABITÉS : SPACEX ET BOEING CHOISIS PAR LA NASA
Et commençons par le tweet de la semaine qui date du 16 septembre et qui est celui d’Elon Musk. Le fondateur et dirigeant de la société SpaceX se dit profondément honoré et reconnaissant de la confiance que la NASA place en SpaceX pour le futur des vols habités.

 

Parce qu’en fait c’est cette semaine que la NASA a choisi les deux compagnies privées qui s’occuperont du transport des astronautes vers l’ISS pour le compte des américains, parce que depuis l’arrêt des navettes spatiales, ben y a que les Russes qui peuvent envoyer des gens dans l’espace, et ça les Etats-Unis, ben ils aiment pas trop trop, être dépendants des Russes. Du coup, pouf ! ils sous-traitent à SpaceX et à Boeing, pour des contrats de partenariat de respectivement 2,6 et 4,2 milliards de dollars – ce qui n’est pas rien.
La vidéo de présentation de la capsule CST-100 de Boeing est toute pourrite, mais en gros ce sera pas tellement différent d’un Soyouz – en plus moderne, quoi – avec le même système d’atterrissage comprenant des parachutes.
Par contre, du côté de SpaceX, ça vend vachement plus de rêve… Regardez-moi ce petit bolide comme il est beau !! Et alors lui en plus, il redescend sur un pas de tir grâce à des rétrofusées.

J’ai carrément hâte de le voir à l’œuvre, et apparemment les premiers vols habités sont prévus pour 2017 – ce qui fait que Thomas Pesquet fera partie des derniers à partir dans l’ISS à bord d’un Soyouz puisque sa mission est prévue à partir de décembre 2016…

ED LU CONTRE LEES ASTÉROÏDES
La NASA est donc en train de régler son problème de dépendance vis-à-vis de la Russie concernant les vols habités, mais elle est toujours complètement à l’ouest concernant un autre problème : celui des astéroïdes potentiellement dangereux. Pour vous donner une idée de là où on en est, elle doit cataloguer 90 % des astéroïdes de 140 mètres et plus présentant un risque d’ici à 2020, et là, elle en est seulement à 10 %… Autant dire qu’on est mal barré.

Du coup il y a quelques mois, un peu échaudé par la météorite de Tcheliabinsk que personne n’avait vu venir, l’ONU a décidé qu’il fallait peut-être qu’on pense à se sortir les doigts du cul, tous, et qu’élaborer une stratégie avec les différents partenaires internationaux pour gérer un astéroïde qui nous foncerait droit dessus serait pas une si mauvaise idée, finalement. Je ne sais pas où ça en est, cette histoire, amis journalistes scientifiques, je vous refile le bébé si ça vous intéresse de creuser la question ; en tout cas il y a en a un qui ne reste pas les bras croisés sans rien faire en attendant qu’un caillou vienne nous faire un bisou, c’est Edward Lu !

Plus connu sous le nom d’Ed Lu, c’est un astronaute américain, et depuis qu’il ne va plus dans l’espace, il s’est investi de la mission qui nous intéresse, à savoir : détecter les astéroïdes qui pourraient nous mettre en danger et éventuellement réfléchir à des moyens d’agir quand y en aura un qui voudra nous dire bonjour.
Ça fait des années qu’il milite et il a toujours des formules très percutantes comme par exemple : aujourd’hui, si nous sommes heurtés par un gros astéroïde, ce ne sera plus de la malchance, ce sera de la négligence – ou encore : le million d’étoiles les plus proches ? découvert. Le million de galaxies les plus proches ? découvert. Le million d’astéroïdes les plus proches ? Toujours pas.

Du coup il est à l’origine de la fondation B612 qui a notamment sorti cette vidéo lors de la dernière Journée de la Terre, avec des chiffres que personne ne connaissait vraiment, et ça fait un peu froid dans le dos… Je vous la double en voice over.

Voilà – heureusement, Ed Lu est là qui veille au gros gras grand grain cosmique. Bruce Willis à côté, c’est un petit rigolo ! Sans rancune, Bruce.

PHILAE SE POSERA SUR LE SITE J !
Restons dans les petits corps célestes à explorer, mais cette fois-ci à défaut de les attendre, c’est nous qui allons vers eux. L’info de la semaine concerne la mission Rosetta autour de la comète Churyumov-Gerasimenko, puisque le site de l’atterrissage du module Philae a été désigné lundi par les scientifiques, il s’agira donc du site J ! qui se trouve… ici, précisément. Il reste à confirmer, et si jamais les nouvelles données concernant la surface annoncent de vilaines choses, alors le site joker est le site C – mais J a fait l’unanimité chez les chercheurs, donc ce serait dommage. Ensuite, faudra juste espérer que le site J sera sans mauvaise surprise le jour… J.

Ouais, je suis hyper chaude pour faire des pubs LCL, là – ils veulent pas me signer un gros chèque ? Non ? Non, bon. J’aurais tenté.
En attendant l’atterrissage prévu autour du 11 novembre, je vous remets l’animation du voyage parcouru par Rosetta et Philae ces 10 dernières années. Je sais, je l’ai déjà signalé 1000 fois, mais j’hallucine toujours autant qu’on puisse prévoir une trajectoire aussi incroyable sur un temps aussi long dans un espace aussi grand pour finalement réussir à viser un caillou aussi petit – par rapport à l’immensité de l’espace-temps. Et encore, y a pas la trajectoire de la mise en orbite, sur cette image ! La voilà, du coup.

Vraiment, je suis ébaubie devant ça, moi. Les mathématiques. Tu fais quelques calculs, et bim ! tu sais te mettre en orbite autour d’une comète. Et même peut-être te poser dessus. Wow.
Et je rappelle, soyons chauvins, qu’il s’agit d’une mission européenne avec une grosse participation française. Ça fait pas de mal.

CHURY, PLUTON ET SATURNE
Du côté des images, ben voici les dernières en date de Chury… Magnifiques, hein ? Prises par un engin qui a plus de 10 ans, donc. Et qui se trouve à environ 400 millions de kilomètres de nous.
Pour l’anecdote, 400 millions de kilomètres, si tu veux savoir à peu près comment c’est loin, dis-toi que si tu voulais y aller en TGV, tu mettrais 143 ans. Voilà. Ah ben ça calme direct, oui. T’imagines, vivre 143 ans en bouffant que des sandwichs SNCF ? A côté, s’installer sur Mars c’est le Club Med.

Mais je m’égare un peu. Donc, magnifiques clichés de notre comète.
Pendant ce temps-là, à la NASA, voici ce qu’ils réussissent à nous pondre… Vous savez ce que c’est, ce truc tout moche ? Ben c’est Pluton. Prise par la sonde New Horizons, légèrement plus jeune que Rosetta puisqu’elle est partie il y a moins de 9 ans. Alors par contre elle est encore loin de sa cible. Genre elle doit arriver le 14 juillet 2015, tu vois, genre.

Mais c’est ridicule. Europe. Etats-Unis. Europe. Etats-Unis. Europe. Etats-U… Oh, ok, ça va, hein. On peut se charrier, de temps en temps, non ?…
Tenez, pour vous prouver que je suis fair play, voici Saturne, le 8 septembre dernier, prise par Cassini, qui est américaine. On touche au sublime, là quand même…

LES DISTANCES DU SYSTÈME SOLAIRE
C’est beau le système solaire, hein ? Moi je m’y sens carrément bien, alors on va y rester un peu avec le bidule connecté de la semaine – et c’est justement une visite du système solaire par la BBC que je vous propose de découvrir à l’adresse que j’indiquerai dans le billet dédié à ce podcast sur mon blog florenceporcel.com, il a été conçu pour un peu mieux appréhender les distances qui sont à l’œuvre là-dedans – peut-être que ça vous parlera plus que de compter en temps de TGV, allez savoir…

PREMIÈRE INTRICATION QUANTIQUE DE 3 PHOTONS
Quittons maintenant le silence éternel de nos espaces infinis qui font flipper, là, et voyons voir du côté des particules… Figurez-vous qu’une première mondiale a été réalisée par des chercheurs canadiens dans le domaine quantique ! Ils ont réussi à intriquer trois photons, qui sont des particules de lumière, entre autres.

L’intrication c’est simplissime sur le papier mais évidemment c’est une autre paire de manche en pratique : on dit qu’une particule est intriquée quantiquement à une autre quand elles se comportent comme si elles n’étaient qu’une seule et même entité. C’est-à-dire que si on modifie l’une, l’autre est modifiée à l’exact même moment même si elle se trouve à l’autre bout de l’univers. Un observateur extérieur à l’espace-temps qui ne pourrait pas nous voir, mais qui observerait une modification des particules intriquées réparties n’importe où dans l’espace-temps, serait parfaitement incapable de dire laquelle de ces particules a été modifiée par quelqu’un.

Personne ne sait exactement comment ça fonctionne, mais ça fonctionne, et si on avait jusqu’ici réussi à intriquer deux particules – des chercheurs de l’agence spatiale européenne avaient réussi à faire changer d’état deux photons distants de 143 kilomètres il y a 2 ans, par exemple – là les scientifiques ont donc intriqué 3 photons qui possédait une même polarisation – verticale ou horizontale – et ils ont réussi à tous les faire changer de polarisation au même moment en ne touchant qu’à un seul d’entre eux.

Et comme on peut remplacer vertical et horizontal par 0 ou par 1, eh ben c’est une nouvelle piste vers l’ordinateur quantique qui intéresse beaucoup de monde, même si ça reste pour l’instant plus du côté de la fiction que de la science… Mais on avance.

LE RETOUR DES « MARDI DE L’ESPACE »
En parlant de science-fiction justement, le thème du premier « Mardi de l’Espace » organisé par le CNES a été dévoilé, et il s’agira de « 2001, odyssée de l’espace – Quand la réalité rejoint la fiction ».
Les mardis de l’espace, ce sont des rencontres avec un ou deux experts sur un sujet donné dans un café près du siège social du CNES à Paris, l’entrée est libre dans la limite des places disponibles mais il faut évidemment prendre une conso.
La saison 2014-2015 s’annonce très très alléchante et on peut suivre l’événement sur Twitter grâce au hashtag #CNEStweetup. Le premier de la saison, ce sera donc le 21 octobre.

LA FÊTE DE LA SCIENCE
Et restons dans l’agenda avec les dates de la semaine – la fête de la science commencera vendredi prochain, le 26 septembre, et durera jusqu’au 19 octobre. C’est un événement national et des milliers d’activités, de rencontres, d’ateliers, de visites, de conférences sont organisés partout en France, tout le programme se trouve sur le site fetedelascience.fr.

D’ailleurs le week-end prochain la Cité des Sciences sera gratuite, et en plus elle organise une grande braderie, vous pourrez acheter des livres à 1 euro pièce – de quoi vous constituer une chouette bibliothèque à des prix défiant toute concurrence, si vous êtes dans le coin…
Et j’en profite également pour vous signaler qu’aujourd’hui, le 20 septembre, c’est le Jour de la Nuit, et que si vous écoutez ce podcast à temps vous pourrez sans doute participer à l’une des nombreuses manifestations organisées pour l’occasion. Le Jour de la Nuit, c’est le nom rigolo d’une opération de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne et du ciel étoilé.

C’est la fin du 41ème épisode de ce podcast – merci beaucoup de l’avoir suivi. L’épisode 42 ne sortira pas la semaine prochaine parce que je passe une grosse partie de mon week-end à Réaumur, en Vendée, pour donner une conférence – n’hésitez pas à venir si vous êtes du coin.
Merci à tous pour les messages sur les différentes plateformes, que ce soit sur Youtube, sur mon blog, sur Twitter, sur Facebook, sur Google Plus ou sur iTunes où vous pouvez mettre plein d’étoiles aussi – et merci de m’avoir propulsée en tête de classement devant la NASA, ça me fait toujours un petit quelque chose…

Si vous aimez ce podcast, je vous rappelle que vous pouvez voter pour lui à pour les Golden Blog Awards tous les jours pour le faire arriver dans la shortlist – c’est ensuite un jury qui décidera lequel méritera le prix dans la liste des 10 shortlistés.

Le 8ème épisode de ma twitsérie « Pendant ce temps-là dans l’Univers » est sorti – il s’agit de l’actualité de l’Univers vue par l’Univers lui-même – je m’éclate comme une gamine, avec ça.
Je vais voir l’Exoconférence ce mercredi 24 septembre – si vous êtes dans la salle aussi, ça peut être rigolo de se retrouver après pour discuter 5 minutes – donc faites signe.
Et bien sûr vous pouvez me retrouver sur Twitter, sur Facebook, sur mon blog florenceporcel.com et dans « La tête au carré » sur France Inter en fin d’émission pour le quiz scientifique !

Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire !

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 40

septembre 17, 2014 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 40ème épisode de ce podcast où je vais vous parler de lunes vivantes, de soleil agité, de comète admirée et de Terre abimée…

TEMPÊTE SOLAIRE
Et commençons par de l’actu chaude, comme on dit dans le jargon, et en l’occurrence de l’actu archi brûlante puisque notre étoile est très agitée, en ce moment, et chose un peu moins courante forcément : elle est très agitée… vers nous ! Une éruption a eu lieu le 10 septembre et on a pu la filmer sous toutes les coutures – donc là par exemple avec la Terre à l’échelle à côté. Autant vous dire que c’est pas de l’éruption de débutant, c’est toujours un peu costaud, et donc ce genre de petites choses mignonnes crée des tempêtes géomagnétiques sur la Terre quand elles sont dirigées vers elle – ce qui est le cas ici, donc.

Pas de panique, c’est pas encore aujourd’hui que tous nos satellites vont se faire griller et où les réseaux électriques vont sauter, mais quand même, il y aura des perturbations à prévoir ce week-end dans les communications radio et les signaux GPS – et quand même un peu dans le réseau de distribution d’électricité canadien.

Et il sera peut-être possible de voir des aurores jusque dans le nord de la France avec un peu de chance – ça c’est pour le côté un peu plus fun de la chose. Donc si votre GPS déconne un peu, n’en changez pas tout de suite, c’est juste à cause d’une éruption solaire. Eh oui. Ne jamais oublier qu’on vit à proximité d’une étoile en pleine forme et que c’est même grâce à elle qu’on est là et même que quand elle se décidera vraiment à nous refaire une grosse tempête comme y en a eu une en 1859, ben c’est ballot ma bonne dame mais maintenant on dépend de l’électricité et de l’électronique absolument partout et pour tout et qu’on va passer du jour au lendemain du 21ème siècle au 19ème.
Et c’est pas moi qui le dis, c’est l’Académie américaine des sciences. Et ces tempêtes ne sont pas rares, on a eu chaud aux fesses en juillet 2012, par exemple. A 9 jours près ça nous tombait dessus. Alors d’ici à ce qu’une un peu costaude soit dirigée vers la Terre… Hein. Voilà. Ça peut arriver. L’espace est un endroit dangereux. On vit dedans, faut toujours le garder à l’esprit !

UNE CAPSULE TEMPORELLE POUR UN ASTÉROÏDE
Allez, on passe de l’anxiogène au rigolo – désolée pour cette entrée en matière – la NASA est en train de mettre en place une capsule temporelle qui se trouvera à bord de la sonde OSIRIS-Rex. Cette sonde partira de la Terre en 2016 et partira à la rencontre d’un astéroïde nommé Bennu pour l’étudier sur place et collecter des échantillons qui seront ensuite renvoyés sur Terre et qui doivent arriver en 2023.
Et l’idée est donc d’imaginer ce que sera l’exploration spatiale en 2023, d’en faire un tweet avec le hashtag #AsteroidMission sur Twitter ou une image sur Instagram en y taggant OSIRIS-Rex et sans oublier le hashtag.
D’après le blog du Monde Big Browser, 50 tweets et 50 images seront sélectionnées – mais la sélection ne sera pas dévoilée – et les 100 prévisions seront donc découvertes en 2023 au retour de l’échantillon. On verra bien à ce moment-là qui a vu juste…
N’hésitez donc pas à tenter votre chance, vous avez jusqu’au 30 septembre !

LE SELFIE DE PHILAE AVEC CHURY
Restons du côté de Twitter avec le tweet de la semaine, et il nous vient du CNES, l’agence spatiale française, qui a partagé cette photo sublimissime d’un panneau solaire de Rosetta pris par Philae, avec la comète Churyumov-Gerasimenko en arrière-plan…
C’est grâce à ce genre de photo qu’on se rend compte que la réalité est souvent bien plus incroyable et plus belle que toutes les images de science-fiction qu’on peut trouver…

EXPÉRIENCE EN APESANTEUR POUR LYCÉENS ET ÉTUDIANTS
L’événement de la semaine c’est peut-être vous qui pourrez le vivre – et ça pourrait bien devenir l’événement de votre vie, croyez-moi. Le CNES – toujours lui, eh oui, et trop peu ou trop mal connu, si c’est pas malheureux… Bref ! Le CNES, donc, organise comme tous les ans un concours à destination des lycéens et des étudiants dont le but est de concevoir une expérience scientifique qui sera réalisée en impensanteur au cours d’un vol zéro-g.
Voici des exemples d’expériences – et pour éviter que YouTube ne bloque mon podcast, j’ai retiré U2 de la vidéo d’origine pour la remplacer par la Sarabande de Corelli que j’ai enregistrée moi-même, désolée pour le son pourri mais c’est fait avec les moyens du bord…
Et parce que c’est quand même un truc de dingue, ces vols, je laisse Jean-François Clervoy, qui est astronaute, rappeler ce que c’est exactement – regardez bien ce que l’avion fait à droite de l’écran et estomacs sensibles s’abstenir…

Je ne résiste pas à l’envie de vous diffuser les images de mon propre vol pour illustrer la suite – sachez que 3 projets lycéens et 3 projets étudiants seront retenus pour la campagne de vol du printemps prochain – ce qui implique donc une semaine à Bordeaux au mois de mars, et que les élèves de plus de 18 ans auront peut-être la chance d’embarquer pour le vol parabolique.
Si ça vous intéresse, dépêchez-vous, il faut renvoyer le dossier de candidature avant le 25 septembre – je mettrai évidemment le lien sur le billet dédié à ce podcast sur monblog, florenceporcel.com – et surtout tenez-moi au courant ! Si vous êtes sélectionnés, ça me ferait plaisir de le savoir, n’hésitez pas à m’envoyer un petit mail, j’essayerai d’en faire un billet dans un épisode futur. Bonne chance à tous, en tout cas !

SÉBASTIEN CARASSOU ET LE COLLECTIF CONSCIENCE
Et en parlant d’étudiant, je voudrais vous parler de Sébastien Carassou – et le plus simple est encore qu’il se présente lui-même…
Voilà qui est dit ! Et qui est fait, surtout, puisque du haut de ses 22 ans, Sébastien est sur le point de démarrer une thèse à l’institut d’astrophysique de Paris où il va passer trois ans à étudier l’évolution de la forme et de la signature lumineuse des galaxies pendant les 10 derniers milliards d’années de l’histoire de l’Univers. Ça me vend un peu du rêve, je vous le cache pas.
Mais ce qui m’a surtout donné envie de le choisir comme personnalité de la semaine, c’est qu’il est à l’origine du Collectif Conscience, un projet très ambitieux et qui a beaucoup d’avenir – et là encore, le mieux est qu’il vous raconte lui-même…
Sébastien est aussi celui qui a importé le concept du compte Twitter de chercheur qui change de scientifique toutes les semaines…
Et avant-première galactique, c’est une exclu offerte par Sébastien, voici le trailer du collectif !…

Voilà, donc n’hésitez pas à suivre ça de très près, à participer et à faire tourner, c’est encore très jeune mais ça ne peut que devenir une référence de la médiation scientifique francophone…

TITAN ET EUROPE TRÈS TERRE À TERRE…
Et si on allait voir ce qui se passe du côté du système solaire, maintenant ?… Et les infos de la semaine nous proviennent des lunes de nos géantes gazeuses préférées, et en l’occurrence des deux cailloux glacés les plus passionnants de notre système – rien que ça.

Titan, d’abord ! On sait depuis longtemps que Titan est le seul corps connu du système solaire en dehors de la Terre à avoir des étendues liquides à sa surface. Pas d’océan d’eau sur le plus grand satellite de Saturne mais des lacs principalement constitués de méthane liquide dont il était connu qu’ils pouvaient être reliés à d’autres étendues liquides cachées sous la croûte.
Olivier Mousis, un chercheur du CNRS, a modélisé les interactions possibles entre les lacs de surface et les lacs souterrains pour mieux comprendre comment ils interagissent. Et son modèle permet d’apporter des explications à des bizarreries comme la faible abondance de gaz rares dans l’atmosphère et le fait que les pôles soient aplatis.
Et il est possible de vérifier tout ça puisque si le modèle dit vrai, alors les lacs alimentés par les pluies et les lacs alimentés par les réservoirs souterrains n’auraient pas du tout les mêmes compositions chimiques. Il suffira alors que Cassini fasse des mesures lors d’un prochain survol pour confirmer ou infirmer la théorie…

Quasiment 11 ans jour pour jour après sa désintégration dans l’atmosphère de Jupiter, la sonde Galileo continue à livrer des secrets puisque les scientifiques n’ont pas encore fini de décortiquer ses données. Et on en apprend de bonnes à propos d’Europe ! Europe, c’est cette lune qui abrite un océan d’eau liquide sous sa surface de glace et où je suis persuadée que ça grouille de méduses extraterrestres, là-dessous.
Mais passons.
Les chercheurs ont trouvé qu’il existe une tectonique des plaques sur ce petit monde ! Alors il ne s’agit pas de plaques océaniques ou continentales comme ici, mais des plaques de glace qui forment sa surface, donc. Et ce qui est incroyable dans l’histoire, c’est que le seul autre corps connu à avoir une tectonique des plaques, c’est la Terre. « La glaciale Europe est plus proche de la Terre rocheuse que tout autre corps planétaire que nous connaissons », a même écrit une chercheuse.
Je me demande ce qu’en pense les méduses europiennes. Ça vaudrait le coup de tailler une bavette, non ?

LA COUCHE D’OZONE VA MIEUX (MAIS C’EST PAS ENCORE ÇA)
En attendant de causer avec nos voisines aquatiques joviennes, sachez que la date de la semaine est le 16 septembre, et que le 16 septembre, c’est la journée internationale de la couche d’ozone.
Y a une bonne nouvelle concernant la couche d’ozone, qui n’est d’ailleurs pas une couche à proprement parler mais plutôt une zone de la stratosphère où la concentration en ozone est plus forte qu’ailleurs, ce qui nous protège des ultraviolets.
Désolée de ne pas paraître plus joyeuse que ça, mais vous imaginez bien qu’il y a un « mais ». Bon. La bonne nouvelle, c’est qu’elle est en train de guérir et qu’elle pourrait être à nouveau en pleine forme autour de 2050 et que le trou, entre guillemets, qui se forme tous les printemps au-dessus de l’Antarctique pourrait, lui, ne plus se former autour de 2100. Comme quoi, quand on veut, on peut.
Mais !… Mais d’abord, il faut continuer nos efforts et donc toujours veiller à respecter scrupuleusement le protocole de Montréal de 1987 qui a notamment interdit les CFC. Et ensuite, il reste de nombreux problèmes comme le tétrachlorure de carbone qui a aussi été interdit mais qui continue de progresser, et le dioxyde d’azote qui lui n’a carrément pas été interdit – mais qui devrait l’être. Et plus important encore, on a remplacé les CFC interdits par des HFC, qui ne détruisent pas l’ozone mais qui sont par contre de puissants gaz à effet de serre… Donc en gros, on déplace le problème de la couche d’ozone au climat. Si ça ne pose pas de problème à l’un, ça pose problème à l’autre. Il faut maintenant trouver des solutions qui ne fiche en l’air aucun des deux… Mais avec un peu de bonne volonté dans la durée, on voit que ça donne des résultats !

HOMO DISPARITUS
Cela dit, plus le temps passe, plus je m’informe sur la question et moins j’arrive à être optimiste sur la question du climat et des joyeusetés qui vont nous tomber sur la gueule si on continue à accélérer droit dans le mur.
Et je voudrais vous conseiller vivement de lire « Homo disparitus », de l’américain Alan Weisman, qui part du postulat suivant : imaginons que l’espèce humaine disparaisse d’un seul coup du jour au lendemain. Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe pour la faune et la flore, pour les infrastructures, pour nos habitations, pour l’atmosphère, pour l’océan ?… Qu’est-ce qui se passe ?
J’avais découvert ce livre à sa sortie, en 2007, et pour tout vous dire je le lisais en cachette lors de mes pauses syndicales à la librairie du Bon Marché quand j’y travaillais – c’est dire si ça date. Je suis partie avant d’avoir fini de le lire et je ne l’avais pas acheté parce que j’étais étudiante et que j’avais d’autres priorités financières. Mais il m’avait déjà marquée au fer blanc et c’est notamment dans ce bouquin que j’ai entendu parler pour la première fois des continents de plastique.
Et il se trouve que j’avais oublié le titre, je ne me souvenais que de la couverture et j’ai cherché à le retrouver pendant des années, en vain… jusqu’à il y a quelques mois. Et là, c’est un peu comme si j’avais retrouvé mon livre préféré de quand j’étais enfant que j’aurais perdu du jour au lendemain – c’était un sentiment un peu magique. Et donc je l’ai lu cet été.
Et on y apprend des milliards de choses : comment s’abiment nos maisons, nos routes, nos ponts ; à quel point garder à sec le métro de New York est un miracle de tous les instants ; ce que deviendront les usines de l’industrie chimique ; j’ai appris des choses édifiantes et très inquiétantes sur les constructions dans les villes turques actuelles, etc etc… Vraiment, prendre 10 minutes pour en lire un chapitre tous les soirs ne sera du temps de perdu pour absolument personne.
Et évidemment, toutes les considérations pas très optimistes sur le CO2 qu’on a déjà balancé dans l’atmosphère et qui n’en partira pas. Et ça, c’est donc pour un livre sorti en 2007, avec donc des recherches entreprises pour l’écrire au tout début du 21ème siècle – et tout a empiré depuis.
A lire, vraiment. Vraiment, vraiment, vraiment. Il existe en poche, en plus, vous n’avez aucune excuse pour ne pas savoir.
Et pour continuer sur le réchauffement climatique, un rapport sorti cette semaine table sur une forte probabilité d’un réchauffement de + 5°C en France à l’horizon 2100.
Alors le climat de la France, ce n’est pas le climat global, qu’on soit bien d’accord. Mais si vous vous dites que 5°C, c’est pas grand-chose, écoutez ça bien attentivement.

Voilà.

C’est la fin de ce 40ème épisode de « La folle histoire de l’Univers » – oui désolée, c’est pas hyper gai tout ça, mais ça me semblait vraiment important d’en parler. Merci à tous de l’avoir suivi, merci à ceux qui m’ont mis des petits mots trop gentils sur iTunes, alors ça c’est trop cool, ça me fait hyper plaisir :D et n’hésitez pas à en laisser un avec tout plein d’étoiles si c’est pas encore fait.
Je vous informe que j’ai inscrit ce podcast aux Golden Blog Awards, et que si vous l’appréciez, vous pouvez voter pour lui tous les jours… Un café, un clic, par exemple, comme ça vous pourrez aussi voter pour lui du bureau, tiens.
Je vous informe également que le 27 septembre à 21h je donnerai une conférence au Manoir des Sciences à Réaumur, en Vendée – 2€ l’entrée et gratuit pour les moins de 10 ans, n’hésitez surtout pas à venir me dire bonjour si vous êtes du coin.
Et vous pouvez toujours me retrouver sur Twitter, sur Facebook, sur mon blog florenceporcel.com ainsi que du lundi au jeudi de 14h50 à 15h pour le quiz scientifique de « La tête au carré » sur France Inter, auquel vous pouvez évidemment participer si ça vous amuse.
Merci de m’avoir propulsée en tête de classement des podcasts vidéo catégorie Sciences et médecine sur iTunes, ça me fait super chaud au cœur, toujours, de voir ça…
Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire !

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 39

septembre 6, 2014 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous, je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 39ème épisode de ce podcast où je vais vous parler de comètes, d’accélérateurs de particules, de Thomas Pesquet et de superamas de galaxies…

LA MISE EN ORBITE DE ROSETTA AUTOUR DE CHURY
Mais commençons d’abord par l’évènement de ces dernières semaines avec la sonde Rosetta et la comète Churyumov-Gerasimenko… Et on en a eu, des surprises !! Tout a commencé mi-juillet avec une première image précise de la comète : elle a un double noyau !! J’ai l’impression que tout le monde a été absolument stupéfait de découvrir la forme de cette comète – et en même temps y a quand même de quoi ! Vous avez vu le machin ?? AH AH :D C’est fou !! L’Univers est quand même une petite chose merveilleuse et le plus beau dans l’affaire, c’est qu’il y ait des gens pour avoir su envoyer un engin qui nous a permis de faire la connaissance de ce gros caillou. C’est trop cool. C’est quand même TROP TROP cool.

Ah oui parce qu’on dirait pas comme ça, mais donc c’est un très très gros caillou, hein. Voici un schéma où on le compare à nos montagnes. Ou là, par rapport au centre ville de Los Angeles. Ou bien toujours à l’échelle par rapport à Paris. Un machin assez mastoc, donc, qu’on n’aimerait pas tellement prendre sur le coin du nez.

Bref ! Après avoir découvert qu’on imaginait un gros caillou bien rond pour finalement se retrouver avec un canard en plastique, il a fallu passer à l’étape suivante. C’était le 6 août, et elle était capitale puisque c’était la manœuvre qui devait mettre la sonde Rosetta en orbite à 100km autour de la comète.

Sachez que j’étais collée à mon écran ce matin-là et que j’avais mon petit cœur qui battait, et finalement – attention ça va être très rapide…

On a réussi !!! WOUHOUUUUH !!!

« Après dix ans, cinq mois et quatre jours de voyage, cinq passages à proximité du Soleil et 6,4 milliards de kilomètres parcourus, nous avons le plaisir d’annoncer que notre but est enfin atteint », a annoncé Jean-Jacques Dordain, le DG de l’agence spatiale européenne.
La com’ sur les réseaux sociaux était digne de l’événement, et par la suite, on a pu avoir des images toutes plus sublimes les unes que les autres…

Mais ce n’est pas du tout la fin de la mission, au contraire, c’est plutôt un autre début, et je vous propose d’écouter un conseiller scientifique de l’ESA nous expliquer pourquoi…

Vaste programme, très excitant donc, mais ce n’est pas tout ! Cette manœuvre enclenche également un autre événement historique à venir – oui parce que se mettre en orbite autour d’une comète A ÉTÉ un événement historique, hein, ça s’était jamais fait avant et les Allemands l’ont bien compris… j’espère qu’un jour on pigera ça en France aussi mais bon… c’est un autre sujet.

Donc ! Autre événement historique à venir, c’est évidemment l’atterrissage de Philae prévu pour le 11 novembre ! Et l’étape du 6 août était évidemment primordiale, et Eric Jurado, qui est responsable des opérations de navigation de Philae au CNES, explique très bien pourquoi…

Voilà ! Donc à l’heure où je vous parle, on est en là – Rosetta se trouve à moins de 50km de Chury (c’est son petit nom, pour les intimes) et 5 emplacements ont été préselectionnés en vue de l’atterrissage de Philae et l’emplacement choisi sera annoncé le 15 septembre. Et le choix ne sera pas facile puisqu’il devra à la fois avoir une surface pour atterrir dans de bonnes conditions, être assez ensoleillé pour que les batteries de l’atterrisseur puissent se recharger et permettre une communication régulière entre le sol et Rosetta qui tournera toujours autour.
Pas simple, pas simple, tout ça… Evidemment je vous tiendrai au courant, et en attendant, vous pouvez suivre les comptes Twitter officiels de Rosetta et de Philae pour avoir les infos en direct…

LE COUP DE PIED AU CUL DE BUZZ ALDRIN
En parlant de Twitter, justement, eh ben passons au tweet de la semaine, avec l’inénarrable Buzz Aldrin, le 2ème homme à avoir marché sur la Lune après Neil Armstrong, qui a 84 ans et qui a toujours une pêche d’enfer – et c’est aussi un champion de la com, du marketing et du personal branding. La preuve donc avec ce tweet où il nous informe qu’on peut enfin se procurer son t-shirt où l’on peut lire « Get your ass to Mars ». Pour les non-anglophones, ça peut se traduire assez vilainement par : « Envoie donc ton petit cul sur Mars ».
Voilà. Buzz Aldrin, mesdames messieurs !

THOMAS PESQUET, UN BEAU GOSSE SUR MARS ?
Et justement… La vie est bien faite, quand même, puisque ça m’amène directement à la personnalité de la semaine qui compte bien mettre ça en pratique, puisqu’il s’agit de Thomas Pesquet !
Thomas Pesquet n’est pas seulement très très beau et très très brillant, il est aussi astronaute et surtout il sera le dixième Français dans l’espace puisqu’il a été sélectionné pour une mission de longue durée dans la Station Spatiale Internationale de décembre 2016 à mai 2017. Et je réserve dès à présent une place à Baïkonour pour le voir décoller.
Mais en attendant, Thomas s’entraîne dur, et puis surtout, son but ultime est donc de mouvoir son musclé fessier jusque sur la planète rouge, et il en parle avec tout plein d’étoiles dans les yeux dans cette interview…

C’est vraiment super touchant, on le sent vraiment sautiller, dans sa tête, genre CHBOUING CHBOUING je veux aller sur Mars !! BOUING j’ai trop hâte j’ai trop hâte, je veux y aller !! wouhouhhh !!
Hein ? Oui je parle bien de Thomas Pesquet, oui – ne croyez pas une seule seconde que je pourrais éventuellement m’identifier à ce… hein ? projet un peu dingue de fouler le sol d’un autre monde… Bon !
Si vous voulez encore voir et entendre Thomas Pesquet d’ailleurs, je vous conseille vivement le talk TEDx qu’il a donné à TEDxPARIS 2012 – allez, je vous en mets un petit bout parce que je suis sympa…

Voilà ! Héhé, si vous voulez connaître la suite, faudra aller sur mon blog, puisqu’évidemment j’embedderai cette vidéo dans le billet dédié à ce podcast…

COSMOLOGIQUEMENT VÔTRE
En parlant de trucs 2.0, j’en profite pour passer au bidule connecté et vous présenter le super blog de Cécile Renault, qui est astrophysicienne et qui a notamment beaucoup travaillé sur la mission Planck et donc le fond diffus cosmologique, et qui fait vraiment des chouettes billets sur plein de trucs différents, mais toujours divisé en deux thématiques : sur la planète Terre et dans l’espace. Voilà, donc Planck, Rosetta, la découverte controversée des ondes gravitationnelles par Bicep2… Un très joli billet sur Kandinskiy, aussi, qui mêle art et science…
Bref, un blog qui vaut le détour ! Et qui s’appelle « Cosmologiquement vôtre »…

17 ÉQUATIONS QUI ONT CHANGÉ LE MONDE
Et puisqu’on est dans la culture, je voudrais vraiment vous conseiller un livre qui s’appelle « 17 équations qui ont changé le monde ». Moi qui voudrais un jour comprendre le langage des mathématiques, ce bouquin est fabuleux !! Le concept est ultra simple : l’auteur choisit une équation, il te décrit chaque des termes dans un schéma, il te résume ce que ça dit, pourquoi c’est important et à quoi ça nous a conduit, et ensuite il te l’explique, il te la décrypte, il te raconte son histoire et à quoi elle sert pendant 20 ou 30 pages. C’est brillantissime. Et ces trucs ont VRAIMENT changé la face du monde. Un truc de dingue.
Bon alors, faut des fois s’accrocher un peu quand t’as niveau collège en maths comme moi tellement t’as tout oublié, mais c’est fabuleusement bon de comprendre et de ressentir tous les horizons qui s’ouvrent grâce à quelques signes mathématiques regroupés dans des formules trouvées par des génies. Voilà.
C’est chez Robert Laffont et ça coûte 22 euros.

TERRE, SYSTÈME SOLAIRE, VOIE LACTÉE, AMAS DE LA VIERGE, SUPERAMAS LANIAKEA
L’info de la semaine a son importance puisqu’elle fait la une de la revue Nature ! Rien que ça… Figurez-vous qu’on vient de nous découvrir une place encore plus précise dans l’Univers. Oubliez l’amas de la Vierge, on se trouve en fait dans un superamas baptisé Laniakea.
C’est une équipe franco-israelo-américaine qui a fait cette découverte et je vous propose de regarder quelques images explicatives, commentées par Hélène Courtois, une des auteures de cette publication…

Laniakea Supercluster – version française from Daniel Pomarède on Vimeo.

Voilà qui donne encore plus le vertige…

CHEZ MA COPINE ALICE
Ce qui donne le vertige, aussi, ce sont les engins du CERN, que j’ai enfin pu approcher de près… J’ai pu encore passer un week-end dans ce merveilleux endroit où les routes s’appellent Einstein et Schrödinger, où le web a été inventé et où il y a un refuge pour des souris informatiques…
Mais surtout il y a des accélérateurs de particules, j’ai pu en approcher quelques-uns de près, toucher les milliards de câbles, et donc avoir le vertige à 100 mètres sous terre en pensant qu’un engin pareil fait faire à des particules 11 200 fois le tour de 27 km en 1 seule seconde…

C’est comme Laniakea, ça dépasse un peu l’entendement humain, mais le plus beau dans tout ça, c’est qu’on peut le visiter.
Et j’y suis donc retournée il y a 15 jours à l’occasion d’un épisode de Podcastscience en direct du CERN et en public, c’était vraiment top et je vous conseille évidemment d’aller l’écouter.
Et je tiens à remercier chaleureusement mon ami Aurélien, qui travaille au CERN et grâce à qui j’ai passé des week-ends dont je me souviendrai jusqu’à la fin de mes jours dans un endroit qui rassemble certaines des plus grandes prouesses humaines. Voilà. Merci Aurélien, du fond du cœur.

24 SEPTEMBRE
Et terminons par la date qui concerne également le CERN ! Il s’agit du 24 septembre et c’est le jour de leur deuxième TEDx, avec comme l’année dernière un programme assez hallucinant qui sera présenté par Brian Cox, le physicien superstar de la BBC qui travaille justement sur l’expérience ATLAS du LHC.
Ça promet d’être grandiose, alors réservez vite vos places si ça vous donne une occasion d’aller visiter les lieux, parce que c’est un événement très couru.
Moi je pourrai pas y aller parce que le 24 septembre, j’ai Exoconférence ! C’est quasi la même chose, vous allez me dire, un gars tout seul sur scène qui raconte des trucs à base de sciences – je suis sûre que ce sera tout aussi réjouissant même si c’est pas vraiment le même délire. Quoique… Faut voir.

Et c’est la fin du 39ème épisode de ce podcast, un grand merci à vous de l’avoir suivi – n’hésitez pas à mettre des étoiles et un petit message sur iTunes pour me prouver qu’il y a des cœurs humains derrière ces chiffres glaciaux de téléchargements, n’hésitez pas non plus à partager la vidéo Youtube autant que vous voudrez. Vous pouvez me suivre sur Twitter, sur Facebook, et nouveauté de la rentrée ! Je suis toujours sur France Inter et vous pouvez désormais me retrouver tous les jours du lundi au jeudi dans « La tête au carré », le magazine scientifique de Mathieu Vidard, pendant les 10 dernières minutes de l’émission où je co-anime avec lui un quiz scientifique qui permet d’apprendre plein de choses en s’amusant et où on peut gagner des cadeaux… N’hésitez pas à vous inscrire, je vous appellerai peut-être pour participer…

Et pour finir cet épisode en images, je vous voudrais rendre hommage à Robin Williams dont la disparition m’a beaucoup émue, comme pas mal de gens de ma génération – il ne s’agit pas d’un extrait de l’Homme Bicentenaire, qui restera pour moi la meilleure adaptation d’Isaac Asimov au cinéma, mais de sa participation au réveil de l’équipage de la navette Discovery en 1988 – j’avais 5 ans…

Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire !