[MARS ONE] Dire non aux gravités (Say no to gravity and seriousness)

mai 24, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Le mot « gravité » a deux sens qui me pèsent (…) de plus en plus. Si l’un nous fait garder les pieds sur terre et l’autre nous fait garder les pieds sur Terre, le premier s’aggrave et le deuxième manque cruellement de légèreté. (Et là, je pleure parce qu’il va falloir traduire en anglais deux phrases avec un calembour pourri tous les trois mots.)

The word « gravity » means two different things that weigh upon myself. If the first one avoids being in the clouds and the second one can keep our feet firmly on the ground, then the first one is getting worse and the second one painfully lacks casualness. 

Image du film Upside Down

 

L’horreur du monde
Dreadful world ! 

« J’aime tellement la vie que je veux en vivre plusieurs à la fois. » C’est comme ça que commence ma bio sur Twitter. Je suis une survivante, je vois toujours les choses du bon côté, je suis une optimiste de nature. Mais j’ai l’impression que ce monde va mal, très mal, et que ça va en empirant.

« I love life so much that I want to live several ones in the same time. » That’s how I introduce myself on Twitter. I am a survivor, I always look on the bright side, I am an optimistic kind of person. But I feel that this world is going wrong, so wrong, and that things are getting worse.

Une bombe dans un marathon. Un père qui viole et tue sa fillette de 5 ans et qui ne peut pas être condamné pour ça parce que dans son pays, femme et enfants sont sa propriété. Un homme qui se filme en train de manger son colocataire. Une jeune femme lapidée à mort parce que soupçonnée d’avoir eu des rapports sexuels hors mariage. Des suicides d’enfants. Un homme qui se suicide dans une église au milieu des touristes pour lutter contre le mariage homosexuel. Un soldat massacré en pleine rue d’une capitale européenne par un meurtrier qui ensuite s’explique, tranquille et fier, pendant de longues minutes face à des caméras. Des écoles américaines qui enseignent le créationnisme.

A Marathon bombing. A father who rapes and kills his 5-year-old daughter and who cannot be sentenced for those  because laws of his country say that his wife and kids are his property. A man who makes a video of himself eating his roommate. A woman stoned to death because she might have sex without being married. Children hanging themselves. A man who shots himself inside a church full of tourists to struggle against same sex marriage. A soldier slaughtered on the street of a European capital city by a murderer who explains quietly and proudly what he just did to the cameras. Some American schools where Creationism is taught. 

Je ne veux plus vivre dans un monde pareil où la gravité des faits n’a d’égale que leur nombre grandissant. C’est insupportable. Et j’ai l’impression que tout ça va de pair avec un cynisme odieux, une perte totale du sens de l’humour et un rejet du second degré et de l’auto-dérision. La méchanceté gratuite devient un art, on ne sait plus défendre une cause autrement qu’en étant agressif, et les règles les plus élémentaires de bon sens et de respect semblent caduques. Je suis peut-être un vieux con avant l’heure mais je n’aime pas ce que je vois autour de moi. Je ne veux plus vivre dans un monde pareil.

I don’t want to live anymore in a world where the seriousness and the number of these facts are growing. It’s unbearable. And I feel like all those awful things go hand in hand with a hideous cynicism, with the loss of the sense of humor, and with a rejection of irony and self-derision. Gratuitous maliciousness becomes an art, fighting for a cause without aggressiveness becomes impossible, and the elementary rules of respect et common sense seem obsolete. Maybe I am an old idiot before my time but I don’t like what I see all around me. I don’t want to live in this kind of world anymore.

 photo Desolation.jpg

L’ivresse de l’absence de poids
A lack of weight’s euphoria 

J’ai envie de légèreté. J’ai envie de tout reprendre à zéro et de recommencer. J’ai envie d’un monde où la gravité n’est là que pour nous garder sur une planète – mais pas de manière trop intrusive. Je me sens lourde d’horreurs, lourde d’une Histoire humaine qui n’apprend pas de ses erreurs, lourde d’une Humanité qui semble prendre un malin plaisir à retomber dans ses pires travers. Il y a du bon, dans l’Humanité. Mais tout devient malsain. Ce monde est souillé, dans tous les sens du terme. Il faut sauver ce meilleur de nous avant le point de non-retour.

I want casualness. I want to start from scratch again. I want a world where gravity only exists to keep our feet on a planet – but not in a too intrusive way. I feel heavy with horrors, I feel heavy because of a Humanity which makes mistakes and doesn’t learn from these, I feel heavy because of a Humanity which seems to love doing everything wrong again. Humanity have many positive sides. But everything is getting unhealthy. The world is dirty and sullied. We have to save the best of Humanity before we reach the point of no return. 

J’ai envie de légèreté. De courir et de sauter haut, jusqu’à en avoir le vertige, jusqu’à être ivre d’un poids qui a quitté mes épaules et je n’aurais plus jamais à supporter. J’ai envie de vivre dans un monde où tout est possible, où tout est à refaire, où tout est à fabriquer. J’ai envie de vivre dans un monde où les hommes et les femmes ont des tâches de même importance à faire, où la religion est un secret personnel jalousement gardé, et où aucune voie n’est imposée.

I want lightness. I want to run and to jump high, I want to get head-spinned and overcome with joy because of a weight which left my shoulders and that I won’t have to bear anymore. I want to live in a world where everything is possible, where everything must be done, where everything needs to be made. I want to live in a world where men and women have same significant works to do, where religion is a personal jealously guarded secret, and where no path is imposed.  

Je rêve d’un monde où les routes et les chemins n’existent pas. Où je peux aller où bon me semble sans devoir emprunter la voie de quelqu’un d’autre auparavant. Je rêve d’un monde où, à perte de vue, je serai libre d’avancer sans rencontrer de frontières autres que les frontières naturelles.

I dream of a world where roads and paths doesn’t exist. I dream of a world where I can go wherever I want without taking someone else’s way. I dream of a world where I can be free to walk endlessly without coming across other frontiers than natural ones.  


Mars Gigapixel Panorama – Curiosity rover: Martian solar days 136-149 in Out of this World

 

Je rêve de rayer le mot « gravité » dans tout ce qu’il a de plus lourd de mon vocabulaire. Je rêve de légèreté et de liberté. Et seule Mars peut me les offrir toutes les deux.

I dream of forgetting the word « gravity » with all the weights in it. I dream of lightness and freedom. And only Mars can give me both.  

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