[TWITTER] Twitter, tu me fatigues

février 26, 2012 dans En vrac, Société

Twitter, je t’adore, mais souvent ton hypocrisie et tes dictatures m’épuisent. Je te le dis quand j’en ai envie, souvent je me tais parce que je ne veux pas m’énerver, et ça fait un moment que ça me titille d’en faire un billet sans en avoir forcément le courage.

Mais là, en l’espace de quelques heures, tu m’as bien bien gonflée par deux fois – on va donc dire que c’est l’occasion d’ouvrir une page blanche et de te dire ce que je pense en plus de 140 caractères. Parce que tu me fatigues, Twitter.

La censure, c’est pas bien (enfin… sauf quand ça t’arrange)

Twitter, tu passes ton temps à donner des leçons de morale, à te poser comme seule Vérité possible, à crier sur tous les toits que ceux qui ne pensent pas comme toi sont forcément des cons ou des fachos (tout en criant au scandale dès qu’un point Godwin fait son apparition), et cela est valable tout autant pour la politique, les goûts musicaux ou cinématographiques, la nouvelle keynote d’Apple ou le dernier buzz en date.

Dernièrement, c’est la censure des comptes fake de Nicolas Sarkozy qui a provoqué ton ire et ton soulèvement.

[Je précise tout de suite pour que ce soit bien clair : je n'ai jamais été très à l'aise avec les comptes fake utilisant une identité qui n'est pas la sienne, que ça concerne un personnage publique ou un anonyme. Bien sûr - et  heureusement - que le droit à la caricature existe, certains sont très bien faits et il m'est arrivé de sourire, mais voilà, bon, je ne suis pas très à l'aise avec ça alors que c'est un sport national chez toi.]

Revenons à nos moutons : depuis que Nicolas Sarkozy s’est inscrit sur Twitter, un nombre impressionnant de comptes fake à son image ont fait leur apparition. Je n’ai pas voulu suivre l’histoire en détail parce que ça me gonfle, mais ils ont visiblement tous été censurés, ce qui, bien entendu, pose question quant au respect du droit à la caricature et à la liberté d’expression. Tu t’es donc outré, Twitter, et tu as eu bien raison.

Mais voilà. Hier soir, ce sont des compte fake de Guy Birembaum qui ont vu le jour. Une fois encore, comme tous les comptes fake, vous dis-je, je n’étais pas du tout à l’aise  en les voyant arriver dans mes followers. Mais là où tu m’as mise en colère, Twitter, c’est quand soudain tu t’es transformé en schizophrène. Tu t’es soulevé pour dénoncer ces vilains personnages qui reprenaient l’identité d’un honnête homme pour faire ces outrageux comptes fake ! Tu t’es mobilisé pour qu’ils disparaissent, pour que ces salopiauds soient punis en place publique !

Alors, bon… Twitter… Comment te dire… (poliment)…

Il faudrait savoir, mon petit père, hein. Eh oui. Parce que c’est une chose de dénoncer la censure un jour. Et, le lendemain, de l’encourager et de l’utiliser. Parce que, tout à coup, ben ça t’arrange.

Et tu hurles à longueur de temps contre les diktats ?…

Pardon, hein. Mais tu me fais rire. J’arrive de moins en moins à te prendre au sérieux.

Récapitulons : un compte fake de Sarkozy, « say le bien », c’est le droit à la caricature, c’est la liberté d’expression. Un compte fake de Guy Birenbaum, « say le mal », c’est un outrage, ce sont des mécréants/des cons/des terroristes/des fachos (hein, ouais, j’ai tout vu passer).

A un moment Twitter, va falloir être un tout petit cohérent. Il n’y a aucune différence entre Nicolas Sarkozy et Guy Birenbaum, malgré ce qu’on a essayé de me faire croire. Ce sont tous les deux des personnalités publiques inscrites sur Twitter sous leur vrai nom et sous leur vrai visage. Ils ont eu tous les deux à subir des comptes fake très ressemblants. Et par-dessus tout, ils sont à égalité en terme de lois, de droits et de règles d’usage.

Alors tes grands discours sur la liberté d’expression, le droit à la caricature et contre la censure, merci hein. Mais visiblement, c’est quand ça t’arrange. Sois cohérent avec toi-même, en fait, c’est tout ce que je te demande.

Oh, et je précise : j’ai eu un échange en DM avec Guy Birenbaum à ce sujet. J’en ai profité pour lui transmettre mes encouragements pour se sortir de cette passe un peu désagréable. Parce que, voilà, comme dit deux fois déjà, les comptes fake, ça me met mal à l’aise. Je le soutiens donc.

PS : Lors d’échanges sur ce sujet, on m’a posé la question des Guignols – qui me font beaucoup rire, oui oui. Mais non, et je le dis comme je le pense, ce n’est pas du tout pareil. Du premier coup d’oeil, tu vois que les Guignols sont des marionnettes, des caricatures. Or, un compte fake bien fait, de ceux qui tiennent plus de l’usurpation d’identité que d’autre chose malgré la volonté d’uniquement parodier, ne te renseigne pas sur sa nature caricaturale.

Je m’explique : il m’est souvent arrivé de voir passer des RT de comptes fake de multiples personnalités politiques, par exemple, en croyant que c’était les vraies. Sauf que non. Et j’aime pas trop trop me faire flouer et être prise pour une conne, en fait. Et étant donnée la multiplication du phénomène, je ne vais pas m’amuser à cliquer sur un RT qui a déjà disparu de ma TL parce qu’elle défile vite, aller voir la bio et enfin au bout de quelques minutes me rendre compte que c’est seulement un compte parodique.

Donc je ne suis pas sûre que les compte fake parodiques sur Twutter soient une bonne chose, parce qu’au hasard de RT, on ne peut humainement et techniquement pas faire la différence avec un vrai compte. Contrairement aux Guignols ou à toutes les autres formes de parodies et de caricatures.

Les Parisiens : gloire aux stéréotypes

Autre exemple de ton hypocrisie (ou schizophrénie) naturelle, Twitter. Hier, aujourd’hui encore, une vidéo fait le buzz où l’on nous montre ce que c’est qu’un vrai Parisien. Je ne l’embedderai pas et je tairai la source de cette vidéo puisque je refuse d’en faire la publicité.

Tu l’encenses, tu la retweetes, tu LOLes devant et tu cries au génie.

Formidable.

Sentant déjà le truc qui m’énerverait, je n’ai pas voulu la voir hier (j’aime pas tellement suivre quand quelque chose semble faire l’unanimité – que voulez-vous, méfiance naturelle). Et puis ce matin, j’ai voulu me faire ma propre opinion sur le sujet.

Nous avons donc une vidéo qui liste toutes les habitudes, les travers, les comportements et les tics de langage du vrai Parisien. Bon, alors déjà, je cherche toujours où c’était drôle (parce que je suis bien consciente que c’est du second degré, merci bien, hein). Ensuite, je me demande dans quelle mesure, dans la démarche, au fond, à la base, c’est bel et bien du second degré.

A partir de là, ça commence à me poser un petit problème. Cette vidéo bourrée de clichés (dans lesquels j’ai rarement reconnu des Parisiens ou bien qui seraient vrais également pour un non-Parisien) empêche tout droit à la différence. Du genre, « si tu dis ou fais pas ça, ben t’es pas un vrai Parisien et c’est sans recours ». Euh… ok. Belle leçon de tolérance. Wow. Je suis soufflée. Parce qu’en fait, je vis à Paris depuis dix ans, je m’estime un tant soit peu Parisienne, mais je ne me suis pas reconnue une demi-seconde dans cette vidéo.

Donc maintenant, Twitter, toi qui es toujours prompt à défendre la liberté, la tolérance, la veuve et l’orphelin, peux-tu me regarder droit dans les yeux et me dire que tu aurais encensé, retweeté, LOLé devant et crié au génie devant le même genre de vidéo au second degré si « Parisien » était remplacé par : femme/homme/gay/Français ? Mmmh ?

Non mais je te jure. Essaye. « Je suis vraiment un homme si… » et hop, 3 minutes de clichés grotesques sous couvert de second degré (really ?). Ou bien : « Je suis un vrai Français si… » et rebelote. Ou bien encore : « Je ne suis une vraie femme que si… » etc.

Ah ben là tout de suite, tu vois, je te sens pâlir, Twitter… Bizarre, hein.

Vous avez dit « cohérent » ?…

Ben de mon côté, Parisien, femme, gay, Français ou martien, ce genre de vidéo-sous-couvert-de-second-degré me met autant en colère.

Le pire, c’est que je suis la première à dire qu’il faut rire de tout et de tout le monde. Et que là, je me rends compte que j’ai tendance à oublier un peu mon sens de l’humour. Je le garde toujours, rassurez-vous. Mais si je pète un câble là tout de suite, ce n’est pas à cause d’une vidéo un peu maladroite qui ne m’aura pas fait rire. C’est parce que j’en ai ras-le-bol de recevoir des leçons de morale à longueur de TL par un Twitter schizphrène qui retourne sa veste quand bon lui semble.

Pour finir

Twitter, tu sais bien que j’ai pour toi une infinie tendresse, malgré tes défauts et ton côté insupportable. Hier encore tu m’as agacée sur un troisième sujet, celui du « Mademoiselle ». Tu as toujours un avis tranché sur tout, Twitter, et c’est sûrement pour ça qu’on t’aime.

Mais moi je ne me suis pas encore décidée. Je ne sais pas si je trouve ça plutôt bien – même si c’est symbolique – ou totalement accessoire. Alors en attendant que je me forge mon opinion et pour adoucir les moeurs (les miennes comme les vôtres, chers lecteurs qui êtes arrivés jusque-là), voici une des plus jolies chansons que je connaisse. Elle s’appelle « Mademoiselle » et elle est l’oeuvre de l’immense Barcella.

A très vite sur la TL, bande de bougres :-)

[PARODIE] T’as pas le droit (ACTA, SOPA)

février 4, 2012 dans Culture, En vrac

Toujours en hommage à l’ami Jcfrog, voici une nouvelle parodie de mon humble cru.

Etant donné le sujet choisi, je précise que je tiens à ne parodier que des artistes dont j’ai acquis les albums et les partitions de piano de manière tout à fait légale (achat ou cadeau), et ce non par peur du grand méchant FBI/Hadopi/loup (rayez la mention inutile) mais pour une question d’éthique personnelle.

Bonne écoute ! :-)

 

T’AS PAS LE DROIT (ACTA, SOPA)

(Chanson originale : « Qui a le droit ? » – Gérard Presgurvic/Patrick Bruel)

 

On leur a dit vous êtes tous des vieux cons

Vous n’avez rien compris au web que nous voulons

Vous, vous voulez tout voir et tout savoir

Nous surveiller, sans droits que des devoirs

 

Ils nous ont dit on va tout arrêter

Le tout gratuit, les ayant-droits pillés

Nous on veut bien payer pour du contenu

Chères industries sortez-vous les doigts du cul

 

T’as pas le droit, t’as pas le droit

ACTA, SOPA de faire ça

De nous priver de nos libertés

Dans le monde entier

 

On n’a pas envie d’être à la merci

De législateurs qui

Ne connaissent pas mais mettent à la casse

Ce polymédia qui les dépasse…

 

Ils nous ont dit le partage c’est pas bien

On perd du fric et on contrôle plus rien

Y a que la censure pour nettoyer tout ça

Toutes ces ordures et tous ces hors-la-loi

 

Ils légifèrent sans rien dire à personne

Car ils espèrent vraiment changer la donne

Logiciels libres, culture, médicaments

Ils interdisent – ça doit stopper maintenant

 

Refrain