[MARS ONE] Mourir sur Mars : et alors ? (Death on Mars : so what?)

août 13, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Quand j’annonce à une personne ma candidature pour le projet Mars One qui prévoit d’envoyer des êtres humains sur Mars sans billet retour, la réaction est toujours – ça mériterait une analyse sociologique – la même.
L’AUTRE, horrifié(e) – Mais… Tu vas mourir !!!
MOI – Oui. Mais toi aussi.
L’AUTRE, cramoisi(e) – …

When I tell someone that I want to be part of the one-way Mars One project, the response is always the same (it would deserve a sociological analysis).
THE OTHER ONE, horrified – You are going to die !!!
ME – I will. But, well… you are going to die too.
THE OTHER ONE, chagrined – …

Mon premier réflexe est donc : et alors ? On mourra tous. A un endroit et à un moment précis, et d’une certaine manière. Tous. Ici ou là-bas. Alors si on me donne la chance d’aller mourir là-bas, moi dont le rêve le plus fort est d’aller visiter d’autres mondes, pourquoi choisirais-je de mourir ici ?

First, I want to answer that person : so what ? All of us are going to die, whatever the place, the moment and the way. All of us, here or up there. So, if the chance to go dying up there is given to me whose strongest dream is to visit other worlds, why exactly would I choose to die here ?

Il se trouve que mon histoire m’a amenée à tutoyer la mort à plusieurs reprises. Au-delà du fait que je sais donc que je peux et que je sais survivre, ce qui me donne une force immense, je n’oublie pas une seule minute que je vais mourir. Je le sais comme le savent ceux qui ont failli perdre la vie. Et donc j’ai peur, oui, bien entendu. Je crois que tout le monde a peur de mourir – à part ceux qui ne souhaitent plus continuer l’aventure et qui partent d’eux-mêmes. Mais une fois encore : mourir ici ou mourir là-bas… Et alors ? On aura tous la même fin. Mais pas dans les mêmes conditions. Et si on me donne la chance d’aller vivre – parce qu’en définitive, il s’agit de vivre – sur Mars, bon sang mais… Pourquoi hésiter ?

I have a particular story : I stared death in the face several times. Even though I know that I can survive and that I know how to survive, reason why I think I am a very strong person, I don’t forget (never, ever) that I am going to die. I know it like those who nearly died know it. I’m afraid to die, of course I am. I think every single person is afraid to die – except those who don’t want to go on anymore and choose to go away. So, once again, to die here or up there… So what ? We’re all going to have the same very end – but not in the same circumstances. And if I can settle and live (and I said « live » !) on Mars, then why would I decline such an offer ?

  »C’est dangereux », me dit-on chaque fois. Oui et non. Bien sûr que c’est dangereux de décoller dans une fusée. Bien sûr que c’est dangereux de faire un voyage de sept mois dans une capsule spatiale parmi les rayons cosmiques. Bien sûr que c’est extrêmement dangereux d’atterrir sur une planète à l’atmosphère aussi fine. Bien sûr que c’est dangereux de s’installer sur un monde sans vie végétale ni animale et sans air respirable.

I hear « It’s dangerous » each time I talk about this project. Of course it is. And maybe it’s not. It’s dangerous to take off in a rocket. It’s dangerous to travel seven months in space among the cosmic rays. It’s extremely dangerous to land on a planet whose atmosphere is so thin. It’s dangerous to settle on a world where there is no life, no plants, no animals and no breathable air. 

Un intérieur de Marsonaute

Mais tous ces risques, bien qu’immenses, sont connus, calculés, disséqués. Des milliers de personnes pendant plusieurs années vont travailler d’arrache-pied pour mieux les connaître et surtout les réduire. À chaque problème, il y aura une, voire plusieurs, solutions. Les astronautes s’entraîneront à les affronter et triompher d’eux. Et surtout, ils seront volontaires. Et s’ils ne le sont plus, personne ne les forcera à rester.

All these risks, even though they are very big ones, are known, calculated and studied risks. Thousands of persons will work hard on them during several years to know them better and reduce them. Each problem will have one or several solutions. Astronauts will train to face those risks and to overcome them. Above all, they will be volunteers – and if they change their mind, then no one will force them to stay. 

Mais vivre sur Terre comporte des risques aussi : ils sont certes parfois moins grands mais ils sont innombrables. La dangerosité du projet Mars One se limite à quelques gros risques bien connus : le décollage, le voyage, l’atterrissage ; puis la faim, le froid, le manque d’oxygène ; ou encore le problème de combinaison, la chute dans une grotte ou un canyon ; et bien sûr la maladie. Mais comme sur Terre. Sur Terre, les risques de maladies dues aux conditions extérieures augmentent avec le temps. Sur Terre aussi on peut mourir de froid, de déshydratation ou de faim. Mais sur Mars, on a beaucoup moins de chance de mourir d’un accident de la route ou d’avion, de piqûre d’insecte, d’arme à feu, de catastrophe naturelle, de noyade, d’alcoolisme, d’overdose ou de violences.

Life on Earthis dangerous as well : risks are sometimes smaller but they are countless. Mars One project has some big well-known risks : the take-off, the trip and the landing ; hunger, cold and lack of oxygen ; problems with a suit, a drop in a cave or in a canyon ; and, of course, a disease. But living on Earth can be dangerous as well : people die every day because of multiple diseases, cold, dehydration or hunger. Though death by car or plane crash, bug sting, shooting, natural disaster, drowning, alcoholism, overdose or violence are less likely to happen on Mars. 

Sur Terre au 20ème siècle, on a pu mourir de tout ça

En fait, à bien y réfléchir, la vie sur Mars, une fois arrivés à bon port et en un seul morceau, semble beaucoup moins dangereuse que la vie sur Terre. Prévenir les risques de tornade et de tempête de sable. Réussir à faire pousser de quoi nous nourrir, mettre en route le système pour l’oxygène et la récupération d’eau, entretenir le tout, et se laisser porter par l’exploration, la science, la curiosité, les découvertes, l’excitation, le savoir, les questions et le partage.

Actually, if the landing goes right, life on Mars seems to be easier than life on Earth. We will have to check out sand storms and tornados. We will have to succeed in growing plants to feed ourselves and create some oxygen, we will have to deal with water recovery from the martian soil, we will have to keep all this functional and safe and then we will be able to explore, make science, be curious, discover, be excited, learn, ask questions and share. 

Et il ne faut pas oublier que les personnes qui iront là-bas seront des professionnels de la survie. Ils seront entraînés de toutes les manières possibles, pour tous les aspects et dans tous les domaines, pour survivre d’abord, puis vivre ensuite. Ce qui n’est pas le cas quand on habite sur Terre. Alors mourir ? Oui, bien sûr. Ça arrivera. Le risque zéro n’existe pas. Sur Terre comme au ciel. Mais il s’agit surtout de vivre, de vivre une vie que jamais aucun être humain n’a vécu dans l’histoire de l’humanité, et que si ça implique quelques risques, alors je suis prête à les prendre.

Do not forget that people sent on Mars will be professional of survival. They will be trained for every kind of situation in many fields to survive first, then to live, which is not the case of the people living on Earth. They will die, of course they will : no risk does not exist, on Earth just like on Mars. But the goal is to live a life no other human being lived before in the history of human kind. And if it implies some risks, then I’m ready to face them.

J’ai envie de voir cette planète de mes propres yeux. J’ai envie qu’elle me tolère puis qu’elle m’adopte quand je lui aurai apporté la preuve que je la respecterai, que je resterai humble et que je ferai tous les efforts possibles pour la connaître, pour l’apprendre, pour la comprendre. J’ai envie de m’adapter à elle et d’y développer une culture, la première culture non-terrienne de l’histoire de nos civilisations. J’ai envie d’aider mes frères et soeurs humains à s’y sentir bien, en sécurité,  de prendre soin d’eux comme ils prendront soin de moi.
J’ai envie de créer avec eux une nouvelle définition de « vivre ». Parce que la mort, elle, restera la même. C’est ce qu’on fait avant qui compte et j’ai très envie d’une vie martienne.

I want to see this planet with my own eyes. I want it to bear me then to adopt me when I prove my respect and my humility. I will made all the efforts to know it, to learn it, to understand it. I want to adapt and to develop a new culture, the first culture beyond Earth in our civilizations’ history. I want to help my human brothers and sisters to feel good and safe on it, and I want to take care of them like they will take care of myself.
I want to create with them a new definition of « living » – because death will remain the same than anywhere else. What we do before death is all that counts and I want a life on Mars. 

Autres articles sur Mars One :
Other articles about Mars One :

10 bonnes raisons de m’installer sur Mars (10 good reasons to settle on Mars)
Dire non aux gravités (Say no to gravity and seriousness)
Mon premier équipage idéal (My perfect first crew)

[MARS ONE] Mon premier équipage idéal (My perfect first crew)

juillet 29, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Mars One souhaite composer chaque équipage, destinés à s’installer définitivement sur la planète rouge, de deux hommes et de deux femmes de quatre nationalités différentes. Je ne peux qu’applaudir, pour d’innombrables raisons.

Mars One wants two men, two women and four different nationalities for each crew sent to the red planet to settle there for good. I warmly approve this decision, for obvious and numerous reasons.

Mais parmi ces équipages, il y en aura un premier. Les premiers êtres humains à marcher sur Mars – ils entreront dans l’Histoire par la grande porte. Quelles nationalités choisir ? Comme pour les premiers mots prononcés sur la Lune, tout cela sera forcément travaillé. Et l’être humain est ainsi fait, il a besoin de symboles… Voici donc mon premier équipage idéal.

Though, there will be a « first crew » among these crews : the first human beings going down on Mars will go down in history. Which nationalities will Mars One choose ? There is no doubt it will be prepared like the first words on our Moon – and human beings need symbols. Here is my first perfect crew. 

Une Tchadienne
A Chadian woman

L’Afrique, « berceau de l’Humanité » : c’est sur ce continent que les premiers femmes et hommes seraient apparus. Quoi de plus symbolique qu’une personne africaine dans un équipage qui sera le premier à tout recommencer ailleurs ?…

Africa, « cradle of civilisation » : first women and men would have come into being on this continent. Is there a more symbolic person than an African in a crew destined for a whole new start on another planet ? 

Et c’est au Tchad que l’on a découvert Toumaï, dont le crâne fossilisé d’un être qui a vécu voilà 7 millions d’années est considéré comme le plus ancien vestige connu de notre lignée.

Toumaï, whose fossilized skull comes from a being who lived 7 millions years ago and who is considered as the most ancient vestige of our line, was discovered in Chad. 

Ces Tchadiennes pleines d’énergie, pleines de vie et pleines de joie, malgré des conditions de vie difficiles, m’ont convaincue qu’une des leurs serait parfaite pour ce premier voyage. (Source de la photo.)

And when I saw those girls full of energy, of life, of joy (despite hard conditions of living), I was convinced that a women of their country would be perfect for this first trip. 

Jeunes femmes tchadiennes / Young Chadian women

Un Vietnamien
A Vietnamese man

L’Asie est le continent le plus peuplé de notre planète, il est donc tout à fait naturel qu’il soit représenté dans ce premier équipage. La Chine ? Ce serait le plus logique en terme de chiffres : le peuple chinois représente à lui-seul 1/5ème de la population mondiale… Mais je ne peux pas me résoudre à choisir quelqu’un d’un pays qui demande à ses astronautes femmes d’avoir les dents blanches, l’haleine fraîche, d’avoir accouché naturellement, de ne pas avoir les pieds calleux, ni d’odeurs corporelles. (Source)

Asia is the most populated continent of the Earth, so it will naturally be represented in this first crew. Which country will be chosen ? What about China ? It would the most logical choice as far as numbers are concerned : one inhabitant of planet Earth out of five is Chinese… But I just definitely can’t choose a country whose requirements for female astronautes are : with teeth, good breath, natural delivery, no horny feet and no body odor. 

J’opte donc pour le Vietnam dont j’ai beaucoup aimé le témoignage et la description faite par Trinh Xuan Thuan, astrophysicien américain d’origine vietnamienne et grand vulgarisateur scientifique. Dans Le cosmos et le Lotus, il écrit ceci : « Les études étaient considérées comme la voie royale pour améliorer son statut social et réussir sa vie. Chaque famille, si pauvre fût-elle, faisait les sacrifices nécessaires pour envoyer ses enfants à l’école. Ce respect pour l’éducation fait partie intégrante de la culture vietnamienne. » (éd. Le Livre de Poche, p.17)

I choose Vietnam because I liked the way Trinh Xuan Thuan, an American astrophysicist born and raised in this country, talk about it in one of his last books : « Studies were considered as the best way to improve one’s social position and to succeed in life. Each family, even in the poorest situation, made the necessary sacrifices to send its children to school. This respect for education is an integral part of the Vietnamese culture. »

C’est également un petit pays qui n’a eu de cesse de combattre la présence étrangère sur son territoire au cours de son histoire. Il a botté le cul de puissances telles que la Chine, le Japon, la France et les Etats-Unis… En voilà qui force le respect et l’admiration ! Là encore, je citerai Trinh Xuan Than dans le même ouvrage : « Après cent dix-sept ans de présence étrangère sur son sol, le Vietnam était de nouveau souverain, témoignant une fois encore de sa détermination et de sa volonté d’indépendance. » (éd. Le Livre de Poche, pp.20-21)

Vietnam is also a small country which kept fighting against occupation in its history. It kicked the ass of world powers such as China, Japan, France and the United States… What a amazing nation ! Once again, here is a Trinh Xuan Thuan’s quote (from the same book) : « After 117 years of occupation on its land, Vietnam was a sovereign state again, attesting its resolution and its will for independence. »

Un pays qui résiste encore et toujours à l’envahisseur et qui croit en la valeur du travail et de l’éducation me paraît parfait pour poser les premières bases d’une civilisation humaine martienne. Et je choisis cette fois-ci un homme en hommage à Trinh Xuan Thuan dont le travail de vulgarisation permet à chaque citoyen d’accéder à la connaissance et au rêve.

A opposing people believing in hard work and education sounds perfect to help starting all over again on another planet, and I choose a man in tribute to Trinh Xuan Thuan whose popularization’s work brings knowledge and dreams to citizens. 

Un Guatémaltèque
A Guatemalan man

L’Amérique du Nord est sur-représentée dans l’histoire de l’exploration spatiale (ce qui n’enlève rien aux innombrables et admirables exploits de la NASA). Une personne venant des autres Amériques serait donc une belle manière d’équilibrer la balance.

North America is over-represented in space exploration’s history – though I have a strong respect for all the remarkable achievements of NASA. A person coming from other Americas would be a nice way to make it more balanced. 

Je penche pour le Guatémala dont les terres ont accueilli la civilisation maya. Des civilisations anciennes, c’est certainement celle qui avait les connaissances les plus précises en astronomie. Les phases de la Lune, les éclipses solaires, les solstices et les équinoxes, les mouvements des planètes, le centre de la Voie Lactée… Ils avaient calculé tout ceci avec une précision effarante.

Guatemala is my choice for this part of the world because Mayas lived on its lands. This ancient civilization had the most accurate knowledge about astronomy : lunar cycle, solar eclipse, solstice and equinox, planetary motion, centre of the Milky Way… They calculated all these phenomenons with an amazing exactitude.  

Il reste des descendants de cette civilisation au Guatémala. Un Guatémaltèque dont les ancêtres avaient un don pour l’astronomie serait une belle manière de commencer une nouvelle vie sur un autre astre qui les fascinait tant.

Some Mayan descendants live in Guatemala. A Guatemalan whose ancestors had a gift for astronomy would be a great way to start a new life on a planet which fascinated them.

Une Néerlandaise
A Dutch woman

Bas Lansdorp, qui à l’origine de Mars One, est néerlandais. Il est donc normal que les Pays-Bas soient représentés dans ce premier équipage qui n’aurait pas vu le jour sans le fondateur du projet.

Mars One is Bas Lansdorp’s idea – and Bas Lansdorp is Dutch. A Dutch person in the first crew sounds normal, as far as the project would have not existed without Netherlands. 

Dans l’inconscient collectif, étant du pays originaire de la mission, cette personne représentera la mission toute entière, avec tout ce que ça implique symboliquement, scientifiquement, philosophiquement, et historiquement parlant. Je propose de donner ce rôle à une femme, qui portera haut les couleurs de l’Humanité pour une première installation humaine sur une autre planète.

In the collective unconscious, this person will represent the whole mission with all the symbolic, scientific, philosophical and historical angles. I would like to give this responsibility to a woman who will honor Humanity with flying colors in this first human settlement on another planet. 

Une femme pour poser le premier pied sur Mars
A woman for the first step on Mars

Les hommes ont bien des exploits à leurs actifs et la place des femmes dans l’exploration spatiale – et dans les sociétés en général… – est encore loin d’être une question qui n’a plus de sens. Je souhaite donc ardemment que la première personne qui marchera sur Mars soit une femme.

Men count many achievements and women’s role in space exploration (and in the whole society) is still important issues. That is why I fervently wish for a female first step on Mars. 

Mais parmi les deux femmes de mon équipage idéal, les deux ont des arguments solides pour prétendre à cet incroyable honneur : la Tchadienne, représentante de l’émergence de l’Humanité, ou la Néerlandaise, représentante d’un pays sans lequel ils ne seraient pas arrivés jusque-là ?

Though, both of the women in my perfect crew have strong arguments to get this amazing honor : the Chadian woman, who represents the beginning of Humanity ; or the Dutch woman, who represents a country which made possible their arrival on the red planet ?

Une femme noire serait un symbole doublement fort… Mais je n’ai pas la réponse à cette question (à moins que la Néerlandaise soit d’origine africaine !)

Even though a black woman would be a double strong argument, I don’t have  the answer to this question (unless the Dutch woman has African origins !)

 

Et ensuite ?
What’s next ?

Une Tchadienne, un Vietnamien, un Guatémaltèque, une Néerlandaise. Une femme pour ouvrir la voie de l’humanité sur Mars. Mais ensuite, pas de drapeau planté. Juste un équipage universel. Mars doit rester neutre de nos préoccupations purement terriennes.

A Chad woman, a Vietnamese man, a Guatemalan man and a Dutch woman. A woman to open the path for Humanity on Mars. But no flags on martian lands : just a universal crew. Mars must be kept away from the Earth’s concerns which have absolutely no meanings on another planet. 

L’humanité a besoin de symboles. Mais après ce premier pas, pourrait-on oublier les nations, les couleurs et les genres ? Redevenir une espèce terrienne parmi d’autres. Des êtres humains, ni plus, ni moins, installés sur une autre planète, avec la responsabilité de se conduire avec respect et humilité et de servir la science.

Humanity needs symbols. But after this first step, could we forget nations, skin colors and genders ? May we become again one of the Earth’s species : we will be human beings, no more and no less, settled on another planet, with the responsibility to behave with respect and humility and help science. 

Voilà mon premier équipage idéal et sa mission qui posera les bases les plus saines possibles pour un nouveau départ sur Mars.

Here was my perfect first crew and its mission which will found the most healthy basis that I’m dreaming of for a whole new beginning on Mars. 

Autres articles sur Mars One :
Other articles about Mars One :

10 bonnes raisons de m’installer sur Mars (10 good reasons to settle on Mars)
Dire non aux gravités (Say no to gravity and seriousness)

[MARS ONE] Dire non aux gravités (Say no to gravity and seriousness)

mai 24, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Le mot « gravité » a deux sens qui me pèsent (…) de plus en plus. Si l’un nous fait garder les pieds sur terre et l’autre nous fait garder les pieds sur Terre, le premier s’aggrave et le deuxième manque cruellement de légèreté. (Et là, je pleure parce qu’il va falloir traduire en anglais deux phrases avec un calembour pourri tous les trois mots.)

The word « gravity » means two different things that weigh upon myself. If the first one avoids being in the clouds and the second one can keep our feet firmly on the ground, then the first one is getting worse and the second one painfully lacks casualness. 

Image du film Upside Down

 

L’horreur du monde
Dreadful world ! 

« J’aime tellement la vie que je veux en vivre plusieurs à la fois. » C’est comme ça que commence ma bio sur Twitter. Je suis une survivante, je vois toujours les choses du bon côté, je suis une optimiste de nature. Mais j’ai l’impression que ce monde va mal, très mal, et que ça va en empirant.

« I love life so much that I want to live several ones in the same time. » That’s how I introduce myself on Twitter. I am a survivor, I always look on the bright side, I am an optimistic kind of person. But I feel that this world is going wrong, so wrong, and that things are getting worse.

Une bombe dans un marathon. Un père qui viole et tue sa fillette de 5 ans et qui ne peut pas être condamné pour ça parce que dans son pays, femme et enfants sont sa propriété. Un homme qui se filme en train de manger son colocataire. Une jeune femme lapidée à mort parce que soupçonnée d’avoir eu des rapports sexuels hors mariage. Des suicides d’enfants. Un homme qui se suicide dans une église au milieu des touristes pour lutter contre le mariage homosexuel. Un soldat massacré en pleine rue d’une capitale européenne par un meurtrier qui ensuite s’explique, tranquille et fier, pendant de longues minutes face à des caméras. Des écoles américaines qui enseignent le créationnisme.

A Marathon bombing. A father who rapes and kills his 5-year-old daughter and who cannot be sentenced for those  because laws of his country say that his wife and kids are his property. A man who makes a video of himself eating his roommate. A woman stoned to death because she might have sex without being married. Children hanging themselves. A man who shots himself inside a church full of tourists to struggle against same sex marriage. A soldier slaughtered on the street of a European capital city by a murderer who explains quietly and proudly what he just did to the cameras. Some American schools where Creationism is taught. 

Je ne veux plus vivre dans un monde pareil où la gravité des faits n’a d’égale que leur nombre grandissant. C’est insupportable. Et j’ai l’impression que tout ça va de pair avec un cynisme odieux, une perte totale du sens de l’humour et un rejet du second degré et de l’auto-dérision. La méchanceté gratuite devient un art, on ne sait plus défendre une cause autrement qu’en étant agressif, et les règles les plus élémentaires de bon sens et de respect semblent caduques. Je suis peut-être un vieux con avant l’heure mais je n’aime pas ce que je vois autour de moi. Je ne veux plus vivre dans un monde pareil.

I don’t want to live anymore in a world where the seriousness and the number of these facts are growing. It’s unbearable. And I feel like all those awful things go hand in hand with a hideous cynicism, with the loss of the sense of humor, and with a rejection of irony and self-derision. Gratuitous maliciousness becomes an art, fighting for a cause without aggressiveness becomes impossible, and the elementary rules of respect et common sense seem obsolete. Maybe I am an old idiot before my time but I don’t like what I see all around me. I don’t want to live in this kind of world anymore.

 photo Desolation.jpg

L’ivresse de l’absence de poids
A lack of weight’s euphoria 

J’ai envie de légèreté. J’ai envie de tout reprendre à zéro et de recommencer. J’ai envie d’un monde où la gravité n’est là que pour nous garder sur une planète – mais pas de manière trop intrusive. Je me sens lourde d’horreurs, lourde d’une Histoire humaine qui n’apprend pas de ses erreurs, lourde d’une Humanité qui semble prendre un malin plaisir à retomber dans ses pires travers. Il y a du bon, dans l’Humanité. Mais tout devient malsain. Ce monde est souillé, dans tous les sens du terme. Il faut sauver ce meilleur de nous avant le point de non-retour.

I want casualness. I want to start from scratch again. I want a world where gravity only exists to keep our feet on a planet – but not in a too intrusive way. I feel heavy with horrors, I feel heavy because of a Humanity which makes mistakes and doesn’t learn from these, I feel heavy because of a Humanity which seems to love doing everything wrong again. Humanity have many positive sides. But everything is getting unhealthy. The world is dirty and sullied. We have to save the best of Humanity before we reach the point of no return. 

J’ai envie de légèreté. De courir et de sauter haut, jusqu’à en avoir le vertige, jusqu’à être ivre d’un poids qui a quitté mes épaules et je n’aurais plus jamais à supporter. J’ai envie de vivre dans un monde où tout est possible, où tout est à refaire, où tout est à fabriquer. J’ai envie de vivre dans un monde où les hommes et les femmes ont des tâches de même importance à faire, où la religion est un secret personnel jalousement gardé, et où aucune voie n’est imposée.

I want lightness. I want to run and to jump high, I want to get head-spinned and overcome with joy because of a weight which left my shoulders and that I won’t have to bear anymore. I want to live in a world where everything is possible, where everything must be done, where everything needs to be made. I want to live in a world where men and women have same significant works to do, where religion is a personal jealously guarded secret, and where no path is imposed.  

Je rêve d’un monde où les routes et les chemins n’existent pas. Où je peux aller où bon me semble sans devoir emprunter la voie de quelqu’un d’autre auparavant. Je rêve d’un monde où, à perte de vue, je serai libre d’avancer sans rencontrer de frontières autres que les frontières naturelles.

I dream of a world where roads and paths doesn’t exist. I dream of a world where I can go wherever I want without taking someone else’s way. I dream of a world where I can be free to walk endlessly without coming across other frontiers than natural ones.  


Mars Gigapixel Panorama – Curiosity rover: Martian solar days 136-149 in Out of this World

 

Je rêve de rayer le mot « gravité » dans tout ce qu’il a de plus lourd de mon vocabulaire. Je rêve de légèreté et de liberté. Et seule Mars peut me les offrir toutes les deux.

I dream of forgetting the word « gravity » with all the weights in it. I dream of lightness and freedom. And only Mars can give me both.  

Autres articles sur Mars One :
Other articles about Mars One :

10 bonnes raisons de m’installer sur Mars (10 good reasons to settle on Mars)

[MARS ONE] 10 bonnes raisons de m’installer sur Mars (10 good reasons to settle on Mars)

mai 16, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Je compte bien proposer ma candidature pour le projet Mars One qui envisage d’envoyer des êtres humains sur la planète rouge à l’horizon 2023, sans billet retour. On me demande souvent pourquoi j’ai envie de participer à cette aventure folle. Voici 10 bonnes raisons de vouloir m’installer définitivement sur Mars.

I want to apply to go to Mars on the Mars One Project which wants to establish a permanent human settlement on the red planet in 2023, with a one-way ticket. People often ask me why I want to be part of this crazy adventure. Here are 10 good reasons for me to settle permanently on Mars.

1. Me lever chaque matin en me disant : « Et ça repart ! »

1. Wake up every morning and say : « And I’m off again ! » (French slogan for the Mars chocolate bar.) 

2. On ne sera pas emmerdés par les voisins. Au pire, la plus proche planète habitée sera à 56 millions de kilomètres de nous. Au mieux, à 400 millions, avec une étoile entre les deux.

2. Neighbors won’t piss us off. The closest inhabited planet will be distant from 34 millions miles at worst, and from 248 millions miles at best, with a star between us. 

3. On aura une planète entière pour faire des dessins rigolos, vus de l’espace si on a envie. Le plus grand musée d’art moderne à ciel ouvert. (Et je rappelle que la photo ci-dessous a été prise en 2004, deux ans avant l’invention de Twitter.)

3. We will have a whole planet to make funny drawings, which could be seen from space if we want to. The biggest outdoor modern art museum ever. (Please remember that the picture below was taken in 2004, two years before Twitter was born.) 

Traces de roues du rover Spirit (ou Opportunity) - Spirit (or Opportunity)'s wheels' prints

 

4. Je gagnerai au concours Instagram du coucher de soleil le plus éloigné du Soleil.

4. I will win the contest of the most distant from Sun’s sunset on Instagram. 

Coucher de soleil martien - Martian sunset

 

5. Mes proches connaissent mon aversion pour le bleu et mon amour pour le rouge. Pourquoi je resterais sur la planète bleue alors qu’une planète rouge me tend les bras, mmh ?

5. My friends and family know that I dislike the blue color and that I love the red one. Why would I stay on a « pale blue dot » while a red planet is calling me forth, huh ?

6. Un jour martien dure 24 heures 39 minutes. Disparition des violences faites aux réveils.

6. A martian day lasts 24 hours 39 minutes. No more violence against alarm clocks. 

7. Instauration du premier jour de l’an 1 au moment même où on atterrira sur Mars. Changer les noms de jours et les noms de mois du calendrier : je propose, en toute humilité, de donner aux mois le nom des 12 premiers êtres humains à se poser sur Mars (ben eh ! oh !). Quant aux jours, le nom de ceux qui ont fait l’histoire scientifique ou littéraire de Mars, ou bien ceux des premiers objets arrivés sur la planète (Viking, Sojourner, Spirit, Opportunity, Phoenix, Curiosity, …) Ce qui donnerait, dans nos carnets de bord, quelque chose comme : « Aujourd’hui, Curiosity 26 Dupont 1, nous avons exploré notre première grotte. »

J’adore.

7. The day we land on Mars will be the first one of the year 1. Then, we will change days and months’ names : I humbly suggest the names of the first 12 human beings walking on Mars for new months. As far as days are concerned, I suggest the names of those who made Mars’ scientific or literary history – or those of the first objects landing on this planet (Viking, Sojourner, Opportunity, Phoenix, Curiosity, …) In our log books, it’d look like something like this : « Today, Curiosity, Smith 26th 1, we explored our first cave. »

Just loving it. 

 

8. On explosera le record humain de saut en longueur et de saut en hauteur. Les doigts dans le nez.

8. We will overshoot the human world records of long jump and high jump. It will be a piece of cake. 

9. On tournera des films et on fera des clips encore plus classes que celui-ci <3

9. We will make movies and videos even more amazing than this one <3

10. En fait… je voudrais aller m’installer sur Mars parce que chaque particule de mon être me supplie de le faire.

10. Actually… I’d like to settle on Mars because every single particule of myself is just begging me to do this.