« MARS », sur NatGeo : une série, un docu, et c’est trop bien

novembre 20, 2016 dans Culture, En vrac, Vers Mars

À partir de ce soir, une nouvelle série sera diffusée sur la chaîne National Geographic : la simplement nommée « MARS ».

Avant toute chose, que ce soit bien clair entre nous : j’ai été invitée au voyage de presse à Londres le mois dernier pour la présentation de la série – comme j’avais été invitée il y a quelques années pour la série COSMOS.
Mais ceci n’est pas un billet sponsorisé – je n’ai pas touché d’argent pour l’écrire.

On ne va pas se mentir : vous imaginez bien que je suis convaincue – de base – par le sujet. Et que donc, je suis forcément très critique si ce sujet de prédilection, qui me tient autant à coeur, est mal traité… Et après avoir vu le premier épisode, j’ai non seulement été rassurée, mais en plus très emballée. Je n’ai pas encore vu les suivants, mais je sens que cette série va devenir une référence inamovible dans mon Panthéon personnel…

Et parce que j’ai du travail très en retard, je vous explique en quoi « MARS » est un projet dingue, fou, génial, sous forme de « Top-7-des-bonnes-raisons-de-regarder-cette-série ». (Si si, en général c’est plus rapide qu’un billet de forme classique, je vous jure.)

1. Plus qu’une série, plus qu’un docu
« MARS » est le projet audiovisuel que j’attendais depuis longtemps. Ce n’est pas juste une série, ce n’est pas juste un documentaire, c’est l’intelligente addition des deux en un seul programme. Le risque était grand de rater l’un et l’autre, mais force est de constater que non seulement les deux aspects sont de très très bonne qualité (sérieux, la partie fiction est visuellement DINGUE) mais en plus la production a réalisé le tour de force que l’un enrichisse l’autre – et vice-versa. Il y a un boulot d’écriture ÉNORME derrière pour arriver à un résultat pareil, et la meilleure manière de s’en rendre compte, c’est justement… qu’on dirait que tout va de soi.
Je leur tire mon chapeau.

2. Des légendes vivantes dès le premier épisode
Dans la partie docu du premier épisode (un peu beaucoup trop centré sur SpaceX… mais on m’a assuré que ce ne serait pas le cas de tous les épisodes…), on nous offre Elon Musk et Neil deGrasse Tyson dans le plus grand des calmes.

Neil DeGrasse Tyson, Director of the Hayden Planetarium at the Rose Center for Earth and Space. (Credit : National Geographic Channels/Erin Patrice O'Brien)

3. Des histoires mêlées
On n’imagine pas une série de science-fiction sans scénario. Et ça fait le job particulièrement bien. Mais même dans la partie docu, on nous raconte une histoire ! Et ça, c’est vraiment chouette, parce qu’on a plusieurs histoires en un seul programme. Encore une fois, celle du premier épisode est très centrée sur SpaceX, mais c’est cool de voir que ce qu’on nous sert n’est pas uniquement « SpaceX est le plus fort, le plus beau, le meilleur ». Non : SpaceX aussi a des déboires – images à l’appui. C’est bien qu’un programme comme ça ne s’arrête pas aux seules victoires et aux seuls exploits, et que ça rappelle que le spatial… c’est compliqué, dangereux, hostile, âpre, et pas arrangeant.
Avec, toujours, un écho avec ce qui se passe dans la partie fiction… Formidablement bien écrit, vous dis-je.

4. Deux Français au casting
Cocorico ! Et même qu’ils gardent leur nationalité pour leur personnage.
Olivier Martinez interprète celui qui est à l’origine du projet MARS

Capture d'écran du dossier de presse

et Clémentine Poidatz est le médecin et biochimiste de l’équipage. (Je me demande s’il n’y a pas eu une erreur de traduction dans le dossier de presse… Médecin se dit « physician » en anglais, et au vu du premier épisode, il me semble qu’elle est bien plus « physician » que « physicist »…)

Capture d'écran du dossier de presse

5. La planète Mars est belle
Ça, vous le savez déjà. Mais je parle évidemment de la manière dont elle est représentée dans le film. Les extérieurs ont été tournés au Maroc, et c’est toujours touchy de représenter Mars correctement – dans « Seul sur Mars », c’était bien, mais pas dingue non plus… Ici, à part quelques petits détails pas très réalistes, on s’y croit quand même pas mal… Mais je n’ai vu que le premier épisode. J’espère que la suite ne me décevra pas !

Extrait de la série. (Crédit : National Geographic Channels/Robert Viglasky)

6. Une fiction réaliste
Il y a eu un gros gros gros boulot dans tous les corps de métier pour rendre la série réaliste : décors, costumes, protocoles, constitution de l’équipage, personnages… La production s’est entourée de professionnels, de consultants experts de leurs domaines, et ça se voit. Les comédiens, par exemple, ont passé 15 jours avec Mae Jemison (astronaute de la NASA, première Afro-Américaine dans l’espace) qui les a coachés – ils en gardent d’ailleurs tous un souvenir impressionné et ému. (TU M’ÉTONNES.)

7. La constitution de l’équipage
L’équipage – et le casting plus globalement – est constitué d’hommes et de femmes qui ne sont pas tou.te.s blanc.he.s. Et ça, EH BEN ÇA FAIT PLÈZ. Mention spéciale à la musicienne JiHAE qui joue le rôle de soeurs jumelles dont l’une est sur Mars et l’autre sur Terre.

Jihae as Hana Seung, Mission pilot, systems engineer (Crédit : National Geographic Channels/Robert Viglasky)

Voilà.
Vous savez ce que je ferai tous les dimanches soirs à 20h40 sur NatGeo à partir de ce soir.

Oh, et sinon… J’ai eu un peu peur parce que le pitch de la série, ça ressemble quand même vachement au scénario de ma bande-dessinée… « C’est l’histoire de la première mission habitée sur Mars, et il leur arrive 2-3 bricoles… » Mais en fait, ça sera quand même très différent (ouf).
Comme je travaille dessus depuis plus d’un an et que je crève d’envie de vous la faire découvrir, mais qu’elle ne sortira qu’en… mars (ça fait beaucoup rire Guy Delcourt, paraît-il), je ne peux pas vous en dire plus (AAAAAAAAAAAH).
Je ne vous donne même pas le titre (je ne sais pas si j’ai le droit, encore…) mais voici un détail de la couverture. C’est un zoom dégueulasse d’un iPhone vieux de 5 ans à partir d’une photo d’une page imprimée sur du papier ordinaire. (Pardon. Mais j’ai trop envie de vous montrer un truc et le talent d’Erwann Surcouf n’a d’égal que ma fascination pour Mars.) Alors voilà.

[MARS ONE] Ma réponse à l’article de medium.com

mars 18, 2015 dans Mars One, Vers Mars

Vous êtes nombreux à m’avoir demandé mon avis à propos de cet article, sur Twitter, en message privé sur Facebook, ou par mail. Voici donc ma réponse :

L’ARGENT
Se porter candidat était payant, d’une part pour éviter les trolls et d’autre part parce que c’est une organisation qui a besoin d’argent. Et le montant de l’inscription était calculé en fonction du PIB de chaque pays pour que chaque candidat motivé puisse participer quand même (en France, c’était 28 dollars/23 euros si mes souvenirs sont bons). J’avais trouvé la démarche très intéressante.
Ensuite, je n’ai plus déboursé un seul centime. Il y avait bien un système de points, mais comme je n’aime pas trop ce genre de truc, je ne m’y suis pas intéressé – ce qui ne m’a pas empêchée d’atteindre l’étape de l’entretien.

Concernant l’entretien, on pouvait effectivement proposer à des journalistes de le couvrir – en accord avec Mars One, comme le prouve la capture d’écran ci-dessous.

Ensuite suivait le message pour les médias où il est effectivement question de faire une proposition de tarif pour obtenir l’exclusivité.

Je ne sais pas comment ça se passe dans les médias en France et dans les autres pays pour ce genre de chose – je crois quand même qu’en France, les journalistes ne payent pas pour une exclu ou une interview. Mais je peux me tromper. J’en sais vraiment rien. Ça peut peut-être arriver.

Toujours est-il qu’en tant que candidate je ne souhaitais pas être suivie par des journalistes lors de mon entretien, donc je ne me suis pas occupée de ça. Et ça ne me serait pas venu à l’idée de toute façon de faire payer mes interviews (sinon, je serais millionnaire à l’heure qu’il est…) et donc je n’ai pas eu de message m’indiquant de « reverser 75 % à Mars One » tel que rapporté par Joseph Roche.
Mais si on part du principe que Mars One souhaitait vendre l’exclu aux médias, il me semble assez logique que ce ne soit pas le candidat qui en récupère 100 % des bénéfices… De plus, Mars One précise qu’ils proposaient de racheter les images des journalistes pour 150 dollars les 10 secondes s’ils en avaient besoin pour leurs vidéos de communication. Je ne suis pas très au fait des tarifs qui se pratiquent, mais la démarche me paraît professionnelle (je ne compte plus tout le travail qu’on ne m’a jamais payé, ou qu’on m’a considérablement sous-payé dans ma vie professionnelle, par exemple.)

LES ÉTAPES DE SÉLECTION
Il y a d’abord eu l’inscription en ligne avec le questionnaire à remplir (ça m’a pris plus de 3 heures…) et la vidéo à faire qui demandait de se présenter, de donner les raisons de notre candidature et de montrer notre sens de l’humour.

Ensuite, 1 058 candidats ont été retenus sur 202 586. On nous a demandé de passer des tests médicaux et de renvoyer un certificat médical. Effectivement, tout ça était à notre charge. (Mais comme le reste, Mars One n’a forcé personne à s’inscrire ou à poursuivre la sélection.)

Ensuite, on a passé un entretien d’un quart d’heure sur un équivalent de Skype avec Norbert Kraft. Personnellement, j’ai eu droit à des questions techniques et poussées, que je n’ai d’ailleurs pas très bien comprises (mon vocabulaire technique dans le spatial n’était visiblement pas suffisant et c’est plutôt rassurant de voir que je n’ai pas été sélectionnée suite à cet entretien).

C’est sûr, un seul homme pour 660 entretiens de 15 minutes, ce n’est sans doute pas la meilleure manière de sélectionner de futurs astronautes. Mais une sélection classique se passe de la même manière : questionnaire en ligne, tests médicaux, entretiens… Là, c’est sûr que c’est moins organisé et moins poussé. Il faut juste espérer que les 100 candidats restants encore dans la course puisse être départagés de manière (beaucoup) plus approfondie. À suivre.

LA FAISABILITÉ DU PROJET
Je répète à l’envi depuis le début qu’un premier départ d’équipage en 2024 avec un budget de 6 milliards de dollars est impossible. Ce n’est tout simplement pas possible. Et je n’ai jamais transigé là-dessus.
Mars One avait des accords avec Lockheed Martin pour une réplique de Phoenix, avec SSTL pour des satellites de télécommunication, et avec DSP pour la série documentaire. Visiblement, ces accords n’ont pas été reconduits ou les contrats prévus n’ont pas été signés, d’après ce que j’ai pu lire ici et .
Ça semble donc être un peu au point mort.

LE TÉMOIGNAGE DE JOSEPH ROCHE
Globalement, le témoignage de Joseph Roche rapporte des faits qui sont non seulement connus depuis le départ, mais qui concernent des données publiques pour la plupart. Qu’un candidat qui se trouve impliqué dans l’aventure depuis 18 mois semble tomber des nues maintenant et découvrir l’absence de budget, le manque de moyens humains et les difficultés du projet à se monter, ça me semble un peu étrange.

Alors à mon tour, j’ai des questions : pourquoi ce candidat prend-il la parole maintenant ? Pourquoi est-ce que ça semble surprendre tant de monde, alors que tout ce qu’il rapporte était déjà connu et relayé dans la presse ? (À qui profite le crime, en gros…)

Je profite en tout cas de cette mise au point sur cet article pour remercier à nouveau tous ceux qui m’ont suivie, soutenue, critiquée de manière constructive pendant toute la durée de cette expérience. C’était dingue. Merci :-)

[MDRS 148] Billet pour L’Union 14

février 7, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah.

Hier, c’était le dernier jour de notre mission – nous voilà de retour sur Terre. Il est cinq heures du matin au moment où j’écris ces lignes et je vais sortir à l’air libre pour aller voir le lever de soleil du haut des collines, pour la première fois sans casque ni combinaison – mais paradoxalement bien plus couverte à cause du froid mordant de la nuit.

Et demain, il faudra partir. Quitter l’Utah, les Etats-Unis, les cinq membres d’équipage. Réapprendre à voir des nouveaux visages, à avoir besoin d’argent, à dormir sur un matelas, à communiquer avec l’extérieur instantanément, à ne pas être surprise à tout moment par une dépressurisation, à manger des produits frais (et du fromage !), à pouvoir prendre une douche quotidienne…

Ça va être dur. Cette vie-là me plaisait bien. J’ai très envie de rester ici, entourée de ces collines…
Merci d’avoir suivi mes aventures martiennes.

[MDRS 148] Billet pour L’Union 13

février 6, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah.

Se sent-on réellement sur Mars, ici ? Au sein de l’habitat, non. Tout est trop de fabrication terrestre : beaucoup de bois, vrais WC, mobilier non-optimisé pour économiser de l’espace, etc. Mais dehors, par contre…

Curiosity, qui se trouve sur la vraie planète Mars, a récemment découvert qu’elle se trouvait à l’endroit d’un ancien lac. J’ai les images de son environnement en tête, et il ressemble trait pour trait à ce qu’on trouve ici.

J’ai peine à croire que ce désert incroyablement sec n’ait pas été une mer lors d’une époque très reculée. C’est un endroit géologiquement fascinant dont j’ai hâte de connaître l’origine.
Je l’observais justement hier, du fond d’une cuvette, entre les collines, en ayant ces réflexions.

C’était aussi hier que pour la première fois ici, j’ai eu le temps de lire. Un roman qui raconte l’histoire du premier géologue sur Mars…

Depuis une cuvette, entourée par les collines du desert "martien" de l'Utah...

[MDRS 148] Billet pour L’Union 12

février 5, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah, un endroit isolé. J’ai observé un changement de comportement chez moi. À plusieurs heures de route du premier médecin, je redouble de prudence sur chacun des gestes de la vie courante.

Poser mon thé brûlant trop près de mon ordinateur. Laver un couteau très coupant. Descendre les escaliers qui ressemblent plus à une échelle. Il y a peu de risque pour qu’un malheur arrive, mais la probabilité existe. Alors je prends mes précautions pour qu’elle tende le plus possible vers le zéro.

C’est la même chose en sortie. Non seulement les gestes sont économisés parce que l’équipement est lourd et limitant, mais en plus le terrain est inégal et plein de surprises. On ne sait jamais comment se comportera le sol, ça peut changer à chaque pas. C’est déroutant.

Les futurs marsonautes prendront les plus grands risques pour devenir ensuite les êtres humains les plus prudents…

[MDRS 148] Billet pour L’Union 11

février 4, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah.

Hier soir, on a regardé le premier épisode de « Firefly », une série de science-fiction. C’est fou comme on s’identifie plus aux personnages quand ils se trouvent dans la même situation que nous.

C’est l’histoire de l’équipage d’un vaisseau spatial qui va de planète en planète. L’une d’entre eux reçoit un paiement en fraises fraîches. Nous qui mangeons de la nourriture déshydratée depuis 10 jours, nous savions que c’était un trésor. On a commenté l’intérieur du vaisseau, à quel point il était crédible en terme d’aménagement pour pouvoir y vivre des années. On était un peu jaloux de leurs combinaisons, elles semblaient plus confortables que les nôtres…

Après, j’ai jeté un regard par un hublot. La pleine Lune éclairait le désert d’une lumière qui semblait réellement extraterrestre. Hypnotique.

Ce soir-là, j’ai réalisé que la science-fiction était devenue ma réalité.

Et le 3ème épisode de « Comment ça Mars ? » est en ligne ! :-)

[MDRS 148] Billet pour L’Union 10

février 3, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah.

Après m’être entraînée dans l’habitat, j’ai fait ma première expérience de géologie à l’extérieur.
Installer un trépied, mettre en place une station météo portable avec câbles et branchements, faire un quadrillage de 3 pieds sur 3 pieds (l’expérience est américaine) avec des piquets et une corde, noter la couleur du sol et la proportion de sable et de roches dans chaque carré, faire des prélèvements, peser chaque échantillon, tout noter… et tout ceci à deux sans pouvoir parler.

Vous pensez que ce n’est pas grand-chose ? Effectivement, en soi c’est assez simple. Maintenant, imaginez que vous avez des gants énormes qui empêchent tout mouvement précis, un équipement sur le dos de 15 % votre poids sachant que vous devez sans cesse vous pencher et vous relever, et un casque qui limite votre champ de vision…

Être une géologue martienne, c’est un métier physique !

[MDRS 148] Billet pour L’Union 9

février 2, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah.

Ça fait une semaine que je suis ici – l’heure d’un premier bilan. Dans cet exercice, on ne peut pas simuler de nombreuses choses : la gravité (pour savoir combien vous pèseriez sur Mars, multipliez votre poids par 0,38), les jours d’environ 24 heures et 40 minutes, l’ensoleillement, les radiations, la distance, la couleur du ciel… Toutes les conditions chimiques, physiques et atmosphériques qui font la particularité d’une planète ou d’une lune.

Qu’est-ce qu’on simule, alors ? Tout le reste : de la nourriture à la vie confinée à plusieurs nationalités dans un espace restreint, en passant par les expériences scientifiques, l’entraînement aux situations d’urgence (feu, dépressurisation), la rationnement en eau, l’impossible solitude…

Aussi paradoxal que ça puisse paraître, c’est ça qui me manquerait le plus dans un endroit aussi isolé que Mars : ne plus jamais être seule.

[MDRS 148] Billet pour L’Union 8

février 1, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah.

On a la chance inouïe d’avoir un observatoire rien que pour nous : entrer sous le dôme, l’ouvrir, positionner le télescope… et être pris de vertige.

On a pu voir Jupiter et ses rayures accompagnée de trois de ses satellites. Europe possède un océan d’eau liquide sous son sol de glace et je suis persuadée que des bestioles y vivent. Io ressemble à une pizza, avec ses volcans et ses couleurs si étranges. Ganymède m’est moins familière.

On a laissé les lunes de Jupiter pour observer la nôtre. Les cratères qui se découpaient sur le bord ressemblaient à la plus fine des dentelles. Et quand on est sorti de l’observatoire, la Lune était si lumineuse qu’on voyait parfaitement bien ce sublime désert.

Jupiter, Europe, Io, Mars, la Lune, la Terre… Ici ou ailleurs, ou tellement loin que c’est inimaginable, nous sommes entourés d’absolues merveilles.
Levez le nez et rêvez-les…

(c) Louise Lindblad

[MDRS 148] Billet pour L’Union 7

janvier 31, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah. On est là depuis six jours. Six jours pendant lesquels j’ai dû m’adapter au décalage horaire en travaillant de 7 heures à minuit tous les jours, six jours avec beaucoup d’informations et de vocabulaire anglais à assimiler, six jours avec des activités physiques épuisantes sans endroit confortable où pouvoir nous détendre, six jours avec une seule douche de deux minutes à moitié chaude pour se délasser, six jours à ne pas avoir une minute à moi pour bayer aux corneilles, six jours à ne pas bien respirer à cause du faible taux de l’humidité de l’air… Six jours à me mettre pas mal de pression, aussi.

Et je m’étonnais d’être fatiguée, hier. Heureusement, il pleuvait et la sortie a été annulée. J’ai fait une sieste et pu rester un peu isolée dans ma chambre – même si c’était pour travailler. Objectif du week-end : bayer aux corneilles. Même si elles se font rares, sur Mars…

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