[TWITTER] Twitter vu par la Revue de Presse

septembre 20, 2012 dans Culture, En vrac, Interviews

Lundi soir, j’ai été conviée par mon camarade Pascal à la Revue de Presse en direct du théâtre du Ranelagh sur Paris Première. Mais au lieu de nous installer tranquillement dans un coin de la salle pour suivre l’émission, on est resté dans la loge avec tous les artistes et chroniqueurs présents.

Du coup, j’ai pas pu m’empêcher de live-tweeter, de prendre des photos et de faire des vidéos à l’arrache. Avec un angle : Twitter.

Un grand merci, d’abord, aux artistes qui ont bien voulu se faire photographier : vous trouverez dans l’album photo ci-dessous Bernard Mabille, Florence Brunold en Valérie Trierweiler, Tanguy Pastureau…

Et merci à ceux qui ont bien voulu m’accorder quelques minutes pour des interviews faites à l’arrache à la sortie des artistes (je me répète, mais si j’avais su, j’aurais préparé le truc, hein). Nous avons donc…

@DidierPorte, « humoriste maudit »

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est dans sa bio sur Twitter. En tout cas, il a découvert les gazouillis il n’y a pas longtemps, et ça a l’air de l’amuser beaucoup.

@TanguyPastureau, qu’on « amuse »

C’est assez formidable, je dois dire, d’amuser un amuseur. Vous pouvez être fiers, Twittos. Par contre, je ne sais pas si c’était la descente de stress après cette première en direct, mais Tanguy se compare à un putois et adore les tweetclash qu’il compare à des actes sexuels. (Note pour plus tard : me tweetclasher un jour pour voir l’effet que ça fait, tiens.)

Michel Guidoni, double président de la République

Je l’ai observé, les yeux ronds, répéter ses personnages dans les loges. C’est bluffant. Des petits détails, trois fois rien (position de la cravate, lunettes, cheveux qui changent de sens) et Michel Guidoni se métamorphose en quelques secondes de Nicolas Sarkozy à François Hollande.

C’est donc naturellement que j’ai demandé à notre actuel président de la République ce qu’est un tweet normal. La réponse en images…

J’ai posé la même question à Nicolas Sarkozy, mais pour le coup c’est vraiment inaudible, je garderai donc ça pour moi.

Michel Guidoni n’est malheureusement pas sur Twitter, mais il m’a glissé dans l’oreillette qu’il faudrait qu’il s’y mette quand même. Tout espoir reste permis.

Quant aux autres, ils y sont : Bernard Mabille, Régis Mailhot, Jérôme de Verdière, et bien sûr, Paris Première. Sauf Florence Brunold mais elle a un joli site.

Merci à ceux qui m’ont permis de passer une bonne soirée ! :-)

[POESIE] Le Vicomte de Valmont (Concours Vol de Nuit 2008)

août 29, 2011 dans Culture, En vrac

Voici le texte qui m’a permis de faire partie des lauréats du concours « Vol de Nuit – Spéciale 20 ans », en juin 2008. La consigne était : « Quel est le personnage littéraire qui vous a fasciné, ou qui vous a provisoirement éloigné de la littérature ? » Mon choix s’est porté sur le Vicomte de Valmont…

 

LE VICOMTE DE VALMONT

C’est un homme méchant et manipulateur,
Un prédateur malin aux grandes ambitions,
Un séducteur habile à déchirer les cœurs
Un vil galant nommé : Vicomte de Valmont.

C’est une libertine emplie de perfidie,
Une maîtresse femme aux toujours bons accueils
Mais ne vous fiez point à sa grande courtoisie
C’est la tant redoutée Marquise de Merteuil.

Ce duo infernal et si machiavélique
Multiplie les conquêtes et les trahisons
Pour déshonorer les figures angéliques
Soumises à leurs jeux d’amour et de passion.

Leurs victimes choisies, Cécile et de Tourvel,
Prises dans les filets de leurs plans démoniaques,
Sont ou bien mariée, ou jeune jouvencelle,
En tout cas cibles pures à leurs plans d’attaque.

Si je fus tant touchée par les desseins cruels
De ces anciens amants aux mœurs affriolantes
C’est parce que je fus Cécile et de Tourvel,
Passionnée, abusée, mais toujours consentante,

Une proie si facile et à la fois sauvage
Pour un Valmont moderne au regard de velours
Pour un vicomte âgé de quelques fois mon âge
Sans contexte serti de merveilleux atours,

A ce point ambigu, dénué de manières,
Et uniquement mû par ses envies ardentes
Qui me fascinaient tant et me laissaient naguère
Bien plus morte que vive et si souvent tremblante…

Je me demandais lors où était de Merteuil,
La complice cachée, la fière entremetteuse,
La sorcière engagée aux multiples écueils,
Ce personnage odieux aux lettres si flatteuses

Je ne l’ai pas trouvée au-delà de moi-même,
Moi, complice avouée de mon propre bourreau,
J’étais aussi marquise et portais le diadème
D’une étonnante aisance accordée au berceau.

Ce livre épistolaire et ces deux personnages
M’ont d’autant plus émue qu’à travers leur histoire
Une leçon de vie donnée page après page
Se révélait à moi et comblait mes espoirs

De comprendre les lois des relations humaines
Dans leurs plus noirs desseins et leurs plus vils contours
En espérant bien sûr que cela ne me mène
A aucun des malheurs provoqués par leurs tours !

L’ineffable Magie, la fée Littérature,
D’un coup de baguette nous explique le monde,
Les rancœurs et les cœurs, les espoirs qui perdurent,
Les passions éperdues auxquelles on succombe ;

Elle anticipe tant mes erreurs d’ici-bas
Que jamais sans roman je n’oserais sortir
Ni trop m’aventurer dans de délicieux bras
Sans prendre de leçon qui pourrait m’avertir

D’une éventuelle dangereuse liaison
Qui pourrait m’arriver du jour au lendemain.
Ne pas s’entourer de toutes les précautions
Serait creuser le nid de problèmes sans fin…

Aimer les livres et leurs bons enseignements
Est la clef d’une vie heureuse et réussie,
Ils nous offrent toujours d’abréger nos tourments,
D’améliorer nos cœurs, et nos sens en sursis

Et malgré mon envie de brûler les étapes,
D’accumuler amants, amantes et désirs,
Je freine mes ardeurs avant que ne me happe
L’insatiable appétit qui me fera souffrir

Car la vie toute entière en ses multiples dons
Est tellement prospère en cadeaux de tout style
Que profiter de tous est impossible, au fond,
Alors la frustration me laissera fébrile.

Je me laisse bercer par ces phrases chiadées
Que nous offre le grand Choderlos de Laclos
En rêvant d’un Valmont, contente d’avoir joué
Dans la cour des plus grands, et attendant bientôt

D’enfin vivre moi-même un autre de ces rôles
Que les livres nous offrent pour nous rendre heureux,
Et de croquer mes rêves comme sans contrôle
Pour jouir sans hésiter car la vie est un jeu…

[TWITTER] Mon droit de réponse à Elizabeth Tchoungui à propos de Twitter

juin 17, 2011 dans En vrac, Société

[Ceci est un exercice de style. J'ai, moi, le plus grand respect pour tous ceux qui travaillent pour les chaînes de télévision, à l'information ou au divertissement, à la comptabilité ou à la communication, à la direction ou aux ressources humaines.

Ceci est un exercice de style. J'ai donc non seulement repris le corps du texte, mais aussi la mauvaise foi et les manières journalistiques discutables du billet d'orgine.]

Voici le billet d’humeur d’Elizabeth Tchoungui :

(source : aufeminin.com)

Je suis un dinosaure et j’assume : non, je n’ai pas de compte TwitterHashtag m’évoque un hachis parmentier allemand. Avoir des cohortes de Followers ? JMEF, pour causer comme les twittos et leur fameux OSEF, « on s’en fout ».

Car côté ragots, ceux de ma boîte et de mon immeuble me suffisent largement. Oui, Twitter, c’est le world cancan. Avec, comme la french dance éponyme, un goût prononcé pour les jambes en l’air : tapez Twitter sur Google, et en première occurrence viendra « Twitter DSK ». En France, c’est la rumeur de liaison entre Carla Bruni-Sarkozy et Benjamin Biolay qui a rendu célèbre le site de microblogging : rappelez vous, le fameux Tweet qui a mis le feu aux poudres, posté par un journaliste au soir des Victoires de la musique 2010 : « Benjamin Biolay, c’est pas le mec qui… » etc, etc.

Twitter, c’est la concierge du village global : putassière les bons jours, experte en commentaires ineptes les autres. Je lance ici un appel solennel aux neuf millions de followers de Justin Bieber – l’ado méchu chantant détient le record d’abonnés à son compte, loin devant Barack Obama : pouvez vous m’expliquer l’intérêt du tweet suivant : « J’aime les escalators car lorsqu’ils freinent ils redeviennent des escaliers » ? Moi cela ne m’évoque que la chanson de Clarika : « T’es beau comme garçon, mais y a tant d’air dans ta tête qu’on peut y faire de l’avion… »

En plus d’être inutile, Twitter est un réseau infréquentable. On y croise au choix :

- Des pros de la drague lourdingue: comme cet élu démocrate qui a réalisé aux Etats-Unis l’exploit d’éclipser l’affaire DSK en tweetant une photo en gros plan de son slip protubérant. Il pensait l’avoir adressé au seul objet de son désir, oops, tous ses abonnés l’ont reçue. Dommage…
- Des e-terroristes : le week-end dernier le site de la police espagnole a été bloqué par des pirates informatiques. Les hackers ont revendiqué leur attaque sur Twitter.
- Des as du canular pas drôle : Twitter a copieusement relayé une photo censée épingler McDo en flagrant délit de racisme: on y voyait trôner à l’entrée d’un restaurant un panneau frappé du logo officiel indiquant « Suite à une série de vols et par précaution, les clients afro-américains devront à présent payer une taxe supplémentaire de 1,5 dollars par achat« . C’était un trucage. Qui a dit que Twitter avait révolutionné l’information ?

Loin de moi l’idée de minimiser le rôle du réseau social dans les révolutions arabes : Twitter a prouvé son utilité là où la liberté d’expression est restreinte. Ce fut le cas tout récemment, dans un pays pourtant démocratique : en Italie, pendant que la presse, largement contrôlée par le Cavaliere, ne pipait mot sur les référendums anti-Berlusconi, Twitter a su mobiliser les électeurs. Résultat : une participation record, et une claque pour Silvio.

Hormis ces circonstances bien précises, et n’en déplaise aux geeks qui me lisent, oui, Tweeter n’est que littérature de concierge, le style en moins : en 140 signes maximum, difficile de faire des miracles. En avant pour de très classieux WTF (What the Fuck) ou PTDR (Pété de rire) : le français résiste sur Twitter !

Non, décidément, à Twitter, je préfère de loin ma concierge : d’abord elle a plus de verve lorsqu’elle étrille l’apprentie joaillière du sixième qui enfile les mecs comme des perles. Et puis elle a une utilité, elle : a-t-on déjà vu Twitter arroser les plantes pendant les vacances ?

Par Elizabeth Tchoungui, présentatrice des Maternelles sur France 5.

Voici mon droit de réponse :

Je suis un dinosaure et j’assume : non, je n’ai pas de téléviseurLes Maternelles m’évoque une école pleine de chiards. Regarder la télé-réalité ? Je l’emmerde avec un grand A, pour causer comme les candidats dans leur fameux Loft.

Car côté sexe et voyeurisme, la vie et mon immeuble me suffisent largement. Oui, la télévision, c’est le world han-han. Avec, comme la french dance presque éponyme, un goût prononcé pour les jambes en l’air : allumez votre téléviseur, et en première occurrence sur les chaînes d’informations en continu viendra « Affaire DSK ». En France, c’est la sauterie aquatique de Jean-Edouard et Loana qui a rendu célèbre la télé-réalité : rappelez vous, c’était en 2001, elle promettait gloire, richesse, merveilles et alouettes à ses participants. Juste une question : comment va Loana ?

Le téléviseur, c’est la concierge du village global : à écouter aux portes les bons jours, experte en commentaires ineptes les autres. Je lance ici un appel solennel à tous ces envoyés spéciaux à New York plantés devant un Sofitel ou un tribunal – attendant l’odieux directeur du FMI, voire sa femme et ses enfants, autrement plus intéressant que la situation à Fukushima : pouvez-vous m’expliquer l’intérêt du commentaire suivant : « DSK s’est fait livrer des pizzas hier soir, sa femme a un tailleur gris, sa fille une manucure beige, les visages sont fermés – Ah ! On me signale sur Twitter qu’il a plaidé non-coupable » ? Moi cela ne m’évoque que la chanson de Clarika : « T’es beau comme garçon, mais y a tant d’air dans ta tête qu’on peut y faire de l’avion… »

En plus d’être inutile, la télévision est un monde infréquentable. On y croise au choix :

- Des pros de la drogue lourdingues : comme cet animateur qui a réalisé en France l’exploit d’éclipser tout autre actualité en faisant un mea culpa dans sa propre émission sur sa dépendance à la cocaïne. Il pensait la sniffer pour son propre plaisir, oups, les flics ont fait une descente chez lui. Dommage…

- Des terroristes : il y a quelques années un animateur d’émission matinale a été mis à pied pour violences sur son chroniqueur. Le délinquant est revenu deux semaines après dans le téléviseur.

- Des as du canular pas drôle : la télévision a copieusement relayé une information censée annoncer la mort d’enfants: le 8 août 2008, le petit Louis a été annoncé mort dans le JT de TF1, alors qu’il était bien vivant. France 2 aannoncé la mort de Pascal Sevran, décédé quelques semaines plus tard. C’était de fausses informations. Qui a dit que la télévision était un média fiable ?

Loin de moi l’idée de minimiser le rôle du téléviseur dans la société de nos grands-parents : le téléviseur a prouvé son utilité là où la TSF était incapable de transmettre des images. Ce fut le cas tout récemment, dans un pays pourtant démocratique : en France, pendant que Twitter, largement contrôlé par des kikoolols et des terroristes, ne pipait mot sur la #frenchrevolution à la Bastille, ses 5000 participants pacifiques et ses 3000 CRS belliqueux, la télévision a fait des reportages en continu. OH WAIT… Non en fait, aucun journal n’en a parlé et c’est sur Twitter que ça s’est passé.  

Hormis ces circonstances bien précises, et n’en déplaise aux employés des chaînes qui me lisent, oui, le téléviseur n’est qu’images et son de concierge, le style en moins : en 2 minutes maximum pour un reportage dans un JT, difficile de faire des miracles. En avant pour de très classieux Cékikapété ou Oh my gott : le français résiste dans le téléviseur !

Non, décidément, au téléviseur, je préfère de loin ma voisine : d’abord elle a plus de verve lorsqu’elle se fait troncher par son mec qu’un paysan dans son champ à la recherche de l’amour en train de tripoter une vache. Et puis elle a une utilité, elle : a-t-on déjà vu un téléviseur te prêter du sucre pendant les vacances ?

Par Florence Porcel, détentrice du compte @FlorencePorcel sur Twitter.

[ITW] Strip-Tease : Anne-Marie Avouac raconte « America America »

août 7, 2010 dans Culture, En vrac, Interviews

Qui ne connaît pas Strip-Tease, l’émission qui nous déshabille ?… Tour à tour drôle ou émouvante, amusante ou consternante, elle ne laisse aucun spectateur indifférent.

A l’occasion de la rediffusion du film « America America » tout ce mois d’août, j’ai interviewé Anne-Marie Avouac, la réalisatrice de ces épisodes, dans le but de comprendre la genèse d’un sujet.

Si je connaissais toutes les réponses (j’ai moi-même passé des essais au mois de janvier pour être éventuellement suivie dans le cadre de ma recherche de contrat d’apprentissage suite à mon CV-vidéo), Anne-Marie Avouac dévoile en toute simplicité toutes les étapes de ces documentaires qui deviennent souvent cultes.

Vous avez réalisé « America America », dans lequel vous suivez plusieurs Français  hauts en couleurs expatriés aux Etats-Unis. Comment trouve-t-on de si bons « clients » ?

J’ai moi-même vécu à Philadelphie cinq ans, et c’est comme ça que j’ai rencontré petit à petit tous les personnages qui sont dans le film.

Comment est arrivé ce projet ? Comment en sont-ils arrivés à accepter cette aventure ?

Je les ai rencontrés d’abord séparément. J’ai connu le grand-chef parce que j’étais allée à une démonstration de sa cuisine, et on a sympathisé par la suite. J’ai rencontré Chantal dans un club de Français expatriés. Petit à petit, j’ai vu que tous ces gens se connaissaient, et c’est comme ça que j’ai commencé à réfléchir à ce projet de suivre plusieurs Français expatriés aux Etats-Unis. Quant à leur accord, ça s’est fait très facilement : je leur ai proposé le projet, et ils étaient tout de suite très enthousiastes.

Y a-t-il eu des essais ?

Je les filme d’abord avec ma petite caméra : un petit portrait sur une journée, images que je montre ensuite à la production. Et ensuite je construis l’histoire que je vais réaliser.

Parce que c’est scénarisé en amont ?

Non, ce n’est pas scénarisé, mais on discute avec les personnages. On ne va pas filmer non plus n’importe quel évènement, on voit ce qui est intéressant. Par exemple quand Chantal m’a dit que son frère allait venir, je me suis dit que c’était intéressant d’avoir une équipe. Quand Georges Perrier m’a dit qu’il avait un rendez-vous à Las Vegas pour ouvrir un restaurant, je me suis dit qu’il fallait absolument qu’on soit là. Donc rien n’est convenu à l’avance, mais on voit avec les personnages ce qu’ils ont prévu et ce qui pourrait être intéressant dans l’histoire.

Vous parlez de personnages, alors que ce sont des personnes, à la base, c’est rigolo…

C’est vrai que j’en parle un peu comme si c’était une fiction, mais ce sont des gens avec qui je suis restée très liée, en fait. Chantal m’a appelée il y a deux jours pour prendre des nouvelles, Georges Perrier aussi, donc…

Comment ont-ils tous accueilli le montage final ?

Très bien. Ils sont vraiment comme ça dans la vie, les réactions ont été très positives. Ils étaient très contents du film.

Combien de temps prend un tournage de ce genre ?

On a tourné sur un an et demi à peu près, et j’avais 70 heures de rush, ce qui n’est pas énorme. On a dû tourner en tout et pour tout deux mois, à peu près. Mais pas en continu, parce qu’il y a eu des tournages en France, à Philadelphie, où l’équipe de tournage a rencontré plusieurs fois les personnes du film.

Comment ça se passe, dans le choix des sujets ?

Ce ne sont pas des commandes. C’est le réalisateur qui propose des sujets, qui rencontre les personnes, et qui ensuite soumet l’idée à la production. Ce ne sont jamais des commandes.

Depuis quand travaillez-vous sur Strip-Tease ?

Depuis une quinzaine d’années.

« America America » est un sujet très bling-bling. En période de crise, n’est-ce pas un peu indélicat de la part de la production d’avoir choisi cette rediffusion précise, ou bien est-ce plutôt pour faire rêver les gens ? Qu’en pensez-vous ?

Je pense que c’est plutôt pour apporter du rêve. Ce sont des personnes qui ont réalisé leur rêve américain à eux, et ils sont heureux comme ça. Evidemment, si j’avais tourné ce sujet en temps de crise l’an dernier ou cette année, il aurait été complètement différent. Georges, le mari de Chantal, qui est un grand médecin, a pris une année sabbatique pour aller à Haïti opérer gratuitement pour une ONG. Chantal s’est lancée dans la peinture et elle va exposer dans une grande galerie à New York. C’est sûr que si j’avais fait le film maintenant, il aurait été différent. Georges Perrier a fermé un restaurant et il en a ouvert un autre. Le fils de Chantal a été embauché dans l’entreprise avec laquelle il passe un entretien, depuis il a changé de boîte, maintenant il est à New York, et il a repris des études, toujours dans la recherche, en tant qu’ingénieur. Il est très content, ça se passe très bien. Je reste toujours en relation avec mes personnages, qui deviennent des amis. Et j’aimerais bien faire une suite – mais ça on verra…

Propos recueillis le mardi 27 juillet 2010.

[SECRET STORY 4] Polygame ? Pas d’amalgame !

août 4, 2010 dans En vrac, Société

Je m’insurgeais la dernière fois contre le sort réservé aux femmes croqueuses d’hommes. Notre société étant celle de la parité, il se trouve que les hommes ne sont finalement pas en reste. En effet, notre ami Senna, tombeur de ces dames, a été qualifié cette semaine dans la presse de « polygame ». Ben voyons. Si le terme « salope » n’est pas vraiment le plus gentil qui soit pour qualifier celles qui ne se privent d’aucun plaisir, le mot « polygame » n’est pas non plus vraiment adapté à la situation de Senna.

Assez d’amalgames. Ça va bien, hein, ça suffit maintenant.

Soyons rigoureux. La définition exacte de la polygamie est le fait d’avoir plusieurs épouses légales en même temps. Ce qui, aux dernières nouvelles, n’est pas le cas de Senna. Est-ce le cas de son père et de son grand-père, comme le suggère son frère Ludovic dans une interview accordée à Closer ? A vrai dire, peu importe. C’est de Senna dont il s’agit ici, et Ludovic sous-entendrait que ce serait héréditaire.

De deux choses l’une : un homme qui multiplie les conquêtes est un séducteur, un homme à femmes, un Don Juan (donc), un coureur de jupons, un homme tout simplement – ce que vous voulez – mais il n’est pas polygame tant qu’il n’épouse pas plusieurs femmes simultanément. Faudrait peut-être penser à arrêter d’utiliser des grands mots pour tout et n’importe quoi. Et d’autre part, penser que ce serait héréditaire est la chose la plus stupide et la plus intelligente que j’ai jamais entendue.

Je m’explique. La plus stupide, parce que cela voudrait dire qu’il existerait un gène du Don Juanisme. La plus intelligente parce que… boudiou de boudiou, mais… c’est dans la nature humaine de ne pas avoir un seul et unique partenaire au cours d’une existence !!!

Je suis une fille gentille, hein. Calme, ouverte, empathique, curieuse, pas chiante. Mais à un moment, bordel à cul de bite, va peut-être falloir penser à arrêter de nous prendre pour des cons.

L’ETRE HUMAIN, DANS SA NATURE INTRINSEQUE, NE SE CANTONNE PAS, ET NE S’EST JAMAIS CANTONNE A UN SEUL PARTENAIRE SEXUEL.

Je ne hurle pas ; j’explique. Alors bien sûr, vous allez me dire, mais et ma grand-mère alors, elle qui n’a connu que le loup de grand-papy, toussa toussa… Oui. Bien évidemment que ça existe aussi. Mais ce n’est pas la norme.

Je n’ai pas le temps de faire des recherches extrêmement poussées sur les espèces animales monogames (qui n’ont qu’un seul partenaire). Wikipédia me souffle dans l’oreillette que c’est le cas pour les cygnes, les hippocampes, et les manchots notamment. Mais elles sont très rares.

Et l’espèce humaine, mesdames messieurs, n’est pas, et n’a jamais été monogame, et cela concerne aussi bien les hommes que les femmes (parce qu’il n’y a pas une Super-Salope qui s’occupe de tous nos mâles, hein).

Alors arrêtons, PAR PITIE, de nous insurger contre ces hommes et ces femmes qui multiplient les partenaires. Ça n’a rien d’anormal, d’extraordinaire, ou de choquant, c’est juste… nous. Voilà tout.

La preuve : être fidèle, ou choisir de n’avoir qu’un seul partenaire sexuel dans une vie est un choix. Si ç’avait été naturel, la question n’aurait aucun sens.

Rappelons encore que le mariage, qui dicte la fidélité entre époux, est une construction socialeinventée à une époque où les hommes voulaient être sûrs d’être les pères de leurs enfants (pour des questions d’héritage, de succession au trône, de transmission de terres, de titres ou de biens, etc). Il y a évidemment d’autres raisons, notamment politiques et religieuses, mais le mariage n’a rien de naturel. Il était surtout destiné à emprisonner les femmes dans le rôle d’épouse et de mère de famille.

Mais de tout temps, en tous lieux, dans toutes les civilisations présentes et passées, les femmes et les hommes ont multiplié les partenaires (les Grecs étaient ouverts à toutes sortes de sexualités, les Romains sont célèbres pour leurs orgies, les Rois de France ne sont pas en reste, et je ne parle même pas des libertins du 18ème siècle). C’est comme ça ! Et ça n’a rien de sale ! Ce n’est pas mal ! L’infidélité, tout comme le mariage, est une construction sociale, politique et religieuse, encore une fois, destinée à surveiller les femmes… Les hommes pouvaient bien faire ce qu’ils voulaient. S’ils allaient voir ailleurs, on ne leur en voulait pas trop. Si c’était une femme en revanche…

Bref. Vous connaissez la chanson. Je ne suis pas en train de faire l’apologie de la polygamie, je voulais juste rappeler certaines vérités. Non, le mariage et la fidélité n’ont rien de naturels, et je trouve (ça n’engage que moi) que c’est stupide de vouloir à tout prix se frustrer et s’enfermer dans une relation exclusive, alors que toute expérience est enrichissante. Mais il y a des personnes pour qui ce n’est pas envisageable, ou que ça n’intéresse pas – je les respecte  totalement. Qu’ils n’oublient pas, juste, que ce n’est pas naturel, et que ce qu’ils s’infligent (choisissent) est dicté par des règles sociales dictées en des temps qui n’avaient rien à voir avec notre époque.

Tout ça pour dire que Senna n’est pas polygame, il est juste normal. Mais pourquoi au fait, à notre époque, prône-t-on encore tellement la sacro-sainte fidélité ? Voilà une question qui se pose !

Parce que si elle disparaît des mœurs, la téléréalité n’aurait plus de saveur. Bon nombre de films et de livres ne seraient plus produits. Les vaudevilles seraient obsolètes. Et les magazines à scandales se vendraient beaucoup moins bien.

Encore une histoire de fric, quoi.

[SECRET STORY 4] Dons Juans au féminin et salopes 2.0

juillet 25, 2010 dans En vrac, Société

C’est fou comme c’est complexe, les liaisons entre le langage et l’évolution de la société. Quand on invente des mots pour des catégories de personnes qui entrent enfin dans la mode du moment puis dans les mœurs (gay, lesbienne, MILF, cougar, etc…), ces mêmes catégories de personnes ne souhaitent pas être enfermées dans des appellations qui sont toujours, en début de vie, péjoratives et réductrices. Plus complexes encore sont les catégories de personnes qui n’ont pas de vocable à eux. Et c’est encore pire.

Prenons Julie et Amélie, par exemple. La première, dans sa présentation, nous apprend qu’elle gère les garçons comme une femme d’affaire (vidéo). Très bien, bon, d’accord. La deuxième a dévoilé son secret hier : c’est elle, la « don Juan au féminin ». Et nous voilà bien. Ces deux jeunes femmes ont visiblement une manière de considérer leur vie privée de la même manière. Et une seule appellation a été trouvée pour les qualifier : ce sont tout bonnement (sans mauvais jeu de mot) des salopes.

Un peu violent, non ? M’est avis que si. On n’est pas « qualifiée » de salope, on est « traitée » de salope. C’est injurieux, méprisant, et violent. Mais d’ailleurs, qu’en dit le dictionnaire ? Quand j’interroge mon Hachette 2008, il me répond ceci : « salope nf vulg 1 Femme malfaisante, méprisante 2 Individu infâme, abject ». Pas vraiment sympathique, en somme. Et voyez comme aucune référence à la sexualité n’est faite dans cette définition. Voilà qui est tout à fait intéressant.

Quand on traite une femme de « salope » dans notre société d’aujourd’hui, une connotation sexuelle très forte est sous-entendue. On pourrait presque dire que c’est un synonyme de « pute », de femme dite de mauvaise vie. C’est amusant de voir à quel point un mot qui, à la base, implique l’idée de la malfaisance soit repris pour évoquer des femmes à la sexualité active et assumée. Comme si les femmes avec ce type de sexualité étaient forcément mauvaises et infâmes… On retrouve ici le schéma judéo-chrétien de la femme-putain, de la pécheresse, de la Marie-Madeleine – en opposition avec la « maman », la Sainte Vierge.

C’est usant. Honnêtement, hein. Ça me fatigue. Je ne vais pas revenir sur l’égalité des sexes, sur le combat des femmes à pouvoir choisir librement leur comportement sexuel sans être sans cesse jugées, sur la parité, etc… D’un homme, on dit qu’il est « coureur de jupons », « bon vivant », « don Juan »… Essayez de trouver le pendant féminin de ces qualificatifs, et vous n’aurez que « salope » dans votre vocabulaire.

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Et pour quelle raison obscure, hein ? Pourquoi sourit-on tendrement lorsque c’est d’un homme qu’il s’agit (« Oh bah vous savez ma p’tite demoiselle, les hommes, hein… »), pourquoi sommes-nous méprisants à l’égard d’une femme qui a strictement le même comportement ? De nos jours, cela n’a plus aucun sens. Les femmes ont la pilule, elles ont des hormones, un métier, le permis de conduire, le droit de vote, et même un cerveau. Non, elles n’ont pas besoin d’être amoureuses pour coucher, et oui elles ont aussi besoin de sexe juste pour soulager des pulsions. Comme les hommes. Mais parce que c’est une femme, c’est mal ?…

FLÛTE.

Julie, Amélie, continuez à vivre votre sexualité comme vous l’entendez. Eclatez-vous. Malheureusement, Endemol et TF1 n’ont pas trouvé d’autres appellations que « don Juan au féminin ». Mais j’espère qu’un jour, on trouvera. En attendant, essayez de ne pas tomber dans les clichés, s’il vous plaît. Même si la prod vous a choisies pour ça. Non, une don Juan au féminin n’est pas mauvaise. Non, elle n’est pas infâme, abjecte, méprisante. Elle vit juste sa vie comme elle l’entend, avec d’autres adultes consentants. Et elle peut aussi – eh oui – être une femme bien, une professionnelle talentueuse et fiable, une amie fidèle, une maman aimante, etc.

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© Dessin de Lili la Baleine

Détracteurs, vieux (ou jeunes) cons, machos, coincées, rassurez-vous tout de même. Ce n’est pas demain la veille que les mentalités changeront. Pas plus tard que la semaine dernière, une de ces femmes tout à fait respectables nous a traitées, moi et quelques autres, de « salopes 2.0 ». Notre crime ? Avoir osé montrer sur Twitter ce qu’on exhibe impunément (quel scandale !!!) sur notre lieu de travail, et dans la rue. Notre décolleté. (Je passe sur le fait que cette même demoiselle tout à fait respectable avait montré, elle, sa culotte quelques temps auparavant – culotte que je ne montrerais personnellement ni sur mon lieu de travail ni dans la rue soit dit en passant. Donc pas sur Twitter non plus.)

Cette expérience a cependant été plutôt instructive. J’ai appris que mettre un débardeur en plein été faisait forcément de moi une femme dépravée et méprisable.

Julie et Amélie, chères amies, surtout veillez à avoir sans cesse la gorge couverte. Plus de maillots de bain, plus de hauts décolletés, plus de petits tops un temps soit peu féminins ! Malheureuses. On pourrait vous prendre pour ce que vous êtes.

Libres. Et libérées.

Petites effrontées !

[SECRET STORY 4] Trouble dans le genre

juillet 15, 2010 dans En vrac, Société

J’ai la faiblesse de penser que la télé-réalité représente au moins une belle expérience sociologique. Ce genre de programme, de plus en plus prisé par les chercheurs, est un véritable laboratoire grandeur nature.

Si le panel des candidats ne représente en rien l’ensemble de la population d’un pays (ou de plusieurs, si l’on en croit cette quatrième édition internationale), il semble en tout cas être le miroir de ce que seront les mœurs dans plusieurs années.

(Je m’explique : la télévision a toujours un temps d’avance sur la société. L’homosexualité, par exemple, y est totalement intégrée – que ce soit dans la pub, dans les séries, dans les talks-shows, etc… Par contre, elle n’est pas encore entrée dans les mœurs de la société française. Elle reste tabou, hélas, dans certaines familles, dans certains villages, dans certaines communautés, etc…)

Ce Secret Story 2010 est formidablement intéressant du point du vue du genre et des orientations sexuelles. Prenons le cas de Stéphanie et Coralie, pour commencer. Ces deux jeunes belges sont tellement proches et inséparables qu’elles vivent ensemble, qu’elles partagent le même lit, et qu’elles nous ont présenté leur « bébé » (un petit chien). Interrogées sur leur relation, elles sont restées très floues sur le sujet – à dessein, j’imagine. Bref, on ne sait toujours pas si elles sont hétérosexuelles ou bisexuelles. Car leur ex en commun (de sexe masculin) se trouve également dans la Maison…

Un des secrets de cette année est qu’un(e) candidat(e) est hermaphrodite. Si ça, ce n’est pas un genre trouble, je ne m’y connais pas. Les pronostics annoncent Thomas comme étant cette personne : alors, né ni fille ni garçon (en fait un peu des deux), portant un prénom masculin, maquillé légèrement, sourcils épilés, les pommettes hautes et saillantes, une coupe de cheveux asexuée, et se présentant lui-même comme « différent »… qui est-il ? Et d’ailleurs, doit-il absolument être classé dans un genre bien défini ? Est-il obligé de choisir un genre ou un autre ? Âgé de 17 ans, il a bien le temps de réfléchir à ces questions – pourvu qu’il se sente en accord avec lui-même.

Et jamais deux sans trois. Le magazine Oops nous apprend que le papa de Chrismaëlle s’appelle désormais… Isabelle. Il aurait changé officiellement d’identité il y a cinq ans, et se serait fait opérer pour devenir physiquement une femme il y a deux ans. Apparemment, il était prévu qu’il participe à l’aventure… Voilà donc un autre exemple, totalement différent des autres, qui illustre bel et bien les changements de mœurs de notre société.

Si la télévision (et la presse en général) a intégré la bisexualité (avec Coralie et Stéphanie), elle commence à se faire l’écho d’une prise de conscience plus globale concernant le genre (l’hermaphrodisme avec Thomas, la transsexualité avec Isabelle).

J’ai la faiblesse de croire que ces émissions – quoi qu’on puisse en penser – pourront faire évoluer les mentalités de tous et de toutes à l’intérieur de notre société. Ça prendra du temps – l’homosexualité pose encore problème – mais si Secret Story peut servir au moins à ça, alors ça vaut le coup que ça existe.

En tout cas, ce thème du genre arrive à la télévision 20 ans précisément après la sortie du livre Trouble dans le genre de Judith Butler. Les candidats sont à peine plus vieux. Et j’espère qu’il ne faudra pas attendre 20 ans de plus pour qu’ils soient acceptés tels qu’ils sont : homme, femme, ou entre les deux.

En attendant, bienvenue à eux.

[SECRET STORY 4] Du vocabulaire : la « libérance »

juillet 14, 2010 dans En vrac, Société

C’est un complot, je ne vois que ça. J’accuserais bien les journalistes à moustache trotskystes et leurs méthodes fascistes, mais il se trouve que ça semble être un complot contre les journalistes eux-mêmes. Si si.

Tout a commencé le 15 avril dernier. Ce jour-là, la confrérie journalistique est chargée d’annoncer au monde que le volcan Eyjafjallajökull est entré en éruption.

Dur.

En presse écrite et sur le web, on oublie la langue tirée d’une application toute écolière, on privilégie très vite le copié-collé. En radio et à la télévision, c’est plus compliqué. S’agit pas de se tromper. Sueur au front, mains moites, nos malheureux répètent toute la nuit pour ne pas devenir la risée de millions d’auditeurs, de téléspectateurs, d’internautes, et de confrères un brin moqueurs.

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A peine le volcan calmé, la Palme d’Or du Festival de Cannes tombe, le 23 mai. Apichatpong Weerasethakul.

Dur.

Pour nos confrères qui doivent l’annoncer à voix haute et sans fiche ni prompteur, le défi est de dénicher un moyen mnémotechnique sans déraper. Je ne vous donne pas d’exemples. Vous trouverez tout seul.

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Nous pensions avoir payé le prix de vies antérieures entières à violer la déontologie – mais non. Jamais deux sans trois : le vendredi 9 juillet, le couperet tombe, là où s’y attendait le moins. La Maison des Secrets abritera, c’est désormais officiel, un hexakosioihexekontahexaphobe.

Dur.

D’autant plus que même Benjamin Castaldi réussit à le prononcer (mais pas dès le premier prime, hein, faut pas pousser quand même). Là, plus de droit à l’erreur. Il en va de l’honneur de la profession, tout de même.

Etre journaliste devient tout de même de plus en plus difficile. Ces derniers mois, nous n’avons pas été épargnés. La profession est en proie à une profonde remise en question. Les écoles ne préparent pas à faire face à ce genre d’épreuve. Moi-même, je me suis demandé si je n’allais pas laisser tomber. Si mêmeSecret Story 4 nous oblige à réfléchir…

Dur.

Et puis Robin est arrivé. Hier, au confessionnal. Tel son homonyme des Bois, défenseur de la veuve et de l’orphelin, voleur de riches pour donner aux pauvres, la bourse ou la vie, le neurone ou l’apparence.

« Libérance. »

Merci Robin. Après un début 2010 extrêmement pénible pour la profession, tu nous offres un repos bien mérité. « Libérance ».

Souhaitons en tout cas à Hervé et Stéphane, nos confrères retenus en otage en Afghanistan depuis 197 jours, d’être « libérancés » rapidement.

[SECRET STORY 4] Un casting calqué sur le modèle 2.0

juillet 13, 2010 dans En vrac, Société

Je n’arrive pas à me passionner pour les candidats et leur petite vie à l’intérieur de la Maison des Secrets. Non seulement ce qui s’y passe ne m’intéresse pas, mais en plus je me sens très mal à l’aise quand je visionne des images. Question de génération, de tempérament… Finalement peu importe.

Je vais donc rendre un autre hommage à la production. Non mais parce que, il faut bien l’avouer une fois encore, hein, ils m’épatent. Vraiment. Aujourd’hui, plus question de réalisation, de moyens techniques, de design ou de montage, je vais vous parler des candidats. Des secrets. Du casting, quoi. Ils m’épatent, je vous dis. Ils m’épatent.

D’aucuns se demandent comment ils choisissent les candidats. Outre les grilles préétablies classiques (il faut une bimbo, une peste, une grande gueule, un tombeur, un homosexuel, une lesbienne, un excentrique, etc…), il semble qu’Endemol ait trouvé une stratégie finement intelligente (mais oui) : se baser sur tout ce qui a fait le buzz sur le web ces derniers mois.

Et c’est cohérent. Ils l’ont bien compris, la télévision désormais ne peut plus se passer du web. C’est la raison pour laquelle ils ont décidé cette année de faire commencer l’émission sur Internet avec le « Before Secret » dans un but participatif très 2.0 : un des secrets de la saison sera directement le résultat des votes des internautes (« Nous sommes le faux couple des internautes », Benoît et Robin).

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Avec 70 millions de vidéos vues par mois sur leur site, TF1 aurait fait une erreur de ne pas en tenir compte. Du coup, ils ont certainement suggéré à Endemol d’embaucher des stratèges spécialisés dans le web pour définir leur nouvelle grille de casting. Et ça marche.

Qu’est-ce qui a fait le plus de ramdam ces derniers mois ? En première position, je diraisTwilight. Impossible d’avoir échappé au phénomène vampirique pour adolescents. Du coup… bingo ! Endemol nous dégotte Alexandre, vampire de son état (mais si, puisqu’on vous le dit). Et en face, rien que pour rigoler, on met un hexakosioihexekontahexaphobe, c’est-à-dire quelqu’un qui a peur du nombre 666 et des forces surnaturelles. HIN HIN HIN !!!!… (Bon, et pour les plus accros, il suffit donc de trouver celui ou celle qui se tient le plus éloigné(e) d’Alexandre pour démasquer ce fameux hexakosioihexekontahexaphobe, hein).

Ensuite, nous avons la Belgique. Le plat pays a fait beaucoup parler de lui ces derniers temps sur le plan politique. Un rattachement de la Wallonie à la France a même été envisagé (plus ou moins sérieusement). Et il ne faut pas oublier que Secret Story est diffusé également chez nos amis belges. Et boum !!! Comme par hasard, six candidats (sur dix-neuf, ce qui fait presque un tiers quand même) sont belges (Amélie, Stéphanie, Coralie, Senna, Chrismaëlle, et John).

Ce n’est pas fini… Quel buzz de mauvais goût a tenu les internautes en haleine ces derniers temps ? Les roux, chers amis, les roux. Et v’là t’y pas qu’on nous sort deux rousses de derrière les fagots (Coralie et Chrismaëlle).

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Les séries télévisées, ensuite. Non contents de s’inspirer de Desperate Housewives lors des quotidiennes avec la voix-off féminine et les plans vus du ciel de la Maison, nos petits malins préposés au casting ont su surfer sur le succès de Mentalist. Plus question de voyante cette année, pouf pouf, voici Bastien, vrai mentaliste s’il en est (et pour preuve, il a relevé le pari de deviner un secret en 24 heures. Bravo. Je suis impressionnée.)

Bon, et puis on a beaucoup parlé de Caster Semenya, cette sprinteuse prétendument hermaphrodite. Ça a fait les choux gras de la presse et du web pendant un petit moment, et ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Du coup, on a droit nous aussi à un(e) hermaphrodite dans la Maison des Secrets (Thomas ?).

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Et puis toutes les polémiques Miss France, Geneviève de Fontenay, etc… Echaudés par l’échec de Rachel Legrain-Trapani, ils n’ont certainement pas voulu retenter l’expérience, mais ils ont quand même fait rentrer Mister France dans le jeu. Pas tout à fait ça, mais ça s’en rapproche.

Et je pourrais continuer… (Mais y a un moment, hein, faut savoir s’arrêter.) Ce que j’en conclus, c’est qu’Endemol a eu l’intelligence de vivre avec son temps et de composer un casting classique (bimbo, bellâtre, quotas de minorités visibles, etc…) doublé d’un casting basé sur le web (buzz et sujets les mieux référencés) et sur les nouvelles technologies (Secret Story ne se regarde pas seulement à la télévision, mais aussi – et surtout ? – sur internet via les smartphones et les tablettes).

Voilà un bel exemple d’entreprise qui sait s’adapter aux mœurs de son temps. J’aimerais pouvoir en dire autant de Rémy Pfimlin, nouveau directeur de France Télévisions. Il veut certes nommer un responsable chargé du numérique, mais n’est-ce pas un peu tard, comme l’ont suggéré les membres du CSA lors de son audition ?

S’il n’est jamais trop tard pour bien faire, un grand travail sera nécessaire – et vite – pour pouvoir concurrencer les redoutables TF1 et Endemol qui nous offrent un bien bel exemple de ce que la question du numérique et des nouvelles technologies peut apporter à un programme de télévision.

[SECRET STORY 4] Du cul !

juillet 12, 2010 dans En vrac, Société

Sexe. C’était le premier mot du premier secret, lâché dès les premiers instants de la première de Secret Story 4, vendredi soir en première partie de soirée sur la première chaîne. Ce sont donc près de 4,3 millions de téléspectateurs qui ont tout de suite été mis dans le bain de cette édition placée sous les signaux sexuels à outrance. Parmi ces millions de paires d’yeux, certainement celles d’enfants et d’adolescents.

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Outre les tenues vestimentaires et les situations amoureuses plus que suggestives, le vocabulaire des candidats n’est pas en reste. Stéphanie et Coralie, meilleures-amies-du-monde-sans-doute-couple-lesbien-qui-aiment-les-hommes-aussi, ont gratifié nos oreilles d’une salve de « Oh pu… ! » dès leur entrée dans la maison. Le lendemain, c’est au tour de Benoît (la « coiffeuse », comme il aime à se qualifier lui-même), qui semble n’avoir que le verbe « enc… » à son vocabulaire. Je m’arrête là pour les exemples.

Mais au fait… N’était-ce pas Angela Lorente elle-même, directrice de la télé-réalité de TF1, qui avait déclaré à France-Soir dans l’édition du vendredi 9 juillet : « Les téléspectateurs ne verront jamais de candidats nus et n’entendront pas de gros mots à l’antenne » ?… Ah ben… si. Si si.

Bon, heureusement, pas encore de candidat nus à déplorer. Ah, pardon ? Attendez… Hein ??? Bon, au temps pour moi, je suis confuse. On me signale que John, le (petit-)fils à (grand-)papa collectionneur de belles voitures, s’est douché hier matin dans le plus simple appareil. En prenant la pose devant les caméras. Un joli fessier qui a fait le tour du web hier, puis de la presse aujourd’hui ou la semaine prochaine.

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Je conseillerais vivement à Angela Lorente, en tout cas, de s’offrir les services de Paul le Poulpe. Visiblement, elle a besoin de conseils en clairvoyance. A moins que tout cela ne soit qu’un dérapage non-contrôlé – une nouvelle saison a toujours besoin de quelques ajustements avant de prendre sa vitesse de croisière.

Dans ce cas, attendons au moins que la première semaine se passe avant d’être médisant. Après tout, l’inénarrable madame Lorente a annoncée sur le site officiel de l’émission : « Secret Story est un programme familial ».  Son vœu de ne pas faire parvenir des « gros mots » à des oreilles non averties, ni de « candidats nus » à des yeux innocents prend donc tout son sens. Et c’est tout à son honneur, vraiment.

Au fait, juste comme ça en passant, pour son information (et la vôtre), je rappelle que ce « programme familial » est sponsorisé par Manix.

C’est tout. Pour le moment…