[SECRET STORY 4] Polygame ? Pas d’amalgame !

4 août 2010 dans En vrac, Société

Je m’insurgeais la dernière fois contre le sort réservé aux femmes croqueuses d’hommes. Notre société étant celle de la parité, il se trouve que les hommes ne sont finalement pas en reste. En effet, notre ami Senna, tombeur de ces dames, a été qualifié cette semaine dans la presse de « polygame ». Ben voyons. Si le terme « salope » n’est pas vraiment le plus gentil qui soit pour qualifier celles qui ne se privent d’aucun plaisir, le mot « polygame » n’est pas non plus vraiment adapté à la situation de Senna.

Assez d’amalgames. Ça va bien, hein, ça suffit maintenant.

Soyons rigoureux. La définition exacte de la polygamie est le fait d’avoir plusieurs épouses légales en même temps. Ce qui, aux dernières nouvelles, n’est pas le cas de Senna. Est-ce le cas de son père et de son grand-père, comme le suggère son frère Ludovic dans une interview accordée à Closer ? A vrai dire, peu importe. C’est de Senna dont il s’agit ici, et Ludovic sous-entendrait que ce serait héréditaire.

De deux choses l’une : un homme qui multiplie les conquêtes est un séducteur, un homme à femmes, un Don Juan (donc), un coureur de jupons, un homme tout simplement – ce que vous voulez – mais il n’est pas polygame tant qu’il n’épouse pas plusieurs femmes simultanément. Faudrait peut-être penser à arrêter d’utiliser des grands mots pour tout et n’importe quoi. Et d’autre part, penser que ce serait héréditaire est la chose la plus stupide et la plus intelligente que j’ai jamais entendue.

Je m’explique. La plus stupide, parce que cela voudrait dire qu’il existerait un gène du Don Juanisme. La plus intelligente parce que… boudiou de boudiou, mais… c’est dans la nature humaine de ne pas avoir un seul et unique partenaire au cours d’une existence !!!

Je suis une fille gentille, hein. Calme, ouverte, empathique, curieuse, pas chiante. Mais à un moment, bordel à cul de bite, va peut-être falloir penser à arrêter de nous prendre pour des cons.

L’ETRE HUMAIN, DANS SA NATURE INTRINSEQUE, NE SE CANTONNE PAS, ET NE S’EST JAMAIS CANTONNE A UN SEUL PARTENAIRE SEXUEL.

Je ne hurle pas ; j’explique. Alors bien sûr, vous allez me dire, mais et ma grand-mère alors, elle qui n’a connu que le loup de grand-papy, toussa toussa… Oui. Bien évidemment que ça existe aussi. Mais ce n’est pas la norme.

Je n’ai pas le temps de faire des recherches extrêmement poussées sur les espèces animales monogames (qui n’ont qu’un seul partenaire). Wikipédia me souffle dans l’oreillette que c’est le cas pour les cygnes, les hippocampes, et les manchots notamment. Mais elles sont très rares.

Et l’espèce humaine, mesdames messieurs, n’est pas, et n’a jamais été monogame, et cela concerne aussi bien les hommes que les femmes (parce qu’il n’y a pas une Super-Salope qui s’occupe de tous nos mâles, hein).

Alors arrêtons, PAR PITIE, de nous insurger contre ces hommes et ces femmes qui multiplient les partenaires. Ça n’a rien d’anormal, d’extraordinaire, ou de choquant, c’est juste… nous. Voilà tout.

La preuve : être fidèle, ou choisir de n’avoir qu’un seul partenaire sexuel dans une vie est un choix. Si ç’avait été naturel, la question n’aurait aucun sens.

Rappelons encore que le mariage, qui dicte la fidélité entre époux, est une construction socialeinventée à une époque où les hommes voulaient être sûrs d’être les pères de leurs enfants (pour des questions d’héritage, de succession au trône, de transmission de terres, de titres ou de biens, etc). Il y a évidemment d’autres raisons, notamment politiques et religieuses, mais le mariage n’a rien de naturel. Il était surtout destiné à emprisonner les femmes dans le rôle d’épouse et de mère de famille.

Mais de tout temps, en tous lieux, dans toutes les civilisations présentes et passées, les femmes et les hommes ont multiplié les partenaires (les Grecs étaient ouverts à toutes sortes de sexualités, les Romains sont célèbres pour leurs orgies, les Rois de France ne sont pas en reste, et je ne parle même pas des libertins du 18ème siècle). C’est comme ça ! Et ça n’a rien de sale ! Ce n’est pas mal ! L’infidélité, tout comme le mariage, est une construction sociale, politique et religieuse, encore une fois, destinée à surveiller les femmes… Les hommes pouvaient bien faire ce qu’ils voulaient. S’ils allaient voir ailleurs, on ne leur en voulait pas trop. Si c’était une femme en revanche…

Bref. Vous connaissez la chanson. Je ne suis pas en train de faire l’apologie de la polygamie, je voulais juste rappeler certaines vérités. Non, le mariage et la fidélité n’ont rien de naturels, et je trouve (ça n’engage que moi) que c’est stupide de vouloir à tout prix se frustrer et s’enfermer dans une relation exclusive, alors que toute expérience est enrichissante. Mais il y a des personnes pour qui ce n’est pas envisageable, ou que ça n’intéresse pas – je les respecte  totalement. Qu’ils n’oublient pas, juste, que ce n’est pas naturel, et que ce qu’ils s’infligent (choisissent) est dicté par des règles sociales dictées en des temps qui n’avaient rien à voir avec notre époque.

Tout ça pour dire que Senna n’est pas polygame, il est juste normal. Mais pourquoi au fait, à notre époque, prône-t-on encore tellement la sacro-sainte fidélité ? Voilà une question qui se pose !

Parce que si elle disparaît des mœurs, la téléréalité n’aurait plus de saveur. Bon nombre de films et de livres ne seraient plus produits. Les vaudevilles seraient obsolètes. Et les magazines à scandales se vendraient beaucoup moins bien.

Encore une histoire de fric, quoi.