[SÉRIE TV] Mon casting français de Game of Thrones

mai 19, 2014 dans En vrac

Golden Moustache a eu l’idée brillante d’imaginer ce que serait Game of Thrones avec des comédien(ne)s français(e)s. Le résultat m’a fait beaucoup rire (je ne me remets pas du « Comment dit-on anti-dépresseurs en haut-valyrien ? ») mais il est incomplet et il y a des choix avec lesquels je ne suis pas d’accord.

Du coup, je me suis amusée à faire le mien. Voilà. De rien.

[CHRONIQUE] Le format des tweets

juin 29, 2012 dans En vrac

(Chronique présentée lors du casting « Nouveau visage 2012 – France Télévisions », le 29/06/2012, dans les conditions du direct.) 

Bonjour à tous !

Alors aujourd’hui, je voudrais prendre la défense de quelque chose de très décrié, à savoir le format des tweets.

On leur reproche deux choses, principalement, la première sur la forme et la deuxième sur le fond.

Alors la forme, d’abord. Un tweet, pour ceux qui ne sont pas inscrits sur le site Twitter, c’est un message court de 140 caractères maximum, donc ce qui comprend les lettres, les espaces, et la ponctuation.

Pour vous donner une idée, c’est le format moyen d’un texto. Et justement, ceux qui ne tweetent pas pensent souvent que comme c’est court, on ne peut écrire qu’en langage SMS !

C’est faux, hein, je peux vous garantir qu’on peut écrire très correctement – la preuve, c’est que Bernard Pivot, grand défenseur de la langue française, est un membre très actif de Twitter et compte quand même 57 000 abonnés.

Mais c’est vrai que les débutants, quand ils s’inscrivent, nous reprochent beaucoup notre vocabulaire un peu technique et nos abréviations. Alors, oui, on utilise des termes nouveaux mais c’est parce que le service est nouveau et qu’il a fallu inventer le vocabulaire qui allait avec.

Quant aux abréviations, eh ben… Oui, c’est vrai – l’être humain étant une feignasse, on a plus tendance à écrire DM plutôt que direct message en toutes lettres.

Et puis je vous ferai remarquer que dans la vraie vie, plus personne ne voyage en train à grande vitesse ou ne va au cinématographe en vélocipède, hein.

Bien ! Donc ce n’est pas parce que le format est court qu’on écrit n’importe comment.

Deuxième reproche qu’on leur fait, maintenant, au format des tweets, c’est sur le fond. On me dit souvent : « oui, mais 140 caractères, c’est super court, on ne peut rien dire d’intéressant, et souvent, ben ça vole pas bien haut. »

Alors certes, ça arrive, souvent, ça ne vole pas bien haut. Mais si je prends l’exemple de la réponse de Samir Nasri à un journaliste dans la zone mixte après un match de foot, ça tient largement en 140 caractères, c’est une réponse verbale dans la vraie vie, et pourtant… Ça ne vole pas bien haut non plus.

Donc un format court n’est pas forcément plus inintéressant qu’un format long ; je pense aux proverbes, par exemple. Ben un proverbe, c’est quelques mots seulement et ça contient souvent plus de sagesse et d’enseignement que beaucoup de livres de plus de 300 pages.

Et… Je vous parlais de Bernard Pivot, tout à l’heure – ben Bernard Pivot, il a écrit cette très jolie définition sur Twitter… Je vous la lis… « Les tweets sont des télégrammes décachetés ».

Et c’est vrai qu’un télégramme, ben c’est un format court aussi, hein, on n’y écrit pas des discours. Et pourtant, ça a précipité les Etats-Unis dans la guerre en 1917, par exemple.

Donc voilà ; tout ça pour conclure, et en 35 caractères seulement, qu’un tweet, ben c’est comme pour beaucoup de choses dans la vie, hein… « Ce n’est pas la taille qui compte ! »

[SECRET STORY 4] Un casting calqué sur le modèle 2.0

juillet 13, 2010 dans En vrac, Société

Je n’arrive pas à me passionner pour les candidats et leur petite vie à l’intérieur de la Maison des Secrets. Non seulement ce qui s’y passe ne m’intéresse pas, mais en plus je me sens très mal à l’aise quand je visionne des images. Question de génération, de tempérament… Finalement peu importe.

Je vais donc rendre un autre hommage à la production. Non mais parce que, il faut bien l’avouer une fois encore, hein, ils m’épatent. Vraiment. Aujourd’hui, plus question de réalisation, de moyens techniques, de design ou de montage, je vais vous parler des candidats. Des secrets. Du casting, quoi. Ils m’épatent, je vous dis. Ils m’épatent.

D’aucuns se demandent comment ils choisissent les candidats. Outre les grilles préétablies classiques (il faut une bimbo, une peste, une grande gueule, un tombeur, un homosexuel, une lesbienne, un excentrique, etc…), il semble qu’Endemol ait trouvé une stratégie finement intelligente (mais oui) : se baser sur tout ce qui a fait le buzz sur le web ces derniers mois.

Et c’est cohérent. Ils l’ont bien compris, la télévision désormais ne peut plus se passer du web. C’est la raison pour laquelle ils ont décidé cette année de faire commencer l’émission sur Internet avec le « Before Secret » dans un but participatif très 2.0 : un des secrets de la saison sera directement le résultat des votes des internautes (« Nous sommes le faux couple des internautes », Benoît et Robin).

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Avec 70 millions de vidéos vues par mois sur leur site, TF1 aurait fait une erreur de ne pas en tenir compte. Du coup, ils ont certainement suggéré à Endemol d’embaucher des stratèges spécialisés dans le web pour définir leur nouvelle grille de casting. Et ça marche.

Qu’est-ce qui a fait le plus de ramdam ces derniers mois ? En première position, je diraisTwilight. Impossible d’avoir échappé au phénomène vampirique pour adolescents. Du coup… bingo ! Endemol nous dégotte Alexandre, vampire de son état (mais si, puisqu’on vous le dit). Et en face, rien que pour rigoler, on met un hexakosioihexekontahexaphobe, c’est-à-dire quelqu’un qui a peur du nombre 666 et des forces surnaturelles. HIN HIN HIN !!!!… (Bon, et pour les plus accros, il suffit donc de trouver celui ou celle qui se tient le plus éloigné(e) d’Alexandre pour démasquer ce fameux hexakosioihexekontahexaphobe, hein).

Ensuite, nous avons la Belgique. Le plat pays a fait beaucoup parler de lui ces derniers temps sur le plan politique. Un rattachement de la Wallonie à la France a même été envisagé (plus ou moins sérieusement). Et il ne faut pas oublier que Secret Story est diffusé également chez nos amis belges. Et boum !!! Comme par hasard, six candidats (sur dix-neuf, ce qui fait presque un tiers quand même) sont belges (Amélie, Stéphanie, Coralie, Senna, Chrismaëlle, et John).

Ce n’est pas fini… Quel buzz de mauvais goût a tenu les internautes en haleine ces derniers temps ? Les roux, chers amis, les roux. Et v’là t’y pas qu’on nous sort deux rousses de derrière les fagots (Coralie et Chrismaëlle).

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Les séries télévisées, ensuite. Non contents de s’inspirer de Desperate Housewives lors des quotidiennes avec la voix-off féminine et les plans vus du ciel de la Maison, nos petits malins préposés au casting ont su surfer sur le succès de Mentalist. Plus question de voyante cette année, pouf pouf, voici Bastien, vrai mentaliste s’il en est (et pour preuve, il a relevé le pari de deviner un secret en 24 heures. Bravo. Je suis impressionnée.)

Bon, et puis on a beaucoup parlé de Caster Semenya, cette sprinteuse prétendument hermaphrodite. Ça a fait les choux gras de la presse et du web pendant un petit moment, et ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Du coup, on a droit nous aussi à un(e) hermaphrodite dans la Maison des Secrets (Thomas ?).

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Et puis toutes les polémiques Miss France, Geneviève de Fontenay, etc… Echaudés par l’échec de Rachel Legrain-Trapani, ils n’ont certainement pas voulu retenter l’expérience, mais ils ont quand même fait rentrer Mister France dans le jeu. Pas tout à fait ça, mais ça s’en rapproche.

Et je pourrais continuer… (Mais y a un moment, hein, faut savoir s’arrêter.) Ce que j’en conclus, c’est qu’Endemol a eu l’intelligence de vivre avec son temps et de composer un casting classique (bimbo, bellâtre, quotas de minorités visibles, etc…) doublé d’un casting basé sur le web (buzz et sujets les mieux référencés) et sur les nouvelles technologies (Secret Story ne se regarde pas seulement à la télévision, mais aussi – et surtout ? – sur internet via les smartphones et les tablettes).

Voilà un bel exemple d’entreprise qui sait s’adapter aux mœurs de son temps. J’aimerais pouvoir en dire autant de Rémy Pfimlin, nouveau directeur de France Télévisions. Il veut certes nommer un responsable chargé du numérique, mais n’est-ce pas un peu tard, comme l’ont suggéré les membres du CSA lors de son audition ?

S’il n’est jamais trop tard pour bien faire, un grand travail sera nécessaire – et vite – pour pouvoir concurrencer les redoutables TF1 et Endemol qui nous offrent un bien bel exemple de ce que la question du numérique et des nouvelles technologies peut apporter à un programme de télévision.