[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 47

mars 15, 2015 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officiel de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 47ème épisode de ce podcast où je vais vous parler d’eau liquide extraterrestre, de loupe gravitationnelle, de drôles de bestioles cosmiques et d’une BD au pays des physiciens.

LE RETOUR DE L’EXPÉDITION 42
Commençons par l’événement de la semaine avec le retour de l’expédition 42 sur Terre tôt le 12 mars. L’Américain Barry Wilmore, le Russe Alexander Samokutyaev, et la première femme russe dans l’ISS Elena Serova ont quitté la Station Spatiale à bord de leur Soyouz, la rentrée dans l’atmosphère s’est bien déroulée, le parachute s’est déployé sans problème, ils ont atterri comme prévu dans les plaines du Kazakhstan et ils ont été extraits de la capsule un par un. Pendant ce temps-là, l’équipage 43 est toujours là-haut et ils seront rejoints par l’Américain Scott Kelly et les deux Russes Mikhaïl Kornienko et Guennadi Padalka qui décolleront de Baïkonour le 28 mars prochain. Et ce sera un jour important parce que les deux Russes ne vont pas faire une mission de 6 mois comme c’est le cas pour le moment pour tous les équipages dans l’ISS, mais de un an ! Le but, comme l’a précisé la NASA, est de « collecter des données biomédicales pour préparer les missions habitées de longue durée dans l’espace ». C’est pas dit comme ça mais l’objectif ultime est évidemment Mars, on n’y est pas encore mais ça se prépare, ça se prépare…

DU STREET ART FRANÇAIS DANS L’ISS !
Restons du côté de l’ISS avec la rubrique culture et cette fois-ci, je vais vous parler de street art !… Le 12 mars, quelques heures seulement après le retour sur Terre de l’expédition 42, l’astronaute italienne Samantha Cristoforetti a installé la première œuvre d’art de l’ISS, et c’est celle d’un Français qui s’appelle Invader ! Je suis sûre que vous avez déjà vu ses œuvres, soit dans la rue ou en photo, il fait des petites mosaïques qui représentent un petit extraterrestre pixellisé inspiré du jeu vidéo Space Invaders, vous voyez ? Eh ben une de ses mosaïques était dans le dernier ATV, la capsule européenne de fret, qui a décollé le 29 juillet dernier, elle mesure 15 centimètres sur 10 et représente un petit alien rouge avec des yeux blancs sur fond noir posé sur une ligne gris métal avec un bout de la Terre dans le coin en haut à gauche.

Et ça y est, elle est donc collée au module européen Columbus de l’ISS ! Je trouve ça vraiment chouette qu’il y ait de l’art là-haut – et d’autant plus que ce soit un peu geek et que ça vienne d’un artiste français – et j’ai l’impression que c’est passé complètement inaperçu en France.
En tout cas je vous mets le lien vers l’interview d’Invader dans Télérama sur mon blog florenceporcel.com et sous la vidéo, elle est super intéressante et il raconte comment ça a pu être possible.

L’ÉCLIPSE DE SOLEIL DU 20 MARS 2015
La date de la semaine c’est évidemment le 20 mars prochain puisque ce jour-là, il y aura une éclipse de Soleil au-dessus de l’Europe ! Elle sera partielle en France, de 80 % à Lille à 63 % à Nice, par exemple. À ce propos, si vous voulez savoir comment se passe une éclipse, où aller la regarder et vous procurer des lunettes, je vous conseille d’acheter le dernier numéro de Ciel & Espace qui consacre évidemment un dossier complet sur cet événement et qui fournit une paire de lunettes. Et surtout, surtout, ne regardez JAMAIS le Soleil sans protection, ça peut vous poser des problèmes très graves qui peuvent aller jusqu’à la cécité – ce serait vraiment dommage de devenir aveugle. Donc si vous voulez l’observer, n’oubliez pas les lunettes, ne réutilisez pas celles de l’éclipse de 1999, ne faites pas vos propres lunettes chez vous, et n’utilisez pas non plus de lunettes de soleil – et si vous ne savez pas où trouver des lunettes spécial éclipse, sachez qu’il y en a donc dans le dernier numéro de Ciel & Espace. Le maximum de l’éclipse, ce sera à 10h29, en matinée, heure française, ça ne dure que quelques minutes donc si vous le pouvez, n’hésitez pas à prendre une pause et à sortir la voir. Je vous souhaite une bonne observation, en tout cas !!

LE GORAPHILAE
Quittons la Terre, l’ISS, et la Lune, allons un peu plus loin voir du côté du tweet de la semaine et c’est Le Gorafi qui l’emporte avec ce tweet qui m’a fait glousser pendant un quart d’heure : « La sonde Philae refuse de se mettre au travail et demande à être appelée désormais Son Altesse Reine de Tchouri et des Immensités ».

 

Comme toujours, ils sont très drôles, et ils se réfèrent évidemment à l’actualité puisqu’on essaye à nouveau de communiquer avec Philae depuis jeudi, le 12 mars – décidément, il s’en est passées, des choses, ce jour-là !! – sans succès pour le moment – la fenêtre est ouverte jusqu’au 20 mars, et après s’il n’y a pas de signal, on réessayera en avril où on aura sans doute plus de chances parce que la comète se rapproche de plus en plus du soleil, ce qui fait que les panneaux solaires de l’atterrisseur vont pouvoir avoir de plus en plus d’énergie pour réveiller tout ça… À suivre !

IL Y A TRÈS LONGTEMPS, UN OCÉAN MARTIEN
Et ailleurs dans le système solaire, il se passe quoi ? La semaine dernière, c’était un peu une spéciale planètes naines, mais là on est plutôt dans la team océans extraterrestres… Du côté de Mars, des scientifiques de la NASA ont observé l’atmosphère de Mars pendant 6 années terrestres, soit 3 années martiennes environ, avec des télescopes à infrarouge depuis la Terre. Et ils en ont conclu que Mars avait abrité un océan qui recouvrait la moitié de son hémisphère nord sur une profondeur qui pouvait dépasser les 1600 mètres. Cela dit, 87 % de cet océan a disparu dans l’espace – il reste un peu de cette eau sous forme de glace au pôle nord, et peut-être qu’il y en a encore dans les profondeurs, mais ça on ne sait pas trop. En tout cas, un des chercheurs dit que Mars a très probablement été humide plus longtemps qu’estimé jusqu’alors, ce qui suggère qu’elle aurait été habitable plus longtemps. Avec le méthane découvert récemment, ça fait pas mal d’indices sur une vie possible là-bas, qu’elle soit présente ou passée…

CONFIRMATION D’UN OCÉAN SALÉ SOUS GANYMÈDE
Toujours dans les océans extraterrestres, la NASA, encore elle, vient de confirmer la présence d’un océan d’eau liquide salée sur Ganymède, une des lunes de Jupiter – ou plutôt en-dessous parce qu’il est situé sous sa croûte de glace de 150 kilomètres d’épaisseur. Cet océan a une profondeur de 100 kilomètres, ce qui est considérable quand on pense que le point le plus profond de la Terre, c’est la Fosse des Mariannes (et hop, j’en profite pour faire un bisou à ma petite sœur !) avec une altitude de – 10 971 mètres exactement. J’imagine même pas la pression de malade qu’il doit y avoir au fond de l’eau de Ganymède, quoi. En tout cas les chercheurs pensent que cette eau a pu communiquer avec la surface il y a très longtemps. Ça ajoute un astre de plus à la liste des potentiellement habités dans le système solaire extérieur, avec notamment Europe sur laquelle on fonde beaucoup d’espoirs…

UNE CROIX D’EINSTEIN AVEC UNE SUPERNOVA
Sortons du système solaire maintenant, avec l’image de la semaine qui est une première, puisqu’il s’agit d’une croix d’Einstein avec une supernova ! On y voit une galaxie avec quatre points lumineux tout autour qui forment une sorte de croix, et ces quatre points lumineux sont l’image d’une seule et même supernova située derrière la galaxie. C’est un phénomène tellement rare que les astrophysiciens en cherchaient depuis 20 ans ! C’est Hubble qui l’a trouvée et elle valide encore une fois la théorie de la relativité générale qui prédisait que des objets très massifs, comme des galaxies ou des amas de galaxies, pouvaient agir comme une loupe sur les rayons lumineux – d’où l’appellation de lentille gravitationnelle.

Pour vous expliquer comme ça fonctionne, imaginez une toile de trampoline. Installez-y une boule de bowling au milieu, du genre bien lourde. Du coup elle déforme complètement la toile sous son poids, vous voyez le tableau, bon – ben la boule de bowling, c’est la galaxie de la photo. Maintenant imaginez que vous êtes à un bout du trampoline et que vous avez un pote à l’autre bout, avec évidemment la boule de bowling entre vous deux. Votre pote est accroupi et tient ses mains refermées sur quelque chose sur le bord de la toile. Ça, ses mains, c’est la supernova qui se trouve donc derrière la galaxie. Et le principe d’une supernova, c’est quand même une étoile qui explose, donc il va ouvrir ses mains et envoyer les billes qu’il y avait à l’intérieur – et qui symbolisent les photons, les particules de lumière – violemment devant lui. Et les billes, qu’est-ce qu’elles vont faire ? Eh ben elles vont suivre la courbure de la toile du trampoline, notamment autour de la boule de bowling. Y en a qui vont passer à gauche et d’autres à droite. Ce qui veut dire que vous, vous allez voir la lumière de la supernova passer de part et d’autre, vous donnant l’impression qu’il y a en plusieurs – alors qu’il n’y en a qu’une ! Et c’est exactement ce qu’on voit sur l’image de la croix d’Einstein avec les quatre images de la supernova autour de la galaxie. Alors évidemment, comme toutes les analogies, ce n’est pas exactement satisfaisant puisqu’on voit la toile du trampoline comme un objet à 2 dimensions alors que l’univers possède 3 dimensions d’espace, et que vous pouvez votre pote derrière la boule de bowling avec qu’en vrai on ne peut pas voir la supernova derrière la galaxie – on ne peut en voir que la lumière qui nous en parvient, donc, après qu’elle a emprunté un chemin courbe dû à la masse de la galaxie sur son chemin entre elle et la Terre.

Et cette image représente encore plus qu’une énième validation de la théorie de la relativité générale, puisque les loupes gravitationnelles aident les astrophysiciens à calculer la masse de matière noire présente dans une galaxie ! Ils ont pu déterminer que les mirages de la supernova ne nous étaient pas parvenus au même moment – alors que ces images proviennent d’une unique étoile qui a explosé en un instant unique. Ça veut dire que les rayons lumineux qui ont contourné la galaxie ont parcouru plus ou moins de distance avant de nous arriver. Ce qui veut dire qu’il y a des endroits avec plus ou moins de matière noire dont la masse oblige les rayons lumineux à la contourner plus ou moins. Et plus il y a de matière noire à un endroit, plus la toile de l’espace-temps sera déformée, plus la lumière devrait faire un détour et plus elle mettra de temps à nous arriver.

Et apparemment, les astrophysiciens ont déjà une petite idée de la répartition de la matière noire à cet endroit-là de l’Univers puisqu’une autre image de la supernova devrait nous arriver dans quelques années – en tout cas, c’est la prédiction permise par le modèle actuel et ils vont la guetter pour savoir s’il est bon ou s’il faut le revoir ou l’affiner. Tout ça est assez fascinant, quand même ! Surtout quand on pense que la supernova se situe à 9,3 milliards d’années-lumière de nous. Et la galaxie entre nous deux à environ 5 milliards d’années-lumière. Ouais. C’est des trucs, tu sais c’est… ouais, non, on peut même pas savoir, en fait.

Tiens d’ailleurs, ça me fait penser à un truc ! J’ai lu cette info, l’autre jour, titrée « US 708, l’étoile qui file à travers la Voie Lactée », et à un moment on tombe sur cette phrase géniale : « cette étoile se déplace assez vite pour sortir de notre galaxie dans quelques 25 millions d’années ». Assez vite – 25 millions d’années :D
Vous voyez c’est aussi pour ça que je fais ce podcast, parce que quand on commence à toucher à ce genre de sujet, c’est tellement inimaginable que ça en devient vertigineux, fascinant et super excitant. Et puis surtout, c’est des trucs qu’on peut tellement pas concevoir que c’est limite orgasmique – intellectuellement parlant évidemment – de s’imaginer qu’on comprend quand même des choses, que des gens manipulent ces concepts tous les jours, qu’on en a des images, mieux ! qu’on vit dedans et qu’on en fait partie, et surtout qu’on sait calculer, remonter dans le temps, calculer la trajectoire de cette étoile, prédire quand on aura une autre image de la supernova, savoir combien de matière noire il y a à 5 milliards d’années-lumière d’ici… Bref, je ne me lasserai jamais – du moins je l’espère – de lire des choses pareilles et de les partager avec vous. Et puisque je viens de parler d’Einstein, il y a cette citation qui illustre à la fois bien et mal ce que je viens de dire : « Ce qui est incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible. »

TRINH XUAN THUAN
Alors oui en effet, on comprend beaucoup de choses du monde, mais je pense que plus on avance, et plus Einstein a tort… dans le sens où on ne comprend pas 95 % de ce qui compose l’Univers. Ça fait quand même beaucoup. Et du coup ça m’amène à la personnalité de la semaine, un astrophysicien qui s’appelle Trinh Xuan Tuan, et je vous propose d’écouter sa réponse à la question que Sciences et Avenir lui a posée, à savoir : « quelles sont encore les grands problèmes de l’astrophysique ? »


ASTRO. Trinh Xuan Thuan explique "l'ajustement… par sciencesetavenir

Voilà, donc on n’est vraiment pas sorti de l’auberge et je ne suis pas sûre que le « monde compréhensible » d’Einstein soit encore tout à fait d’actualité – sans compter la physique quantique qu’on sait utiliser mais dont on ne comprend pas encore totalement le pourquoi du comment du fonctionnement.

D’ailleurs, l’autre jour, j’ai appris en écoutant « La conversation scientifique » d’Etienne Klein, sur France Culture (que je vous conseille chaudement) qu’on ne sait pas expliquer pourquoi l’eau est à l’état liquide à une fraction au-dessus de zéro, et qu’elle passe immédiatement à l’état solide à zéro. On comprend comment. Mais on ne sait pas pourquoi ça se passe d’un instant à l’autre, sans une phase de transition où elle serait à moitié glace et à moitié liquide… Bref, on ne comprend pas vraiment. Et pourtant c’est un truc plutôt quotidien. Mais non. Alors bon, pas si compréhensible que ça, ce monde…

Bref, revenons sur Trinh Xuan Thuan – je vous conseille de lire « Le cosmos et le lotus » où il raconte son parcours, d’où il vient, comment et pourquoi il en est venu à devenir astrophysicien, tout ça dans un contexte sociopolitique super intéressant et que je connais mal puisqu’il est vietnamien, il baigne dans la culture française, et il est parti faire ses études, puis sa carrière aux Etats-Unis… Et en même temps, il nous parle un peu du cosmos, donc c’est un très chouette bouquin qui se lit très facilement et que je vous conseille. Et de lui, j’ai beaucoup aimé « Désir d’infini », aussi. Je sais que je vous en avais déjà parlé mais voilà, il fait partie des scientifiques que j’aime bien lire.

UNE ILLUSTRATRICE CHEZ LES PHYSICIENS
Et en parlant de lire, je voudrais vous signaler le bidule 2.0 de la semaine et c’est une BD en ligne, d’une illustratrice qui a passé quatre mois au Laboratoire de Physique des Solides et qui en a fait une bande dessinée disponible gratuitement en ligne et qui fera aussi l’objet d’une expo. Il y aura neuf épisodes, déjà deux sont disponibles, et je mettrai évidemment tous les liens pour aller voir ça sur mon blog, florenceporcel.com et sous la vidéo sur Youtube.

Et voilà, c’est la fin du 47ème épisode de ce podcast, merci beaucoup de l’avoir suivi. La semaine dernière j’ai complètement oublié de vous tenir au courant du projet Mars One, je suis désolée… Vous l’avez peut-être vu dans la presse ou lu sur les réseaux sociaux puisque j’y ai partagé les dernières infos, mais je ne fais pas partie des 100 candidats qui ont réussi à accéder au troisième tour des sélections. Donc voilà, il reste un seul Français en lice mais c’est terminé pour moi. Merci encore pour votre soutien, en tout cas, ça été 18 mois de folie et je suis absolument ravie d’être arrivée dans les 660 shortlistés sur plus de 200 000 à travers le monde – donc aucune déception, c’était dingue !

Je voudrais vous signaler que c’est en ce moment la Semaine des Mathématiques, jusqu’au 22 mars, avec des tas d’évènements et d’activités organisés un peu partout – n’hésitez pas à vous renseigner autour de vous je suis sûre qu’il y a des trucs sympa à faire, à voir ou à écouter pas loin de chez vous.

Merci à tous ceux qui m’ont permis d’atteindre la première place audio et vidéo confondues dans la catégorie Sciences et Médecine d’iTunes, devant tout Radio France – ça fait quand même bien plaisir, je vous avoue… Et ce podcast est également disponible sur Youtube, n’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne, ça m’aide énormément, si vous aimez ce contenu, et évidemment n’hésitez pas à partager les vidéos aussi pour me filer un coup de pouce.

Si vous avez l’habitude de vous laver dans des piscines de billets verts, vous pouvez toujours en laisser quelques-uns sur mon compte Tipeee mais évidemment sans aucune obligation. J’en profite pour remercier tous les tipeurs, vous êtes des grands malades, je vous kiffe.

Et sachez que vous pouvez me retrouver sur Twitter et que je poste désormais une vidéo par jour sur ma page Facebook, liée à l’actualité quand c’est possible.

N’oubliez pas l’éclipse du 20 mars avec des lunettes adaptées, prenez soin de vous et de notre planète, et une fois que la Lune aura fini de vouloir rivaliser avec le Soleil, continuez donc de rester le nez en l’air à ne rien faire…

[BD] Bulles d’Univers 1

avril 18, 2014 dans Culture scientifique, Vers l'exploration spatiale

Ah, la fameuse photo de Curiosity qui a fait le tour des Internets… Une lueur étrange : il n’en fallait pas plus pour élaborer les hypothèses les plus farfelues ! Mais c’est une explication bien plus terre à terre (Mars à Mars ?) que la NASA a apportée, et je vous en parlais justement dans « La tête au carré » sur France Inter le 9 avril dernier (à partir de 2’51)…

Mais la Lune n’est pas en reste. Elle s’est certes éclipsée il y a quelques jours dans l’ombre de la Terre, mais une actualité peu banale la concerne ces jours-ci : la sonde LADEE arrive à court de carburant et va s’écraser sur le sol lunaire dans les prochains jours (à partir de 5′).

 

MISE À JOUR
Ça y est, elle s’écrasée !

 

Et à l’instar des animaux qui viennent d’être reconnus comme « doués de sensibilité », je suis persuadée que les astres sont des objets cosmiques sensibles (très sensibles, même…) aussi.

Alors avec Aurélie Bordenave, l’illustratrice des fabuleuses « Semaines Dessinées » de La Tête Au Carré, nous avons décidé de les laisser s’exprimer…

Voici le premier strip de « Bulles d’Univers » !

Si vous voulez plus de dessins d’Aurélie, n’hésitez pas à faire un tour sur son site.
Si vous voulez plus de dialogues entre les astres, alors n’hésitez pas à faire un tour par ici !

Ceci est un billet auparavant publié sur le Blog au Carré !

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 17

février 11, 2013 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Retour à une durée d’émission un peu plus classique… Mais il y a du lourd quand même ! Rendez-vous compte, un duo musical depuis l’espace, un gros astéroïde qui va nous frôler de très, très près et un forage martien… Trois premières historiques en une semaine, c’est incontournable.

Pauvre Pluton… 

https://twitter.com/le_bric_a_brac/status/299514867566649345

http://cdn.iwastesomuchtime.com/252013143158.jpg

Des exoplanètes autour des géantes rouges

http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/07/planete-jumelle-terre-13-annees-lumiere-espace-science_n_2637911.html?utm_hp_ref=tw

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/sciences/20130206.AFP2958/des-planetes-potentiellement-habitables-autour-d-etoiles-naines-rouges.html

Un télescope spatial, c’est grand

http://www.nasa.gov/multimedia/imagegallery/image_feature_2444.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_Landsat

Chris Hadfield en duo depuis l’ISS 

2012 DA14 nous frôlera ce vendredi 15 février

http://events.slooh.com/

http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/02/08/01008-20130208ARTFIG00466-un-asteroide-va-froler-la-terre-le-15-fevrier.php

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=rtesZxRlqOE#!

http://www.youtube.com/watch?v=ISSArm_yvtQ&feature=youtu.be&a

Un premier (tout petit) forage martien ! 

Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même)

http://tumourrasmoinsbete.blogspot.ca/

Le boson de Higgs en tweets 

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 8

novembre 11, 2012 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Ce fut laborieux…. Ma voisine du dessus s’est mis dans la tête d’user ses talons aiguilles sur le parquet tout le week-end. J’ai donc visé entre ses 100 pas pour enregistrer le son. Bon ! On y est arrivé quand même. La prochaine fois, j’enregistre sur Mars, j’aurai moins de problèmes de voisinage.

Tirer des plans sur la grande comète de septembre 1882

https://twitter.com/AsteCometes_VL/status/266870016950013952

http://www.expressio.fr/expressions/tirer-des-plans-sur-la-comete.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_com%C3%A8te_de_septembre_1882

 

Le passage de l’ISS par e-mail

http://spotthestation.nasa.gov/

Des étoiles et des ailes

http://www.utopiales.org/

http://www.desetoilesetdesailes.com/

Des nébuleuses en 3D animées

http://www.laboiteverte.fr/des-nebuleuses-en-gif-3d/

http://astroanarchy.blogspot.fr/search/label/animations

 

HD 40307g, Super-Terre potentiellement habitable… (par des chatons mignons ?)

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/astronomie/d/hd-40307g-lexoplanete-si-semblable-a-la-terre_42487/#xtor=AL-27-1%5BACTU%5D-42487%5Bhd_40307g__l_exoplanete_si_semblable_a_la_terre___

Les captures d’écran utilisés dans la vidéo viennent de l’application Exoplanet

 

Anne-Marie Lagrange, photographe d’exoplanète (et donc ma nouvelle meilleure amie)

http://www.cieletespaceradio.fr/photographes_d_exoplanetes.882

Le transit de Mercure

http://fr.wikipedia.org/wiki/Transit_de_Mercure

https://twitter.com/Mercure_VL/status/267615287497605121

La guerre du retour de Jafar contre-attaque

[PERSO] Je suis née geek… et je m’en suis rendu compte hier

juin 23, 2012 dans Culture, En vrac, Personnel

On ne devient pas geek. On l’est, ou on ne l’est pas. Et c’est non sans émotion que je livre aujourd’hui mon coming-out sur la toile des Internets mondiaux en France : Papa, Maman, votre fille est geek (mais c’est pas grave).

Je soupçonnais bien quelques accointances avec la communauté, me sentant irrésistiblement attirée, mais me tenant toujours à l’écart, persuadée de ne pas y avoir ma place. Et ce n’est pas faux, dans un certain sens.

Mais c’est hier, à l’occasion d’une conversation avec ma coupine, à qui j’expliquais que je me refusais depuis des années de me mettre aux jeux vidéos parce que je savais que j’allais devenir accro et que je n’avais pas de temps pour une énième drogue chronophage, que l’évidence m’a un petit peu sauté à la gueule quand même.

Récapitulons… (Attention, risque de chute de gros clichés, on pourra pas dire que vous n’avez pas été prévenus – ce n’est pas une thèse mais un article de blog pour se divertir – merci, bisous.) (Attention, c’est aussi du 3615MyLife  !)

Si l’on part du principe qu’un geek est une personne qui se divertit par son imaginaire en se passionnant pour des domaines précis (source : Wikipédia, hein) et que ces domaines sont (en vrac) : le jeu vidéo, l’informatique, les sciences, la SF ou le fantastique en littérature ou au cinéma, les séries télévisées, les jeux de rôle, la BD, les mangas, etc…, alors :

- Depuis que j’ai réussi toute seule à déplacer ma petite chaise en bois à l’assise en osier devant la fenêtre de ma chambre, que j’ai grimpé dessus sans l’aide d’une grande personne et que, mes menottes plaquées contre les carreaux, j’ai pu regarder la Lune de tous mes yeux et la bouche ouverte de fascination, je m’intéresse aux sciences de l’Univers.

Mais alors attention, hein : pas juste comme ça en passant, non. Il faut que je sache tout, que je comprenne tout, que j’assimile tout, des notions les plus courantes et les plus intuitives à celles qui dépassent l’entendement humain. Je ne sais pas si on peut appeler ça « se passionner pour un domaine précis (…) dont les sciences (…) » – à ce stade j’appellerais plutôt ça une monomanie ou une obsession, mais, bon, passons.

Et puis ça fera sans doute l’objet d’un autre coming-out (ouais, j’aime bien coming-outer, c’est amusant, tiens.)

- Evidemment, du coup, mon domaine de prédilection au cinéma comme en littérature est la science-fiction (j’y reviendrai). Et le fantastique, aussi, même si c’est dans une moindre mesure.

- J’étais une petite fille très sage. Trop sage, même, puisque je n’ai aucun souvenir de connerie que j’ai pu faire. Sauf… une. J’ai menti une seule fois à mes parents, une seule, et c’était parce que j’avais séché le cathéchisme pour aller jouer à un jeu vidéo sur l’ordinateur de ma copine. (Je vous parle de ça, j’étais en CM1, donc ça devait être en 1991, hein.) Fascinée et attirée de manière irrationnelle par l’informatique et le jeu vidéo, déjà. A un point tel que j’avais osé désobéir et mentir…

- Par la suite, grâce à mes tous jeunes oncles et à mon papa (que je soupçonne d’être un peu geek aussi), j’ai pu manipuler les premiers ordinateurs mainstream (je me comprends). Entourée d’Atari, j’étais irrémédiablement attirée par cet écran bombé, cet univers gris et vert, les touches du clavier que j’adorais enfoncer, le joystick qui me fascinait, et tous les jeux que ça permettait…

(Pour l’anecdote, avant les Atari, je passais déjà pas mal de temps à jouer sur le Minitel. J’adorais le bruit et la sensation du clavier – et que je retrouve un peu sur mon MacBook Air, d’ailleurs… – et j’adorais écrire des lignes et des lignes de lettres ou de mots et de les voir défiler. Et cet underscore qui clignotait… Aaaaaah !! Hum. Bref.)

Modèle sur lequel j'ai fait mes armes. (Trouvé sur Google Images.)

- Mais les jeux d’ordinateur et les consoles (comme la télé, d’ailleurs) étaient interdits à la maison (à part quelques rares jeux éducatifs). Du coup, quand j’allais jouer chez mes copines, je restais rivée sur leur Tetris et leur Game Boy sans réussir à m’en défaire. Et le manque, déjà, quand il fallait rentrer. (Pour l’anecdote, le tout premier jeu payant que je me suis offert sur mon iPad a été un Tetris.)

Du coup, une année, j’ai demandé un jeu vidéo à Noël – sans trop d’espoir. Et je l’ai eu ! (J’ai cru au Père Noël, ce jour-là, j’avoue.)

Pas réussi à trouver de visuel plus net, mais larmichette quand même. (Si vous avez ça dans votre grenier et que vous ne savez pas quoi en faire, hein...)

Forcément, j’étais toujours dessus. Et quand il a fallu le partager avec PtiteSoeur et PtiFrère, ce fut le drame. J’étais tellement accro, déjà… Et surtout, ce n’était pas juste : c’était MON jeu et je n’y avais droit qu’un tiers du temps ! Qu’on me le laisse au moins la moitié, et que l’autre moitié soit partagée entre eux… Mais non. Folle de rage et pour le garder pour moi toute seule, j’ai décidé de le cacher là où PtiteSoeur et PtiFrère ne le trouveraient jamais. Ce fut réussi.

Tellement réussi que je n’ai jamais réussi à le retrouver non plus… Appartement retourné de fond en comble, déménagement des années plus tard… Vingt ans après, Donkey Kong II reste disparu corps et biens.

Et croyez bien que le manque a été long à se dissiper…

- Quelques années plus tard, adolescente, j’ai découvert Tomb Raider lors d’un court séjour chez ma tante. Impossible de m’en défaire. J’étais fascinée. Mais du côté de mes parents, c’était toujours un « non » massif : pas de jeu vidéo à la maison. Ils avaient sûrement raison, vu l’état dans lequel ça me mettait…

Du coup, quand j’ai été assez grande pour prendre mon envol et être raisonnable, je me suis toujours tenue prudemment éloignée de toute sorte de jeux vidéo. Mais ça devient de plus en plus difficile à tenir… Surtout depuis que j’ai découvert ça dans la boîte de la Freebox TV.

AAAAAAAAAAAH !!!!! Vade retro !!!

- Si j’ai toujours dû refouler mon goût pour les jeux vidéo, on m’a en revanche toujours laissée libre de rester collée à un ordinateur. Pour mes 16 ans, j’ai demandé un modem pour qu’on puisse avoir Internet. Je me rappellerai toujours du chèque de 1000 francs que m’avait envoyé mon parrain, avec la carte de visite qui indiquait « Bon pour un modem ». J’étais comme une ouf. (Mon papa aussi, je crois, hihihi.) On allait avoir Internet avec ça…

Mon premier modem <3

Et je peux vous dire que j’utilisais chaque seconde de chaque minute qui m’était allouée. Je ne pouvais déjà plus m’en passer…

Plus tard (beaucoup plus tard), j’ai découvert le code et j’ai adoré apprendre les notions de base. Un jour, quand j’aurai le temps, je me formerai vraiment. En attendant, j’adore « bidouiller » et trouver des trucs toute seule. Ca a quelque chose de magique…

Les sciences, l’informatique et les jeux vidéo… C’est fait. Passons au reste…

- Je ne suis pas spécialement fan de bandes-dessinées, à part les Astérix, Lucky Luke, Ducobu, Boule et Bill, Cédric, et autres Tintin sur la Lune (même s’il y a des chefs d’oeuvre du genre et que j’ai dû lire 12 000 fois la série des Charly quand j’étais jeune).

- Je ne connais pas l’univers des jeux de rôle (mais je sens que si on m’y avait initiée, j’aurais adoré). Cela dit, j’ai ça dans ma dévédéthèque et j’assume, SI SI. (Comment ça, c’est parce que y a Jeremy Irons dedans ??)

- L’accès à la télévision m’ayant toujours été refusé, je n’ai donc pas pu m’habituer à la regarder – et encore moins concernant des programmes réguliers et qui s’étirent dans le temps comme des séries. Cela dit, mon père acceptait souvent de m’enregistrer « Au-delà du réel, l’aventure continue » que nous regardions ensuite ensemble et qui reste pour moi une série culte, et la meilleure (de loin) (comment ça je peux pas savoir puisque je n’en connais pas beaucoup ??) Rien que le générique est un concentré de pur bonheur…

Il y a 3-4 ans, je me suis mise à « X-files » et j’ai tout vu d’un coup. En même temps, je devenais accro à « Lost », que j’ai depuis acquis en DVD. Terrifiant, ça, « Lost ». Le manque était horrible quand je devais attendre plus de 8 jours l’épisode suivant. Flippant… « Kaamelott », aussi, mais je ne sais pas si ça fait vraiment partie de l’univers geek. Quant au reste, jamais vraiment accroché à celles que j’ai tenté de suivre…

(Faudrait que je me mette à « Star Trek », quand même. Jamais vu. Ouais, je sais. Je sais.) (Et à « Docteur Who ». Et à… Ouais, bon. Ok.)

- Côté de films, j’étais tellement fan de « Retour vers le futur » que c’est le tout premier coffret DVD que je me suis offert (avant même n’importe quel film avec Jeremy Irons, c’est dire !!) Ce truc est cultissime. Je connais les trois par coeur depuis ma plus tendre enfance.

Je n’ai jamais réussi à lire « Le Seigneur des Anneaux » malgré les encouragements de mon père qui a tenté de m’y coller plusieurs fois. (Le style de Tolkien que je trouve imbitable, sans doute…) Mais c’était une de mes plus grandes claques de cinéma.

Et surtout, last but not least« Star Wars ». Je suis de la génération dont les parents ont fait découvrir la trilogie en VHS avant de la redécouvrir au cinéma. J’étais dingue. J’en avais des posters partout dans ma chambre. Je me prenais pour la Princesse Leia, je me coiffais comme elle. Je voulais épouser Dark Vador. (Je veux toujours épouser les méchants, cherchez pas, c’est comme ça.)

Lors d’un séjour en Angleterre en classe de 4ème, je me suis acheté un t-shirt Star Wars à Londres. La crétine de vendeuse avait oublié de retirer l’anti-vol plein d’une encre bleue indélébile. Ca l’a donc taché d’abord, puis troué ensuite quand il a fallu découper autour pour l’enlever. Je ne le quittais pas. Et un jour, il n’y a pas si longtemps, j’ai dû me résoudre à le jeter. Il était tellement usé jusqu’à la corde que même en chiffons il n’aurait servi à rien.

Je fais partie de la team déçu-par-la-trilogie-des-I-II-III et je suis comme une ouf à l’idée que les vrais de vrais vont ressortir en 3D au cinéma. CAN’T WAIT.

- En parlant de t-shirt… J’adore les t-shirts à l’effigie de trucs et de machins qui me bottent ou qui me font marrer. Le problème, c’est qu’il n’y a rien de moins glamour qu’un t-shirt, pour une fille. Et comme j’aime bien montrer mes nichons mon décolleté, j’achèterai des hauts de geek quand ils feront vraiment des trucs féminins. A bon entendeur…

(Bon, ok, j'ai récemment fait une exception pour celui-là...)

Et les gadgets… J’adore les gadgets de trucs de geeks. Mais ça, c’est comme les jeux vidéo : je refuse de tomber dedans. Sinon, on me perd ! Et je n’irai pas à Disneyland au Comic’Con de juillet prochain même si j’en ai l’occasion rêvée, NON NON NON. Bref…

Voilà. Je crois que le doute n’est plus permis. Avec le recul, je crois que c’est clair. A l’aube de mon trentième anniversaire (29 ans, les gars, je vais passer à 29 années à arpenter notre jolie planète), je le dis, l’assume, et le revendique : je suis une bonne grosse geek qui tache. Eh ben ça va mieux en le disant !

[ITW] Pénélope Bagieu, illustratrice qui croque le quotidien

décembre 9, 2009 dans Culture, En vrac, Interviews

Pénélope Bagieu, plus connue par les internautes sous le nom de Pénélope Jolicœur, est une jeune illustratrice parisienne de 27 ans. Diplômée de l’ENSAD où elle a suivi des études de cinéma d’animation, c’est par son blog qu’elle s’est fait connaître du grand public, en y racontant avec des illustrations toujours plus drôles des anecdotes de son quotidien.

Bonjour Pénélope… Bagieu ? Jolicœur ? Quelle différence (ou pas !) faites-vous entre les deux ?

« penelope-jolicoeur » est l’URL de mon blog. Ce n’est donc ni un personnage, ni un pseudonyme.

INTERNET : « C’est grâce à mon blog qu’on m’a proposé de publier ma première BD. »

 Votre blog rencontre un grand succès. L’avez-vous créé par envie ou par besoin ?

Je l’ai créé pour dessiner en-dehors de mon travail d’illustratrice, sans brief, sans commande et surtout sans recevoir l’avis de personne. La mise en forme « blog » me permet de ne pas avoir de feuilles de croquis qui s’empilent jusqu’au plafond. Quant au fait de raconter des petites anecdotes de ma vie de tous les jours, ça évite de me prendre trop de temps ou de trop me casser la tête à chercher des histoires.

http://penelope-jolicoeur.typepad.fr/.a/6a00e551dd382d88340120a66f647e970c-pi


Est-ce que votre blog vous a aidé à décrocher des contrats ?

Des contrats, non : dans la publicité, on distingue bien les illustrateurs professionnels des gens qui font ça pour le plaisir. En revanche, c’est grâce à mon blog qu’on m’a proposé de publier ma première BD.

Vous êtes devenue une « blogueuse influente ». Est-il arrivé que des amitiés à l’intérieur de la blogosphère se transforment en amitiés « réelles » ?

Non. Mais je suis devenue amie avec des auteurs à force de les croiser dans les salons et les festivals.

SOCIETE : son image de parisienne ? « Rien de très fou-fou ! »

La presse vous présente souvent comme le parfait exemple de la parisienne moderne. Aviez-vous conscience de cette image ? Comment vous en accommodez-vous ?

Je ne sais pas trop. Comme je n’ai jamais vécu ailleurs, je n’ai pas trop de points de comparaison. En fait, ça doit surtout être l’image de n’importe quelle fille de mon âge qui vit dans une ville, et qui jongle donc entre le boulot, le mec, les copines, les sorties et le supermarché qui ferme à 22 heures. Rien de très fou-fou !

Comment définiriez-vous la « Parisienne » ?

Aucune idée !

ARGENT : « Je vis très décemment. »

Vos activités d’illustratrice vous amène à travailler dans divers domaines : la publicité, la bande dessinée, l’édition, la presse, etc… Lequel est le plus lucratif ?

La pub, sans aucune hésitation ! Mais c’est aussi le moins rigolo. On ne peut pas tout avoir !

Vivez-vous décemment de votre talent ?

Je vis très décemment, même. La première année, j’ai gagné aux alentours de 2 ou 3000 euros par mois. J’ai eu beaucoup de chance et j’ai été très bien entourée. Même si c’est évidemment très aléatoire, surtout dans la pub : on a parfois une grosse commande, et parfois plus rien pendant des mois. Et dans l’édition, on gagne moins, forcément.

CULTURE : « J’avale quotidiennement mon poids en BD. »

Quelles sont vos pratiques culturelles ?

J’essaye de voir au maximum en concert les groupes et les chanteurs que j’aime, parce que c’est le dernier moyen de rémunérer leur travail. Ce n’est pas en achetant leur album à 9 euros sur iTunes que je vais encourager les petits groupes qui démarrent, hélas ! Et comme j’ai la chance d’avoir la plupart des concerts dans ma ville, voire dans mon quartier, je ne m’en prive pas.

Je vais au cinéma au moins une fois par semaine depuis que j’ai la carte MK2-UGC. Quant au spectacle vivant, une fois par mois seulement. C’est malheureux à dire, mais uniquement par manque d’accompagnateur ! J’ai découvert la danse contemporaine depuis peu et j’adore ça, mais je manque cruellement d’amis amateurs…

En littérature, j’aime beaucoup les auteurs américains, mais pas forcément très récents. Et j’avale quotidiennement mon poids en BD.

http://penelope-jolicoeur.typepad.fr/.a/6a00e551dd382d883401156fcc4735970b-pi

Si 2012 était la fin du monde et que vous aviez la possibilité d’émigrer sur Pandora, que sauveriez-vous de notre patrimoine culturel ?

Les vins de Bourgogne, sans hésiter.

MEDIAS : « Je ne veux pas qu’on me dise ce que je dois manger pour rentrer dans un 34. »

Quel est votre rapport à l’actualité ?

Je la suis suffisamment pour être sûre de ne pas passer à côté de LA grosse info.

Quelles sont vos pratiques d’accès à l’information ?

Je suis abonnée au Monde, même si au final, quand je rentre chez moi le soir et que je le prends dans ma boîte aux lettres, j’ai déjà lu toute l’actualité chaude sur leur site internet ou sur leur application iPhone. Mais rien ne remplace la version papier pour moi, c’est vraiment mon petit rituel.

A part ça, je lis quelques rares hebdomadaires, comme le Courrier International. Et en radio, je n’écoute pas du tout les infos, mais seulement des émissions, avec deux rendez-vous incontournables tous les jours sur France Inter : « 2000 ans d’histoire » de Patrice Gélinet, et « La tête au carré » de Mathieu Vidard.

Et sinon, à part la presse people, rien ! Et surtout pas de magazines féminins.

Pourquoi ?

Parce que ça m’ennuie. Si je veux de l’info, je préfère lire de la presse généraliste ; si je veux voir des fringues, je préfère la rue ou internet ; et si je veux du potin, je préfère Voici ! Je ne veux pas qu’on me dise ce que je dois manger pour rentrer dans un 34 ou à quelle œuvre humanitaire envoyer mes dons.

Si j’étais la représentante de tous les journalistes de France, qu’auriez-vous envie de me dire ?

Courage !

Que peut-on vous souhaiter pour 2010 ?

Du temps libre !

Propos recueillis par Florence Porcel