[ITW] Virginie Spies : « Chère Mars, tu as quelque chose de sexy car tu es mystérieuse »

juillet 25, 2014 dans Culture, En vrac, Interviews

Salut Terrien(ne)s ! C’est la planète Mars. Récemment, l’une d’entre vous a publié un roman en ligne chapitre par chapitre qui s’appelle « Mars Océan« . On me l’a raconté, j’ai kiffé, j’ai voulu en savoir plus.

Qui es-tu, Virginie ?
Je suis une terrienne, Maître de conférences à l’Université d’Avignon et sémiologue, spécialiste de la télévision et je travaille aussi sur les liens entre télévision et réseaux sociaux. J’ai écrit deux livres scientifiques sur la télévision. Ce qui m’intéresse, dans mon métier, c’est d’analyser pourquoi les programmes populaires plaisent. J’essaye de comprendre et décoder les pratiques et le succès des émissions. Je suis aussi auteur et metteur en scène de théâtre, j’ai écrit une trilogie sur la télévision et la célébrité, et mes pièces ont été jouées à Avignon entre 2011 et 2013.

Peux-tu nous présenter le projet de Mars Ocean ?
Avec plaisir ! Quand j’ai entendu parler du projet Mars One, au printemps 2013, j’ai trouvé ce projet fou pour deux raisons : d’abord on allait pouvoir partir sur Mars mais sans possibilité de retour sur Terre et ensuite, l’expérience serait filmée « à la manière » d’une émission de télé-réalité. Ce sont ces deux choses qui m’ont vraiment interpellée. La télé-réalité parce que c’est l’un de mes objets de recherche, et le non-retour parce que la question de la disparition me taraude depuis longtemps.
D’ailleurs, ma dernière pièce « L’île aux célébrités » est l’histoire de célébrités qui se retrouvent sur une île après avoir fait croire au monde entier qu’elles étaient mortes. Cette histoire se base sur la « rumeur de survie » qui raconte qu’Elvis ou encore Marylin ne seraient pas morts mais qu’ils couleraient des jours heureux sur une île.

Ce qui m’intéresse, avec le projet Mars One, c’est que des personnes vont accepter en quelque sorte de disparaître, tout en devenant des célébrités mondiales. Pour moi, c’est le degré ultime de notre société du spectacle. Enfin, je travaille depuis quelques années sur la question du bonheur. J’imagine que les personnes qui veulent partir sur Mars partiront certes à la conquête d’une nouvelle planète, mais ce sera d’abord une quête d’eux-mêmes : ils cherchent quelque chose de l’ordre du bonheur ultime, ce serait la réalisation d’une vie.

Avec le projet Mars One, j’avais donc tous les ingrédients pour un roman qui toucherait à tout ce qui m’intéresse. Le sujet est devenu comme une évidence.

Pourquoi n’avoir pas utilisé le vrai projet Mars One, alors ?
Parce que je préfère utiliser un bout du réel que le réel dans sa totalité pour partir dans la fiction. Ce qui m’intéresse dans Mars One, c’est son projet de départ et comment, à partir de cela, je peux emmener le lecteur quelque part. En tant qu’auteur, le projet Mars One est un point de départ, c’est lui qui m’a donné l’idée du roman.

Par ailleurs, je n’avais pas envie d’être « attaquable » par les concepteurs du projet lui-même, je ne voulais pas leur faire du tort, ni peiner ceux qui ne veulent pas que l’histoire de Mars One se déroule comme je l’ai imaginé, en tant qu’auteur de fiction ;-)

Le spatial utilise beaucoup Internet pour être relayé : les comptes Twitter des sondes et robots qui partagent des infos et des photos venues de loin (de chez moi particulièrement :p), la vie des astronautes 24h/24 dans l’iSS, la Terre filmée en direct et en HD, la retransmission des lancements de fusée, les astronautes qui tweetent et qui bloguent, des Hangout avec l’ISS… Es-tu sûre que l’avenir de la communication de l’exploration spatiale, dont la mienne, soit à la télévision ?
Oui et non. Je m’explique : D’une part, ce que je constate dans mes recherches, c’est que l’univers médiatique n’est plus cloisonné. Nous sommes dans un univers transmédia : il n’y a plus la télé d’un côté, la radio de l’autre, puis Internet quelque part, la presse écrite ailleurs, etc. Les médias sont connectés les uns aux autres, le téléspectateur regarde la télé partout, tout comme le lecteur utilise plusieurs supports.

D’autre part, si en effet le spatial utilise beaucoup Internet, ce qui compte encore et qui comptera pendant de nombreuses années, c’est la télévision car elle génère de forts revenus et qu’elle est capable de rassembler un large public au même moment. Elle s’appuie beaucoup sur le web mais, à l’inverse de certains analystes, je pense que la télévision n’est pas morte. Elle se sert du web pour étendre son pouvoir et les réseaux sociaux lui ont même donné une nouvelle jeunesse. Et puis, aucun média n’a jamais tué l’autre. Par exemple, quand la télé est arrivée, le cinéma a cru qu’il allait en mourir. Aujourd’hui, c’est la télé qui finance en grande partie le cinéma !

Donc je suis désolée, chère Mars, mais ton avenir passe en partie par la télévision ;-)

Dans quelle mesure t’es-tu inspirée (ou pas !) des émissions de télé-réalité existantes dans Mars Ocean, notamment pour traiter l’enfermement et le côté psychologique d’une telle aventure ?
Je me suis vraiment inspirée des émissions de télé-réalité existantes. Je suis allée puiser dans mes connaissances et mes analyses de ce genre télévisuel. D’ailleurs, l’un des héros de Mars Ocean dit que cette forme de télé-réalité est une expérience ultime, qui rassemble à peu près tous les traits de cette télévision si populaire.

As-tu entendu parler de l’expérience Mars500 ?
Oui, mais je ne m’en suis pas inspiré pour écrire. Une fois que les personnages et la situation étaient posés, l’histoire s’est déroulée presque d’elle-même. C’est ce que j’aime dans l’écriture de la fiction !

Pourquoi une séparation physique entre les scientifiques et les autres, alors qu’ici, les Humains auront sans doute besoin d’être tous en relation les uns avec les autres ?
J’ai voulu qu’ils soient dans deux lieux différents pour l’intrigue, et aussi parce que, même si ce n’est pas comme cela que c’est envisagé pour l’instant par Mars One, il est possible que cela se passe comme ça si on veut créer du buzz avec des personnages « intéressants » en terme de télé-réalité. Après, cela pose en effet des problèmes, je les développe d’ailleurs dans le roman mais je n’ose pas en dire plus ici pour les personnes qui n’auraient pas encore découvert l’histoire ;-)

En tant que sémiologue, que penses-tu de la recrudescence de la présence d’astronautes en ce moment, notamment dans les publicités et au cinéma, alors qu’aucun être humain n’a posé le pied sur la Lune depuis 1972 ? Tu crois que c’est grâce à moi, ou en tout cas à l’espoir de venir m’explorer dans pas longtemps ? :p
Je crois que ce succès est dû en partie à l’espoir d’un monde meilleur, d’un ailleurs ou d’autres choses seraient possible. Depuis que je suis née, je n’ai entendu parler que de la crise. Or nous avons tous besoin de rêver, d’imaginer qu’ailleurs, il existe quelque chose de mieux. Et puis bien sûr, c’est certainement un peu grâce à toi chère Mars, tu as quelque chose de sexy car tu es mystérieuse. Tu as vu toute la littérature sur toi ? L’imaginaire du « martien », c’est pas rien tout de même !

Oui mais c’est aussi beaucoup de n’importe quoi… Est-ce que tu aimerais venir me voir, d’ailleurs ?
Je n’imagine pas aller sur Mars un jour, je vais déjà essayer de bien voyager sur Terre. Pour l’instant, je préfère imaginer ce qui pourrait se passer sur Mars et j’espère regarder l’émission lorsqu’elle se réalisera « en vrai ». A ce moment, crois-moi, je serai ta plus fidèle téléspectatrice !

Mars One vient d’annoncer qu’ils ont signé un contrat d’exclusivité avec Darlow Smithson Production pour la retransmission télévisée de la sélection des futurs marsonautes (dans un premier temps). Etant donné leurs productions, ils ont l’air très sérieux et spécialisés dans les sciences, l’environnement et les technologies. Mais c’est aussi une filiale du groupe Endemol dont j’ai de mauvais écho. Ton avis sur ce partenariat ?…
Pour tout te dire, cela ne m’étonne pas. Que faut-il pour que Mars One se réalise ? De l’argent. Donc des futurs annonceurs. Pour avoir des annonceurs, il faut une émission qui cartonne, et qui a été le précurseur de la télé-réalité ? Endemol bien sûr. Il va donc falloir inventer un programme qui fonctionne en terme d’audience, et pour une saison qui ne se terminera jamais. C’est complètement fou, c’est ça, dans le fond, le sujet de mon roman. Je pense que tout cela peut arriver car l’imagination des êtres humains n’a pas de limites, et franchement, cela peut être dangereux car le projet Mars One, c’est tout de même autre chose que de vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola.

Y a-t-il une actualité pour le projet Mars Ocean ?
Le roman a démarré sur un blog, que je continue d’animer, et maintenant il est disponible sur Amazon en téléchargement. Et pour tout te dire, je suis à la recherche d’un éditeur, car je n’ai pas envie d’arrêter là. Si ça marche, je t’en envoie un exemplaire ?

Oh oui ! Ça me fera de la (re)lecture en attendant les premiers êtres humains, merci Virginie ! :D

[TWITTER] Mon droit de réponse à Elizabeth Tchoungui à propos de Twitter

juin 17, 2011 dans En vrac, Société

[Ceci est un exercice de style. J'ai, moi, le plus grand respect pour tous ceux qui travaillent pour les chaînes de télévision, à l'information ou au divertissement, à la comptabilité ou à la communication, à la direction ou aux ressources humaines.

Ceci est un exercice de style. J'ai donc non seulement repris le corps du texte, mais aussi la mauvaise foi et les manières journalistiques discutables du billet d'orgine.]

Voici le billet d’humeur d’Elizabeth Tchoungui :

(source : aufeminin.com)

Je suis un dinosaure et j’assume : non, je n’ai pas de compte TwitterHashtag m’évoque un hachis parmentier allemand. Avoir des cohortes de Followers ? JMEF, pour causer comme les twittos et leur fameux OSEF, « on s’en fout ».

Car côté ragots, ceux de ma boîte et de mon immeuble me suffisent largement. Oui, Twitter, c’est le world cancan. Avec, comme la french dance éponyme, un goût prononcé pour les jambes en l’air : tapez Twitter sur Google, et en première occurrence viendra « Twitter DSK ». En France, c’est la rumeur de liaison entre Carla Bruni-Sarkozy et Benjamin Biolay qui a rendu célèbre le site de microblogging : rappelez vous, le fameux Tweet qui a mis le feu aux poudres, posté par un journaliste au soir des Victoires de la musique 2010 : « Benjamin Biolay, c’est pas le mec qui… » etc, etc.

Twitter, c’est la concierge du village global : putassière les bons jours, experte en commentaires ineptes les autres. Je lance ici un appel solennel aux neuf millions de followers de Justin Bieber – l’ado méchu chantant détient le record d’abonnés à son compte, loin devant Barack Obama : pouvez vous m’expliquer l’intérêt du tweet suivant : « J’aime les escalators car lorsqu’ils freinent ils redeviennent des escaliers » ? Moi cela ne m’évoque que la chanson de Clarika : « T’es beau comme garçon, mais y a tant d’air dans ta tête qu’on peut y faire de l’avion… »

En plus d’être inutile, Twitter est un réseau infréquentable. On y croise au choix :

- Des pros de la drague lourdingue: comme cet élu démocrate qui a réalisé aux Etats-Unis l’exploit d’éclipser l’affaire DSK en tweetant une photo en gros plan de son slip protubérant. Il pensait l’avoir adressé au seul objet de son désir, oops, tous ses abonnés l’ont reçue. Dommage…
- Des e-terroristes : le week-end dernier le site de la police espagnole a été bloqué par des pirates informatiques. Les hackers ont revendiqué leur attaque sur Twitter.
- Des as du canular pas drôle : Twitter a copieusement relayé une photo censée épingler McDo en flagrant délit de racisme: on y voyait trôner à l’entrée d’un restaurant un panneau frappé du logo officiel indiquant « Suite à une série de vols et par précaution, les clients afro-américains devront à présent payer une taxe supplémentaire de 1,5 dollars par achat« . C’était un trucage. Qui a dit que Twitter avait révolutionné l’information ?

Loin de moi l’idée de minimiser le rôle du réseau social dans les révolutions arabes : Twitter a prouvé son utilité là où la liberté d’expression est restreinte. Ce fut le cas tout récemment, dans un pays pourtant démocratique : en Italie, pendant que la presse, largement contrôlée par le Cavaliere, ne pipait mot sur les référendums anti-Berlusconi, Twitter a su mobiliser les électeurs. Résultat : une participation record, et une claque pour Silvio.

Hormis ces circonstances bien précises, et n’en déplaise aux geeks qui me lisent, oui, Tweeter n’est que littérature de concierge, le style en moins : en 140 signes maximum, difficile de faire des miracles. En avant pour de très classieux WTF (What the Fuck) ou PTDR (Pété de rire) : le français résiste sur Twitter !

Non, décidément, à Twitter, je préfère de loin ma concierge : d’abord elle a plus de verve lorsqu’elle étrille l’apprentie joaillière du sixième qui enfile les mecs comme des perles. Et puis elle a une utilité, elle : a-t-on déjà vu Twitter arroser les plantes pendant les vacances ?

Par Elizabeth Tchoungui, présentatrice des Maternelles sur France 5.

Voici mon droit de réponse :

Je suis un dinosaure et j’assume : non, je n’ai pas de téléviseurLes Maternelles m’évoque une école pleine de chiards. Regarder la télé-réalité ? Je l’emmerde avec un grand A, pour causer comme les candidats dans leur fameux Loft.

Car côté sexe et voyeurisme, la vie et mon immeuble me suffisent largement. Oui, la télévision, c’est le world han-han. Avec, comme la french dance presque éponyme, un goût prononcé pour les jambes en l’air : allumez votre téléviseur, et en première occurrence sur les chaînes d’informations en continu viendra « Affaire DSK ». En France, c’est la sauterie aquatique de Jean-Edouard et Loana qui a rendu célèbre la télé-réalité : rappelez vous, c’était en 2001, elle promettait gloire, richesse, merveilles et alouettes à ses participants. Juste une question : comment va Loana ?

Le téléviseur, c’est la concierge du village global : à écouter aux portes les bons jours, experte en commentaires ineptes les autres. Je lance ici un appel solennel à tous ces envoyés spéciaux à New York plantés devant un Sofitel ou un tribunal – attendant l’odieux directeur du FMI, voire sa femme et ses enfants, autrement plus intéressant que la situation à Fukushima : pouvez-vous m’expliquer l’intérêt du commentaire suivant : « DSK s’est fait livrer des pizzas hier soir, sa femme a un tailleur gris, sa fille une manucure beige, les visages sont fermés – Ah ! On me signale sur Twitter qu’il a plaidé non-coupable » ? Moi cela ne m’évoque que la chanson de Clarika : « T’es beau comme garçon, mais y a tant d’air dans ta tête qu’on peut y faire de l’avion… »

En plus d’être inutile, la télévision est un monde infréquentable. On y croise au choix :

- Des pros de la drogue lourdingues : comme cet animateur qui a réalisé en France l’exploit d’éclipser tout autre actualité en faisant un mea culpa dans sa propre émission sur sa dépendance à la cocaïne. Il pensait la sniffer pour son propre plaisir, oups, les flics ont fait une descente chez lui. Dommage…

- Des terroristes : il y a quelques années un animateur d’émission matinale a été mis à pied pour violences sur son chroniqueur. Le délinquant est revenu deux semaines après dans le téléviseur.

- Des as du canular pas drôle : la télévision a copieusement relayé une information censée annoncer la mort d’enfants: le 8 août 2008, le petit Louis a été annoncé mort dans le JT de TF1, alors qu’il était bien vivant. France 2 aannoncé la mort de Pascal Sevran, décédé quelques semaines plus tard. C’était de fausses informations. Qui a dit que la télévision était un média fiable ?

Loin de moi l’idée de minimiser le rôle du téléviseur dans la société de nos grands-parents : le téléviseur a prouvé son utilité là où la TSF était incapable de transmettre des images. Ce fut le cas tout récemment, dans un pays pourtant démocratique : en France, pendant que Twitter, largement contrôlé par des kikoolols et des terroristes, ne pipait mot sur la #frenchrevolution à la Bastille, ses 5000 participants pacifiques et ses 3000 CRS belliqueux, la télévision a fait des reportages en continu. OH WAIT… Non en fait, aucun journal n’en a parlé et c’est sur Twitter que ça s’est passé.  

Hormis ces circonstances bien précises, et n’en déplaise aux employés des chaînes qui me lisent, oui, le téléviseur n’est qu’images et son de concierge, le style en moins : en 2 minutes maximum pour un reportage dans un JT, difficile de faire des miracles. En avant pour de très classieux Cékikapété ou Oh my gott : le français résiste dans le téléviseur !

Non, décidément, au téléviseur, je préfère de loin ma voisine : d’abord elle a plus de verve lorsqu’elle se fait troncher par son mec qu’un paysan dans son champ à la recherche de l’amour en train de tripoter une vache. Et puis elle a une utilité, elle : a-t-on déjà vu un téléviseur te prêter du sucre pendant les vacances ?

Par Florence Porcel, détentrice du compte @FlorencePorcel sur Twitter.

[ITW] Aymeric Caron : son parcours, ses envies, son analyse des médias

août 18, 2010 dans En vrac, Interviews

Aymeric Caron a intégré Europe 1 l’année dernière, en tant que joker de Marc-Olivier Fogiel : il y a donc animé la Matinale le week-end et pendant les vacances.

J’ai eu l’occasion de l’interviewer pour France-Soir, ce qui m’a valu d’être gentiment charriée par Annie Lemoine en fin de revue de presse à 4’00 (chère Annie, si si, c’était une interview par téléphone), et ensuite par le survolté Willy (cher Willy, non, on ne m’attrape pas avec du Sardou, moi… huhu).


La maladie d’amour de Willy par Europe1fr

Et parce qu’Aymeric Caron m’a dit plein de choses intéressantes que je n’ai pas pu exploiter dans mon article, je vous propose de découvrir l’intégralité de l’interview…

aymeric-caron.jpg

Vous présentez la matinale d’Europe 1 toute la semaine de 6 heures 30 à 9 heures 30 pendant les congés de Marc-Olivier Fogiel… Comment ça se passe, jusqu’à présent ; comment vous y sentez-vous ?

Pour le moment ça se passe très bien. C’est une émission passionnante à animer pour un journaliste ! C’est vraiment formidable parce qu’il y a trois heures d’antenne en direct avec des rendez-vous extrêmement variés – et en trois heures on balaye large. Il y a une grande diversité de sujets, de thèmes, et de tons également. Les deux premières heures et demie ont un rythme et un ton très « information », et on se détend un peu sur la dernière demi-heure où on fait à la fois de la culture et du sourire. Se rajoutent à cela des interviews d’actualité, des interviews politiques, des interviews culturelles… C’est vraiment une tranche formidable à faire, et évidemment qui plus est sur une radio comme Europe 1.

Par rapport à Marc-Olivier, je ne sais pas si c’est différent : chacun a sa personnalité et j’imagine que ça doit s’entendre, même si l’idée est quand même de conserver une continuité par rapport à ce qu’il fait dans l’année. J’essaye de ne pas créer de rupture, que ce soit dans le rythme ou dans le ton. La seule différence tient à la période : on fait quelques adaptations estivales qui créent quelques respirations supplémentaires.

Parce que l’été, il ne se passe rien ?

Disons qu’il y a un peu moins de politique – même si cet été les sujets sécuritaires sont quand même très présents. Et on suit l’actualité à l’étranger de très près : la Russie, le Pakistan, etc… Il y a beaucoup de sport… C’est un peu plus light, c’est sûr. Mais on reste quand même très info.

Vous continuerez cette matinale le week-end, à la rentrée ?

C’est en train d’être décidé. Je suis en négociation avec la direction d’Europe 1 sur d’autres projets.

Vous avez commencé comme grand reporter à Canal +. Est-ce que le terrain vous manque ?

Le terrain me manque de temps en temps. Quand on est journaliste, c’est là qu’on grandit, qu’on mûrit. J’ai fait ça pendant près de dix ans, beaucoup à l’étranger. Je tenais absolument à faire ça à ce moment-là de ma vie, avant de faire de l’antenne, parce que ça me semblait bien de me confronter à d’autres réalités.

C’est votre choix d’avoir ensuite fait de l’antenne ?

Honnêtement, c’était un peu le hasard. On m’a proposé de présenter les journaux sur iTélé. Mais j’ai abandonné la présentation pour me consacrer uniquement aux grands reportages, parce que je n’avais pas le temps de faire les deux – c’était très compliqué à gérer. Et en 2005, la direction d’iTélé m’a proposé la matinale du week-end, du vendredi au dimanche ; ça s’est posé à un moment où, en tant que grand reporter, on commençait à moins partir.

A cause des coupes budgétaires ?

Oui voilà. Il y avait déjà une tendance depuis quelques années à moins faire partir les grands reporters. Donc j’étais dans une période où j’avais un peu moins de travail, et je sortais de quelques années très intenses de terrain. J’avais envie de lever un peu le pied… On m’a donc demandé si je voulais lancer cette matinale du week-end sur iTélé, et je l’ai fait comme ça, sans y réfléchir davantage… Ca m’a plu, et je suis resté sur ce créneau. Mais rien ne dit que je ne retournerai pas sur le terrain prochainement.

C’est donc une envie que vous avez encore ?…

Je ne m’interdis rien. Je suis très content aujourd’hui de faire ce que je fais parce que c’est très enrichissant également. Je pense que c’est très important dans une carrière professionnelle de varier les expériences, et surtout les angles de regard : c’est très différent de recevoir des gens dans un studio et d’aller les chercher sur le terrain – ce ne sont pas les mêmes personnes qu’on rencontre. Si on veut avoir une vie de journaliste riche, c’est bien de se confronter à des réalités différentes. Mais je ne m’interdis rien du tout. Je suis très heureux aujourd’hui de faire une pause dans ma vie de grand reporter, parce que c’est quand même très fatigant sur plein d’aspects. Tout peut arriver dans les années qui viennent, je ne m’interdis rien…

Vous êtes donc ouvert à toutes propositions…

Moi je réagis vachement par envie. Quand j’ai accepté de faire de l’antenne, c’est parce que j’avais le sentiment d’avoir fait beaucoup de chose dans ma vie de grand reporter : j’ai couvert la guerre d’Afghanistan et la guerre d’Irak, j’ai eu beaucoup d’émotions, j’avais vu et ressenti beaucoup de choses… Je sentais que j’avais besoin de me poser un peu. Donc ça m’allait très bien de faire de la présentation, de partir sur d’autres domaines. Quand j’étais grand reporter je ne faisais que de l’actualité à l’étranger, et tout à coup je m’intéresse aux artistes, qui est une passion que j’ai dans la vie aussi, ainsi qu’à la culture… C’est vachement bien. Mais quelles seront mes envies dans quelques années ?… Je ne le sais pas encore.

Pour quelqu’un qui a officié si longtemps en télévision, est-ce que l’image vous manque, maintenant que vous faites de la radio ? Est-ce que ce n’est pas une gêne, du coup, pour vous ?

Non, ce n’est pas une gêne du tout parce que c’est autre chose. Il ne faut surtout pas le voir comme de la télévision avec l’image en moins. J’ai appris – parce que la radio c’était nouveau pour moi – à me familiariser avec ce milieu qui est absolument extraordinaire, parce qu’il y a une proximité avec l’auditeur qui est énorme, sans doute bien plus grande qu’en télé. Surtout le matin ! Le matin, on est présent dans des moments très personnels des gens : quand ils se lèvent, quand ils se préparent, etc… Et je remarque par les retours que j’ai qu’ils sont très attentifs à ce qui se dit, et surtout qu’ils ressentent cette voix comme une présence très forte. Alors qu’à la télé, on faisait plus partie d’un décor un peu vague.

La télé, c’est passionnant aussi. Mais c’est autre chose. C’est une autre manière de s’exprimer – en s’appuyant sur l’image. Finalement, la personnalité de l’animateur s’efface derrière. Tandis qu’en radio, le fait qu’il n’y ait que la voix crée une présence plus forte. Donc c’est encore plus de pression, d’une certaine manière. Mais je serais très content de refaire de la télé si l’occasion se présente sur un projet intéressant – parce que j’ai reçu des choses qui ne m’intéressaient pas…

Comme quoi, par exemple ?

Je préfère ne pas en parler ; ce ne serait pas forcément sympa pour les émissions concernées… Je préfère décliner une proposition télé qui ne correspond pas à qui je suis. En revanche, s’il y a un beau projet vraiment dans mes cordes, qui serait basé sur ce que je fais à l’heure actuelle – de l’info, de la rencontre, de l’interview, etc… – alors ce ne serait pas impossible qu’un jour j’y retourne. Mais c’est vrai que la télé, c’est autre chose. Il y a d’autres moyens d’expression qui sont très intéressants à exploiter… C’est autre chose.

Mais c’est pour ça que je trouve que la radio et la télé sont très complémentaires, et faire les deux dans une vie de journaliste, c’est vachement bien. Maintenant que je fais de la radio, je me rends compte de ce que j’aurais raté si je n’en avais pas fait ; et de la même manière, quand on fait de la radio, c’est bien de faire de la télé pour ne rien rater.

Est-ce que vous pensez rater quelque chose en ne faisant pas de presse écrite ou de web ?

Non… Non, je pense pas que je rate quelque chose…

Ce n’est pas votre truc…

Ecrire, l’écriture, si – j’ai fait des études de lettres donc j’aime beaucoup l’écriture. Mais c’est vrai que c’est pas le truc qui me plaisait le plus… J’aime le fait qu’il y ait ce contact avec l’auditeur ou avec le téléspectateur, qui passe par une voix ou par une image plus que par le mot. Maintenant, je pense que ces médias sont très naturellement en train de se rapprocher les uns des autres…

Cela dit, sur le web, il y a aussi du son et de la vidéo…

Complètement. Mais l’utilisation qu’on en fait est encore la même. On en est encore à un stade où on filme des gens dans un studio de radio, et ces gens ne tiennent pas réellement compte de ces caméras qui les filment. Souvent, ils les oublient.

Mais ils sont au courant, quand même ?…

Ah oui, bien sûr ! Tout le monde est au courant ; sauf qu’on ne pense pas encore au fait que l’image soit diffusée. Juste qu’on est filmé, point barre… On reste dans un exercice radiophonique. La prochaine étape, à mon avis, sera de la radio avec une vraie prise en compte des caméras qui s’exprimera pas des « regards caméra ». En télé on fait passer beaucoup de chose par le regard au spectateur, ce qui n’est pas le cas en radio évidemment. Je pense qu’une des prochaines étapes dans les années qui viennent sera de faire des émissions qui seront exploitables et en télé et en radio. Aujourd’hui par exemple, quand on lance un extrait de disque, on voit par la webcam les gens dans le studio qui dansent sur la musique. D’ici quelques années, ce sera un produit diffusable sur les deux médias : quand on lancera une chanson, on mettra un extrait de clip avec, et en faisant son lancement, l’animateur radio s’adressera aussi à la caméra.

En fait, je pense que c’est la télé qui devra s’adapter aux codes de la radio pour rendre les choses un peu plus dynamiques et vivantes. En télé, il y a des silences – qui sont difficilement exploitables en radio, par exemple. Il y a tout un langage mixte à inventer, là.

On va donc se retrouver avec des médias qui produiront à la fois de la télé, de la radio, et de la presse écrite – ce qui est déjà le cas, hein ! Sauf que chaque média a sa dominante. On arrivera à des médias métissés qui auront la même exigence de qualité dans chaque support.

Propos recueillis par Florence Porcel le 11/08/2010.

[SECRET STORY 4] Polygame ? Pas d’amalgame !

août 4, 2010 dans En vrac, Société

Je m’insurgeais la dernière fois contre le sort réservé aux femmes croqueuses d’hommes. Notre société étant celle de la parité, il se trouve que les hommes ne sont finalement pas en reste. En effet, notre ami Senna, tombeur de ces dames, a été qualifié cette semaine dans la presse de « polygame ». Ben voyons. Si le terme « salope » n’est pas vraiment le plus gentil qui soit pour qualifier celles qui ne se privent d’aucun plaisir, le mot « polygame » n’est pas non plus vraiment adapté à la situation de Senna.

Assez d’amalgames. Ça va bien, hein, ça suffit maintenant.

Soyons rigoureux. La définition exacte de la polygamie est le fait d’avoir plusieurs épouses légales en même temps. Ce qui, aux dernières nouvelles, n’est pas le cas de Senna. Est-ce le cas de son père et de son grand-père, comme le suggère son frère Ludovic dans une interview accordée à Closer ? A vrai dire, peu importe. C’est de Senna dont il s’agit ici, et Ludovic sous-entendrait que ce serait héréditaire.

De deux choses l’une : un homme qui multiplie les conquêtes est un séducteur, un homme à femmes, un Don Juan (donc), un coureur de jupons, un homme tout simplement – ce que vous voulez – mais il n’est pas polygame tant qu’il n’épouse pas plusieurs femmes simultanément. Faudrait peut-être penser à arrêter d’utiliser des grands mots pour tout et n’importe quoi. Et d’autre part, penser que ce serait héréditaire est la chose la plus stupide et la plus intelligente que j’ai jamais entendue.

Je m’explique. La plus stupide, parce que cela voudrait dire qu’il existerait un gène du Don Juanisme. La plus intelligente parce que… boudiou de boudiou, mais… c’est dans la nature humaine de ne pas avoir un seul et unique partenaire au cours d’une existence !!!

Je suis une fille gentille, hein. Calme, ouverte, empathique, curieuse, pas chiante. Mais à un moment, bordel à cul de bite, va peut-être falloir penser à arrêter de nous prendre pour des cons.

L’ETRE HUMAIN, DANS SA NATURE INTRINSEQUE, NE SE CANTONNE PAS, ET NE S’EST JAMAIS CANTONNE A UN SEUL PARTENAIRE SEXUEL.

Je ne hurle pas ; j’explique. Alors bien sûr, vous allez me dire, mais et ma grand-mère alors, elle qui n’a connu que le loup de grand-papy, toussa toussa… Oui. Bien évidemment que ça existe aussi. Mais ce n’est pas la norme.

Je n’ai pas le temps de faire des recherches extrêmement poussées sur les espèces animales monogames (qui n’ont qu’un seul partenaire). Wikipédia me souffle dans l’oreillette que c’est le cas pour les cygnes, les hippocampes, et les manchots notamment. Mais elles sont très rares.

Et l’espèce humaine, mesdames messieurs, n’est pas, et n’a jamais été monogame, et cela concerne aussi bien les hommes que les femmes (parce qu’il n’y a pas une Super-Salope qui s’occupe de tous nos mâles, hein).

Alors arrêtons, PAR PITIE, de nous insurger contre ces hommes et ces femmes qui multiplient les partenaires. Ça n’a rien d’anormal, d’extraordinaire, ou de choquant, c’est juste… nous. Voilà tout.

La preuve : être fidèle, ou choisir de n’avoir qu’un seul partenaire sexuel dans une vie est un choix. Si ç’avait été naturel, la question n’aurait aucun sens.

Rappelons encore que le mariage, qui dicte la fidélité entre époux, est une construction socialeinventée à une époque où les hommes voulaient être sûrs d’être les pères de leurs enfants (pour des questions d’héritage, de succession au trône, de transmission de terres, de titres ou de biens, etc). Il y a évidemment d’autres raisons, notamment politiques et religieuses, mais le mariage n’a rien de naturel. Il était surtout destiné à emprisonner les femmes dans le rôle d’épouse et de mère de famille.

Mais de tout temps, en tous lieux, dans toutes les civilisations présentes et passées, les femmes et les hommes ont multiplié les partenaires (les Grecs étaient ouverts à toutes sortes de sexualités, les Romains sont célèbres pour leurs orgies, les Rois de France ne sont pas en reste, et je ne parle même pas des libertins du 18ème siècle). C’est comme ça ! Et ça n’a rien de sale ! Ce n’est pas mal ! L’infidélité, tout comme le mariage, est une construction sociale, politique et religieuse, encore une fois, destinée à surveiller les femmes… Les hommes pouvaient bien faire ce qu’ils voulaient. S’ils allaient voir ailleurs, on ne leur en voulait pas trop. Si c’était une femme en revanche…

Bref. Vous connaissez la chanson. Je ne suis pas en train de faire l’apologie de la polygamie, je voulais juste rappeler certaines vérités. Non, le mariage et la fidélité n’ont rien de naturels, et je trouve (ça n’engage que moi) que c’est stupide de vouloir à tout prix se frustrer et s’enfermer dans une relation exclusive, alors que toute expérience est enrichissante. Mais il y a des personnes pour qui ce n’est pas envisageable, ou que ça n’intéresse pas – je les respecte  totalement. Qu’ils n’oublient pas, juste, que ce n’est pas naturel, et que ce qu’ils s’infligent (choisissent) est dicté par des règles sociales dictées en des temps qui n’avaient rien à voir avec notre époque.

Tout ça pour dire que Senna n’est pas polygame, il est juste normal. Mais pourquoi au fait, à notre époque, prône-t-on encore tellement la sacro-sainte fidélité ? Voilà une question qui se pose !

Parce que si elle disparaît des mœurs, la téléréalité n’aurait plus de saveur. Bon nombre de films et de livres ne seraient plus produits. Les vaudevilles seraient obsolètes. Et les magazines à scandales se vendraient beaucoup moins bien.

Encore une histoire de fric, quoi.

[SECRET STORY 4] Dons Juans au féminin et salopes 2.0

juillet 25, 2010 dans En vrac, Société

C’est fou comme c’est complexe, les liaisons entre le langage et l’évolution de la société. Quand on invente des mots pour des catégories de personnes qui entrent enfin dans la mode du moment puis dans les mœurs (gay, lesbienne, MILF, cougar, etc…), ces mêmes catégories de personnes ne souhaitent pas être enfermées dans des appellations qui sont toujours, en début de vie, péjoratives et réductrices. Plus complexes encore sont les catégories de personnes qui n’ont pas de vocable à eux. Et c’est encore pire.

Prenons Julie et Amélie, par exemple. La première, dans sa présentation, nous apprend qu’elle gère les garçons comme une femme d’affaire (vidéo). Très bien, bon, d’accord. La deuxième a dévoilé son secret hier : c’est elle, la « don Juan au féminin ». Et nous voilà bien. Ces deux jeunes femmes ont visiblement une manière de considérer leur vie privée de la même manière. Et une seule appellation a été trouvée pour les qualifier : ce sont tout bonnement (sans mauvais jeu de mot) des salopes.

Un peu violent, non ? M’est avis que si. On n’est pas « qualifiée » de salope, on est « traitée » de salope. C’est injurieux, méprisant, et violent. Mais d’ailleurs, qu’en dit le dictionnaire ? Quand j’interroge mon Hachette 2008, il me répond ceci : « salope nf vulg 1 Femme malfaisante, méprisante 2 Individu infâme, abject ». Pas vraiment sympathique, en somme. Et voyez comme aucune référence à la sexualité n’est faite dans cette définition. Voilà qui est tout à fait intéressant.

Quand on traite une femme de « salope » dans notre société d’aujourd’hui, une connotation sexuelle très forte est sous-entendue. On pourrait presque dire que c’est un synonyme de « pute », de femme dite de mauvaise vie. C’est amusant de voir à quel point un mot qui, à la base, implique l’idée de la malfaisance soit repris pour évoquer des femmes à la sexualité active et assumée. Comme si les femmes avec ce type de sexualité étaient forcément mauvaises et infâmes… On retrouve ici le schéma judéo-chrétien de la femme-putain, de la pécheresse, de la Marie-Madeleine – en opposition avec la « maman », la Sainte Vierge.

C’est usant. Honnêtement, hein. Ça me fatigue. Je ne vais pas revenir sur l’égalité des sexes, sur le combat des femmes à pouvoir choisir librement leur comportement sexuel sans être sans cesse jugées, sur la parité, etc… D’un homme, on dit qu’il est « coureur de jupons », « bon vivant », « don Juan »… Essayez de trouver le pendant féminin de ces qualificatifs, et vous n’aurez que « salope » dans votre vocabulaire.

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Et pour quelle raison obscure, hein ? Pourquoi sourit-on tendrement lorsque c’est d’un homme qu’il s’agit (« Oh bah vous savez ma p’tite demoiselle, les hommes, hein… »), pourquoi sommes-nous méprisants à l’égard d’une femme qui a strictement le même comportement ? De nos jours, cela n’a plus aucun sens. Les femmes ont la pilule, elles ont des hormones, un métier, le permis de conduire, le droit de vote, et même un cerveau. Non, elles n’ont pas besoin d’être amoureuses pour coucher, et oui elles ont aussi besoin de sexe juste pour soulager des pulsions. Comme les hommes. Mais parce que c’est une femme, c’est mal ?…

FLÛTE.

Julie, Amélie, continuez à vivre votre sexualité comme vous l’entendez. Eclatez-vous. Malheureusement, Endemol et TF1 n’ont pas trouvé d’autres appellations que « don Juan au féminin ». Mais j’espère qu’un jour, on trouvera. En attendant, essayez de ne pas tomber dans les clichés, s’il vous plaît. Même si la prod vous a choisies pour ça. Non, une don Juan au féminin n’est pas mauvaise. Non, elle n’est pas infâme, abjecte, méprisante. Elle vit juste sa vie comme elle l’entend, avec d’autres adultes consentants. Et elle peut aussi – eh oui – être une femme bien, une professionnelle talentueuse et fiable, une amie fidèle, une maman aimante, etc.

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© Dessin de Lili la Baleine

Détracteurs, vieux (ou jeunes) cons, machos, coincées, rassurez-vous tout de même. Ce n’est pas demain la veille que les mentalités changeront. Pas plus tard que la semaine dernière, une de ces femmes tout à fait respectables nous a traitées, moi et quelques autres, de « salopes 2.0 ». Notre crime ? Avoir osé montrer sur Twitter ce qu’on exhibe impunément (quel scandale !!!) sur notre lieu de travail, et dans la rue. Notre décolleté. (Je passe sur le fait que cette même demoiselle tout à fait respectable avait montré, elle, sa culotte quelques temps auparavant – culotte que je ne montrerais personnellement ni sur mon lieu de travail ni dans la rue soit dit en passant. Donc pas sur Twitter non plus.)

Cette expérience a cependant été plutôt instructive. J’ai appris que mettre un débardeur en plein été faisait forcément de moi une femme dépravée et méprisable.

Julie et Amélie, chères amies, surtout veillez à avoir sans cesse la gorge couverte. Plus de maillots de bain, plus de hauts décolletés, plus de petits tops un temps soit peu féminins ! Malheureuses. On pourrait vous prendre pour ce que vous êtes.

Libres. Et libérées.

Petites effrontées !

[SECRET STORY 4] Trouble dans le genre

juillet 15, 2010 dans En vrac, Société

J’ai la faiblesse de penser que la télé-réalité représente au moins une belle expérience sociologique. Ce genre de programme, de plus en plus prisé par les chercheurs, est un véritable laboratoire grandeur nature.

Si le panel des candidats ne représente en rien l’ensemble de la population d’un pays (ou de plusieurs, si l’on en croit cette quatrième édition internationale), il semble en tout cas être le miroir de ce que seront les mœurs dans plusieurs années.

(Je m’explique : la télévision a toujours un temps d’avance sur la société. L’homosexualité, par exemple, y est totalement intégrée – que ce soit dans la pub, dans les séries, dans les talks-shows, etc… Par contre, elle n’est pas encore entrée dans les mœurs de la société française. Elle reste tabou, hélas, dans certaines familles, dans certains villages, dans certaines communautés, etc…)

Ce Secret Story 2010 est formidablement intéressant du point du vue du genre et des orientations sexuelles. Prenons le cas de Stéphanie et Coralie, pour commencer. Ces deux jeunes belges sont tellement proches et inséparables qu’elles vivent ensemble, qu’elles partagent le même lit, et qu’elles nous ont présenté leur « bébé » (un petit chien). Interrogées sur leur relation, elles sont restées très floues sur le sujet – à dessein, j’imagine. Bref, on ne sait toujours pas si elles sont hétérosexuelles ou bisexuelles. Car leur ex en commun (de sexe masculin) se trouve également dans la Maison…

Un des secrets de cette année est qu’un(e) candidat(e) est hermaphrodite. Si ça, ce n’est pas un genre trouble, je ne m’y connais pas. Les pronostics annoncent Thomas comme étant cette personne : alors, né ni fille ni garçon (en fait un peu des deux), portant un prénom masculin, maquillé légèrement, sourcils épilés, les pommettes hautes et saillantes, une coupe de cheveux asexuée, et se présentant lui-même comme « différent »… qui est-il ? Et d’ailleurs, doit-il absolument être classé dans un genre bien défini ? Est-il obligé de choisir un genre ou un autre ? Âgé de 17 ans, il a bien le temps de réfléchir à ces questions – pourvu qu’il se sente en accord avec lui-même.

Et jamais deux sans trois. Le magazine Oops nous apprend que le papa de Chrismaëlle s’appelle désormais… Isabelle. Il aurait changé officiellement d’identité il y a cinq ans, et se serait fait opérer pour devenir physiquement une femme il y a deux ans. Apparemment, il était prévu qu’il participe à l’aventure… Voilà donc un autre exemple, totalement différent des autres, qui illustre bel et bien les changements de mœurs de notre société.

Si la télévision (et la presse en général) a intégré la bisexualité (avec Coralie et Stéphanie), elle commence à se faire l’écho d’une prise de conscience plus globale concernant le genre (l’hermaphrodisme avec Thomas, la transsexualité avec Isabelle).

J’ai la faiblesse de croire que ces émissions – quoi qu’on puisse en penser – pourront faire évoluer les mentalités de tous et de toutes à l’intérieur de notre société. Ça prendra du temps – l’homosexualité pose encore problème – mais si Secret Story peut servir au moins à ça, alors ça vaut le coup que ça existe.

En tout cas, ce thème du genre arrive à la télévision 20 ans précisément après la sortie du livre Trouble dans le genre de Judith Butler. Les candidats sont à peine plus vieux. Et j’espère qu’il ne faudra pas attendre 20 ans de plus pour qu’ils soient acceptés tels qu’ils sont : homme, femme, ou entre les deux.

En attendant, bienvenue à eux.

[SECRET STORY 4] Du vocabulaire : la « libérance »

juillet 14, 2010 dans En vrac, Société

C’est un complot, je ne vois que ça. J’accuserais bien les journalistes à moustache trotskystes et leurs méthodes fascistes, mais il se trouve que ça semble être un complot contre les journalistes eux-mêmes. Si si.

Tout a commencé le 15 avril dernier. Ce jour-là, la confrérie journalistique est chargée d’annoncer au monde que le volcan Eyjafjallajökull est entré en éruption.

Dur.

En presse écrite et sur le web, on oublie la langue tirée d’une application toute écolière, on privilégie très vite le copié-collé. En radio et à la télévision, c’est plus compliqué. S’agit pas de se tromper. Sueur au front, mains moites, nos malheureux répètent toute la nuit pour ne pas devenir la risée de millions d’auditeurs, de téléspectateurs, d’internautes, et de confrères un brin moqueurs.

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A peine le volcan calmé, la Palme d’Or du Festival de Cannes tombe, le 23 mai. Apichatpong Weerasethakul.

Dur.

Pour nos confrères qui doivent l’annoncer à voix haute et sans fiche ni prompteur, le défi est de dénicher un moyen mnémotechnique sans déraper. Je ne vous donne pas d’exemples. Vous trouverez tout seul.

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Nous pensions avoir payé le prix de vies antérieures entières à violer la déontologie – mais non. Jamais deux sans trois : le vendredi 9 juillet, le couperet tombe, là où s’y attendait le moins. La Maison des Secrets abritera, c’est désormais officiel, un hexakosioihexekontahexaphobe.

Dur.

D’autant plus que même Benjamin Castaldi réussit à le prononcer (mais pas dès le premier prime, hein, faut pas pousser quand même). Là, plus de droit à l’erreur. Il en va de l’honneur de la profession, tout de même.

Etre journaliste devient tout de même de plus en plus difficile. Ces derniers mois, nous n’avons pas été épargnés. La profession est en proie à une profonde remise en question. Les écoles ne préparent pas à faire face à ce genre d’épreuve. Moi-même, je me suis demandé si je n’allais pas laisser tomber. Si mêmeSecret Story 4 nous oblige à réfléchir…

Dur.

Et puis Robin est arrivé. Hier, au confessionnal. Tel son homonyme des Bois, défenseur de la veuve et de l’orphelin, voleur de riches pour donner aux pauvres, la bourse ou la vie, le neurone ou l’apparence.

« Libérance. »

Merci Robin. Après un début 2010 extrêmement pénible pour la profession, tu nous offres un repos bien mérité. « Libérance ».

Souhaitons en tout cas à Hervé et Stéphane, nos confrères retenus en otage en Afghanistan depuis 197 jours, d’être « libérancés » rapidement.

[SECRET STORY 4] Un casting calqué sur le modèle 2.0

juillet 13, 2010 dans En vrac, Société

Je n’arrive pas à me passionner pour les candidats et leur petite vie à l’intérieur de la Maison des Secrets. Non seulement ce qui s’y passe ne m’intéresse pas, mais en plus je me sens très mal à l’aise quand je visionne des images. Question de génération, de tempérament… Finalement peu importe.

Je vais donc rendre un autre hommage à la production. Non mais parce que, il faut bien l’avouer une fois encore, hein, ils m’épatent. Vraiment. Aujourd’hui, plus question de réalisation, de moyens techniques, de design ou de montage, je vais vous parler des candidats. Des secrets. Du casting, quoi. Ils m’épatent, je vous dis. Ils m’épatent.

D’aucuns se demandent comment ils choisissent les candidats. Outre les grilles préétablies classiques (il faut une bimbo, une peste, une grande gueule, un tombeur, un homosexuel, une lesbienne, un excentrique, etc…), il semble qu’Endemol ait trouvé une stratégie finement intelligente (mais oui) : se baser sur tout ce qui a fait le buzz sur le web ces derniers mois.

Et c’est cohérent. Ils l’ont bien compris, la télévision désormais ne peut plus se passer du web. C’est la raison pour laquelle ils ont décidé cette année de faire commencer l’émission sur Internet avec le « Before Secret » dans un but participatif très 2.0 : un des secrets de la saison sera directement le résultat des votes des internautes (« Nous sommes le faux couple des internautes », Benoît et Robin).

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Avec 70 millions de vidéos vues par mois sur leur site, TF1 aurait fait une erreur de ne pas en tenir compte. Du coup, ils ont certainement suggéré à Endemol d’embaucher des stratèges spécialisés dans le web pour définir leur nouvelle grille de casting. Et ça marche.

Qu’est-ce qui a fait le plus de ramdam ces derniers mois ? En première position, je diraisTwilight. Impossible d’avoir échappé au phénomène vampirique pour adolescents. Du coup… bingo ! Endemol nous dégotte Alexandre, vampire de son état (mais si, puisqu’on vous le dit). Et en face, rien que pour rigoler, on met un hexakosioihexekontahexaphobe, c’est-à-dire quelqu’un qui a peur du nombre 666 et des forces surnaturelles. HIN HIN HIN !!!!… (Bon, et pour les plus accros, il suffit donc de trouver celui ou celle qui se tient le plus éloigné(e) d’Alexandre pour démasquer ce fameux hexakosioihexekontahexaphobe, hein).

Ensuite, nous avons la Belgique. Le plat pays a fait beaucoup parler de lui ces derniers temps sur le plan politique. Un rattachement de la Wallonie à la France a même été envisagé (plus ou moins sérieusement). Et il ne faut pas oublier que Secret Story est diffusé également chez nos amis belges. Et boum !!! Comme par hasard, six candidats (sur dix-neuf, ce qui fait presque un tiers quand même) sont belges (Amélie, Stéphanie, Coralie, Senna, Chrismaëlle, et John).

Ce n’est pas fini… Quel buzz de mauvais goût a tenu les internautes en haleine ces derniers temps ? Les roux, chers amis, les roux. Et v’là t’y pas qu’on nous sort deux rousses de derrière les fagots (Coralie et Chrismaëlle).

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Les séries télévisées, ensuite. Non contents de s’inspirer de Desperate Housewives lors des quotidiennes avec la voix-off féminine et les plans vus du ciel de la Maison, nos petits malins préposés au casting ont su surfer sur le succès de Mentalist. Plus question de voyante cette année, pouf pouf, voici Bastien, vrai mentaliste s’il en est (et pour preuve, il a relevé le pari de deviner un secret en 24 heures. Bravo. Je suis impressionnée.)

Bon, et puis on a beaucoup parlé de Caster Semenya, cette sprinteuse prétendument hermaphrodite. Ça a fait les choux gras de la presse et du web pendant un petit moment, et ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Du coup, on a droit nous aussi à un(e) hermaphrodite dans la Maison des Secrets (Thomas ?).

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Et puis toutes les polémiques Miss France, Geneviève de Fontenay, etc… Echaudés par l’échec de Rachel Legrain-Trapani, ils n’ont certainement pas voulu retenter l’expérience, mais ils ont quand même fait rentrer Mister France dans le jeu. Pas tout à fait ça, mais ça s’en rapproche.

Et je pourrais continuer… (Mais y a un moment, hein, faut savoir s’arrêter.) Ce que j’en conclus, c’est qu’Endemol a eu l’intelligence de vivre avec son temps et de composer un casting classique (bimbo, bellâtre, quotas de minorités visibles, etc…) doublé d’un casting basé sur le web (buzz et sujets les mieux référencés) et sur les nouvelles technologies (Secret Story ne se regarde pas seulement à la télévision, mais aussi – et surtout ? – sur internet via les smartphones et les tablettes).

Voilà un bel exemple d’entreprise qui sait s’adapter aux mœurs de son temps. J’aimerais pouvoir en dire autant de Rémy Pfimlin, nouveau directeur de France Télévisions. Il veut certes nommer un responsable chargé du numérique, mais n’est-ce pas un peu tard, comme l’ont suggéré les membres du CSA lors de son audition ?

S’il n’est jamais trop tard pour bien faire, un grand travail sera nécessaire – et vite – pour pouvoir concurrencer les redoutables TF1 et Endemol qui nous offrent un bien bel exemple de ce que la question du numérique et des nouvelles technologies peut apporter à un programme de télévision.

[SECRET STORY 4] Du cul !

juillet 12, 2010 dans En vrac, Société

Sexe. C’était le premier mot du premier secret, lâché dès les premiers instants de la première de Secret Story 4, vendredi soir en première partie de soirée sur la première chaîne. Ce sont donc près de 4,3 millions de téléspectateurs qui ont tout de suite été mis dans le bain de cette édition placée sous les signaux sexuels à outrance. Parmi ces millions de paires d’yeux, certainement celles d’enfants et d’adolescents.

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Outre les tenues vestimentaires et les situations amoureuses plus que suggestives, le vocabulaire des candidats n’est pas en reste. Stéphanie et Coralie, meilleures-amies-du-monde-sans-doute-couple-lesbien-qui-aiment-les-hommes-aussi, ont gratifié nos oreilles d’une salve de « Oh pu… ! » dès leur entrée dans la maison. Le lendemain, c’est au tour de Benoît (la « coiffeuse », comme il aime à se qualifier lui-même), qui semble n’avoir que le verbe « enc… » à son vocabulaire. Je m’arrête là pour les exemples.

Mais au fait… N’était-ce pas Angela Lorente elle-même, directrice de la télé-réalité de TF1, qui avait déclaré à France-Soir dans l’édition du vendredi 9 juillet : « Les téléspectateurs ne verront jamais de candidats nus et n’entendront pas de gros mots à l’antenne » ?… Ah ben… si. Si si.

Bon, heureusement, pas encore de candidat nus à déplorer. Ah, pardon ? Attendez… Hein ??? Bon, au temps pour moi, je suis confuse. On me signale que John, le (petit-)fils à (grand-)papa collectionneur de belles voitures, s’est douché hier matin dans le plus simple appareil. En prenant la pose devant les caméras. Un joli fessier qui a fait le tour du web hier, puis de la presse aujourd’hui ou la semaine prochaine.

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Je conseillerais vivement à Angela Lorente, en tout cas, de s’offrir les services de Paul le Poulpe. Visiblement, elle a besoin de conseils en clairvoyance. A moins que tout cela ne soit qu’un dérapage non-contrôlé – une nouvelle saison a toujours besoin de quelques ajustements avant de prendre sa vitesse de croisière.

Dans ce cas, attendons au moins que la première semaine se passe avant d’être médisant. Après tout, l’inénarrable madame Lorente a annoncée sur le site officiel de l’émission : « Secret Story est un programme familial ».  Son vœu de ne pas faire parvenir des « gros mots » à des oreilles non averties, ni de « candidats nus » à des yeux innocents prend donc tout son sens. Et c’est tout à son honneur, vraiment.

Au fait, juste comme ça en passant, pour son information (et la vôtre), je rappelle que ce « programme familial » est sponsorisé par Manix.

C’est tout. Pour le moment…

[SECRET STORY 4] L’œil de TF1, du KGB au cagibi

juillet 10, 2010 dans En vrac, Société

Il faut bien l’avouer, ce premier prime de Secret Story 4 reçoit la palme de la meilleure réalisation et du meilleur montage. Techniquement, c’était parfait : allers-retours équilibrés entre Benjamin Castaldi, présentation des candidats et Maison des Secrets, images colorées et bling-bling à souhait, rythme énergique sans être fatiguant… Rien à redire.

Quant au design, de la piscine à la Maison en passant par les hologrammes et les décors du plateau, ils sont dignes d’un Spielberg du meilleur effet. Je ne sais pas combien de personnes ont travaillé sur tous ces aspects (voilà une idée d’enquête qu’elle est bonne !), mais chapeau bas, vraiment.

Cela dit… logiquement, ça doit coûter un fric fou. Parce qu’un prime aussi riche visuellement que celui-ci mobilise plusieurs équipes, des concepteurs aux techniciens, des infographistes aux monteurs. TF1 a fait le choix de ne pas lésiner sur les moyens – après tout, c’est leur choix stratégique, ils proposent aux téléspectateurs un packaging impeccable pour essayer de limiter la fuite vers la TNT, pourquoi pas. Le show était là.

Mais le jour-même, Libération annonçait que la première chaîne fermerait son bureau permanent de Moscou, début 2011 au plus tard. Trop cher, selon Catherine Nayl, directrice de l’information. Je me demande si les 700 000 euros par an économisés seront injectés dans le budget du cagibi des Secrets de la Plaine-Saint-Denis. Parce que, comme Benjamin Castaldi le disait hier à France-Soir  : « Penser que la téléréalité pourrait s’arrêter, c’est absurde. »

Question de priorités.