[PODCAST] La folle histoire de l’Exoconférence

décembre 13, 2015 dans A la une, La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le deuxième hors-série de ce podcast où je vais vous parler de l’Exoconférence, le spectacle d’Alexandre Astier qui règle la question de la vie extraterrestre…

La version audio (.mp3) est disponible également. Pour vous la procurer, cliquez sur l’image !

Merci à Serge pour son aide précieuse !

LA CULTURE AVEC FRANÇOIS ROLLIN
Alexandre Astier se glisse à nouveau dans la peau de celui-qui-sait pour dispenser un savoir à ceux-qui-ne-savent-pas. Un hommage au travail de François Rollin, parfaitement assumé.
Pendant ce temps-là, François Rollin donne son point de vue sur le paysage culturel d’aujourd’hui…

L’IMAGE AVEC CHRISTOPHE GALFARD
Alexandre Astier commence son spectacle en évoquant de nombreuses images, réelles ou imaginées. Christophe Galfard, physicien théoricien ayant fait sa thèse avec Stephen Hawking et auteur du brillantissime « L’Univers à portée de main », m’a parlé de l’appréhension des distances, de l’image emblématique du cosmos et de sa fascination pour la question de la vie extraterrestre.

L’UNIVERS 2.0 AVEC BRUCE BENAMRAN
Alexandre Astier donne des conseils d’applications d’astronomie pour pouvoir regarder le ciel sans se perdre. Et qui de mieux qu’un Youtubeur pour cette rubrique ? Surtout quand ce Youtubeur fait la première partie du spectacle…

LE TWEET AVEC GUILHEM BOYER
Alexandre Astier est sur Twitter sous le pseudonyme de @sgtpembry. Mais par quel truchement ?? J’ai voulu comprendre pourquoi. Il m’a également parlé de son rapport avec ce média. Guilhem Boyer, community manager du CNES, a analysé la manière dont il gère son compte. Et le bilan est positif.

Alexandre Astier n’a pas manqué de me notifier le jour où il s’est rendu chez Étienne Klein pour préparer le spectacle. Le filou :-)

Et comme la vengeance est un plat qui se mange froid, je n’ai pas manqué de lui rendre la pareille quand, à mon tour, je me suis rendue chez lui pour qu’il me parle de son rôle dans le spectacle…

 

LA PERSONNALITÉ AVEC ÉTIENNE KLEIN
Du coup, qui de mieux qu’Étienne Klein pour être la personnalité de ce hors-série ? Au-delà de l’Exoconférence et d’Alexandre Astier, pour lesquels il a beaucoup d’estime, d’admiration et de respect, nous avons papoté de sujets aussi divers que l’origine de l’Univers, le temps dans les équations de Newton, la matière noire, et la théorie de bidule-truc. Je vous jure que c’est vrai.

L’INFO AVEC MICHEL TOGNINI
L’Exoconférence est bourrée d’informations sur l’astrophysique, les cosmogonies diverses (et surtout variées), et la manière dont les mythes extraterrestres ont émergé. Parmi ces mythes, beaucoup sont déconstruits par Alexandre Astier à l’aide du bon sens. Il évoque notamment le pilotage des soit-disant soucoupes volantes ainsi que le retro-engineering. Qui de mieux placé qu’un astronaute, pilote d’essai et militaire, pour confirmer ses dires et développer sur les OVNI et les PAN ?

LA DATE AVEC JACQUES ARNOULD
16 juin 2024. Au-delà du fait qu’Alexandre Astier fêtera ses 50 ans ce jour-là, l’Humanité apprend que la vie existe ailleurs. Comment réagira-t-on ? Que se passera-t-il dans la tête d’Alexandre ce jour-là ? Pour compléter son point de vue, je suis allée recueillir celui de Jacques Arnould qui a un métier unique au monde : chargé d’éthique dans une agence spatiale (le CNES, en l’occurrence).

L’ÉVÈNEMENT AVEC HERVÉ COTTIN
C’est le thème central du spectacle et c’est une question que tout le monde se pose : sommes-nous seuls dans l’Univers ? Le jour où un début de réponse positive nous arrivera sera un évènement incomparable dans notre histoire. Mais comment pourrait-on découvrir cette vie ? Où ? Quand ? À quoi ressemblerait-elle ? Et d’ailleurs… qu’appelle-t-on la vie ? Hervé Cottin, astrochimiste au LISA, m’en a longuement parlé dans un entretien passionnant…

LES ANAGRAMMES DE L’EXOCONFÉRENCE D’ALEXANDRE ASTIER
Parce que je m’ennuyais un dimanche soir, je me suis amusé à chercher des anagrammes de l’expression « l’Exoconférence d’Alexandre Astier ». (OUI BON. On a les occupations qu’on peut.) Certes, j’en ai trouvé quelques-unes qui ne veulent absolument rien dire – malgré leurs tournures grammaticalement correctes. Mais la dernière a quelque chose…

PERCEVAL EST-IL UN EXTRATERRESTRE ?
Tout fan de Kaamelott qui se respecte a bien remarqué que Perceval était un personnage spécial. Peut-être n’est-il pas l’enfant dans un corps d’adulte que l’on croit. Ou plutôt, si. Ou finalement, pas tout à fait… Questions existentielles, don mathématique, naissance inconnue et toujours le nez tourné vers les étoiles…
Mais alors… Perceval viendrait-il d’ailleurs ?

Bon, Alexandre n’a jamais voulu me donner la réponse mais j’aurais essayé.

Sinon, en plus de tous ces intervenants, je me suis aussi entretenue avec Patrick Baud, de la chaîne Axolot, grand spécialiste des curiosités et de l’étrange. Je ne pouvais pas passer à côté de son avis sur la question de la vie extraterrestre !

Je me suis également longuement entretenue avec mon ami Michel Felet, un journaliste passionné par le domaine du spatial, qui a interviewé les plus grands noms et côtoyé les plus grands mythes. Ne ratez pas son témoignage, il a des histoires étonnantes à raconter…

J’espère que ce hors-série vous aura plu ! Si c’est le cas, n’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne Youtube et à partager la vidéo le plus possible.
Merci à la générosité de tous ceux qui m’ont filé un coup de pouce sur Tipeee, ça m’aurait aidé à produire cet épisode.
Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air… à ne rien faire. À très vite :-)

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 38

juillet 25, 2014 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 38ème épisode de ce podcast où je vais vous parler d’exoplanètes, de musique cosmique, du big bang et de la Terre vue de l’espace…

Florent Marchet – « Bambi Galaxy »
Une fois n’est pas coutume, commençons en musique. Je voudrais vous signaler la sortie du dernier album de Florent Marchet, dont vous écoutez le titre d’ouverture, que j’écoute en boucle depuis des semaines, sur les images du clip d’un autre morceau.

Comme vous pouvez le constater, c’est un album qui nous emmène très loin dans l’espace et dans le temps, il s’appelle « Bambi Galaxy » et c’est une sorte de recueil de nouvelles de science-fiction musical. C’est très étonnant. Il nous raconte plein d’histoires – je trouve d’ailleurs les textes plus réussis que les musiques mais c’est tout à fait personnel, y a tout un univers qui nous emporte… Ça s’écoute presque comme un podcast, en fait.
Et puis on le sent vraiment impliqué, il doit s’intéresser à l’exploration spatiale et au futur depuis des années, le futur de la planète et de l’humanité semble l’inquiéter, enfin… Y a vraiment tout un tas de réflexions derrière. On sent qu’il a ça en lui depuis un brave moment, et ça m’a touchée. Voilà. « Bambi Galaxy », donc, chez votre disquaire et sur toutes les bonnes plateformes de téléchargement légal.

L’exoplanète Gliese 581c et ses soeurs… ou pas
Voyageons également dans l’espace et dans le temps avec la date de l’épisode : il y a 7 ans, le 4 avril 2007, a été découverte l’exoplanète Gliese 581c autour de l’étoile Gliese 581 qui se situe à 20,5 années-lumière de notre bonne vieille Terre. Elle a d’ailleurs été découverte par une équipe d’astronomes européennes dirigée par Michel Mayor, qui est le co-auteur de la découverte de la toute première exoplanète en 1995.

Et pour l’anecdote, Gliese 581c est nommée dans le film « Battleship » sorti en 2012 avec Liam Neeson puisque c’est là d’où viennent les méchants extraterrestres. Je vous le conseille, c’est complètement barré, on a bien rigolé, avec mon ami Pascal Mabille – et il a été nominé 7 fois au Razzie Awards, preuve que c’est du bon gros film pop-corn qui tache, avec seulement une récompense pour Rihanna quand même pour la pire actrice dans un second rôle. Ah ben voilà ! J’ai envie de le revoir, maintenant !

Bon, mais revenons à Gliese 581c. Si je vous en parle, c’est pas pour Battleship, c’est parce qu’il se trouve que récemment, deux des planètes du même système solaire, Gliese 581d et Gliese 581g, semblent n’avoir en fait jamais existé. Après des nouvelles analyses, des astronomes américains ont expliqué que les signaux reçus pouvaient en fait correspondre à des variations du spectre lumineux de l’étoile Gliese 581 dues à son activité interne.

Alors, qu’en est-il vraiment ?… Futura Sciences a interrogé Xavier Delfosse, qui fait partie de l’équipe qui a découvert les deux planètes en question.
Il faudra donc attendre de nouvelles analyses, et en attendant, comme dirait Etienne Klein : « Il faut se hâter de ne pas conclure… »
Et d’ailleurs Xavier Delfosse avait été interrogé sur son métier d’astronome et en quoi ça consistait au quotidien. Je vous laisse découvrir sa réponse…

Et puisque c’est grâce à la série COSMOS version Carl Sagan qu’il est devenu astronome, j’en profite pour vous signaler que COSMOS version Neil deGrasse Tyson, que j’ai enfin pu voir et qui est un chef d’œuvre et qu’on devrait diffuser dans les écoles du monde entier, a 12 nominations aux Emmy Awards, qui sont les Oscars de la télévision. J’espère bien qu’il aura les 12 parce que largement mérité.

Carnet rose cosmique : une nouvelle lune pour Saturne ?
Du côté des infos, restons du côté des astres que l’on découvre, mais plus proche de nous, cette fois, avec cette nouvelle étonnant : une lune de Saturne est en train de naître sous nos yeux dans ses anneaux !
C’est bien sûr la sonde Cassini qui a pu nous montrer ça, la NASA a annoncé la nouvelle le 14 avril dernier même si la photo date du 15 avril 2013 – il faut toujours du temps pour obtenir des données plus précises et confirmer une découverte, parce que rappelez-vous, dans le domaine des sciences… « Il faut se hâter de ne pas conclure… »

Ce qu’on voit sur l’image est une perturbation qui fait environ 1200 km de long sur 10 de large et elle serait donc provoquée par un embryon de lune qui fait pour l’instant 1 km de diamètre. C’est rien du tout mais le chercheur qui l’a trouvée a tenu à lui donner un nom, Peggy, parce que c’est le prénom de sa belle-mère qui fêtait ses 80 ans au moment où il a fait la découverte. C’est choupinou, hein ?

Bon en tout cas on ne sait pas trop ce qui va advenir de ce petit corps cosmique. Soit son développement va s’arrêter très vite, soit il va se désagréger, soit il va continuer à se développer pour ensuite quitter les anneaux et devenir un satellite à part entière. Quelle que soit l’issue, c’est de toute façon une aubaine pour les scientifiques qui ont plusieurs théories pour expliquer la formation des lunes de Saturne à partir de ses anneaux et qui ne savent pas encore quelle est la bonne. La petite Peggy pourrait donc apporter des éléments de réponse et permettre d’affiner les scénarios… À suivre, donc !

Le câlin d’astronautes américain, russe et allemand en pleine crise ukrainienne
Maintenant, une image. Et une image qui vaut tous les mots de l’Histoire de l’humanité. Elle date de fin mai dernier lors de la conférence de presse qui a précédé l’envol de 3 astronautes vers l’ISS, qui s’y trouvent toujours à l’heure où je vous parle.

Pour vous situer le contexte, c’était le tout début de la crise en Ukraine qui a refroidi considérablement les relations entre les Etats-Unis et la Russie, notamment. C’est ballot quand on sait que dans le domaine du spatial, ils travaillent ensemble depuis des décennies, et plus que ça : ils ont besoin l’un de l’autre depuis l’arrêt des navettes spatiales américaines. Les Etats-Unis ne peuvent pas envoyer d’astronautes dans l’espace, ils sont donc dépendants des Russes pour l’iSS – et d’un autre côté, la Russie a besoin de l’argent des Américains – 70 millions de dollars par siège pour l’ISS, par exemple – pour faire tourner leur agence spatiale. Bref…

Et avec la crise de l’Ukraine, la NASA a demandé à ce que plus aucun de leur employé n’ait de contact avec les Russes – même par mail, visioconférence et tout ça – sauf en ce qui concerne l’iSS. Mais ambiance… Et du côté russe, le gouvernement a fait savoir que s’ils continuaient comme ça, ils n’auraient qu’à envoyer leurs astronautes dans l’espace avec un trampoline.
Très, très tendu, tout ça, donc… Et justement, l’équipe en partance pour la station était composée justement d’un Russe, d’un Allemand, et d’un Américain.

Et un journaliste demande quelles implications la crise ukrainienne a au sein de leur équipe. Et voici leur réponse.

Voilà. J’aimerais bien m’arrêter là et passer à la suite tellement ça se passe de tout commentaire, mais putain, cette image devrait devenir le symbole de ce qui passe dans le domaine du spatial : des gens qui s’estiment, des gens qui se respectent – et qui certainement s’apprécient beaucoup, des gens qui travaillent ensemble et qui arrivent à dépasser les tensions géopolitiques dues à leur nationalités respectives, des gens qui sont juste des êtres humains et C’EST TOUT, et qui ne font aucune concession là-dessus. DES ÊTRES HUMAINS, des TERRIENS, des habitants d’une seule et même planète, d’une seule et même maison. Et C’EST TOUT.

Et de nombreux astronautes répètent à l’envi que dans le futur, quand ce sera techniquement possible, chaque habitant de la planète puisse faire un vol pour aller contempler la Terre de là-haut et faire prendre conscience d’abord que la Terre est un vaisseau spatial perdu dans l’immensité de l’espace et que c’est notre unique et seule oasis, et donc qu’on doit la préserver ; et ensuite pour faire prendre conscience qu’on est tous des habitants d’une même maison – et qu’il n’est d’ailleurs pas utile de monter très haut pour que les frontières disparaissent.
Et peut-être que ça, ça changerait le monde.

En tout cas, cette image me fait pleurer à chaque fois et elle illustre parfaitement bien une des principales raisons pour lesquelles j’aime autant le spatial et les sciences qui l’accompagnent.

Selfies de l’espace
Et pour rester dans le cœur du sujet, voici la rubrique des tweets… Et celui-là est un selfie de l’astronaute Rick Mastracchio posté le 23 avril dernier, où on voit nettement un sourire séparé de l’espace par seulement la fine cloison de son casque, sur fond de Terre…

Et quelques mois plus tard, Buzz Aldrin qui postait, selon lui, le premier selfie spatial de l’histoire en 1966, et on le voit également sur fond de Terre, qui semble n’avoir pas pris une ride en 48 ans… Ce qui est logique à l’échelle de l’âge de la Terre, mais en 48 ans, des continents de plastique sont apparus, des glaciers ont disparu, des côtes ont reculé, l’atmosphère a changé… et rien n’est fait pour ralentir tout ça et éviter une catastrophe.

 

Et c’est un problème, hein ! Parce que vous voyez, ça ? C’était en juillet dernier. On est toujours, tous, vivant ou ayant vécu, ici. Sur le même vaisseau. Dans l’immensité de l’Univers. Sans solution de repli.

La Terre et la Lune vue depuis Saturne en juillet 2013

La Terre en direct et en HD
Et puisqu’on en parle… Certes nous ne pouvons pas encore aller faire un petit tour en apesanteur pour aller voir la Terre de là-haut, mais grâce à des caméras situées sur l’ISS, on peut quand même la voir en temps réel et en HD sur ce site internet. Et je crois que c’est le truc le plus magique de ces 20 dernières années.
Bon, quand j’ai pris la capture d’écran du site, elle était du côté nuit de la Terre, donc pas de retransmission, ce qu’on voit est juste le reflet du soleil dans l’objectif de la caméra, visiblement. Mais juste en dessous de la vidéo, il y a une carte où on peut savoir où elle se trouve exactement – en cas de nuages, c’est impossible de savoir, sinon.

Et donc on peut voir la Terre en direct. Là par exemple, l’ISS commence à passer côté jour… un peu plus tard, là voici au-dessus de l’Espagne et du Portugal… la Méditerranée… et puis en plein cœur de l’Afrique… et là, elle va arriver au dessus de Madagascar et on commence à voir les côtes africaines se découper sur l’Océan Indien…
C’est planant, c’est fascinant, c’est hypnotisant, c’est grisant, c’est magique… C’est notre planète, en temps réel. Ça peut être très romantique à regarder, aussi, hein ! Pensez-y si vous n’avez pas de coucher de soleil sous la main et que vous voulez prendre votre temps avec votre nouveau ou nouvelle dulcinée… Parce que parfois, c’est vrai que « il faut se hâter de ne pas conclure ».

Les ondes gravitationnelles du big bang… ou pas ?
Trêve de plaisanterie, revenons aux choses sérieuses… Très sérieuses, même, puisque c’est un événement qui a fait l’effet d’un big bang dans tous les sens du terme : il y a quelques semaines, une équipe de chercheurs américains a annoncé avoir détecté directement des ondes gravitationnelles, ce qui est une grande première déjà, et qui en plus proviendraient du big bang ! Ce qui confirmerait la théorie… Mais d’abord, qu’est-ce qu’une onde gravitationnelle ? Je laisse le soin de répondre à Jean-Pierre Luminet, l’astrophysicien-blogueur dont je vous avais parlé à l’épisode précédent…

Voilà, donc vous imaginez bien que si une détection indirecte des ondes gravitationnelles venues d’un pulsar a débouché sur un prix Nobel, il en sera sûrement de même une détection directe venue du big bang…
Voici l’image des chercheurs américains. Là encore, je ne vais pas reformuler de peur de dire des bêtises et je vais citer un des chercheurs interrogé par Le Figaro.

Et les petits traits que l’on voit sur l’image, c’est ce qui représente la polarisation, si j’ai bien compris.
Mais voilà, comme toujours en sciences… « il faut se hâter de ne pas conclure ».

Et comme de nombreux scientifiques sont sceptiques, il se pourrait que cette annonce fracassante ait été faite un peu trop tôt par une équipe un peu trop zélée : peut-être ces chercheurs se sont-ils trompés sur l’interprétation de ces données… Du coup il va falloir attendre l’automne et les résultats du satellite européen Planck qui a observé la même portion du ciel, pour confirmer ou infirmer ces résultats…

Virginie Spies, auteur de « Mars Océan »
En attendant des nouvelles fraîches du big bang, faisons connaissance avec la personnalité de la semaine… Elle s’appelle Virginie Spies, elle est sémiologue et maître de conférences à l’université d’Avignon, spécialiste de la télévision – elle en a écrit deux livres – et elle s’intéresse notamment aux programmes populaires. En parallèle, elle est aussi auteure de pièces de théâtre. Et si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce qu’elle a regroupé toutes ses compétences dans un projet de fiction en ligne qui s’appelle Mars Ocean – c’est un court roman de science fiction qu’elle a publié chapitre par chapitre sur Internet et que j’ai beaucoup aimé. (Retrouvez l’interview de Virginie Spies sur ce projet ici.)

Le pitch est le suivant : Mars Ocean – L’Univers n’a pas été totalement exploré, la télévision non plus. Qui n’a pas eu envie de changer de vie pour repartir à zéro ? Quand l’opportunité de partir sur Mars s’est offerte à Louise et Cyrius, ils ont tenté leur chance. Mais est-il possible de tout quitter lorsqu’on est filmé 24h sur 24 ? Lorsqu’on est contraint de vivre entouré de personnes qui comme vous ont tout quitté ? Et que faire quand l’une des participantes disparaît ?
Evidemment, elle s’est inspirée du projet Mars One mais s’en dégage librement, et l’intrigue est sympathique, de vraies questions sont posées et c’est très agréable à lire – d’autant plus que c’est très court pour ceux d’entre vous qui seraient allergiques aux pavés.
Le texte intégral est toujours disponible sur le site dédié, que je mettrai en lien sur mon blog bien entendu, et il est disponible en version Kindle pour la plage sur Amazon pour la modique somme de 1 euro 49.

Et c’est ainsi que je me hâte de conclure le 38ème épisode de « La folle histoire de l’Univers », un immense merci à tous ceux qui ont mis des étoiles à ce podcast sur iTunes et à tous ceux qui m’ont laissé un petit mot gentil – ça fait vraiment chaud au cœur et n’hésitez pas si vous ne l’avez pas encore fait, c’est toujours un plaisir de vous lire et de voir que vous existez autrement que derrière des chiffres de téléchargements ; je vous rappelle que tous les liens, vidéos, images sont mises en ligne sur mon blog ; et vous pouvez également liker la page du blog sur Facebook.
Et surtout, un énorme merci à tous ceux qui partagent ce podcast sur les réseaux sociaux et qui le font tourner – n’hésitez pas, c’est gratuit, c’est pour vous, c’est pour tout le monde.

Et je vous laisse en images avec les 5 premières minutes de mon talk TEDx sur la scène de Bobino à Paris le 12 juin dernière – l’intégralité de la vidéo se trouve bien sûr sur mon blog si vous voulez voir la suite…
Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire et passez un bel été sous les étoiles !

[LIVRE] Mes lectures d’août

septembre 6, 2011 dans Culture, En vrac

L’étranger, d’Albert Camus

Folio (première édition : Gallimard, 1957), 186 pages.
Littérature XXème siècle

Pourquoi ce livre
J’ai passé quelques jours chez un ami, et il travaillait ce soir-là. C’est le premier livre que j’ai vu dans sa bilbiothèque. Je suis d’origine pied-noir, ma grand-mère déteste Camus, mais je me suis dit qu’il serait peut-être temps, à mon âge, de m’émanciper… (N’allez surtout pas cafter, hein !!)
Résumé
Un mec tue un autre mec et il est condamné pour ça.
Mon avis
Ok. Euh… Pas compris l’intérêt littéraire/philosophique/historique/autre. Vide de sens. Ou s’il en a eu un, alors il a très mal vieilli. Mais bon pour la culture générale, alors… Me voilà instruite de ce-qu’il-faut-absolument-avoir-lu et de ce-qu’il-faut-absolument-avoir-âââdôré. Super.
Personnellement, ça m’a choquée plus qu’autre chose : tout part du fait (un détail dans ce roman !!) qu’un mec (pas l’assassin ni l’assassiné d’ailleurs…) maltraite et bat sa maîtresse. Et tout le monde trouve ça normal. Et c’est au programme dans les écoles. Euh… O_o
Anecdote
Après un débat sur Twitter, il s’est avéré que soit ce livre était encensé, soit il avait rendu complètement indifférent. Personne entre les deux. Personnellement, une heure après, je l’avais déjà oublié. Mais intriguée par ces personnes pour qui il compte et par le fait qu’il tienne une si grande place dans la littérature du 20ème siècle, j’ai demandé à ma grand-mère (l’autre, malheureux !!) de le lire pour avoir l’avis de quelqu’un de sa génération. (Je pense sincèrement qu’il s’inscrit dans une époque et un contexte géo-politique bien trop ciblé et trop spécial – j’en sais quelque chose – pour avoir d’écho aujourd’hui et ici.) À suivre…
Pirates, de Michael Crichton
Pocket (première édition en France : Robert Laffont, 2010), 348 pages.
Aventure

Pourquoi ce livre
Je suis une fan inconditionnelle de Michael Crichton, et je ne connaissais pas celui-là. Les histoires de pirates ne me passionnent pas en général, mais j’avais envie de légèreté et de quelque chose qui me sorte de mon quotidien.
(Hein ? Ouais, chui trop trop fière de la photo, ouais. Prise avec le livre posé sur une double page d’Horizons lointains, de Patrick Poivre d’Arvor.)
Résumé
17ème siècle, Caraïbes. Un corsaire anglais et son équipage partent récupérer un trésor dans une île espagnole ennemie.
Mon avis
Aventure, suspense, action, un peu de sexe. Je l’ai dévoré. D’autant plus intéressant que très documenté : le vocabulaire est très riche, et on apprend à la dernière page, sur une note, que les personnages ont réellement existé. C’est passionnant, distrayant, et bien écrit (par contre, certains dialogues auraient pu être retravaillés…)
Y a des auteurs comme Michael Crichton qui devraient éviter de mourir.
À lire avec la BO de Pirates des Caraïbes en boucle !
Titan, de Stephen Baxter
J’ai lu, 2001 (pour la première édition en France), 695 pages.
Hard SF

Pourquoi ce livre
J’ai découvert Stephen Baxter avec sa trilogie des Univers Multiples, devenant mon auteur de hard SF favori. Titan ne m’a pas déçu : c’est fascinant et il est impossible de le lâcher avant la dernière ligne.
Résumé
2008. Cinq êtres humains décident de s’envoler vers Titan, une des lunes de Saturne, où la sonde Cassini-Huyghens a découvert des traces de vies en 2004.
(La sonde est réellement allée là-bas en 2004, mais le roman a été publié en 1997.)
Mon avis
Basé sur des faits scientifiques réels, très technique (trop concernant les détails des navettes et la biochimie, peut-être ?) Fait réfléchir sur la NASA et sur la politique américaine, sur la conquête spatiale, sur la science, sur la place et la responsabilité de l’être humain dans l’univers en général.
Alternance mission Titan / partie d’anticipation sur le futur très proche (2015/2016) sur Terre qui fait froid dans le dos car presque bien vue pour le moment… Ecrit en 1997, il se trompe par contre parfois sur la place d’Internet – amusant à lire en 2011, du coup.
La citation qui m’a fait rire
(… et qui ne reflète pas vraiment l’ensemble du roman) : « Je sens mes couilles, donc je suis. » (p. 644)
Evolution, de Stephen Baxter
Presses de la Cité, 2005. 727 pages.
SF/Histoire

Pourquoi ce livre
C’était l’autre seul livre de Stephen Baxter à côté de Titan sur le rayon de la bibliothèque. Je n’allais quand même pas l’y laisser tout seul !!
Résumé
65 millions d’années avant notre ère. Purga, un petit primate, lutte pour trouver à manger et à boire, pour protéger ses petits, et pour échapper aux prédateurs. C’est notre ancêtre commun. Pourtant, au-dessus d’elle, une comète approche…
Mon avis
Stephen Baxter raconte magistralement l’histoire de l’évolution, de la disparition des dinosaures à l’an 2031, en passant par toutes les étapes qui transformeront Purga, petit mammifère ressemblant à un écureuil, à… nous. Basé sur des faits scientifiques, cela reste un roman et non une thèse, comme l’auteur le signale à la fin. D’autant plus qu’il poursuit l’histoire de l’évolution jusqu’à 30, puis 500 millions d’années après notre ère et au-delà…
D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? S’il ne faut pas oublier que c’est un roman, la rigueur de Baxter concernant la science permet de s’approcher de ce qui a pu réellement se passer. Je conseille vivement : c’est notre histoire à tous. Fascinant de toucher un peu mieux du doigt nos origines communes. Permet aussi de réfléchir à l’inné et à l’acquis, à ce qui nous reste de Purga et de ses descendants, à la nature de l’être humain, etc…
La citation qui m’a fait rire
« Une sorte de gros rhinocéros, l’elasmotherium, parcourait le nord de l’Eurasie. Il était équipé de grandes pattes et d’une corne de deux mètres de long : une licorne bodybuildée. » (p. 294)
(Le mec qui réussit à placer « licorne bodybuildée » dans un roman sur l’évolution, je veux bien l’épouser, ouais.)
Le fauteuil hanté, de Gaston Leroux
E-book, 324 pages
Fantastique

Pourquoi ce livre
Il fait partie des nombreux e-books gratuits que j’ai téléchargés dans la bibliothèque de mon iPad (merveilleuse petite machine, gnnn ♥). C’est le titre qui m’a donné envie de commencer par celui-ci plutôt que par un autre.
Résumé
A l’Académie française, les prétendants à un fauteuil laissé vaquant meurent les uns après les autres…
Mon avis
Style de l’époque, ton enjoué, suspense… Ça se lit tout seul, c’est à la fois drôle et prenant. Dommage qu’il soit si peu connu, j’aurais adoré le découvrir avant !
La citation qui m’a fait rire
« A quoi M. le secrétaire perpétuel répliqua qu’il était trop tard pour revenir en arrière et que lorsqu’on était Immortel, c’était jusqu’à la mort. » (p. 274)
La princesse de Clèves, de Madame de la Fayette
Folio, 160 pages
Roman XVIIème siècle

Pourquoi ce livre
Je ne l’avais encore jamais lu, j’avais réussi à passer à travers tous les spoils, et je me souvenais vaguement de cette polémique qu’avait lancée Nicolas Sarkozy. Je me suis dit qu’il fallait peut-être faire quelque chose pour ma culture générale…
(Je ne me rappelle plus l’objet de la polémique, et je m’en fous ! Si elle revient un jour, je pourrai au moins me faire ma propre opinion.)
Résumé
XVIème siècle, sous Henri II. Une jouvencelle est présentée à la Cour par sa mère, qui lui a enseigné les vertus de l’honnêteté et de la fidélité, pour la marier. C’est le prince de Clèves, tombé amoureux de la jeune fille, qui aura sa main. Mais celle-ci, peu après leur mariage, se prend de passion pour le duc de Nemours, et réciproquement…
Mon avis
J’adore le langage de cette époque. Mais j’avoue que, écriture délicieuse ou pas, j’ai été ennuyée par la première partie du roman. J’ironisais intérieurement sur le fait que c’était les Feux de l’Amour (ou les dessous de Twitter…) version cour royale à la Renaissance : les babillages et les histoires de qui-couche-avec-qui me gonflent. Même bien écrites, ça m’emmerde prodigieusement… J’ai failli lâcher.
Et puis on en arrive au noeud de l’intrigue qui m’a retourné les tripes. Être passionnément amoureux, ne pas pouvoir le (et se) montrer, ni le dire, et encore moins le vivre (?) est une des pires choses qui puisse arriver dans une vie. Dans un style dépourvu d’envolée lyrique (et donc presque clinique…), les bonheurs purs, les merveilles absolues, et les souffrances ineffables sont décrits avec une justesse rarement égalée. Et ça fait mal…
La passion amoureuse est à la fois la chose la plus intensément merveilleuse et la plus grande putain de saloperie qui puisse exister. Et 350 ans après, Madame de La Fayette nous en livre un exemple qui fera douloureusement écho à tous ceux qui l’ont connue, dans un style tellement détaché que l’horreur en est décuplée. Et c’est encore en-deçà de la réalité…
Intemporel et universel, ce chef d’oeuvre est plus que jamais d’actualité et ne prendra jamais une ride. (Contrairement à L’Etranger, donc, qui a dû n’avoir de sens que les quelques années suivant sa publication.)
Il permet de réfléchir sur le sens de la vertu et de la fidélité, sur quoi dire ou taire au sein d’un couple, et comment se comporter lorsque la passion survient… On se rend compte que, finalement, même si les moeurs ont changé et que le divorce est affaire courante, les problématiques sont exactement les mêmes aujourd’hui qu’au temps d’Henri II.
Personne ne sait comment réagir face à la passion amoureuse. La réaction de la princesse de Clèves en est une parmi d’autres. Mais finalement, on en vient à conclure que quoi qu’on fasse, personne ne sort jamais indemne de ce sentiment.
Je vais passer ma nuit à pleurer, hein, et je reviens avec le prochain ouvrage juste après.
Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates,
de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows
Editions du Nil, 2009, 395 pages
Roman épistolaire

Pourquoi ce livre
J’avais envie de lire quelque chose d’un peu nouveau, mais je ne savais pas quoi. J’ai demandé conseil auprès de ma Môman qui m’a mis ce volume entre les mains avec ordre de le lire !!
Résumé
Londres, 1946. Juliet, écrivain fantasque, se remet doucement de la guerre et cherche un sujet pour son nouveau roman. Une lettre d’un habitant de l’île de Guernesey et membre du Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates (club littéraire créé pour tromper les Allemands qui occupaient l’île) va bouleverser sa vie.
Mon avis
Enorme coup de coeur pour ce roman. Pourtant, j’ai eu du mal à rentrer dedans : j’ai failli lâcher après 40 pages, pour finalement tenter d’insister quelques semaines après. Ensuite, impossible de le lâcher.
Le personnage principal a un style et un humour à pouffer de rire régulièrement sans crier gare, et l’histoire nous fait passer d’une joyeuse légèreté à des larmes poignantes. On se prend d’affection pour les habitants de cette île comme si c’était nous, lecteurs, qui correspondions avec eux. Leurs peines sont les nôtres, leurs joies aussi, et si les faits ne sont pas réels, on imagine que les deux auteures ont dû fournir un gros travail de recherches pour flirter au plus près de l’Occupation nazie sur cette petite île. Il est difficile, après la dernière page, de s’extraire de cette ville, de ces vies, de cette Histoire…
L’exploit de ce roman réside dans le fait de rendre absolument lumineuse la reconstruction d’une communauté meurtrie par la Seconde Guerre Mondiale, sans jugement manichéen ni pathos. Bien au contraire.
Si vous ne deviez lire qu’un livre sur tous ceux présentés dans ce billet, ce serait celui-là.
Citations…
… qui m’ont fait rire
« Cher Mr. Reynolds, J’ai surpris votre coursier en flagrant délit de dépôt d’oeillets roses sur mon palier. Je l’ai attrapé au col et je l’ai menacé jusqu’à ce qu’il me révèle votre adresse. Vous voyez, Mr. Reynolds, vous n’êtes pas le seul à user de la tactique de l’intimidation sur d’innocents employés. J’espère que vous ne le renverrez pas, il avait l’air d’un gentil garçon, et il n’a guère eu le choix : je l’ai menacé deLa Recherche du temps perdu. » (p. 52) 

… qui font réfléchir sur les relations virtuelles que nous entretenons avec des inconnus. Les thématiques des réseaux sociaux ne sont pas différentes de celles des anciennes correspondances épistolaires…   
« La navette s’est approchée du port poussivement, et j’ai vu St. Peter Port s’élever de la mer, en une suc­cession de terrasses dominées par une église posée au sommet, telle une décoration de sucre sur un gâteau. Mon coeur tambourinait dans ma poitrine. J’ai essayé de me persuader que c’était à cause de la splendeur de la scène, en vain. Toutes ces personnes que j’en étais venue à connaître, et même à aimer, étaient là. Elles m’attendaient. Je ne pouvais plus me retrancher der­rière une feuille de papier. Tu sais, Sidney, au cours de ces deux ou trois dernières années, je suis devenue plus douée pour écrire que pour vivre (pense à ce que tu fais de ce que j’écris). Sur le papier, je suis absolument charmante, mais c’est juste une astuce que j’ai trouvée pour me protéger. Ce n’est pas moi. Ça n’a rien à voir avec moi. Du moins, c’est ce que je pensais au moment où la navette postale est arrivée à quai. Dans un accès de lâcheté, j’ai failli jeter ma cape rouge par-dessus bord pour passer inaperçue. » (pp. 240-241)
L’Ange de Florence, de Patrick Weber
Labyrinthes, 2000, 181 pages
Policier/Historique

Pourquoi ce livre
J’ai trouvé le titre bon pour mon ego. Et surtout, quand je l’ai ouvert au pif pour en lire deux-trois lignes, le premier mot sur lequel je suis tombée était « sodomie ».
Résumé
Florence, XVème siècle. Leonard de Vinci n’est encore qu’un jeune homme. Et voilà qu’il est accusé des meurtres mystérieux de jeunes éphèbes.
Mon avis
Passez votre chemin ! C’est écrit en Oui-Oui (ce n’est d’ailleurs pas un critère de mauvaise qualité en soi), c’est surtout mal écrit, les personnages et les situations ne sont pas crédibles, et ce serait à peine adaptable en mauvaise série B historique.
Heureusement, le mot « sodomie » apparaît deux fois. (Hein ? Ouais, il me faut pas grand-chose.)
Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig
Livre de Poche (première publication en 1927), 127 pages
Littérature autrichienne

Pourquoi ce livre
Alors que je passais la nuit chez une amie dont je gardais le chat pendant ses vacances, je me suis dit qu’il serait bien de lire enfin ce classique que je ne connaissais pas…
Résumé
Côte d’Azur, début du XXème siècle. Dans une pension pour la haute société, une des clientes, mariée, s’enfuit avec un jeune homme dont elle n’avait fait la connaissance que quelques heures auparavant. Scandale. Sauf pour une vieille femme, qui accepte de raconter son histoire – similaire – au narrateur, seul défenseur de la désertrice, lui expliquant ainsi comment une vie peut basculer en l’espace d’une journée.
Mon avis
Mouais. Je n’ai pas été très convaincue, ni très emballée, par cette histoire, qui m’a plus ennuyée qu’autre chose. Il s’agit encore de tenter d’expliquer la passion amoureuse, mais c’est moins convaincant que laPrincesse de Clèves, par exemple. Ca ne m’a pas du tout touchée.
Pourtant, j’aime beaucoup Stefan Zweig. Je reste une inconditionnelle du Joueur d’échecs, et si vous deviez ne lire qu’un seul livre de lui, ce serait son témoignage intitulé Le Monde d’hier, que j’ai lu et relu, et que je relirai encore. Dans ce livre, il raconte l’Europe d’avant la Première Guerre Mondiale, et les transformations que les deux guerres ont engendrées, dans son style si agréable à lire.
C »est à la fois un document historique et une réflexion presque philosophique sur la société et la psychologie humaine. C’est passionnant et ça permet de comprendre qui nous sommes, et d’où nous venons. Et ça éclaire pas mal de choses sur le monde (l’Europe !) d’aujourd’hui, du coup…
Le vaisseau des Voyageurs, de Robert Charles Wilson
Folio SF (première publication en 1992), 561 pages
Science-Fiction

Pourquoi ce livre
J’ai lu un roman de Wilson il y a quelques mois, intitulé Spin, que j’avais adoré et prêté à Pôpa. Il s’est souvenu avoir déjà lu un roman de cet auteur, et me l’a donc offert… ♥♥♥
Résumé
Un vaisseau extraterrestre est arrivé un jour et a stationné au-dessus de la Terre pendant un an, sans bouger, sans communiquer. Et un jour – ou plutôt une nuit – toute l’humanité s’endort et fait le même rêve, où les Voyageurs leur expliquent qui ils sont. Ils leur posent également la même question : souhaitez-vous devenir des entités immortelles ? Un être humain sur dix-mille refusera la transformation. Dont Matt Wheeler, médecin généraliste, (anti-)héros du roman…
Mon avis
C’est une histoire très prenante, et très troublante, du genre à faire rater sa station de métro ou à faire des rêves vraiment déstabilisants, voire désagréables. Ce n’est pas assez étrange pour qu’on s’imagine que ça ne sera jamais que de la science-fiction, mais ça l’est assez pour être presque mal à l’aise face à des questions comme : finalement, ça veut dire quoi, être « humain » ? et si cela arrivait vraiment, quelle serait ma réponse ?
Ces Voyageurs arrivent parce qu’ils ont vu que les Humains détruisaient leur planète, et qu’ils seraient notre seul salut. Entités dénués d’enveloppes physiques, ils sont des individualités, mais les connaissances et les souvenirs de chacun sont accessibles à tous. Ecrit au début des années 90, ça fait droit dans le dos : Wilson anticipait déjà les problèmes environnementaux auxquels nous faisons face, et le fonctionnement de ces Voyageurs décrit exactement le concept du web…
Lire ce roman, c’est être pris de vertiges. Mais paradoxalement assez grisants…
Extrait (pris au hasard)
« - Les choses continueront comme maintenant, dit-elle enfin. Du moins pour un temps. Peut-être jusqu’à l’hiver. Après… les gens commenceront à disparaître.
- A disparaître ?
- A abandonner leur corps physique. Oh, je sais que ça doit te sembler épouvantable… Mais ça ne l’est pas. Je t’assure que ça ne l’est pas.
- Si tu le dis, Rachel… Et qu’est-ce qui arrivera à ces gens ?
- Dans un premier temps, ils iront dans le vaisseau.
- Pourquoi « dans un premier temps » ? Ils n’y resteront pas ?
- Nous aurons un endroit à nous avant longtemps.
- Qu’est-ce que tu racontes ? Un vaisseau pour humains ?
- En quelque sorte.
- Mais… dans quel but ? Pour quitter la Terre ?
- Peut-être. Papa, ces décisions n’ont pas encore été arrêtées. Mais la Terre fait l’objet de sérieuses études. On l’a vraiment martyrisée. Les Voyageurs ont déjà commencé à la nettoyer. A refermer certaines blessures que nous lui avons infligées. Ils purifient l’air de son excès de gaz carbonique…
- Parce qu’ils peuvent faire une chose pareille ?
- Oui.
- Admettons.
Il soupira.
- Donc les gens disparaissent. Donc Buchanan est vide.
- Nous ne disparaîtrons pas tous. Du moins pas tous en même temps… Comment appelle-t-on un jour comme aujourd’hui ? L’été indien ? Le dernier beau jour de l’année. La dernière occasion d’aller se baigner, peut-être, ou de se promener. Eh bien, je crois que les quatre ou cinq mois à venir seront comme un été indien pour beaucoup d’entre nous. Notre dernière chance de porter un corps humain et de profiter de la Terre.
- Une dernière chance avant l’hiver.
- Une dernière chance avant quelque chose de mieux. Mais même si tu quittais une vieille cabane pour un palais des Mille et Une Nuits, tu aurais tout de même envie de jeter un dernier coup d’oeil sur ta cabane avant d’en fermer définitivement la porte.
Son regard était devenu vague, sa voix toute faible.
- C’est le berceau du genre humain. Et il n’est pas toujours facile de quitter le berceau.
Etrange, songea Matt, comme un jour si ensoleillé pouvait être aussi froid. »
(pp. 236-237)
L’Ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafón
Livre de Poche (première édition en 2001), 637 pages
Littérature espagnole


Pourquoi ce livre
C’est mon amie Virginie qui m’a prêté ce livre en m’en disant le plus grand bien. Des mois qu’il traîne sur mon lit dans l’attente que je l’ouvre…
Résumé
Barcelone, 1945. Daniel, un petit garçon de 10 ans, suit son père qui l’emmène vers un endroit secret : le Cimetière des Livres Oubliés. Il doit y choisir un livre – à moins que ce ne soit le livre qui choisisse l’enfant : l’heureux élu est un roman d’un certain Julian Carax. Chose étrange, un homme au visage brûlé détruit systématiquement depuis des années tous les livres de cet auteur méconnu. Cela intrigue Daniel, qui va vouloir en savoir plus sur ce mystérieux écrivain…
Mon avis
Ce livre qui commence comme un roman pour enfant se transforme rapidement, et sans que l’on ne se rende compte de rien, en un roman policier aussi rythmé qu’enjoué, puis en un récit finalement assez sombre, qui mêle drames familiaux sur décor de guerre.
C’est rondement mené, le choix de Daniel comme narrateur donne une dimension très intéressante à l’histoire, puisqu’elle s’étale sur plusieurs années, suivant donc la fin de l’enfance, l’adolescence, puis le début de la vie d’adulte du garçon.
Ses tracas quotidiens, ses expériences et son apprentissage de la vie se déroulent en parallèle avec les histoires qu’il retrace avec son fantasque ami et collègue. Histoires qui se transforment d’ailleurs en une unique histoire dans l’Histoire…
Même si les lecteurs les plus perspicaces (dont moi, j’avoue) devineront les coups de théâtre à l’avance, on est littéralement happé par ce récit et il est très, très difficile de s’arrêter en cours de route. D’ailleurs, sur la couverture, est recopiée cette critique de Lire : « Si vous avez le malheur de lire les trois premières pages de ce roman, vous n’avez plus aucune chance de lui échapper ».
Mon conseil : commencez par la quatrième. Déconnez pas putain, j’y ai passé une nuit blanche, moi.
Citations
« Chaque livre, chaque volume que tu vois, a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu, et rêvé avec lui. Chaque fois qu’un livre change de main, que quelqu’un promène son regard sur ses pages, son esprit grandit et devient plus fort. » (pp. 12-13)
« Je ne connaissais pas encore le plaisir de lire, d’ouvrir des portes et d’explorer son âme, de s’abandonner à l’imagination, à la beauté et au mystère de la fiction et du langage. (…) Mais c’est la même sensation, cette étincelle de l’inoubliable première fois. Ce monde est un monde de ténèbres, Daniel, et la magie est une chose rare. Ce livre m’a appris que lire pouvait me faire vivre plus intensément » (p. 39)
Pour ne pas disparaître, de Wade Davis
Albin Michel, 230 pages
Essai


Pourquoi ce livre
Il semblait intéressant de lire cet essai anthropologique, qu’on nous avait présenté comme positif et optimiste, pour NewZitiv. Je l’ai donc lu…
Résumé
« Pourquoi nous avons besoin de la sagesse ancestrale » : c’est le sous-titre, dès la couverture. Wade Davis nous raconte ce qu’il connaît de tribus et de peuples en voie de disparition (voire disparus !) à cause de la mainmise de la culture occidentale et capitaliste sur l’ensemble de planète et de ses ressources. Puis il réfléchit sur les conséquences de la non-préservation de ces peuples et de leurs cultures.
Mon avis
L’ouvrage souffre d’un manque de rigueur dans la construction. Il est certes divisé en chapitres, mais à l’intérieur desquels les descriptions et les avis s’enchaînent sans logique ni cohérence.
Au-delà de la pauvreté formelle, le fond est passionnant. J’ai découvert des tas de choses fascinantes sur des tribus de tous les continents, et plus excitant encore, je me suis rendue compte que ce que j’avais lu dans Evolution y ressemblait vraiment de très, très près. J’ai eu l’impression, finalement, que la description de ces tribus aujourd’hui était la suite, ou plutôt la continuation, du roman de Stephen Baxter – et là, je me suis rendue compte que malgré sa mise en garde, son texte se rapprochait peut-être plus de l’essai scientifique que du roman…
Wade Davis m’a rappelé également quelque chose que j’avais entendue à la fac pendant un cours d’anthropologie : certaines langues n’ont pas de mot pour désigner le temps. Ceux qui me connaissent savent ma passion pour la physique, et en ce moment plus particulièrement pour la question du temps, et je me suis souvenue que cette notion qui semble si humainement universelle à nos yeux d’occidentaux ne l’est vraiment pas.
Ce livre m’a également renforcé dans la conviction que cette volonté malsaine de vouloir nous faire croire que notre modèle occidental/blanc/capitaliste est le meilleur nous appauvrit et nous lobotomise, et que ce qu’on nous fait croire à renforts de livres et d’articles est une propagande monstrueuse. Non, toutes les sociétés humaines n’ont pas de hiérarchie, et non, toutes les sociétés humaines ne sont pas belliqueuses. Non, tout le monde n’a pas besoin de croire en un dieu unique et omniscient, et des milliers de tribus ne croient qu’en Mère Nature – peu importe les noms qu’ils lui donnent – ce qui fait d’eux des sociétés bien plus civilisées que nous (monothéistes pratiquantes ou de tradition) ne le serons sûrement jamais.
Non, ce que nous pensons être universel ne l’est pas : le temps n’existe pas dans certaines tribus, les enfants sont élevés uniquement par des hommes dans d’autres, ou bien encore la notion de remerciement n’a aucun sens dans une troisième parce que tout ce qui est chassé et cueilli appartient à toute la communauté et que le partage est obligatoire. D’ailleurs, non, la notion de partage n’a pas de sens non plus, puisque qui dit partage implique d’abord une individualité qui voudrait tout garder pour elle, et que cette notion d’individualité n’existe même pas. (Exemple qui prouve que notre langue échoue à rendre compte de ces sociétés si différentes que la nôtre.)
A partir de là, qui sont les plus humains ? Il serait bien évidemment dangereux de faire un classement selon le degré d’humanité de chaque peuple, mais ce livre concourt à faire détester notre société, celle-là même qui s’est mis martel en tête d’aller « civiliser ces sauvages » au cours des siècles derniers sous des absurdes et débiles prétextes religieux et/ou géopolitiques, à force de massacres, de négations des cultures, et de maladies bien occidentales. Qui sont les sauvages, exactement ?
Cet ouvrage, qui nous avait été présenté comme positif, termine sur des chiffres qui font froid dans le dos. Des milliers de cultures, de tribus, et de langues disparues, d’autres en voie de disparition à cause de nos conneries (déforestation, réchauffement climatique, plantation de drogues, etc…). Wade Davis a beau essayer de nous expliquer qu’on commence à prendre conscience que ces peuples doivent être préservés, les faits scientifiques qu’il étale sur plusieurs pages et qu’on l’on voit passer tous les jours dans l’actualité ne permettent aucun optimisme. On va perdre toutes ces richesses, et ne restera que les livres pour nous souvenir que tous ces autres êtres humains ont existé.
Oui, je suis sortie de la lecture de ce libre déprimée et en colère. Je me suis souvenue d’Evolution. Et je me suis dit… Tous ces efforts pour survivre… Tous ces coups de chance… Tout ça pour… ça ??…
Citations
« L’être humain n’avait pas pour obligation d’améliorer la nature, mais d’entretenir le monde. (…) A l’évidence, si l’humanité tout entière avait suivi intellectuellement la voie tracée par ces descendants des premiers humains à avoir quitté l’Afrique, l’homme ne serait pas allé sur la Lune. Mais d’un autre côté, si nous avions agi dans le respect du Rêve, nous ne serions pas en train d’observer les conséquences de processus industriels qui, en tout état de cause, menacent les supports de vie mêmes sur notre planète. »(p. 147)
« Avant de mourir, l’anthropologue Margaret Mead a exprimé la crainte qu’en glissant vers un monde plus homogène, nous ne soyons en train de jeter les bases d’une culture moderne générique et informe, qui n’aurait pas de concurrente. Elle redoutait que toute l’imagination humaine ne soit contenue à l’intérieur des limites d’une modalité intellectuelle et spirituelle unique. Son pire cauchemar, c’était que nous nous réveillions un jour sans même nous souvenir de ce que nous avions perdu. » (p. 175)
« Si je devais faire passer un seul message, ce serait que la culture n’a rien d’insignifiant. Il ne s’agit pas de décoration ou d’artifice, des chansons que nous chantons, des prières que nous psalmodions. C’est un élément de réconfort qui nous enveloppe et donne sens à la vie, un ensemble de connaissances permettant de tirer une logique des infinies sensations de la conscience et de mettre de l’ordre dans un univers qui, finalement, en manque. La culture, ce sont des lois et des traditions, un code éthique et moral qui isole un peuple du coeur barbare dont l’histoire nous enseigne qu’il bat sous la surface de toutes les sociétés humaines et de tous les êtres humains. (p. 180)
« Faire d’une croissance infinie sur une planète finie l’unique mesure de la santé économique revient à se lancer dans une forme de lent suicide collectif. Refuser d’inclure dans les calculs de la gouvernance et de l’économie le prix des violations des systèmes biologiques supports de vie, c’est être dans la logique du délire.
(…) Il ne s’agit pas de suggérer naïvement que nous devons tout laisser tomber pour essayer d’imiter les moeurs des sociétés non industrielles, ou qu’une culture renonce à son droit à bénéficier du génie technologique. Il s’agit de trouver une inspiration et un confort dans l’idée qu’il existe des chemins différents du nôtre et que notre destinée n’est donc pas écrite à l’encre indélébile sur un ensemble de choix dont il est prouvé scientifiquement et de manière démontrable qu’ils ne sont pas les bons. » (p. 197)
(Ce passage m’a particulièrement touchée puisqu’il résume en gros les craintes que j’ai expliquées dans ce billet, écrit quelques jours avant…)
Indignez-vous !, de Stéphane Hessel
Indigène Editions, 28 pages
Manifeste


Pourquoi ce livre ?
On en a parlé partout. Et ce mouvement des Indignés non violent et non politisé me plaît assez. Avant de savoir si j’aimerais vraiment m’y impliquer, je voulais savoir de quoi ça parlait exactement.
Résumé
Stéphane Hessel, 93 ans, ancien résistant, ancien déporté, co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, demande aux jeunes d’aujourd’hui de s’indigner de toutes les injustices de notre époque.
Mon avis
Mais M. Hessel… Nous sommes indignés !!… Que croyez-vous ? Un exemple parmi tant d’autres, le mien, avec ce billet sur la situation des jeunes sur le marché de l’emploi aujourd’hui.
Ce manifeste n’est pas un appel : il ne fait que mettre en mots ce que beaucoup ressentent déjà depuis des années. Il prône l’insurrection pacifique – certes, mais comment ? Comme dirait Renaud, « si les élections changeait vraiment la vie, y a un bout de temps mon colon, que voter serait interdit » ; s’engager dans des associations (tout le monde ne le peut pas) ; donner de l’argent à des causes (tout le monde ne le peut pas non plus), etc… Donc : comment ?
Il le dit d’ailleurs clairement à un moment (je paraphrase) : pendant la guerre, ils avaient un ennemi concret contre lequel se battre (les Nazis), aujourd’hui, l’ennemi est invisible et immatériel (l’injustice). Certes. Et on se bat (pacifiquement) comment, contre ça ? Faire une Déclaration des Droits de l’Homme ? Déjà fait. Vivre en démocratie ? Déjà fait. S’engager, aider, dénoncer les problèmes ? Déjà fait. Créer des organisations non-gouvernementales ? Déjà fait.
Alors quoi ?
Citation
« C’est vrai, les raisons de s’indigner peuvent paraître aujourd’hui moins nettes ou le monde trop complexe. Qui commande, qui décide ? (…) C’est un vaste monde, dont nous sentons bien qu’il est interdépendant. Nous vivons dans une interconnectivité comme jamais encore il n’en a existé. Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher. Je dis aux jeunes : cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est l’indifférence, dire « je n’y peux rien, je me débrouille ». En vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes indispensables : la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence. » (p. 14)
Monsieur Hessel,  malgré tout le respect que je vous dois, je trouve que vous méconnaissez les conditions d’existence desdits « jeunes » (ou alors, vous êtes très optimiste – ce qui n’est pas un défaut). Ces jeunes ne sont plus les jeunes de votre jeunesse : il sont surdiplômés, ils ne trouvent pas de boulot, ou bien au Smic, et survivent dans des logements minuscules qu’ils arrivent à peine à payer – quand ils ne sont pas obligés de rester chez leurs parents jusqu’à des âges avancés parce qu’ils cumulent stages, interim, et jobs à temps partiel.
Alors oui, bien sûr qu’on est indigné de voir la multiplication des gens qui sont dans le besoin dans le métro ! Ainsi que de tous ceux qui sont victimes des marchands de sommeil ! Et de tous ces sans-papiers victimes de nos lourdeurs administratives et de la frilosité de nos gouvernements ! Mais que voulez-vous qu’on fasse ? La plupart des jeunes ne peuvent pas donner, ne peuvent pas aider, parce qu’ils doivent eux-mêmes se « débrouiller » comme ils le peuvent pour se loger et manger à leur faim.
Monsieur Hessel, je pense que vous vous trompez de cible. Les jeunes sont indignés. C’est un fait. Mais je ne pense pas que ce soit eux qui puissent faire quoi que ce soit pour changer les choses. Les décisions se prennent bien plus haut, et c’est dans les sphères politiques et dans les organisations non-gouvernementales que tout peut se jouer. Les jeunes, eux, s’en sortent comme ils peuvent – et parfois ils agissent. Mais je pense malheureusement que tout ceci est dérisoire. Même si nous faisions pression avec des initiatives comme les « Indignés », on ne nous écoute pas. Regardez donc ce qui s’est passé à la Bastille il y a quelques semaines…
Le meilleur des mondes, de Aldous Huxley
Pocket (première édition en 1932), 285 pages
Roman d’anticipation


Pourquoi ce livre
Un classique que je n’avais pas encore lu. Et beaucoup de gens m’en ont dit grand bien.
Résumé
Les êtres humains sont désormais conçus dans des matrices artificielles, et faits pour être parfaits, avec une caste supérieure et une caste inférieure. Ils sont programmés via des exercices psychologiques et inconscients. Mais il existe encore des « vrais » humains dans une réserve, que l’on appelle « sauvages ». L’un d’eux peut rejoindre le monde aseptisé.
Mon avis
Je n’ai pas du tout aimé. Stylistiquement parlant, déjà, ce n’est pas très accessible. On ne rentre jamais vraiment dedans – j’ai eu une impression de brouillon.Vraiment pas facile à lire, donc. Presque ennuyeux.
Je n’ai pas été emballée par le fond non plus. Alors bien sûr, en 1932, il avait certainement du sens – ainsi qu’après la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd’hui, je pense qu’on sait tous que l’eugénisme poussé à son extrême, saylemal, hein.
J’ai été particulièrement mal à l’aise par le fait que le Sauvage (donc le « vrai » humain) était encore moins sympathique que les humains modernes. Une espèce d’illuminé qui passe son temps à se flageller (ce n’est pas une métaphore) pour d’obscures raisons pseudo-religieuses. Euh… Ouais. Si c’est ça un véritable humain, alors je préfère être une loutre.
Bon, et je ne vous cache pas que l’image de la femme dans ce roman n’a pas été tout à fait à mon goût non plus…
Et puis finalement, le but de cette société est certes d’être parfaite biologiquement parlant (mais en gardant les différences ethniques il me semble, donc bien loin de l’eugénisme nazi), mais surtout de ne plus souffrir et d’être heureux. Où est le problème, euh ?… Je situe pas trop bien, en fait.
Evidemment, les méthodes pour y arriver sont fascistes. Mais au fond, le soma ressemble fort à nos anti-dépresseurs (et ce serait vachement mieux si on pouvait s’en passer, hein !!), mais je défie quiconque de me dire qu’il n’a pas envie d’être heureux dans la vie et d’avoir un minimum de confort.
Alors certes, un être humain ne doit jamais être programmé comme un ordinateur. Il ne doit pas être dénué de sentiments indivuels et ne doit pas être destitué de son sens critique. Encore moins de ses libertés. Mais j’ai l’impression que ce « meilleur des mondes » décrit avant tout une humanité qui cherche la paix, l’absence de maladie, et le bonheur.
Je ne vois pas trop en quoi c’est choquant (je répète, donc, si l’on fait abstraction des méthodes pour y arriver, qui sont évidemment plus que condamnables et à combattre absolument)… Je ne comprends pas vraiment pourquoi ce livre est autant cité en exemple. Peut-être parce que mon interprétation n’est pas la même, certainement…
Je pensais qu’il allait me marquer – finalement, je vais l’oublier très vite en me demandant pourquoi on en fait tout un plat.
Oh, et un exemple, puisque l’auteur construit toute son argumentation en citant Shakespeare (un petit peu aurait été bien, mais ça revient vraiment trop souvent pour ne pas être lourd).
Son roman implique des matrices artificielles, ce qui nous laisse sous-entendre que les gens nés dedans ne sont pas tout à fait humains quand même – disons des humains améliorés, donc saylemal. Bon. Mais sait-il qu’à l’époque de Shakespeare justement, on ne considérait pas comme « humaine » une personne née par césarienne ? C’est dans Macbeth.
La notion n’humanité diffère selon les époques. Aldoux Huxley ne considérerait pas comme « humaines » les personnes conçues par FIV aujourd’hui, j’imagine ? Aujourd’hui, on ne meurt plus de tas de maladies, on peut prendre des anti-dépresseurs, et on est dans une société de loisirs et non plus de survie. Sommes-nous moins ou plus « humains » que nos ancêtres du Moyen-Âge, ou ceux d’avant ?… On est différent. Point barre.
Non, vraiment. Je ne vois pas bien ce qu’on trouve à ce livre… L’humanité ainsi que sa nature intrinsèque évoluent. Le tout est de faire attention aux dérives liées aux privations de libertés. Le reste, ma foi… Cela s’appelle le progrès, voire l’évolution.
Le facteur temps ne sonne jamais deux fois, d’Etienne Klein
Champs Sciences (Flammarion), 257 pages
Essai

Pourquoi ce livre
Je suis passionnée de physique, et en ce moment je m’intéresse plus particulièrement à la question du temps. Ce livre est le deuxième sur le sujet écrit par Etienne Klein – qui est un peu mon idole de toute ma vie.
Résumé
Difficile de résumer un essai scientifico-philosophique… Etienne Klein, docteur en philosophie des sciences et directeur de recherches au CEA, tente de donner une définition scientifique, physique – sinon philosophique – de ce qu’est le temps.
Mon avis
(J’ai triché. Je l’ai commencé en août, mais je l’ai fini début septembre, J’AVOUE.)
C’est évidemment fascinant. Mais il est sans doute moins accessible que le premier (Les tactiques de Chronos), parce que plus pointu et balayant moins largement la question en se concentrant surtout sur les questions du changement et du devenir.
Mais ça reste passionnant et assez facile à lire, malgré une absence d’humour par rapport à l’autre. De quoi réfléchir et se poser des milliards de question existentielles… J’adore !!
Pour résumer, je dirais que ce mois d’août a été particulièrement agréable ! Et c’est amusant de voir que la question de la définition de l’humanité est revenue régulièrement… Je recommande vraiment à chacun de lire Evolution : c’est notre histoire (romancée), c’est à la fois troublant et merveilleux.