[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 38

juillet 25, 2014 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 38ème épisode de ce podcast où je vais vous parler d’exoplanètes, de musique cosmique, du big bang et de la Terre vue de l’espace…

Florent Marchet – « Bambi Galaxy »
Une fois n’est pas coutume, commençons en musique. Je voudrais vous signaler la sortie du dernier album de Florent Marchet, dont vous écoutez le titre d’ouverture, que j’écoute en boucle depuis des semaines, sur les images du clip d’un autre morceau.

Comme vous pouvez le constater, c’est un album qui nous emmène très loin dans l’espace et dans le temps, il s’appelle « Bambi Galaxy » et c’est une sorte de recueil de nouvelles de science-fiction musical. C’est très étonnant. Il nous raconte plein d’histoires – je trouve d’ailleurs les textes plus réussis que les musiques mais c’est tout à fait personnel, y a tout un univers qui nous emporte… Ça s’écoute presque comme un podcast, en fait.
Et puis on le sent vraiment impliqué, il doit s’intéresser à l’exploration spatiale et au futur depuis des années, le futur de la planète et de l’humanité semble l’inquiéter, enfin… Y a vraiment tout un tas de réflexions derrière. On sent qu’il a ça en lui depuis un brave moment, et ça m’a touchée. Voilà. « Bambi Galaxy », donc, chez votre disquaire et sur toutes les bonnes plateformes de téléchargement légal.

L’exoplanète Gliese 581c et ses soeurs… ou pas
Voyageons également dans l’espace et dans le temps avec la date de l’épisode : il y a 7 ans, le 4 avril 2007, a été découverte l’exoplanète Gliese 581c autour de l’étoile Gliese 581 qui se situe à 20,5 années-lumière de notre bonne vieille Terre. Elle a d’ailleurs été découverte par une équipe d’astronomes européennes dirigée par Michel Mayor, qui est le co-auteur de la découverte de la toute première exoplanète en 1995.

Et pour l’anecdote, Gliese 581c est nommée dans le film « Battleship » sorti en 2012 avec Liam Neeson puisque c’est là d’où viennent les méchants extraterrestres. Je vous le conseille, c’est complètement barré, on a bien rigolé, avec mon ami Pascal Mabille – et il a été nominé 7 fois au Razzie Awards, preuve que c’est du bon gros film pop-corn qui tache, avec seulement une récompense pour Rihanna quand même pour la pire actrice dans un second rôle. Ah ben voilà ! J’ai envie de le revoir, maintenant !

Bon, mais revenons à Gliese 581c. Si je vous en parle, c’est pas pour Battleship, c’est parce qu’il se trouve que récemment, deux des planètes du même système solaire, Gliese 581d et Gliese 581g, semblent n’avoir en fait jamais existé. Après des nouvelles analyses, des astronomes américains ont expliqué que les signaux reçus pouvaient en fait correspondre à des variations du spectre lumineux de l’étoile Gliese 581 dues à son activité interne.

Alors, qu’en est-il vraiment ?… Futura Sciences a interrogé Xavier Delfosse, qui fait partie de l’équipe qui a découvert les deux planètes en question.
Il faudra donc attendre de nouvelles analyses, et en attendant, comme dirait Etienne Klein : « Il faut se hâter de ne pas conclure… »
Et d’ailleurs Xavier Delfosse avait été interrogé sur son métier d’astronome et en quoi ça consistait au quotidien. Je vous laisse découvrir sa réponse…

Et puisque c’est grâce à la série COSMOS version Carl Sagan qu’il est devenu astronome, j’en profite pour vous signaler que COSMOS version Neil deGrasse Tyson, que j’ai enfin pu voir et qui est un chef d’œuvre et qu’on devrait diffuser dans les écoles du monde entier, a 12 nominations aux Emmy Awards, qui sont les Oscars de la télévision. J’espère bien qu’il aura les 12 parce que largement mérité.

Carnet rose cosmique : une nouvelle lune pour Saturne ?
Du côté des infos, restons du côté des astres que l’on découvre, mais plus proche de nous, cette fois, avec cette nouvelle étonnant : une lune de Saturne est en train de naître sous nos yeux dans ses anneaux !
C’est bien sûr la sonde Cassini qui a pu nous montrer ça, la NASA a annoncé la nouvelle le 14 avril dernier même si la photo date du 15 avril 2013 – il faut toujours du temps pour obtenir des données plus précises et confirmer une découverte, parce que rappelez-vous, dans le domaine des sciences… « Il faut se hâter de ne pas conclure… »

Ce qu’on voit sur l’image est une perturbation qui fait environ 1200 km de long sur 10 de large et elle serait donc provoquée par un embryon de lune qui fait pour l’instant 1 km de diamètre. C’est rien du tout mais le chercheur qui l’a trouvée a tenu à lui donner un nom, Peggy, parce que c’est le prénom de sa belle-mère qui fêtait ses 80 ans au moment où il a fait la découverte. C’est choupinou, hein ?

Bon en tout cas on ne sait pas trop ce qui va advenir de ce petit corps cosmique. Soit son développement va s’arrêter très vite, soit il va se désagréger, soit il va continuer à se développer pour ensuite quitter les anneaux et devenir un satellite à part entière. Quelle que soit l’issue, c’est de toute façon une aubaine pour les scientifiques qui ont plusieurs théories pour expliquer la formation des lunes de Saturne à partir de ses anneaux et qui ne savent pas encore quelle est la bonne. La petite Peggy pourrait donc apporter des éléments de réponse et permettre d’affiner les scénarios… À suivre, donc !

Le câlin d’astronautes américain, russe et allemand en pleine crise ukrainienne
Maintenant, une image. Et une image qui vaut tous les mots de l’Histoire de l’humanité. Elle date de fin mai dernier lors de la conférence de presse qui a précédé l’envol de 3 astronautes vers l’ISS, qui s’y trouvent toujours à l’heure où je vous parle.

Pour vous situer le contexte, c’était le tout début de la crise en Ukraine qui a refroidi considérablement les relations entre les Etats-Unis et la Russie, notamment. C’est ballot quand on sait que dans le domaine du spatial, ils travaillent ensemble depuis des décennies, et plus que ça : ils ont besoin l’un de l’autre depuis l’arrêt des navettes spatiales américaines. Les Etats-Unis ne peuvent pas envoyer d’astronautes dans l’espace, ils sont donc dépendants des Russes pour l’iSS – et d’un autre côté, la Russie a besoin de l’argent des Américains – 70 millions de dollars par siège pour l’ISS, par exemple – pour faire tourner leur agence spatiale. Bref…

Et avec la crise de l’Ukraine, la NASA a demandé à ce que plus aucun de leur employé n’ait de contact avec les Russes – même par mail, visioconférence et tout ça – sauf en ce qui concerne l’iSS. Mais ambiance… Et du côté russe, le gouvernement a fait savoir que s’ils continuaient comme ça, ils n’auraient qu’à envoyer leurs astronautes dans l’espace avec un trampoline.
Très, très tendu, tout ça, donc… Et justement, l’équipe en partance pour la station était composée justement d’un Russe, d’un Allemand, et d’un Américain.

Et un journaliste demande quelles implications la crise ukrainienne a au sein de leur équipe. Et voici leur réponse.

Voilà. J’aimerais bien m’arrêter là et passer à la suite tellement ça se passe de tout commentaire, mais putain, cette image devrait devenir le symbole de ce qui passe dans le domaine du spatial : des gens qui s’estiment, des gens qui se respectent – et qui certainement s’apprécient beaucoup, des gens qui travaillent ensemble et qui arrivent à dépasser les tensions géopolitiques dues à leur nationalités respectives, des gens qui sont juste des êtres humains et C’EST TOUT, et qui ne font aucune concession là-dessus. DES ÊTRES HUMAINS, des TERRIENS, des habitants d’une seule et même planète, d’une seule et même maison. Et C’EST TOUT.

Et de nombreux astronautes répètent à l’envi que dans le futur, quand ce sera techniquement possible, chaque habitant de la planète puisse faire un vol pour aller contempler la Terre de là-haut et faire prendre conscience d’abord que la Terre est un vaisseau spatial perdu dans l’immensité de l’espace et que c’est notre unique et seule oasis, et donc qu’on doit la préserver ; et ensuite pour faire prendre conscience qu’on est tous des habitants d’une même maison – et qu’il n’est d’ailleurs pas utile de monter très haut pour que les frontières disparaissent.
Et peut-être que ça, ça changerait le monde.

En tout cas, cette image me fait pleurer à chaque fois et elle illustre parfaitement bien une des principales raisons pour lesquelles j’aime autant le spatial et les sciences qui l’accompagnent.

Selfies de l’espace
Et pour rester dans le cœur du sujet, voici la rubrique des tweets… Et celui-là est un selfie de l’astronaute Rick Mastracchio posté le 23 avril dernier, où on voit nettement un sourire séparé de l’espace par seulement la fine cloison de son casque, sur fond de Terre…

Et quelques mois plus tard, Buzz Aldrin qui postait, selon lui, le premier selfie spatial de l’histoire en 1966, et on le voit également sur fond de Terre, qui semble n’avoir pas pris une ride en 48 ans… Ce qui est logique à l’échelle de l’âge de la Terre, mais en 48 ans, des continents de plastique sont apparus, des glaciers ont disparu, des côtes ont reculé, l’atmosphère a changé… et rien n’est fait pour ralentir tout ça et éviter une catastrophe.

 

Et c’est un problème, hein ! Parce que vous voyez, ça ? C’était en juillet dernier. On est toujours, tous, vivant ou ayant vécu, ici. Sur le même vaisseau. Dans l’immensité de l’Univers. Sans solution de repli.

La Terre et la Lune vue depuis Saturne en juillet 2013

La Terre en direct et en HD
Et puisqu’on en parle… Certes nous ne pouvons pas encore aller faire un petit tour en apesanteur pour aller voir la Terre de là-haut, mais grâce à des caméras situées sur l’ISS, on peut quand même la voir en temps réel et en HD sur ce site internet. Et je crois que c’est le truc le plus magique de ces 20 dernières années.
Bon, quand j’ai pris la capture d’écran du site, elle était du côté nuit de la Terre, donc pas de retransmission, ce qu’on voit est juste le reflet du soleil dans l’objectif de la caméra, visiblement. Mais juste en dessous de la vidéo, il y a une carte où on peut savoir où elle se trouve exactement – en cas de nuages, c’est impossible de savoir, sinon.

Et donc on peut voir la Terre en direct. Là par exemple, l’ISS commence à passer côté jour… un peu plus tard, là voici au-dessus de l’Espagne et du Portugal… la Méditerranée… et puis en plein cœur de l’Afrique… et là, elle va arriver au dessus de Madagascar et on commence à voir les côtes africaines se découper sur l’Océan Indien…
C’est planant, c’est fascinant, c’est hypnotisant, c’est grisant, c’est magique… C’est notre planète, en temps réel. Ça peut être très romantique à regarder, aussi, hein ! Pensez-y si vous n’avez pas de coucher de soleil sous la main et que vous voulez prendre votre temps avec votre nouveau ou nouvelle dulcinée… Parce que parfois, c’est vrai que « il faut se hâter de ne pas conclure ».

Les ondes gravitationnelles du big bang… ou pas ?
Trêve de plaisanterie, revenons aux choses sérieuses… Très sérieuses, même, puisque c’est un événement qui a fait l’effet d’un big bang dans tous les sens du terme : il y a quelques semaines, une équipe de chercheurs américains a annoncé avoir détecté directement des ondes gravitationnelles, ce qui est une grande première déjà, et qui en plus proviendraient du big bang ! Ce qui confirmerait la théorie… Mais d’abord, qu’est-ce qu’une onde gravitationnelle ? Je laisse le soin de répondre à Jean-Pierre Luminet, l’astrophysicien-blogueur dont je vous avais parlé à l’épisode précédent…

Voilà, donc vous imaginez bien que si une détection indirecte des ondes gravitationnelles venues d’un pulsar a débouché sur un prix Nobel, il en sera sûrement de même une détection directe venue du big bang…
Voici l’image des chercheurs américains. Là encore, je ne vais pas reformuler de peur de dire des bêtises et je vais citer un des chercheurs interrogé par Le Figaro.

Et les petits traits que l’on voit sur l’image, c’est ce qui représente la polarisation, si j’ai bien compris.
Mais voilà, comme toujours en sciences… « il faut se hâter de ne pas conclure ».

Et comme de nombreux scientifiques sont sceptiques, il se pourrait que cette annonce fracassante ait été faite un peu trop tôt par une équipe un peu trop zélée : peut-être ces chercheurs se sont-ils trompés sur l’interprétation de ces données… Du coup il va falloir attendre l’automne et les résultats du satellite européen Planck qui a observé la même portion du ciel, pour confirmer ou infirmer ces résultats…

Virginie Spies, auteur de « Mars Océan »
En attendant des nouvelles fraîches du big bang, faisons connaissance avec la personnalité de la semaine… Elle s’appelle Virginie Spies, elle est sémiologue et maître de conférences à l’université d’Avignon, spécialiste de la télévision – elle en a écrit deux livres – et elle s’intéresse notamment aux programmes populaires. En parallèle, elle est aussi auteure de pièces de théâtre. Et si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce qu’elle a regroupé toutes ses compétences dans un projet de fiction en ligne qui s’appelle Mars Ocean – c’est un court roman de science fiction qu’elle a publié chapitre par chapitre sur Internet et que j’ai beaucoup aimé. (Retrouvez l’interview de Virginie Spies sur ce projet ici.)

Le pitch est le suivant : Mars Ocean – L’Univers n’a pas été totalement exploré, la télévision non plus. Qui n’a pas eu envie de changer de vie pour repartir à zéro ? Quand l’opportunité de partir sur Mars s’est offerte à Louise et Cyrius, ils ont tenté leur chance. Mais est-il possible de tout quitter lorsqu’on est filmé 24h sur 24 ? Lorsqu’on est contraint de vivre entouré de personnes qui comme vous ont tout quitté ? Et que faire quand l’une des participantes disparaît ?
Evidemment, elle s’est inspirée du projet Mars One mais s’en dégage librement, et l’intrigue est sympathique, de vraies questions sont posées et c’est très agréable à lire – d’autant plus que c’est très court pour ceux d’entre vous qui seraient allergiques aux pavés.
Le texte intégral est toujours disponible sur le site dédié, que je mettrai en lien sur mon blog bien entendu, et il est disponible en version Kindle pour la plage sur Amazon pour la modique somme de 1 euro 49.

Et c’est ainsi que je me hâte de conclure le 38ème épisode de « La folle histoire de l’Univers », un immense merci à tous ceux qui ont mis des étoiles à ce podcast sur iTunes et à tous ceux qui m’ont laissé un petit mot gentil – ça fait vraiment chaud au cœur et n’hésitez pas si vous ne l’avez pas encore fait, c’est toujours un plaisir de vous lire et de voir que vous existez autrement que derrière des chiffres de téléchargements ; je vous rappelle que tous les liens, vidéos, images sont mises en ligne sur mon blog ; et vous pouvez également liker la page du blog sur Facebook.
Et surtout, un énorme merci à tous ceux qui partagent ce podcast sur les réseaux sociaux et qui le font tourner – n’hésitez pas, c’est gratuit, c’est pour vous, c’est pour tout le monde.

Et je vous laisse en images avec les 5 premières minutes de mon talk TEDx sur la scène de Bobino à Paris le 12 juin dernière – l’intégralité de la vidéo se trouve bien sûr sur mon blog si vous voulez voir la suite…
Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire et passez un bel été sous les étoiles !

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 36

juin 22, 2014 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

[Oui, JE SAIS, je suis (très très) à la bourre. Mais je me suis rendue compte que c'était très difficile d'écrire deux chroniques scientifiques par semaine en même temps qu'un podcast sur les mêmes sujets. Alors maintenant que la saison de "La tête au carré" est terminée, je vais peut-être pouvoir rattraper mon retard de ces 6 derniers mois...]

[Chère Anne-So, mille excuses, j'ai dû tailler ton reportage à la hache :-( Tu avais intégré la bande-annonce de COSMOS mais malheureusement, Youtube l'a bloquée, j'ai donc dû la couper... Mais le podcast entier est disponible sur iTunes.]

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 36ème épisode de ce podcast où je vais vous parler de l’Univers, du cosmos, de la Lune, de Rosetta, d’étoiles, de tout ça…

Et commençons par l’événement de ce début 2014 avec bien sûr le réveil de Rosetta, dont je vous avais parlé à l’épisode précédent… Elle avait été programmée pour se réveiller le 20 janvier dernier à 11h après une sieste de 957 jours… Et le temps que le réveil sonne, qu’elle se remette en route, qu’elle se réchauffe – parce qu’à 700 millions de kilomètres du Soleil, il fait froid ! – et qu’elle envoie un signal vers la Terre pour dire qu’elle allait bien – signal qui a mis 45 minutes à arriver… On a eu le temps d’avoir les miquettes que tout ne se passe pas comme prévu, mais si !! Si !! A 19h20, on a reçu le signal !!

Elle va donc très bien et continue son périple dans le froid dans l’espace interplanétaire où elle doit rencontrer la comète Churyimov-Gerasimenko en août prochain et déposer son atterrisseur Philae à sa surface le 11 novembre – je rappelle que tout ceci n’a jamais été fait : ni accompagner une comète pendant des mois, ce qu’elle fera jusqu’en décembre 2015, ni poser un engin sur une comète. Ça va être du sport parce que c’est incroyablement complexe.

Mais j’aurai l’occasion de vous en reparler, et en attendant, il existe un site où on peut savoir où se trouve Rosetta (sa position exacte et sa distance par rapport au soleil et à la Terre, par exemple) – et on peut même retracer ses 10 années de voyage et mieux comprendre comment elle s’est servie de l’influence gravitationnelle des planètes pour accélérer et pour atteindre sa cible.
D’ailleurs puisque j’y suis, big up aux gens qui ont calculé la trajectoire dans ce flipper cosmique plus de 10 ans à l’avance, ÇA FORCE LE RESPECT. Et même si c’est un ordinateur qui fait la simulation, y a tellement de paramètres à rentrer et d’équations qu’il a fallu trouver pour programmer l’engin que… bon… l’humain est un génie, parfois, hein, voilà voilà. Bref !

Elle est pas encore arrivée, Rosetta, mais elle tient le bon bout. Elle va enfin commencer à tirer des plans sur la comète. Ouais je sais. Je sors. Bon en tout cas, là elle multiplie ses freinages pour ralentir sa vitesse par rapport à la comète et tout se passe très bien pour le moment, c’est merveilleux.

Et justement, tiens voilà, c’est elle ! C’est Rosetta qui a fait un selfie de ses panneaux solaires quand elle a survolé Mars… Chouette photo, hein ? C’était juste pour la transition.

Eh ben figurez-vous que quelques années après ce cliché, sur la planète Mars, ce petit caillou blanc est apparu le 8 janvier 2014 au pied des roues d’Opportunity. Oui oui, du jour au lendemain, pouf ! Il était là, comme le montre cette photo avant/après.

Alors les scientifiques étaient bien emmerdés, ils cherchaient une explication. Elle a finalement été trouvée : ce sont les manœuvres de déplacements du rover qui ont retourné un caillou et qui l’ont envoyé bouler un peu plus loin. Mais c’est une véritable aubaine pour eux puisqu’il présente une face qui n’avait pas regardé le ciel depuis des milliards d’années…

Et puisqu’on parle d’Opportunity, passons à la date avec le 25 janvier où l’endurant petit rover a fêté ses 10 années terrestres sur Mars ! Pour l’occasion, il nous a envoyé un selfie – on le distingue à peine sur le sol martien tellement ses panneaux solaires sont recouverts de poussière martienne, le pauvre…

Je rappelle qu’il n’était censé fonctionner que 3 mois. Et qu’il vient donc de fêter allègrement ses 10 ans et qu’il fait toujours des découvertes. 10 ans ! Avec des panneaux solaires complètement recouverts qui le privent d’un peu d’énergie ! Eh ben heureusement… Heureusement surtout que le vent martien le nettoie régulièrement. Mais toute cette poussière n’empêche pas le satellite HiRISE de le suivre depuis l’espace…

Opportunity est donc carrément plus solide que Curiosity qui a des petits problèmes de roues, mais elle a passé la dune de sable Dingo Gap avec succès pour les reposer un peu des vilains cailloux coupants ! C’était vraiment un pari pour les ingénieurs, qui gardent toujours en tête que si Spirit, je jumeau d’Opportunity, ne fonctionne plus, c’est justement parce qu’il s’est ensablé dans une zone de même type. Mais elle a tâté le terrain d’une roue, elle s’est lancée, et elle l’a fait.

Et elle réussit également désormais à se déplacer en marche arrière justement pour reposer ses roues. D’ailleurs HiRISE lui a demandé si elle avait bien pensé à mettre en route le bip bip pour prévenir qu’elle reculait, ce qui a provoqué chez moi un joli fou rire. Déjà l’imaginer tester d’une roue la dune de sable comme on teste du bout du doigt de pied la température de l’eau, ça m’a fait marrer, mais là… Ah la la. Tout ça est drôle. C’est cool. On vit vraiment une chouette époque, avec ces comptes Twitter qui interagissent entre eux avec humour…

Bon, mais je parle de tous ces robots comme s’ils étaient vivants, à leur prêter des émotions, des qualités ou une conscience, alors que ce ne sont que des objets – de très haute technologie – mais des objets quand même, peut-être parce que ce serait PAS MAL qu’on renvoie des êtres humains au-delà de l’orbite de l’ISS – m’enfin moi je dis ça, je dis rien…
Mais en attendant, y a quand même des nouvelles sacrément bonnes du côté de la vie dans l’Univers. Parce qu’avec tous les progrès scientifiques, les instruments de mesure de plus en plus incroyables et les dizaines d’années de recherche, on ne sait toujours pas si nous sommes seuls !
Y a vraiment pas beaucoup d’astronautes et de scientifiques qui pensent que notre présence soit une exception, mais on n’a toujours aucune preuve. Cela dit, on avance, et tout ça est très excitant…

Il y a eu notamment cet article qui a fait l’effet d’un big bang dans ma vision de l’univers personnelle, et je ne comprends pas que ce soit passé complètement inaperçu, au moins en France, qui nous apprend que l’eau serait un élément qui se trouve absolument partout dans l’Univers. Et puisqu’on se base sur cet élément, entre autres, pour expliquer les formes de vie telles qu’on les connaît, c’est quand même une nouvelle absolument fabuleuse.

Je vous explique. Vous avez l’Univers. Bon. Il est composé d’énergie noire à 68,3 % et de matière noire à 26,8 %. Sauf qu’on ne sait absolument pas ce que c’est et que ça représente quand même plus de 95 % de l’Univers. Mais c’est pas ce qui nous importe ici. Les 4,9 % restants sont composés de matière baryonique, qui est un mot savant pour désigner toute la matière composée de protons et de neutrons qui composent les atomes et les molécules – en gros, toute la matière connue, donc vous, moi, cet ordinateur, les plantes, les cailloux, les nébuleuses et les galaxies.
Et il se trouve que ces 4,9 % de la matière connue de l’Univers se compose à 75 % d’hydrogène et 24 % d’hélium ; le pourcent restant étant composé d’éléments plus lourds (tous ceux qui nous composent, soit dit en passant) qui ne peuvent être fabriqués qu’au sein des étoiles puisqu’il n’y a que là qu’il y a l’énergie et la chaleur nécessaire pour fabriquer ces éléments.

Tout le monde suit bien ? Bon. Donc, les étoiles. Pour résumer leur fonctionnement, les étoiles naissent d’un nuage de gaz d’hydrogène qui s’effondre sur lui-même en se contractant, et donc en chauffant de plus en plus fort à mesure qu’il se contracte, et qui finit, à force de chauffer, par allumer une sorte de cœur d’étoile où la chaleur est telle que les atomes d’hydrogène fusionnent pour devenir des atomes d’hélium. Cette usine de fusion nucléaire fonctionne tranquillou comme ça pendant un bout de temps – quelques milliards d’années pour notre soleil, mais ça dépend de la taille de base de l’étoile – et puis quand la réserve d’hydrogène arrive à terme, ben ce sont les atomes d’hélium qu’elle commence à fusionner pour créer d’autres éléments plus lourds, et là du coup elle se transforme en géante rouge puis une naine blanche, et entre les deux, toute la matière qu’elle aura fabriquer sera progressivement éjectée dans l’espace.
Et plus une étoile est grosse, ou massive, plus elle a d’énergie pour créer des éléments de plus en plus lourds – et en général les étoiles qui vont jusqu’à synthétiser des trucs hyper balèzes comme du fer, ben elles explosent en supernova. Et l’explosion envoie aussi dans l’espace tous les éléments synthétisés, donc le fer, l’oxygène, le carbone… Enfin n’importe quel élément du tableau périodique. Voilà pourquoi on dit souvent qu’on est des poussières d’étoiles : c’est parce que tous les éléments qui nous composent ont été fabriqués par elles.

Et donc ! Quand une étoile explose, bim ! ça envoie des poussières d’étoiles partout. Et ce que cet article décrit, c’est que ces poussières sont principalement composées de silicates, qui contiennent de l’oxygène. Et elles sont bombardées par le vent solaire d’autres étoiles qui sont nées entre temps, et qui contient des ions d’hydrogène. Et hop ! De l’oxygène et de l’hydrogène, ça fait de l’eau. Mais c’est pas tout ! On sait aussi depuis un bail que les poussières interplanétaires contiennent aussi du carbone organique puisqu’on en trouve sur les astéroïdes et les comètes, par exemple. Les chercheurs en concluent donc que l’eau et le carbone organique, deux des ingrédients indispensables à l’apparition de la vie telle qu’on la connaît, sont présents absolument partout dans tout l’Univers, puisque des étoiles explosent partout dans l’Univers… Le troisième élément pour l’apparition de la vie, c’est l’énergie, donc globalement des étoiles ou des planètes massives pour créer des forces de marées sur des lunes plus petites comme autour de Saturne ou Jupiter, et bien sûr un peu de chance quand même. Mais globalement, y aurait tout partout pour que notre existence ne soit pas une exception, loin de là.
Truc de malade, non ? Truc de malade.

Et puisqu’on parle d’explosion d’étoile, voici un time-lapse d’images prises par Hubble sur une période de 4 ans, entre 2002 et 2006. En fait, ce n’est pas vraiment une explosion et les scientifiques sont un peu perplexes sur la nature de cet événement. Une collision d’étoiles, peut-être ? En tout cas celle qu’on voit au milieu s’appelle V838 Monocerotis et tout ceci s’est passé il y a très longtemps puisqu’elle se trouve à 20 000 années-lumière, mais c’est tellement, tellement beau…

En parlant de trucs cosmiques trop beau… Bon il est un peu tard, maintenant, puisqu’on est fin juin au moment où je vous parle, mais il y a eu un événement de ouf malade ces derniers mois : un remake de la série COSMOS de Carl Sagan. Et les personnalités de ce numéro 36, eh ben je les ai rencontrées : d’abord Ann Druyan, productrice de la série – l’originale et son remake, puisqu’en fait c’est la veuve de Carl Sagan, et elle a aussi produit l’adaptation ciné de « Contact », écrit par Carl Sagan qui est juste mon film préféré. C’était un immense honneur et une grande grande joie pour moi de rencontrer cette grande dame. J’étais assez émue, je dois dire… Et ensuite, Neil deGrasse Tyson. Ouais !! Le seul, le vrai, l’unique !!! C’est lui qui dit ça, par exemple : « Ce qu’il y a de bien avec les sciences, c’est que ça reste vrai, que tu y crois ou non ». J’adore ce mec. ET IL A JOUÉ SON PROPRE RÔLE DANS THE BIG BANG THEORY !!!

Et pardon, hein, mais y a pas que Obama qui a un selfie avec lui. Non mais oh !

Bon, donc je les ai rencontrés à Londres lors d’un voyage de presse, et j’ai pu interviewer les deux. L’entretien avec Ann Druyan a duré 30 minutes et on était plusieurs journalistes autour d’une table, et je lui ai notamment posé la question des femmes scientifiques dans ce remake – parce que c’est une question qui me tient à cœur, comme vous le savez sans doute. Et voici sa réponse…

Voilà et si vous voulez en savoir plus sur les femmes scientifiques, il y a une excellente conférence de Yaël Nazé, qui en a d’ailleurs écrit un bouquin dont je vous avais déjà parlé, que je vous conseille vraiment de voir, c’est édifiant. Edifiant dans le sens où il y a tellement de femmes qui ont marqué l’histoire des sciences de manière incroyable, et personne n’en a jamais entendu parler, c’est dément. Bref. Et je vous mettrai aussi en lien sur le blog un document qui les résume toutes.

Et puis j’ai eu droit à un face à face d’un quart d’heure avec Neil deGrasse Tyson. Et comment c’était trop cool. Du coup, si vous avez envie de connaître les coulisses d’une interview, je vous mets les premières secondes, c’est mon arrivée dans la pièce, et la première question à propos de Twitter. Faites pas gaffe à mon anglais épouvantable. Et là je ne double pas au-dessus parce que ce serait dommage mais je traduirai dans le billet dédié à ce podcast sur mon blog – écoutez…

Voilà, Neil deGrasse Tyson qui veut absolument que je revienne de Mars, je vous avoue, ça fait toujours bien dans un dîner mondain – dommage que je n’aille jamais en soirée.

(Voir aussi le billet que j’ai consacré à ces deux rencontres.)

Bref, en tout cas, c’était 2 rencontres vraiment passionnantes et marquantes et je remercie de tout cœur Gwendoline Oliviero, qui travaille pour National Geographic, qui m’a permis de vivre tout ça. Et après Londres, elle a également organisé une soirée au Palais de la Découverte pour présenter la série, et j’y suis allée avec ma copine Anne-So qui m’a fait un reportage trop bien…

Voilà ! Maintenant les 13 épisodes de la série ont tous été diffusés, et j’espère que ça vous aura donné envie de les voir – en tout cas moi j’ai trop hâte que ça sorte en DVD parce que comme je n’ai pas l’option télé, je n’ai pas National Geographic et j’ai pas pu les regarder… Sortie DVD en VOST seulement le 3 décembre selon mes informations, mais pour ceux qui ont l’option télé de tous ces FAI, vous avez accès à cette chaîne ; et excellente nouvelle ! les 5 derniers épisodes seront rediffusés cet été du 7 au 11 juillet à 17h, et du 21 au 25 juillet à 17h50. Vous me raconterez.

Du côté des tweets… Restons dans l’esprit de COSMOS qui raconte la vie, les sciences, l’Univers et le reste ; j’aimerais vous présenter mon projet intitulé « Pendant ce temps-là, dans l’Univers »… Le concept est simple : avec mes 30 comptes sur Twitter, je fais parler les astres entre eux. Je fais ça depuis 2 ans, certes, mais là, le plus régulièrement possible, l’Univers lui-même réunit tout le monde pour faire un petit état des lieux. Je me base évidemment sur l’actualité scientifique ou spatiale et je fais une image de chaque épisode que je publie sur mon blog avec les liens des infos citées en dessous. Voilà, c’est beaucoup de boulot mais ça m’amuse beaucoup, je vois ça comme un travail d’auteur et j’espère que ça vous fera marrer…

Et sinon, un tweet plus conventionnel qui nargue Newton ! Moi si je tweete que je vais manger une pomme, c’est carrément moins classe, c’est vraiment pas juste, d’abord.

 

Restons sur les Internets avec les bidules 2.0… Alors ça, ça c’est fabuleux. Pour représenter les distances au sein du système solaire, qui sont tellement énormes qu’on peut difficilement les appréhender, un graphiste a réduit la Lune à la taille d’un pixel et a mis tout le reste à l’échelle – là le soleil, par exemple. Et en fait il faut juste scroller. Juste pour vous montrer, on va faire le chemin de la Terre à Mars.
Voilà on y est.
Ce truc est vraiment génial, et je pense notamment aux enfants. Tout de suite on comprend et c’est super ludique, en plus.

Et ce site-là… C’est un truc de malade. Ça s’appelle First Men On The Moon, et en appuyant sur GO, on revit en temps réel avec les sons et les images d’archives le premier alunissage. À regarder dans le noir et avec un casque, on a l’impressionnant d’y être, c’est planant. J’adore ce truc.

Un peu de culture maintenant… Deux choses très importantes, la première étant bien sûr la parution du livre « En cherchant Majorana », d’Étienne Klein.
Ah ben voilà. Du coup je vais en profiter pour passer un message personnel si ça vous dérange.
Cher Étienne Klein ! Il va falloir faire un choix. Ah si. Alors de deux choses l’une : soit vous arrêtez définitivement d’écrire aussi bien. Soit vous sortez un livre au minimum toutes les semaines. Non parce que ça va bien, là, de me donner un texte aussi passionnant, aussi entraînant, aussi personnel et aussi bien écrit, et puis pouf ! genre ça s’arrête au bout de 160 pages ! Ah mais ça va pas être possible, hein. Donc allez hop !! Au boulot. Je veux le prochain sur mon bureau pour le 1er juillet. Voilà.

Désolée pour cet intermède, il fallait que ce soit dit. Et je sais ce que vous vous dites, que ça ne sert à rien parce qu’il ne m’écoute pas, oui, bon, certes. C’est possible. Mais comme la probabilité pour qu’il m’écoute est faible mais non nulle, il y a quand même une chance, alors je la prends.
Je crois que vous avez saisi le message, ce livre est un excellent livre. Ettore Majorana, c’est un physicien de génie du début du 20ème siècle, un personnage assez mystérieux, surtout depuis qu’il a disparu en 1938 et qu’on n’a jamais su ce qu’il lui était arrivé. Alors à l’heure qu’il est il est à peu près certain qu’il soit mort, mais est-ce qu’il est mort en 38 ? Ou plus tard ? Et comment, où ? Et surtout, pourquoi ?
Étienne Klein a voulu avoir des réponses à ses questions, et ce livre n’est pas le récit de la vie de Majorana, mais celui des chemins qu’Etienne Klein a dû parcourir pour trouver – ou pas – ces réponses. Alors il dit « je », il réfléchit, il raconte Majorana, ce qu’il en sait, où il a vécu, et ce qu’il a ressenti quand il est allé dans les endroits où il a vécu…
Voilà, bon, je m’arrête là, mais je pense que je le relirai de temps en temps parce qu’il est très riche. Mais vous me connaissez, je suis pas très objective quand il s’agit d’Etienne Klein. En tout cas si ça vous tente, c’est aux éditions des Equateurs et Flammarion et il coûte 17 euros.

Et un peu de cinéma bien sûr avec 7 Oscars pour Gravity : réalisateur, photo, montage, mixage, son et effets spéciaux – quasiment que de la technique et c’était amplement mérité.
J’ai été vraiment déçue que Sandra Bullock ne décroche pas celui de la meilleure actrice, parce que la vache, c’était une performance de malade. Il faut savoir qu’elle avait quasiment ni décor, ni accessoires, ni costume, ni partenaire et qu’elle a tourné dans 8m2 cube au bas mot.
Mais bon, tant pis, en tout cas, voici les félicitations super classes des astronautes qui étaient dans l’ISS à ce moment-là…

Et voilà, c’est la fin de ce numéro 36 de « La folle histoire de l’Univers », merci de l’avoir regardé ; je vous rappelle que vous pouvez retrouver cette vidéo sur ma chaîne Youtube, sur mon blog florenceporcel.com avec tous les liens, les vidéos, les images ; et bien sûr sur iTunes où il ne faut surtout pas hésiter à mettre plein d’étoiles et un commentaire – j’adore les commentaires. Pour plus d’infos au quotidien, vous pouvez me suivre sur Twitter et il y a aussi une page fan pour mon blog sur Facebook.
Je tiens à signaler que ma copine Anne-Sophie qui fait mes reportages sort son 1er single le 25 juin ! Et je conseille d’aller le découvrir, c’est top, ce qu’elle fait, vraiment.
Et je vous laisse en image avec la reconstitution de la toute première fois que des êtres humains ont vu un lever de Terre derrière la Lune… À très vite !

[SCIENCES] COSMOS : rencontre avec Neil deGrasse Tyson et Ann Druyan

avril 16, 2014 dans Culture scientifique, Vers la science

Carl Sagan

Aux Etats-Unis, l’astronome Carl Sagan est un mythe. Il était plus qu’une superstar, il était un héros.

Décédé en 1996, son héritage est considérable : plusieurs centaines d’articles scientifiques, des dizaines d’ouvrages de vulgarisation, la plaque sur la sonde Pioneer 10 contenant des informations sur l’espèce humaine et un plan du système solaire à destination d’une éventuelle civilisation extraterrestre, la création du programme SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) et la fondation de la Planetary Society.

En France, il est surtout connu pour avoir écrit le roman « Contact », dont il a co-produit avec son épouse Ann Druyan l’adaptation au cinéma avec Jodie Foster dans le rôle-titre.

Et, bien sûr, la série COSMOS. Diffusée en 1980 aux Etats-Unis et sur Antenne 2 en 1981, elle a été vue par 750 millions de téléspectateurs dans 175 pays, devenant la série scientifique la plus vue au monde.

Ann Druyan, désormais veuve, a voulu remettre au goût du jour sa série phare en 13 épisodes comme l’originale qu’elle avait déjà co-produite avec son mari.

Ann Druyan et moi-même

Pour ce remake, elle s’est associée avec Seth Mac Farlane (le créateur de Family Guy) et à la Fox. Grand bien lui en a pris : avec 1 million de dollars par épisode et un budget dément pour la communication (j’ai été invitée à Londres, comme nombre des confrères et consoeurs européens pour l’occasion), le COSMOS seconde génération est un bijou visuel (les images de l’Univers sont à couper le souffle et les personnages historiques sont représentés par un dessin animé à la fois brut et touchant) et une merveille de vulgarisation scientifique.

« Absolument tous les publics sont visés« , m’a-t-elle confié quand je lui ai demandé à qui s’adressait cette série. « C’est exactement ce qu’il ne faut jamais faire en production« , a-t-elle ajouté dans un sourire.

C’est exact, mais elle savait déjà qu’elle serait l’exception qui confirmerait la règle. Car COSMOS mélange histoire des sciences, faits scientifiques, voyage dans le « vaisseau de l’imaginaire » et émotion : « COSMOS est fait pour que chacun puisse ressentir l’Univers« , a résumé pour moi Neil deGrasse Tyson.

Ah, Neil DeGrasse Tyson… Quand j’ai su que j’allais le rencontrer à Londres, un sourire niais ne m’a pas quittée pendant plusieurs jours. Astrophysicien, directeur d’un planétarium à New York, hyperactif sur Twitter, il est tellement emblématique aux États-Unis qu’il a joué son propre rôle dans « The Big Bang Theory ».

Il fait le show, à l’américaine, pour impressionner les journalistes : quand Emilie Martin (de Ciel et Espace) et moi-même sommes allées le saluer au cocktail qui précédait la projection du premier épisode, il s’est écrié « Oh ! France ! Wine ! » et il est parti dans une tirade pour nous expliquer l’origine française d’une partie de son nom « DeGrasse » (une histoire à base d’oiseau, je crois, mais j’ai pas tout compris…) et il nous a cité une dizaine de vins avant de saluer avec le même entrain notre consoeur russe. Il a multiplié les selfies (j’ai le mien, oui oui…) et les réponses aux questions.

Le lendemain, pour les interviews, il est arrivé avec un chapeau de cowboy et a retiré une de ses monstrueuses bottes à éperons pour prouver à une journaliste qu’il avait de plus grands pieds qu’elle.

Cet immense bonhomme a l’oeil qui frise autant que sa moustache. Malheureusement, quand est venu mon tour, il commençait à fatiguer. Et le ton est devenu d’autant plus grave quand j’ai rebondi sur ce qu’il avait dit la veille au soir après la projection du premier épisode : « COSMOS est là pour expliquer la raison pour laquelle les sciences sont aussi importantes. » Je lui ai alors demandé pourquoi était-ce si important aujourd’hui, avec à l’esprit le problème du Créationnisme enseigné dans de trop nombreuses écoles aux Etats-Unis. Voici ce qu’il m’a répondu :

« La vérité n’est pas ce que vous voulez qu’elle soit, la vérité est ce qui est. » Il rejoint sur ce point Ann Druyan qui a co-produit COSMOS à nouveau pour justement, et entre autre, combattre l’obscurantisme et l’ignorance. « Ce qui compte, c’est ce qui est« , m’a-t-elle soutenu en me regardant droit dans les yeux. « Si tu aimes vraiment la nature, l’Univers et la vie, alors tu veux savoir comment tout ça fonctionne vraiment. L’humilité, c’est de vouloir vraiment savoir ce qui est. Le bonheur, c’est de comprendre.« 

Elle prêchait une convaincue mais il est difficile de ne pas penser à tous les obscurantistes religieux qui imposent leur vision du monde, et pas seulement aux Etats-Unis. Ils ne seront jamais cités mais Neil DeGrasse Tyson a expliqué ceci à mon confrère du Figaro : « Je n’ai rien contre la religion, au contraire. Mais, de la même manière que je ne cherche pas amener la science dans les églises, je ne veux pas que la religion entrent dans les manuels scolaires de nos enfants.« 

Ann Druyan s’en sortira par un autre biais grâce à ma consoeur russe qui lui a rappelé les propos de Stephen Hwaking qui prône pour l’arrêt d’envoi de signaux ou de plaques indiquant notre position dans l’Univers, de peur qu’une civilisation décide de nous anéantir.
Pour la productrice, la réponse est sans appel : « Quel qu’en soit le prix, je crois que savoir est toujours mieux qu’ignorer. L’ignorance, c’est être perdu. Même en ce qui concerne la vie extraterrestre. »
Je n’ai pu m’empêcher alors de penser à cette fameuse citation de Carl Sagan : « Si nous étions seuls, ce serait un beau gâchis d’espace…« 

Comme Carl Sagan, la question de la vie ailleurs est LA question à laquelle Ann Druyan aimerait avoir une réponse. Et pas très loin derrière, celle-ci : « Vivons-nous dans des multivers ? » C’est un des thèmes qui est abordé dans le remake de 2014 et qui n’apparaissait pas dans le COSMOS original.

Parce que COSMOS n’apporte pas seulement des réponses : il soulève tout autant de questions, à l’image de la science. Et quand j’ai demandé à l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson les réponses qu’il aimerait avoir, voici ce qu’il m’a dit :

À la fin du premier épisode du nouveau COSMOS, l’astrophysicien explique pourquoi il est légitime en tant que successeur de Carl Sagan. Je ne vous spoilerai rien mais la séquence est émouvante. Seulement, c’est bien beau de jouer les scientifiques à la télévision… encore faudrait-il qu’il n’oublie pas de faire de la science. Je lui ai alors demandé sur quoi il aimerait travailler après la diffusion – et la promotion – de COSMOS.

La Voie Lactée… Si vous voulez la découvrir, si vous voulez prendre place à bord du vaisseau de l’imaginaire et voyager au-delà de de notre galaxie jusqu’à l’infiniment petit, alors rendez-vous tous les dimanches à 20h40 sur la chaîne National Geographic (gratuite pour les clients Numéricable et FREE ayant souscrit l’option TV).

Ceci est un billet auparavant publié sur le Blog au Carré !