[TWITTER] Twitter vu par la Revue de Presse

septembre 20, 2012 dans Culture, En vrac, Interviews

Lundi soir, j’ai été conviée par mon camarade Pascal à la Revue de Presse en direct du théâtre du Ranelagh sur Paris Première. Mais au lieu de nous installer tranquillement dans un coin de la salle pour suivre l’émission, on est resté dans la loge avec tous les artistes et chroniqueurs présents.

Du coup, j’ai pas pu m’empêcher de live-tweeter, de prendre des photos et de faire des vidéos à l’arrache. Avec un angle : Twitter.

Un grand merci, d’abord, aux artistes qui ont bien voulu se faire photographier : vous trouverez dans l’album photo ci-dessous Bernard Mabille, Florence Brunold en Valérie Trierweiler, Tanguy Pastureau…

Et merci à ceux qui ont bien voulu m’accorder quelques minutes pour des interviews faites à l’arrache à la sortie des artistes (je me répète, mais si j’avais su, j’aurais préparé le truc, hein). Nous avons donc…

@DidierPorte, « humoriste maudit »

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est dans sa bio sur Twitter. En tout cas, il a découvert les gazouillis il n’y a pas longtemps, et ça a l’air de l’amuser beaucoup.

@TanguyPastureau, qu’on « amuse »

C’est assez formidable, je dois dire, d’amuser un amuseur. Vous pouvez être fiers, Twittos. Par contre, je ne sais pas si c’était la descente de stress après cette première en direct, mais Tanguy se compare à un putois et adore les tweetclash qu’il compare à des actes sexuels. (Note pour plus tard : me tweetclasher un jour pour voir l’effet que ça fait, tiens.)

Michel Guidoni, double président de la République

Je l’ai observé, les yeux ronds, répéter ses personnages dans les loges. C’est bluffant. Des petits détails, trois fois rien (position de la cravate, lunettes, cheveux qui changent de sens) et Michel Guidoni se métamorphose en quelques secondes de Nicolas Sarkozy à François Hollande.

C’est donc naturellement que j’ai demandé à notre actuel président de la République ce qu’est un tweet normal. La réponse en images…

J’ai posé la même question à Nicolas Sarkozy, mais pour le coup c’est vraiment inaudible, je garderai donc ça pour moi.

Michel Guidoni n’est malheureusement pas sur Twitter, mais il m’a glissé dans l’oreillette qu’il faudrait qu’il s’y mette quand même. Tout espoir reste permis.

Quant aux autres, ils y sont : Bernard Mabille, Régis Mailhot, Jérôme de Verdière, et bien sûr, Paris Première. Sauf Florence Brunold mais elle a un joli site.

Merci à ceux qui m’ont permis de passer une bonne soirée ! :-)

[ITW] Aymeric Caron : son parcours, ses envies, son analyse des médias

août 18, 2010 dans En vrac, Interviews

Aymeric Caron a intégré Europe 1 l’année dernière, en tant que joker de Marc-Olivier Fogiel : il y a donc animé la Matinale le week-end et pendant les vacances.

J’ai eu l’occasion de l’interviewer pour France-Soir, ce qui m’a valu d’être gentiment charriée par Annie Lemoine en fin de revue de presse à 4’00 (chère Annie, si si, c’était une interview par téléphone), et ensuite par le survolté Willy (cher Willy, non, on ne m’attrape pas avec du Sardou, moi… huhu).


La maladie d’amour de Willy par Europe1fr

Et parce qu’Aymeric Caron m’a dit plein de choses intéressantes que je n’ai pas pu exploiter dans mon article, je vous propose de découvrir l’intégralité de l’interview…

aymeric-caron.jpg

Vous présentez la matinale d’Europe 1 toute la semaine de 6 heures 30 à 9 heures 30 pendant les congés de Marc-Olivier Fogiel… Comment ça se passe, jusqu’à présent ; comment vous y sentez-vous ?

Pour le moment ça se passe très bien. C’est une émission passionnante à animer pour un journaliste ! C’est vraiment formidable parce qu’il y a trois heures d’antenne en direct avec des rendez-vous extrêmement variés – et en trois heures on balaye large. Il y a une grande diversité de sujets, de thèmes, et de tons également. Les deux premières heures et demie ont un rythme et un ton très « information », et on se détend un peu sur la dernière demi-heure où on fait à la fois de la culture et du sourire. Se rajoutent à cela des interviews d’actualité, des interviews politiques, des interviews culturelles… C’est vraiment une tranche formidable à faire, et évidemment qui plus est sur une radio comme Europe 1.

Par rapport à Marc-Olivier, je ne sais pas si c’est différent : chacun a sa personnalité et j’imagine que ça doit s’entendre, même si l’idée est quand même de conserver une continuité par rapport à ce qu’il fait dans l’année. J’essaye de ne pas créer de rupture, que ce soit dans le rythme ou dans le ton. La seule différence tient à la période : on fait quelques adaptations estivales qui créent quelques respirations supplémentaires.

Parce que l’été, il ne se passe rien ?

Disons qu’il y a un peu moins de politique – même si cet été les sujets sécuritaires sont quand même très présents. Et on suit l’actualité à l’étranger de très près : la Russie, le Pakistan, etc… Il y a beaucoup de sport… C’est un peu plus light, c’est sûr. Mais on reste quand même très info.

Vous continuerez cette matinale le week-end, à la rentrée ?

C’est en train d’être décidé. Je suis en négociation avec la direction d’Europe 1 sur d’autres projets.

Vous avez commencé comme grand reporter à Canal +. Est-ce que le terrain vous manque ?

Le terrain me manque de temps en temps. Quand on est journaliste, c’est là qu’on grandit, qu’on mûrit. J’ai fait ça pendant près de dix ans, beaucoup à l’étranger. Je tenais absolument à faire ça à ce moment-là de ma vie, avant de faire de l’antenne, parce que ça me semblait bien de me confronter à d’autres réalités.

C’est votre choix d’avoir ensuite fait de l’antenne ?

Honnêtement, c’était un peu le hasard. On m’a proposé de présenter les journaux sur iTélé. Mais j’ai abandonné la présentation pour me consacrer uniquement aux grands reportages, parce que je n’avais pas le temps de faire les deux – c’était très compliqué à gérer. Et en 2005, la direction d’iTélé m’a proposé la matinale du week-end, du vendredi au dimanche ; ça s’est posé à un moment où, en tant que grand reporter, on commençait à moins partir.

A cause des coupes budgétaires ?

Oui voilà. Il y avait déjà une tendance depuis quelques années à moins faire partir les grands reporters. Donc j’étais dans une période où j’avais un peu moins de travail, et je sortais de quelques années très intenses de terrain. J’avais envie de lever un peu le pied… On m’a donc demandé si je voulais lancer cette matinale du week-end sur iTélé, et je l’ai fait comme ça, sans y réfléchir davantage… Ca m’a plu, et je suis resté sur ce créneau. Mais rien ne dit que je ne retournerai pas sur le terrain prochainement.

C’est donc une envie que vous avez encore ?…

Je ne m’interdis rien. Je suis très content aujourd’hui de faire ce que je fais parce que c’est très enrichissant également. Je pense que c’est très important dans une carrière professionnelle de varier les expériences, et surtout les angles de regard : c’est très différent de recevoir des gens dans un studio et d’aller les chercher sur le terrain – ce ne sont pas les mêmes personnes qu’on rencontre. Si on veut avoir une vie de journaliste riche, c’est bien de se confronter à des réalités différentes. Mais je ne m’interdis rien du tout. Je suis très heureux aujourd’hui de faire une pause dans ma vie de grand reporter, parce que c’est quand même très fatigant sur plein d’aspects. Tout peut arriver dans les années qui viennent, je ne m’interdis rien…

Vous êtes donc ouvert à toutes propositions…

Moi je réagis vachement par envie. Quand j’ai accepté de faire de l’antenne, c’est parce que j’avais le sentiment d’avoir fait beaucoup de chose dans ma vie de grand reporter : j’ai couvert la guerre d’Afghanistan et la guerre d’Irak, j’ai eu beaucoup d’émotions, j’avais vu et ressenti beaucoup de choses… Je sentais que j’avais besoin de me poser un peu. Donc ça m’allait très bien de faire de la présentation, de partir sur d’autres domaines. Quand j’étais grand reporter je ne faisais que de l’actualité à l’étranger, et tout à coup je m’intéresse aux artistes, qui est une passion que j’ai dans la vie aussi, ainsi qu’à la culture… C’est vachement bien. Mais quelles seront mes envies dans quelques années ?… Je ne le sais pas encore.

Pour quelqu’un qui a officié si longtemps en télévision, est-ce que l’image vous manque, maintenant que vous faites de la radio ? Est-ce que ce n’est pas une gêne, du coup, pour vous ?

Non, ce n’est pas une gêne du tout parce que c’est autre chose. Il ne faut surtout pas le voir comme de la télévision avec l’image en moins. J’ai appris – parce que la radio c’était nouveau pour moi – à me familiariser avec ce milieu qui est absolument extraordinaire, parce qu’il y a une proximité avec l’auditeur qui est énorme, sans doute bien plus grande qu’en télé. Surtout le matin ! Le matin, on est présent dans des moments très personnels des gens : quand ils se lèvent, quand ils se préparent, etc… Et je remarque par les retours que j’ai qu’ils sont très attentifs à ce qui se dit, et surtout qu’ils ressentent cette voix comme une présence très forte. Alors qu’à la télé, on faisait plus partie d’un décor un peu vague.

La télé, c’est passionnant aussi. Mais c’est autre chose. C’est une autre manière de s’exprimer – en s’appuyant sur l’image. Finalement, la personnalité de l’animateur s’efface derrière. Tandis qu’en radio, le fait qu’il n’y ait que la voix crée une présence plus forte. Donc c’est encore plus de pression, d’une certaine manière. Mais je serais très content de refaire de la télé si l’occasion se présente sur un projet intéressant – parce que j’ai reçu des choses qui ne m’intéressaient pas…

Comme quoi, par exemple ?

Je préfère ne pas en parler ; ce ne serait pas forcément sympa pour les émissions concernées… Je préfère décliner une proposition télé qui ne correspond pas à qui je suis. En revanche, s’il y a un beau projet vraiment dans mes cordes, qui serait basé sur ce que je fais à l’heure actuelle – de l’info, de la rencontre, de l’interview, etc… – alors ce ne serait pas impossible qu’un jour j’y retourne. Mais c’est vrai que la télé, c’est autre chose. Il y a d’autres moyens d’expression qui sont très intéressants à exploiter… C’est autre chose.

Mais c’est pour ça que je trouve que la radio et la télé sont très complémentaires, et faire les deux dans une vie de journaliste, c’est vachement bien. Maintenant que je fais de la radio, je me rends compte de ce que j’aurais raté si je n’en avais pas fait ; et de la même manière, quand on fait de la radio, c’est bien de faire de la télé pour ne rien rater.

Est-ce que vous pensez rater quelque chose en ne faisant pas de presse écrite ou de web ?

Non… Non, je pense pas que je rate quelque chose…

Ce n’est pas votre truc…

Ecrire, l’écriture, si – j’ai fait des études de lettres donc j’aime beaucoup l’écriture. Mais c’est vrai que c’est pas le truc qui me plaisait le plus… J’aime le fait qu’il y ait ce contact avec l’auditeur ou avec le téléspectateur, qui passe par une voix ou par une image plus que par le mot. Maintenant, je pense que ces médias sont très naturellement en train de se rapprocher les uns des autres…

Cela dit, sur le web, il y a aussi du son et de la vidéo…

Complètement. Mais l’utilisation qu’on en fait est encore la même. On en est encore à un stade où on filme des gens dans un studio de radio, et ces gens ne tiennent pas réellement compte de ces caméras qui les filment. Souvent, ils les oublient.

Mais ils sont au courant, quand même ?…

Ah oui, bien sûr ! Tout le monde est au courant ; sauf qu’on ne pense pas encore au fait que l’image soit diffusée. Juste qu’on est filmé, point barre… On reste dans un exercice radiophonique. La prochaine étape, à mon avis, sera de la radio avec une vraie prise en compte des caméras qui s’exprimera pas des « regards caméra ». En télé on fait passer beaucoup de chose par le regard au spectateur, ce qui n’est pas le cas en radio évidemment. Je pense qu’une des prochaines étapes dans les années qui viennent sera de faire des émissions qui seront exploitables et en télé et en radio. Aujourd’hui par exemple, quand on lance un extrait de disque, on voit par la webcam les gens dans le studio qui dansent sur la musique. D’ici quelques années, ce sera un produit diffusable sur les deux médias : quand on lancera une chanson, on mettra un extrait de clip avec, et en faisant son lancement, l’animateur radio s’adressera aussi à la caméra.

En fait, je pense que c’est la télé qui devra s’adapter aux codes de la radio pour rendre les choses un peu plus dynamiques et vivantes. En télé, il y a des silences – qui sont difficilement exploitables en radio, par exemple. Il y a tout un langage mixte à inventer, là.

On va donc se retrouver avec des médias qui produiront à la fois de la télé, de la radio, et de la presse écrite – ce qui est déjà le cas, hein ! Sauf que chaque média a sa dominante. On arrivera à des médias métissés qui auront la même exigence de qualité dans chaque support.

Propos recueillis par Florence Porcel le 11/08/2010.