[TWITTER] L’Univers, la Voie Lactée, Twitter et moi

mars 23, 2012 dans Culture scientifique, Pendant ce temps-là, dans l'Univers, Vers l'exploration spatiale, Vers la science

Ça m’a pris comme ça. C’est peut-être l’aboutissement de toutes ces années de lectures, de rêves, de questions existentielles, de recherches de réponses et d’écoutes de conférences. C’est peut-être le point de départ de quelque chose de nouveau. C’est peut-être tout ça à la fois. Allez savoir.

En tout cas, voilà : j’ai créé sur Twitter, en 30 comptes, tout l’Univers. L’infiniment petit avec la physique quantique, les neutrinos et le boson de Higgs ; l’infiniment grand avec l’Univers, le cosmos et les galaxies ; et l’entre-deux avec le système solaire, son étoile et ses planètes – dont la nôtre.

Il manque sans doute des éléments, mais je pense que je peux balayer très large en ce qui concerne la physique, l’astrophysique et la cosmologie avec ces 30 possibilités de relayer les dernières découvertes scientifiques, les plus belles photos et les nouvelles des uns et des autres.

Parce que je veux que ces comptes vivent. Alors j’ai créé à chacun une personnalité, des qualités et des défauts, un caractère plus ou moins prononcé et des relations aux autres particulières…

Par exemple :

- Le Soleil : il en a ras-le-bol que les Terriens le prennent soit pour une feignasse, soit pour un planqué. Alors il passe son temps à leur expliquer que si, en fait il est toujours là, c’est seulement la Terre qui tourne et les nuages qui le cachent, et que c’est marre. En plus, il est amoureux de la Lune qui passe son temps à le titiller (et qui est un peu une coquinoute qui ne rêve que d’une chose : que des hommes reviennent la visiter…)

- Pluton : le loser de la bande. Non seulement ce n’est plus une planète, mais en plus il n’est même pas le plus gros objet de la Ceinture de Kuiper (qui, elle, passe son temps à essayer de pécho les nébuleuses qui restent insaisissables et évaporées).

- Uranus : c’est le troll du système solaire. Il est loin de tout, les Terriens ne s’intéressent pas spécialement à lui, il est donc toujours de mauvaise humeur, voire agressif.

- Saturne : c’est la planète bling-bling. Il fait le fier avec ses anneaux, qu’il appelle « mes Précieux » et a un ego très développé. Il se sentira très à son aise sur Twitter, sans aucun doute.

- Les neutrinos : alors ils sont bien emmerdés, les neutrinos. L’un d’eux, Jojo le Neutrino, a pété les plombs et a absolument voulu griller la vitesse de la lumière. Il a donc triché en bidouillant un câble et fausser les mesures. Du coup, l’ensemble du groupe est la risée de l’univers.

- Le boson de Higgs : c’est le petit rigolo. Il joue à cache-cache avec les Terriens qui n’ont encore pas réussi à le trouver. Mais je crois qu’il va être obligé de faire son coming-out dans quelques semaines, voire quelques mois…

- Etc, etc…

Voyez, je m’amuse bien. Evidemment, 30 comptes à suivre, c’est beaucoup. Mais si vous vous faites une liste avec tous ces comptes, vous pourrez assister à :

- du LOL

- des tweetclash

- du NSFW

- du savoir

… ou encore (parlant de la sonde New Horizons qui arrivera près de Pluton en 2015)

- des scènes de ménage cosmiques

- et peut-être même à des LT de conférences, de livre, de documentaire…

… bref, à tout un tas de choses qui font mon quotidien de petite chose vivante, consciente et pensant posée sur cette merveilleuse petite planète.

Cela reste du divertissement et du léger (même si je serai ravie de vous apprendre des trucs), mais je vais faire très, très attention à ne pas faire d’erreur scientifique. Je ne suis pas spécialiste, juste passionnée et monomaniaque, mais j’aime autant ne pas dire de conneries. Cela dit, errare humanum est : si vous en voyez passer une, n’hésitez pas à m’en faire part ! ;-)

Si vous voulez suivre ma folie douce, alors bienvenue dans mon Univers…

PS : les comptes sont en _VL pour Voie Lactée. La plupart des noms seuls sont déjà pris…

[TWITTER] Twitter, tu me fatigues

février 26, 2012 dans En vrac, Société

Twitter, je t’adore, mais souvent ton hypocrisie et tes dictatures m’épuisent. Je te le dis quand j’en ai envie, souvent je me tais parce que je ne veux pas m’énerver, et ça fait un moment que ça me titille d’en faire un billet sans en avoir forcément le courage.

Mais là, en l’espace de quelques heures, tu m’as bien bien gonflée par deux fois – on va donc dire que c’est l’occasion d’ouvrir une page blanche et de te dire ce que je pense en plus de 140 caractères. Parce que tu me fatigues, Twitter.

La censure, c’est pas bien (enfin… sauf quand ça t’arrange)

Twitter, tu passes ton temps à donner des leçons de morale, à te poser comme seule Vérité possible, à crier sur tous les toits que ceux qui ne pensent pas comme toi sont forcément des cons ou des fachos (tout en criant au scandale dès qu’un point Godwin fait son apparition), et cela est valable tout autant pour la politique, les goûts musicaux ou cinématographiques, la nouvelle keynote d’Apple ou le dernier buzz en date.

Dernièrement, c’est la censure des comptes fake de Nicolas Sarkozy qui a provoqué ton ire et ton soulèvement.

[Je précise tout de suite pour que ce soit bien clair : je n'ai jamais été très à l'aise avec les comptes fake utilisant une identité qui n'est pas la sienne, que ça concerne un personnage publique ou un anonyme. Bien sûr - et  heureusement - que le droit à la caricature existe, certains sont très bien faits et il m'est arrivé de sourire, mais voilà, bon, je ne suis pas très à l'aise avec ça alors que c'est un sport national chez toi.]

Revenons à nos moutons : depuis que Nicolas Sarkozy s’est inscrit sur Twitter, un nombre impressionnant de comptes fake à son image ont fait leur apparition. Je n’ai pas voulu suivre l’histoire en détail parce que ça me gonfle, mais ils ont visiblement tous été censurés, ce qui, bien entendu, pose question quant au respect du droit à la caricature et à la liberté d’expression. Tu t’es donc outré, Twitter, et tu as eu bien raison.

Mais voilà. Hier soir, ce sont des compte fake de Guy Birembaum qui ont vu le jour. Une fois encore, comme tous les comptes fake, vous dis-je, je n’étais pas du tout à l’aise  en les voyant arriver dans mes followers. Mais là où tu m’as mise en colère, Twitter, c’est quand soudain tu t’es transformé en schizophrène. Tu t’es soulevé pour dénoncer ces vilains personnages qui reprenaient l’identité d’un honnête homme pour faire ces outrageux comptes fake ! Tu t’es mobilisé pour qu’ils disparaissent, pour que ces salopiauds soient punis en place publique !

Alors, bon… Twitter… Comment te dire… (poliment)…

Il faudrait savoir, mon petit père, hein. Eh oui. Parce que c’est une chose de dénoncer la censure un jour. Et, le lendemain, de l’encourager et de l’utiliser. Parce que, tout à coup, ben ça t’arrange.

Et tu hurles à longueur de temps contre les diktats ?…

Pardon, hein. Mais tu me fais rire. J’arrive de moins en moins à te prendre au sérieux.

Récapitulons : un compte fake de Sarkozy, « say le bien », c’est le droit à la caricature, c’est la liberté d’expression. Un compte fake de Guy Birenbaum, « say le mal », c’est un outrage, ce sont des mécréants/des cons/des terroristes/des fachos (hein, ouais, j’ai tout vu passer).

A un moment Twitter, va falloir être un tout petit cohérent. Il n’y a aucune différence entre Nicolas Sarkozy et Guy Birenbaum, malgré ce qu’on a essayé de me faire croire. Ce sont tous les deux des personnalités publiques inscrites sur Twitter sous leur vrai nom et sous leur vrai visage. Ils ont eu tous les deux à subir des comptes fake très ressemblants. Et par-dessus tout, ils sont à égalité en terme de lois, de droits et de règles d’usage.

Alors tes grands discours sur la liberté d’expression, le droit à la caricature et contre la censure, merci hein. Mais visiblement, c’est quand ça t’arrange. Sois cohérent avec toi-même, en fait, c’est tout ce que je te demande.

Oh, et je précise : j’ai eu un échange en DM avec Guy Birenbaum à ce sujet. J’en ai profité pour lui transmettre mes encouragements pour se sortir de cette passe un peu désagréable. Parce que, voilà, comme dit deux fois déjà, les comptes fake, ça me met mal à l’aise. Je le soutiens donc.

PS : Lors d’échanges sur ce sujet, on m’a posé la question des Guignols – qui me font beaucoup rire, oui oui. Mais non, et je le dis comme je le pense, ce n’est pas du tout pareil. Du premier coup d’oeil, tu vois que les Guignols sont des marionnettes, des caricatures. Or, un compte fake bien fait, de ceux qui tiennent plus de l’usurpation d’identité que d’autre chose malgré la volonté d’uniquement parodier, ne te renseigne pas sur sa nature caricaturale.

Je m’explique : il m’est souvent arrivé de voir passer des RT de comptes fake de multiples personnalités politiques, par exemple, en croyant que c’était les vraies. Sauf que non. Et j’aime pas trop trop me faire flouer et être prise pour une conne, en fait. Et étant donnée la multiplication du phénomène, je ne vais pas m’amuser à cliquer sur un RT qui a déjà disparu de ma TL parce qu’elle défile vite, aller voir la bio et enfin au bout de quelques minutes me rendre compte que c’est seulement un compte parodique.

Donc je ne suis pas sûre que les compte fake parodiques sur Twutter soient une bonne chose, parce qu’au hasard de RT, on ne peut humainement et techniquement pas faire la différence avec un vrai compte. Contrairement aux Guignols ou à toutes les autres formes de parodies et de caricatures.

Les Parisiens : gloire aux stéréotypes

Autre exemple de ton hypocrisie (ou schizophrénie) naturelle, Twitter. Hier, aujourd’hui encore, une vidéo fait le buzz où l’on nous montre ce que c’est qu’un vrai Parisien. Je ne l’embedderai pas et je tairai la source de cette vidéo puisque je refuse d’en faire la publicité.

Tu l’encenses, tu la retweetes, tu LOLes devant et tu cries au génie.

Formidable.

Sentant déjà le truc qui m’énerverait, je n’ai pas voulu la voir hier (j’aime pas tellement suivre quand quelque chose semble faire l’unanimité – que voulez-vous, méfiance naturelle). Et puis ce matin, j’ai voulu me faire ma propre opinion sur le sujet.

Nous avons donc une vidéo qui liste toutes les habitudes, les travers, les comportements et les tics de langage du vrai Parisien. Bon, alors déjà, je cherche toujours où c’était drôle (parce que je suis bien consciente que c’est du second degré, merci bien, hein). Ensuite, je me demande dans quelle mesure, dans la démarche, au fond, à la base, c’est bel et bien du second degré.

A partir de là, ça commence à me poser un petit problème. Cette vidéo bourrée de clichés (dans lesquels j’ai rarement reconnu des Parisiens ou bien qui seraient vrais également pour un non-Parisien) empêche tout droit à la différence. Du genre, « si tu dis ou fais pas ça, ben t’es pas un vrai Parisien et c’est sans recours ». Euh… ok. Belle leçon de tolérance. Wow. Je suis soufflée. Parce qu’en fait, je vis à Paris depuis dix ans, je m’estime un tant soit peu Parisienne, mais je ne me suis pas reconnue une demi-seconde dans cette vidéo.

Donc maintenant, Twitter, toi qui es toujours prompt à défendre la liberté, la tolérance, la veuve et l’orphelin, peux-tu me regarder droit dans les yeux et me dire que tu aurais encensé, retweeté, LOLé devant et crié au génie devant le même genre de vidéo au second degré si « Parisien » était remplacé par : femme/homme/gay/Français ? Mmmh ?

Non mais je te jure. Essaye. « Je suis vraiment un homme si… » et hop, 3 minutes de clichés grotesques sous couvert de second degré (really ?). Ou bien : « Je suis un vrai Français si… » et rebelote. Ou bien encore : « Je ne suis une vraie femme que si… » etc.

Ah ben là tout de suite, tu vois, je te sens pâlir, Twitter… Bizarre, hein.

Vous avez dit « cohérent » ?…

Ben de mon côté, Parisien, femme, gay, Français ou martien, ce genre de vidéo-sous-couvert-de-second-degré me met autant en colère.

Le pire, c’est que je suis la première à dire qu’il faut rire de tout et de tout le monde. Et que là, je me rends compte que j’ai tendance à oublier un peu mon sens de l’humour. Je le garde toujours, rassurez-vous. Mais si je pète un câble là tout de suite, ce n’est pas à cause d’une vidéo un peu maladroite qui ne m’aura pas fait rire. C’est parce que j’en ai ras-le-bol de recevoir des leçons de morale à longueur de TL par un Twitter schizphrène qui retourne sa veste quand bon lui semble.

Pour finir

Twitter, tu sais bien que j’ai pour toi une infinie tendresse, malgré tes défauts et ton côté insupportable. Hier encore tu m’as agacée sur un troisième sujet, celui du « Mademoiselle ». Tu as toujours un avis tranché sur tout, Twitter, et c’est sûrement pour ça qu’on t’aime.

Mais moi je ne me suis pas encore décidée. Je ne sais pas si je trouve ça plutôt bien – même si c’est symbolique – ou totalement accessoire. Alors en attendant que je me forge mon opinion et pour adoucir les moeurs (les miennes comme les vôtres, chers lecteurs qui êtes arrivés jusque-là), voici une des plus jolies chansons que je connaisse. Elle s’appelle « Mademoiselle » et elle est l’oeuvre de l’immense Barcella.

A très vite sur la TL, bande de bougres :-)

[PARODIE] T’as pas le droit (ACTA, SOPA)

février 4, 2012 dans Culture, En vrac

Toujours en hommage à l’ami Jcfrog, voici une nouvelle parodie de mon humble cru.

Etant donné le sujet choisi, je précise que je tiens à ne parodier que des artistes dont j’ai acquis les albums et les partitions de piano de manière tout à fait légale (achat ou cadeau), et ce non par peur du grand méchant FBI/Hadopi/loup (rayez la mention inutile) mais pour une question d’éthique personnelle.

Bonne écoute ! :-)

 

T’AS PAS LE DROIT (ACTA, SOPA)

(Chanson originale : « Qui a le droit ? » – Gérard Presgurvic/Patrick Bruel)

 

On leur a dit vous êtes tous des vieux cons

Vous n’avez rien compris au web que nous voulons

Vous, vous voulez tout voir et tout savoir

Nous surveiller, sans droits que des devoirs

 

Ils nous ont dit on va tout arrêter

Le tout gratuit, les ayant-droits pillés

Nous on veut bien payer pour du contenu

Chères industries sortez-vous les doigts du cul

 

T’as pas le droit, t’as pas le droit

ACTA, SOPA de faire ça

De nous priver de nos libertés

Dans le monde entier

 

On n’a pas envie d’être à la merci

De législateurs qui

Ne connaissent pas mais mettent à la casse

Ce polymédia qui les dépasse…

 

Ils nous ont dit le partage c’est pas bien

On perd du fric et on contrôle plus rien

Y a que la censure pour nettoyer tout ça

Toutes ces ordures et tous ces hors-la-loi

 

Ils légifèrent sans rien dire à personne

Car ils espèrent vraiment changer la donne

Logiciels libres, culture, médicaments

Ils interdisent – ça doit stopper maintenant

 

Refrain

[PARODIE] Je DM

janvier 14, 2012 dans Culture, En vrac

Jcfrog est une de mes idoles des Internets mondiaux et j’ai eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises grâce au Grand Webze.

Dieu est grand, je suis toute petite !

J’ai eu envie, il n’y a pas longtemps, de lui rendre hommage en parodiant ses parodies (hein ? oui, c’est tiré par les cheveux).

J’ai enregistré la chanson, inventé un personnage, commencé à coucher trois ou quatre vannes sur le papier… Et au moment de me retrouver devant la webcam, je ne l’ai pas senti. Au mieux ça n’aurait pas été drôle, au pire… pathétique.

Je m’abstiens donc… mais voici tout de même, rien que pour vous embêter, la fameuse chanson… Et du coup, ça m’a donné envie d’en faire plein d’autres.

(Enregistrée le 31 décembre chez mes parents sur le dictaphone d’Ernest, sous l’oeil torve du chat. Mixée sur Audacity. Ah ouais : attention, y a du moyen technique.)

Je DM by FlorencePorcel

(Eh, oh, ça va, hein. La dernière fois que j’ai pris un cours de chant, Twitter n’était pas né, alors…)

 

JE DM

(Chanson originale : « Je t’aime » – Lara Fabian/Rick Allison)

 

D’accord il existait d’autres façons de se draguer

Un coup de fil ou un verre mais ça fait pas très connecté

Pis comme je suis un trouillard, ça m’arrange bien de me cacher

Derrière un avatar photoshopé

 

D’abord je trolle un peu, ça m’amuse de te voir t’énerver

Ensuite, dès que je peux, je te #FF, je te RT

Tu abaisses ton pare-feu, ah enfin tu m’as followé

Maintenant faut jouer franc-jeu, je vais te plugger

 

Je DM, je DM

Une dose de geek, une dose de LOL

Pour t’encapsuler le protocole

Je DM, je DM

Un mot fripon, un mot sympa

140 caractères pour toi

Tu vois je DM comme ça

 

D’accord je t’ai confié tous mes ID, toutes mes IP

Même celles dont seul Zuckie est le gardien inavoué

Sur ces réseaux du web, l’ACTA nous regardait surfer

J’ai tant voulu tes boobs en webcam mais t’as refusé

 

Je DM, je DM

Une dose de geek, une dose de LOL

Pour t’encapsuler le protocole

Je DM, je DM

Un mot fripon, un mot sympa

140 caractères pour toi

Tu vois je DM comme ça

[LIVRE/WEB] Les miscellanées d’Internet (A. Dubuquoy, N. Prat)

janvier 11, 2012 dans Culture, En vrac

En voilà un livre frais, sympathique, drôle et instructif sur les internets ! Antoine Dubuquoy, blogueur, et Nico Prat, journaliste, sortent demain chez les bons libraires leurs Miscellanées d’Internet aux Editions Fetjaine.

 

 

Je l’ai lu (parce que j’en ai un exemplaire dédicacé alors c’était la moindre des choses, hein) et j’ai bien rigolé. Mais j’ai appris des tas de choses, aussi : de l’origine du #vraimentPD à l’histoire du web, en passant par des personnalités que je ne connaissais pas et des chiffres en tout genre.

Les Miscellanées, ce sont 244 pages de tout et de n’importe quoi sous la forme de paragraphes de deux ou trois lignes à une ou deux pages. L’alternance d’informations sérieuses et de phénomènes LOL rendent le livre très agréable à lire et jamais ennuyeux. On passe du grave au WTF, de YouPorn à l’évolution du prix du gigaoctet et des mèmes à un quizz. En somme, une parfaite adéquation entre l’objet étudié (Internet) et la forme utilisée (un livre en bois d’arbre).

On sent que les deux compères se sont bien amusés à composer ce foutraque d’informations en tout genre. Le vécu crève les pages, à la plus grande joie du lecteur qui se transformera en xD pendant quelques lignes, lors de la description d’une tentative de prise de contact avec une FAI ou à la simple évocation de la zone blanche. Extrait :

« Pour l’internaute ou le simple geek en vacances, la zone blanche déclenche des suées, provoque une torsion des entrailles, la chute des cheveux, voire des dents, et déclenche un état de nervosité intense se manifestant par une propension à tourner en rond, à escalader les toits, les arbres, les collines, montagnes, poteaux télégraphiques, le bras tendu vers le ciel, le smartphone pointé vers l’immensité céleste dans l’espoir de capter ne serait-ce qu’une demi-barre. » (p.43)

Les deux auteurs savent de quoi ils parlent et beaucoup de web-addicts s’y retrouveront dans des descriptions ou des références parfois invisibles pour le grand public. Mais ils réalisent quand même l’exploit d’expliquer clairement les bases de l’histoire de ce (multi)média qui a bouleversé l’Humanité et de transmettre avec succès les éléments de cette culture particulière et émergente.

C’est un livre que j’aimerais offrir à ma grand-mère qui ne comprend rien à ce que je fais de mes journées (et c’est bien normal) ainsi qu’à mes coupines qui me reprochent (et c’est normal aussi) de leur parler avec un vocabulaire imbitable.

Ces Miscellanées couplées avec l’excellente Encyclopédie de la Web Culture de Titiou Lecoq et Diane Lisarelli sont le meilleur moyen, à mon sens, de comprendre les enjeux (géo-politique, politique tout court, économique, sociologique, culturel, etc), les nouvelles professions et les bases de la culture que représente Internet aujourd’hui. Et en se marrant, par-dessus le marché !

Parce que, et Antoine Dubuquoy et Nico Prat l’ont parfaitement bien transmis, Internet est historiquement et (donc) intrinsèquement construit par des gens qui ne se prennent pas au sérieux. « Il n’y a plus de questions, que des réponses » (p.28), affirment-ils non sans humour à propos des moteurs de recherche. « Les internautes sont de sacrés taquins… » (p.181), se réjouissent-ils au sujet des pionniers du web, champions toutes catégories de l’auto-dérision et des taquineries bon enfant.

Leur style parfois « bloguesque » aidant, ces deux passionnés d’Internet se font les passeurs d’une composante essentielle : les internautes sont des sales mômes, bourrés d’imagination, d’une créativité sans borne et flanqués d’une bonne dose d’insolence. (A nous de faire en sorte de ne pas perdre cet esprit que les grands de ce monde ne comprennent pas.) Fuck yeah !  

Interview d’Antoine Dubuquoy, blogueur, homme de médias et co-auteur des Miscellanées d’Internet

Quelle est l’histoire de ce livre ?

Blogueur depuis 2005, et amoureux du livre depuis toujours. J’ai eu envie de passer du digital au papier, par amour de l’objet. Un iPad ne sent rien. Un livre neuf sent la colle et le papier. Gamin, je rêvais de passer un jour chez Bernard Pivot… Bon, il a arrêté Apostrophes avant que je sorte mon livre… Internet est ma grande passion. Internet a bouleversé ma vie. J’ai eu envie d’écrire un livre à ce sujet… Un ami, David Brunat, qui a écrit Les Miscellanées du Tennis, m’a présenté à Gilles Verlant, le directeur de la collection. Gilles a aimé l’idée d’un livre de miscellanées consacrées à Internet.

Nico et moi avions travaillé sur un projet commun, le blog du patron d’une grosse agence de com. On a sympathisé. Je lui ai proposé de participer aux Miscellanées. On a signé le contrat. Et on a commencé à bosser…

Comment s’est fait le choix des rubriques, leur ordre et leur distribution ? 

Nous avons présenté à Jean-Louis Festjens, notre éditeur, un pitch très détaillé du livre, avec un plan, et une liste de tous les sujets dont nous souhaitions parler. Les Miscellanées étant un genre littéraire basé sur l’accumulation d’histoires, d’anecdotes, de listes, sans hiérarchisation, sans chronologie, le travail à deux sur le projet était assez simple. Lister tous les sujets, les répartir en fonction de nos centres d’intérêt, de ce que nous maîtrisions le mieux, etc… A partir de cette liste, nous avons chacun commencé à écrire de notre côté, en stockant tout sur Google Docs.

Vous n’êtes pas de la même génération. Qu’est-ce que Nico t’a apporté, et au contraire, que penses-tu lui avoir transmis ?  

J’ai traité les sujets historiques et Nico s’est concentré sur les lolcats… Normal, j’ai 47 ans, lui 26. La preuve que la Génération X peut travailler avec la Génération Y…

Je ne sais pas ce qu’on s’est transmis, mais on s’est bien marrés en écrivant le livre. On aime le rock, on aime l’humour trash. On boit des bières entre potes. A peine le manuscrit remis à l’éditeur, on a lui a soumis deux nouveaux projets… On va voir si Dubuquoy & Prat, vont être comme Leiber & Stoller, Pomus & Schuman, Gallagher & Gallagher, Lennon & McCartney, Mario & Sonic, Tintin & Milou, Boileau & Narcejac…

Un livre papier sur Internet… avec des liens non-cliquables par définition… N’est-ce pas paradoxal ? 

Internet évolue à une vitesse vertigineuse. Et son histoire même récente s’efface de la mémoire collective extrêmement rapidement. Le paradoxe du livre est d’avoir voulu compiler ces moments pour montrer qu’il y a une continuité historique. Et des constantes dans la nature même d’Internet.

Les liens non cliquables sont là pour que les curieux aillent vérifier ce que nous avons écrit… Mais nous avons écrit chaque miscellanée de façon à ce qu’elle soit totalement autonome. Ce qui dans certains cas est un vrai challenge, quand il s’agit de décrire une image publiée sur 4chan, ou de raconter Two Girls One Cup…

Y aura-t-il une version e-book ? 

Yeah ! Elle sortira peu de temps après la version papier. Et les liens seront cliquables…

Concernant le piratage, vous dites : « Il y aura toujours quelqu’un pour vous taper sur les doigts, comme si vous aviez 12 ans » (p. 29). Diriez-vous toujours la même chose si votre livre était piraté ? 

A moins de s’appeler Marc Musso ou Guillaume Levy (il y a un gag caché dans la phrase) il semble difficile d’envisager faire fortune en sortant un livre. Le livre est un vecteur de notoriété, de visibilité. Pour ce qui est du piratage, si quelqu’un a suffisamment de temps à perdre pour scanner les 250 pages des Miscellanées, notre éditeur ne sera pas ravi. Si quelqu’un fait des emprunts et tant qu’il cite ses sources, pas de souci.

En sortant un livre papier, j’accomplis un vieux rêve, tout en étant conscient du changement d’époque dans lequel nous sommes. Nous n’avons pas encore atteint le « tipping point », le point de basculement vers le 100% numérique, mais nous nous en rapprochons.

Dans la rubrique « Bonjour ! », vous avez réussi à placer « Hitler » et « sodomie » dans la même phrase. C’était un défi que vous vous étiez lancé ? :p

Aucun défi, sinon une totale liberté de ton pour parler aussi bien de sexe, de politique, que de religion, de chats, ou de technologie…

Quand vous parlez de la bulle des années 2000, du tout-facile côté entrepreunariat et des vieux modems, on sent une solide nostalgie. Est-ce le cas ?

Aucune nostalgie, plutôt un regard amusé. En 1997, quand j’ai eu ma première adresse mail, je n’avais que très peu de gens dans mon entourage familial à qui envoyer des messages par ce canal… Alors quand on en trouvait un, on lui envoyait un mail. Et on passait un coup de fil pour être sûr qu’il l’avait reçu… En plus, dès qu’il y avait deux images sur une page web, le truc ramait et on attendait des heures… L’horreur ! Donc, pas de nostalgie du tout !!!

Votre livre est très documenté. Avez-vous réellement regardé tous les documents que vous nous proposez, comme les différentes sextapes, l’intégralité de YouPorn, 2 Girls 1 Cup, Amandine du 38, Jean-Pierre du 59, etc ? 

OUI, on a fait un facts checking de folie. Nico et moi avons le sens inné de l’investigation et du travail bien fait.

Page 50, un mot so XXème siècle fait son apparition : « vidéoclub ». WTF ??

OMFG ! On a été trollés !!!

Vous qualifiez les « Kikoo Lol » de « gamines peu sûres d’elles ». Euh… comment dire. JE M’INSURGE. Un Kikoo Lol est autant un garçon qu’une fille ; qu’est-ce que c’est que cette misogynie primaire, dites donc ?? 

Ma fille n°3, qui a 12 ans, m’a fait la même remarque hier… On va avoir des ennuis, je le sens. Déjà que Nico est fâché avec toutes les blogueuses mode….

Pour expliquer ce que veut dire « IRL », vous donnez un exemple : « J’ai rencontré @machin IRL. Il est plus drôle sur Twitter. » (p. 93) JE VEUX DES NOMS.

Nico Prat par exemple. Et je pense qu’il dira la même chose de moi. IRL, je suis hyper chiant, du moins c’est ce que me disent mes enfants…

Avez-vous été censuré sur des sujets, ou au contraire vous en a-t-on imposé d’autres ? 

Aucune censure, sinon le souhait de l’éditeur que le logo Youporn ne soit pas sur la couverture… Juste quelques adoucissements ça et là, dans le choix des mots… Jean-Louis, l’éditeur, et Gilles, le directeur de collection nous ont laissé carte blanche. Bonheur, quoi.

Antoine Dubuquoy ne peut pas être foncièrement mauvais puisqu’il est amateur de madeleines longues aux oeufs frais, qu’il a un blog et même un compte Twitter.

[ARTICLE] Facebook et Twitter : quand la vie virtuelle rend la vie réelle plus riche

juin 24, 2011 dans En vrac, Société

[Article paru sur newzitiv.com]

Bonne nouvelle : une étude américaine a prouvé que l’utilisation régulière de Facebook apporte une vie sociale plus riche. Qu’en est-il de Twitter ? NewZitiv a mené l’enquête.

Une étude a récemment fait le tour du web : selon le centre indépendant américain Pew, les personnes qui utilisent beaucoup Facebook sont plus aptes à avoir une vie sociale riche au-delà de l’écran (sondage réalisé auprès de 2255 utilisateurs).

« On a beaucoup spéculé sur l’impact des réseaux sociaux sur la vie sociale des internautes », explique Keith Hampton, responsable de l’étude. « L’essentiel du débat tourne sur le risque que ces sites nuisent aux relations des internautes et les éloignent de la participation au monde. Nous avons découvert que c’était exactement le contraire: que les gens qui utilisent des sites comme Facebook ont en fait plus de relations proches et ont plus de chances de s’impliquer dans des activités politiques et civiques. »

Le cliché du nerd blafard vissé à son écran et entouré de cartons de pizza n’a donc plus lieu d’être. Cette étude le prouve : les échanges en ligne favorisent les échanges dans la vraie vie. Si c’est vrai de Facebook, qu’en est-il de Twitter dont on parle de plus en plus ? Quatre utilisatrices et trois utilisateurs accro au célèbre site de micro-blogging ont bien voulu témoigner.

« Une vie sociale plus riche autant en terme de qualité que de quantité »

Ils sont unanimes : oui, il y a eu un avant et un après Twitter concernant leur vie sociale, et pour un changement positif. @nikolittlestar par exemple, 30 ans, trafic manager et spécialiste du Pandaranol, a « beaucoup plus d’activités extérieures depuis Twitter ». @TrisAcatrinei, elle, avoue « une vie sociale plus riche autant en terme de qualité que de quantité », quand @Michael_Ange, 30 ans, explique le changement avec humour : « Avant, je n’avais pas de chien. Je n’en ai toujours pas, mais c’est moins grave »@sophiegironi, 36 ans, consultante en stratégie et marketing web, tempère cependant : « Je ne suis pas passée de nerd derrière mon écran à jet-setteuse. En revanche ce qui a changé, c’est le flux de nouvelles têtes que je rencontre régulièrement ».

Concernant les rencontres dans la vraie vie grâce à Twitter, il est en moyenne d’une centaine de personnes, dont une dizaine devient au fur et à mesure de véritables amitiés, sans oublier « de vrais coups de cœur » comme s’en réjouit @JuliaChou, 24 ans, chef de projet jeu web. Pluspositif encore : Twitter favorise les rencontres « avec des gens qu’on n’est pas susceptibles de rencontrer en vrai », comme l’analyse @LaPlanneuse, 20 ans, étudiante en communication.

En résumé, on ne se cantonne plus à son cercle socioprofessionnel de référence et on élargit les horizons vers des personnes de tous âges, de toutes professions (souvent, quand même, autour des métiers du web, de la communication, du marketing, et de l’information), et de toutes sensibilités (culturelles, politiques, etc). Et cela est valable également pour un côté strictement intellectuel : « Ca m’ouvre l’esprit sur beaucoup de sujets car je fréquente des gens d’horizons très différents », précise @TrisAcatrinei.

« Beaucoup de rencontres sont très positives »

Si les rencontres sont aussi nombreuses et aussi réussies, c’est parce qu’il est difficile d’être déçu après avoir longtemps suivi une personne qui se livre quotidiennement en 140 caractères maximum : « J’ai rarement eu de mauvaises surprises, et les gens que je trouve sympathiquesen 140 caractères sont rarement à l’opposé dans la vraie vie. Une amitié met du temps à se construire. Twitter peut contribuer à la rencontre ; le reste, c’est dans les faits que ca se joue », explique @sophiegironi.

@nikolittlestar confirme : « Beaucoup de rencontres sont très positives car les gens sur Twitter sont eux-mêmes, cela permet de savoir très rapidement si on pourrait s’entendre, et donc de mieux choisir avec qui on discute, et avec qui on se lie. Les rencontres réelles se passent donc toujours très bien, et je n’ai connu aucune déception de ce côté-là. »

Mais Twitter n’apporte pas seulement une vie amicale plus riche. @TrisAcatrinei a tenu à préciser ce mot de la fin : « Je ne regrette pas du tout de m’être inscrite sur Twitter car en dehors de l’aspect vie sociale, cela m’apporte beaucoup de choses au quotidien. » Quant à @Michael_Ange, il tire du positif « du rire, des informations, et des échanges ».

PMV spécial Twitter

Et nombre de Petits Miracles de la Vie (PMV) peuvent être associés directement à Twitter :

@hardisk, 17 ans, lycéen : « Quand je faisais de la webradio, au beau milieu des révolutions arabes, j’avais besoin d’un intervenant sur place avec un téléphone pour le passer à l’antenne. Grâce à la tonnes de retweets de mon appel, j’en ai trouvé un qui m’a donné plein d’infos. C’est ce soir là que j’ai vu la puissance de Twitter. »

- @JuliaChou : « J’ai trouvé une colocation via Twitter, puis, un an plus tard, mon appartement qui est absolument génial. »

- @TrisAcatrinei : « Mon PMV a été de rencontrer une personne qui se reconnaîtra qui a vraiment changé beaucoup de choses dans ma vie, sans réellement me demander mon avis. Larencontre a été le fruit à la fois du hasard et d’une succession d’évènements curieux. Quoiqu’il en soit, c’est grâce à Twitter que je l’ai rencontré. »

- @LaPlanneuse :  »Un de mes (vrais) amis actuels, avec qui je débats beaucoup et avec lequel j’ai de longues discussions, notamment sur notre domaine professionnel relativement similaire, amenant même une collaboration certaine, je l’ai rencontré sur Twitter. A la base, nous avions juste des followers en commun. »

- @Michael_Ange :  »Un billet écrit sur mon blog né d’un échange avec une twitta (qui est accessoirement une blogueuse beauté). L’un de mes billets les plus drôles écrit à un moment où je n’étais pas très bien. »

- @sophiegironi : « Je suis toujours positivement surprise par la capacité des twittos à aiderquand on a besoin d’un coup de main, leur rapidité de réaction. Pour moi, c’est devenu une vraie source d’infos. Voire parfois de réconfort quand je rencontre des galères d’entrepreneur. »

C’est en tout cas une bonne nouvelle pour les utilisateurs les plus réguliers des réseaux sociaux : ils pourront désormais dire que non seulement ça n’empiète pas sur leur vie sociale, mais qu’en plus ça l’enrichit.

Florence Porcel, pour newzitiv.com

[TWITTER] Mon droit de réponse à Elizabeth Tchoungui à propos de Twitter

juin 17, 2011 dans En vrac, Société

[Ceci est un exercice de style. J'ai, moi, le plus grand respect pour tous ceux qui travaillent pour les chaînes de télévision, à l'information ou au divertissement, à la comptabilité ou à la communication, à la direction ou aux ressources humaines.

Ceci est un exercice de style. J'ai donc non seulement repris le corps du texte, mais aussi la mauvaise foi et les manières journalistiques discutables du billet d'orgine.]

Voici le billet d’humeur d’Elizabeth Tchoungui :

(source : aufeminin.com)

Je suis un dinosaure et j’assume : non, je n’ai pas de compte TwitterHashtag m’évoque un hachis parmentier allemand. Avoir des cohortes de Followers ? JMEF, pour causer comme les twittos et leur fameux OSEF, « on s’en fout ».

Car côté ragots, ceux de ma boîte et de mon immeuble me suffisent largement. Oui, Twitter, c’est le world cancan. Avec, comme la french dance éponyme, un goût prononcé pour les jambes en l’air : tapez Twitter sur Google, et en première occurrence viendra « Twitter DSK ». En France, c’est la rumeur de liaison entre Carla Bruni-Sarkozy et Benjamin Biolay qui a rendu célèbre le site de microblogging : rappelez vous, le fameux Tweet qui a mis le feu aux poudres, posté par un journaliste au soir des Victoires de la musique 2010 : « Benjamin Biolay, c’est pas le mec qui… » etc, etc.

Twitter, c’est la concierge du village global : putassière les bons jours, experte en commentaires ineptes les autres. Je lance ici un appel solennel aux neuf millions de followers de Justin Bieber – l’ado méchu chantant détient le record d’abonnés à son compte, loin devant Barack Obama : pouvez vous m’expliquer l’intérêt du tweet suivant : « J’aime les escalators car lorsqu’ils freinent ils redeviennent des escaliers » ? Moi cela ne m’évoque que la chanson de Clarika : « T’es beau comme garçon, mais y a tant d’air dans ta tête qu’on peut y faire de l’avion… »

En plus d’être inutile, Twitter est un réseau infréquentable. On y croise au choix :

- Des pros de la drague lourdingue: comme cet élu démocrate qui a réalisé aux Etats-Unis l’exploit d’éclipser l’affaire DSK en tweetant une photo en gros plan de son slip protubérant. Il pensait l’avoir adressé au seul objet de son désir, oops, tous ses abonnés l’ont reçue. Dommage…
- Des e-terroristes : le week-end dernier le site de la police espagnole a été bloqué par des pirates informatiques. Les hackers ont revendiqué leur attaque sur Twitter.
- Des as du canular pas drôle : Twitter a copieusement relayé une photo censée épingler McDo en flagrant délit de racisme: on y voyait trôner à l’entrée d’un restaurant un panneau frappé du logo officiel indiquant « Suite à une série de vols et par précaution, les clients afro-américains devront à présent payer une taxe supplémentaire de 1,5 dollars par achat« . C’était un trucage. Qui a dit que Twitter avait révolutionné l’information ?

Loin de moi l’idée de minimiser le rôle du réseau social dans les révolutions arabes : Twitter a prouvé son utilité là où la liberté d’expression est restreinte. Ce fut le cas tout récemment, dans un pays pourtant démocratique : en Italie, pendant que la presse, largement contrôlée par le Cavaliere, ne pipait mot sur les référendums anti-Berlusconi, Twitter a su mobiliser les électeurs. Résultat : une participation record, et une claque pour Silvio.

Hormis ces circonstances bien précises, et n’en déplaise aux geeks qui me lisent, oui, Tweeter n’est que littérature de concierge, le style en moins : en 140 signes maximum, difficile de faire des miracles. En avant pour de très classieux WTF (What the Fuck) ou PTDR (Pété de rire) : le français résiste sur Twitter !

Non, décidément, à Twitter, je préfère de loin ma concierge : d’abord elle a plus de verve lorsqu’elle étrille l’apprentie joaillière du sixième qui enfile les mecs comme des perles. Et puis elle a une utilité, elle : a-t-on déjà vu Twitter arroser les plantes pendant les vacances ?

Par Elizabeth Tchoungui, présentatrice des Maternelles sur France 5.

Voici mon droit de réponse :

Je suis un dinosaure et j’assume : non, je n’ai pas de téléviseurLes Maternelles m’évoque une école pleine de chiards. Regarder la télé-réalité ? Je l’emmerde avec un grand A, pour causer comme les candidats dans leur fameux Loft.

Car côté sexe et voyeurisme, la vie et mon immeuble me suffisent largement. Oui, la télévision, c’est le world han-han. Avec, comme la french dance presque éponyme, un goût prononcé pour les jambes en l’air : allumez votre téléviseur, et en première occurrence sur les chaînes d’informations en continu viendra « Affaire DSK ». En France, c’est la sauterie aquatique de Jean-Edouard et Loana qui a rendu célèbre la télé-réalité : rappelez vous, c’était en 2001, elle promettait gloire, richesse, merveilles et alouettes à ses participants. Juste une question : comment va Loana ?

Le téléviseur, c’est la concierge du village global : à écouter aux portes les bons jours, experte en commentaires ineptes les autres. Je lance ici un appel solennel à tous ces envoyés spéciaux à New York plantés devant un Sofitel ou un tribunal – attendant l’odieux directeur du FMI, voire sa femme et ses enfants, autrement plus intéressant que la situation à Fukushima : pouvez-vous m’expliquer l’intérêt du commentaire suivant : « DSK s’est fait livrer des pizzas hier soir, sa femme a un tailleur gris, sa fille une manucure beige, les visages sont fermés – Ah ! On me signale sur Twitter qu’il a plaidé non-coupable » ? Moi cela ne m’évoque que la chanson de Clarika : « T’es beau comme garçon, mais y a tant d’air dans ta tête qu’on peut y faire de l’avion… »

En plus d’être inutile, la télévision est un monde infréquentable. On y croise au choix :

- Des pros de la drogue lourdingues : comme cet animateur qui a réalisé en France l’exploit d’éclipser tout autre actualité en faisant un mea culpa dans sa propre émission sur sa dépendance à la cocaïne. Il pensait la sniffer pour son propre plaisir, oups, les flics ont fait une descente chez lui. Dommage…

- Des terroristes : il y a quelques années un animateur d’émission matinale a été mis à pied pour violences sur son chroniqueur. Le délinquant est revenu deux semaines après dans le téléviseur.

- Des as du canular pas drôle : la télévision a copieusement relayé une information censée annoncer la mort d’enfants: le 8 août 2008, le petit Louis a été annoncé mort dans le JT de TF1, alors qu’il était bien vivant. France 2 aannoncé la mort de Pascal Sevran, décédé quelques semaines plus tard. C’était de fausses informations. Qui a dit que la télévision était un média fiable ?

Loin de moi l’idée de minimiser le rôle du téléviseur dans la société de nos grands-parents : le téléviseur a prouvé son utilité là où la TSF était incapable de transmettre des images. Ce fut le cas tout récemment, dans un pays pourtant démocratique : en France, pendant que Twitter, largement contrôlé par des kikoolols et des terroristes, ne pipait mot sur la #frenchrevolution à la Bastille, ses 5000 participants pacifiques et ses 3000 CRS belliqueux, la télévision a fait des reportages en continu. OH WAIT… Non en fait, aucun journal n’en a parlé et c’est sur Twitter que ça s’est passé.  

Hormis ces circonstances bien précises, et n’en déplaise aux employés des chaînes qui me lisent, oui, le téléviseur n’est qu’images et son de concierge, le style en moins : en 2 minutes maximum pour un reportage dans un JT, difficile de faire des miracles. En avant pour de très classieux Cékikapété ou Oh my gott : le français résiste dans le téléviseur !

Non, décidément, au téléviseur, je préfère de loin ma voisine : d’abord elle a plus de verve lorsqu’elle se fait troncher par son mec qu’un paysan dans son champ à la recherche de l’amour en train de tripoter une vache. Et puis elle a une utilité, elle : a-t-on déjà vu un téléviseur te prêter du sucre pendant les vacances ?

Par Florence Porcel, détentrice du compte @FlorencePorcel sur Twitter.

[TWITTER] Twitter, sa culture, ses habitants

avril 16, 2011 dans En vrac, Société

Ce billet s’adresse à toi, internaute, qui tweete comme il respire. Il te permettra de te reconnaître, et peut-être même riras-tu si tu n’as pas oublié de savoir rire de toi-même et de tes semblables. (Si, tu sais, l’autodérision, tu te souviens ?…)

Ce billet s’adresse surtout à toi, internaute pour qui Twitter est un monde bizarre, auquel tu as essayé de te joindre mais sans succès, te demandant pourquoi diantre c’était si compliqué de s’y intégrer, et comment par tous les boobs saints faisait-on pour comprendre tous ces messages bizarres. Si tu cherches des réponses purement techniques, je te renvoie à mon Initiation à Twitter. Je vais te parler ici de la culture de cette planète parallèle.

(Un glossaire du vocabulaire utilisé se trouve en bas de page.)

Les habitants de Twitter sont l’élite

Il faut le savoir.

Enfin non, ce n’est pas tout à fait vrai.

Les habitants de Twitter sont persuadés qu’ils sont l’élite – la nuance est légère, mais elle est primordiale.

Les habitants de Twitter sont les plus beaux (derrière leurs avatars tripatouillés, qui n’ont rien à voir avec la choucroute, ou – les pires – détourés à la truelle sur Paint), les plus intelligents, les plus cultivés, les plus en avance sur les tendances, et les plus rapidement informés. (Bon, ça c’est vrai, faut le reconnaître.)

L’habitant de Twitter est donc souvent extrêmement imbu de sa personne, et supportera mal les critiques sur sa manière d’être et de faire.

Et alors, petit indigent, si tu te permets une remarque sur sa manière de tweeter, tu t’attireras l’ire de l’habitant ainsi que de ses sbires et plus jamais rien ni personne ne le fera changer d’avis sur toi. Il ne te restera plus qu’à suicider ton compte et revenir vierge de toute effronterie.

Parce que faut pas déconner, oh. Y a un minimum de respect – et même de crainte – à avoir. Tu nous prends pour qui, p’tit con ?? T’ahar ta gueule à la récré le jour des #FF.

L’habitant de Twitter a des coutumes

Comme toute planète qui se respecte, il y a des us et coutumes qui se sont mises en place au cours des ères géologiques, des millénaires, des générations, et de l’évolution de
l’espèce. 
Je ne vais pas m’y attarder.

Je ne parlerai donc que des #FF qui servent à (dans le désordre) :

- Faire une Fellation à un habitant que tu aimes beaucoup parce que tu voudrais qu’il te remarque – voire, soyons fou (mais rêve pas), qu’il te follow back.

- Fuir une Foufoune un peu lourde : tu lui fais un joli #FF personnalisé et tout, elle n’en pourra plus pendant au moins deux jours, et arrêtera peut-être de te harceler en DM. Attention effet pervers (si j’ose dire) : elle pourra penser que c’est dans la poche et reprendra ses assauts de plus belle.

- Fabriquer un Fouet. Il y a deux sortes de Fouet : celui du maître sur les esclaves (un petit #FF collectif d’un habitant important sur des subalternes, et ils continueront à lui Faire une Fellation pendant au moins trois mois tellement ils ne sauront pas comment le remercier d’un tel honneur), et celui du petit habitant sur des habitants moyens, voire des habitants moyens entre eux (le #FF sus-nommé sera tout en ironie, en pique, et en hargne à peine cachée, avec des tas de noms suivis d’un commentaire digne de la réaction d’un Brice de Nice des familles.)

- Faire le Fourbe et bien rigoler intérieurement : citer tous les habitants que tu as sautés dans un même #FF sans que personne, et surtout pas les personnes citées, n’en sache quoi que ce soit. C’est fourbe, mais qu’est-ce qu’on rigole. (Répéter l’opération autant de fois que nécessaire, n’oublions pas que 140 caractères, c’est parfois vraiment trop peu.)

- Fuggérer des Followers (ouais OH BON hein ça va). C’est le but premier des #FF : dire aux habitants qui ont les clefs de chez toi quels sont les autres habitants chez qui ils peuvent aller chercher une clef parce que leur maison vaut le coup d’œil.

La planète de Twitter et l’espace-temps

Il faut savoir que Twitter vit dans un espace-temps bien séparé de celui du commun des mortels de la vie réelle. Une heure sur Twitter correspond à peu près à une journée de la vraie vie. Une seconde correspond à une heure, etc etc…

Il m’arrive de plus en plus souvent, pour prendre un exemple bien concret, qu’une copine qui n’est pas sur Twitter me parle d’une info un soir et que je m’écrie : « Ouh la la mais c’est vieux, ça !!… Ca date au moins de ce matin, non ? » sur le même ton que si on venait de m’apprendre la mort de Michael Jackson. Oui, ça peut agacer.

Mais ça, ce n’est que pour les modes et les tendances, du genre les expressions hypes, les concours débiles mais drôles, et tout ce pain et ces jeux qui divertissent le bon peuple de Twitter pendant que les habitants importants y font des choses importantes qu’on ne peut pas comprendre tellement c’est important.

Pour le reste, la planète Twitter vit dans le futur. C’est un fait : nous savons tout avant tout le monde. Oui, ça peut agacer.

Bien. Je vois que ce n’est pas très clair. Je vais donc donner deux exemples.

Admettons qu’un illuminé lance le hashtag #quandjaurai50ans. Hop ! Ca prend comme une traînée de poudre et tout le monde y va de son tweet. Mais finalement, ce n’est pas le meilleur amuztag (oui, je l’invente, c’est aussi ça, Twitter).

Y aura toujours un habitant plus malin (aigri, énervé, de mauvaise humeur, rabat-joie, cynique, jaloux – rayez les mentions inutiles) que les autres qui commencera à dire : « Mais arrêtez avec #quandjaurai50ans, ça va, c’est so 11 heures du mat’, quoi ! » (Tweet envoyé à 12h11.)

(Il faut savoir que l’expression « c’est so + complément circonstanciel de temps » est démodée sur Twitter, bien qu’elle ne soit pas encore arrivée sur Facebook.)

Deuxième exemple (z’avez vu la transition de ouf ? ouais je vais parler de Facebook, ouais.)

Prenons l’exemple d’une semaine type. Le lundi à 2 heures, une info tombe sur Twitter, venue du Japon – mettons.

A 8 heures, elle a fait le tour de Twitter France au moins vingt fois.

A 11 heures, les agences de presse commencent les brèves.

A 13 heures, des communiqués complets. Dans l’après-midi, les pure players, voire les chaînes d’info en continu, en parlent.

Les JT prennent le relais le soir même ou le lendemain, mardi.

(L’info, pour l’habitant de Twitter, est sue, intégrée, et digérée depuis 9 heures de mat’, hein, ne l’oublions pas.)

Et avec un peu de chance, l’info arrive sur Facebook le samedi.

La planète Twitter est de gauche

C’en devient aussi ridicule qu’affligeant, et franchement lourdingue.

Je précise une chose essentielle : je suis a-politique. La politique m’emmerde, et ceux qui la font n’ont droit qu’à mon plus profond mépris, quel que soit le bord ou le parti.

Il est donc bien vu d’être de gauche et surtout de critiquer le gouvernement en place. Plus tu seras dans ce mouvement, plus tu te sentiras en osmose avec la planète Twitter.

Malheureusement, trop, c’est trop. Les habitants de Twitter, qui sont les premiers à prôner la tolérance à tout va, sont les premiers à lyncher celui ou celle qui aura le malheur d’avoir une idée de droite, ou de défendre le gouvernement en place – surtout si c’est argumenté et justifié. (Ben oui, les habitants sont de gauche et ultra-anti-droite, mais s’ils avaient des arguments, ben ça se saurait, et ils n’aiment pas trop que leurs détracteurs réfléchissent, eux.)

Et donc comme tout ça est bien vu, on en arrive à deux conséquences aussi dommages et stupides l’une que l’autre : ceux qui ont d’autres idées n’osent pas les exprimer, et ceux qui veulent se faire bien voir en arrivent à faire des excès de zèle qui les ridiculisent.

Exemple. Lundi 11 avril, jour de la mise en vigueur de la loi contre le niqab. On en pense ce qu’on en veut. Mais à lire les bons petits habitants-moutons de Twitter, c’était un crime contre l’humanité et l’univers entier, c’était le nouvel accident nucléaire, c’était pire que Hiroshima et Fukushima réunis, pire même que tous les crimes de guerre de tous les dictateurs de l’Histoire (ben oui pensez… une idée de droite !)

Une habitante de Twitter dont je tairai le nom a donc dit : « Je rêve ou vous êtes tous en train de dire que le niqab, c’est vachement bien ? Eh oh !! Ca va, le politiquement correct ? #onrêveputain » Il a été timidement RT cinq fois, et plusieurs personnes sont venus (presque en cachette) me dire : merci / ah ouf je me sensmoins seule / c’est bien dit / bravo.

Chers habitants de Twitter : n’ayez pas peur de vous exprimer. Je ne m’en prive jamais, et ça fera peut-être réfléchir (rêvons…) ceux qui prônent la révolution, mais qui ne sont en fait que des moutons, et qui disent beaucoup, beaucoup de conneries (qu’ils ne pensent pas forcément toujours.)

Trop de politiquement correct tue le politiquement correct. Et plus personne ne peut vous prendre au sérieux.

Désolée.

La planète Twitter est, sous ses airs de liberté d’expression, très intolérante

On a donc le droit de n’être que de gauche (ou, au pire, neutre).

On ne vous pardonnera pas d’utiliser une expression passée de mode (de l’heure précédente).

On plantera votre tête au bout d’une pique si vous avez le malheur de crier haut et fort que vous préférez regarder les films en VF, parce que la VO, ben ça vous emmerde.

Vous êtes obligé d’aimer Bashung, Tarantino, Gainsbourg, et Audiard sous peine d’être considéré avec mépris comme un gros kikoolol de base.

Surtout ne venez pas dire que vous aimez Lady Gaga, Céline Dion, Johnny Hallyday, Christophe Maé, et Michel Sardou. On vous bannira à la seconde.

N’allez pas trop crier sur les toits que vous habitez en province et que vous le vivez très bien. Faites semblant d’être Parisien, c’est mieux.

Surtout, si vous n’êtes ni journaliste, ni community manager, ni blogueur, ni geek, n’en faites rien savoir. Laissez planer le doute. Au pire, dites que vous êtes dans la com’ ou dans le marketing. C’est (encore) plus ou moins toléré.

Faites croire de temps en temps que votre vie en DM est intense et d’une débauche indécente. Sinon, vous ne valez rien (especially si vous êtes une fille).

N’allez surtout pas dire que les Mac et/ou Gmail ça ne correspond pas à ce que vous attendez d’une boîte mail ou d’un ordinateur – non seulement on vous insultera, mais en plus on vous bloquera.

Faites-vous à l’idée : une grande majorité des habitants de Twitter sont équipés de Smartphones. Ils peuvent donc tweeter de n’importe où, n’importe quand, avec n’importe qui, et vous envoyez des photos du dehors, du métro, de réunion, et de je ne sais où encore (et je ne veux pas le savoir).

Si vous n’en avez pas, ne le dites pas et faites comme si. Mieux vaut mentir que passer pour un pauvre. (Twitter est de gauche, mais bon, faut pas déconner quand même, hein, faudrait voir à ce que les pauvres et les kikoolol viennent pas trop nous emmerder non plus !)

Pour vous faire bien voir, LTez de temps en temps les émissions de télé-réalité les plus pourries, mais faites bien comprendre que ça vous soûle, que vous ne comprenez pas comment on peut regarder ça, que vraiment TF1 est à la botte de Sarko, que c’est une honte de passer de tels programmes, que comment ça se fait que ça fait autant d’audience. (Hein ? Comment ? Moi aussi je regarde et je fais l’audience ? Ah mais moi je LT sur TWITTER, c’est pas pareil, JE SUIS AU-DESSUS DE CA, moi j’ai du recul, JE LE FAIS POUR DENONCER.)

(Oui, sur Twitter, il faut aussi savoir être de mauvaise foi et passer pour un con en toute connaissance de cause, mais mépriser celui qui vous mettra en face de votre propre connerie.)

(Ah, et conseil : ça ira plus vite de couper Twitter que demander à tout le monde d’être un peu cohérents avec eux-mêmes et d’éteindre leur télé.) 

En tant qu’habitant de la planète Twitter, il faut absolument avoir participé au moins une fois à un concours visant à montrer tes nichons, ton slip, ton cul, ou tout autre partie de ton anatomie ressemblant de près ou de loin à des attributs sexuels. Sinon, tu ne fais pas vraiment partie du groupe. Eh oui, Twitter, c’est une version numérique d’un camping et de ses concours de Miss T-Shirt Mouillé (MAIS N’ALLEZ SURTOUT PAS LE DIRE, MALHEUREUX !!!!).

Si tu ne clashes pas toi-même, surtout sois toujours au courant du dernier clash, et mets-y ton grain de sel. On n’aime pas trop ceux qui ne prennent pas partie. C’est toujours un peu louche.

Surtout, sois cynique, ironique, critique à outrance (surtout contre la droite, tavu), et si par malheur il t’arrivait de vouloir être gentil et de dire quelque chose de positif (surtout de la droite, t’as vu), abstiens-toi.

Vermine. Renégat. Traître.

Régulièrement, parle de ton nombre de followers. Tu montreras la puissance de ton ego et tu seras complètement accepté dans la caste.

Et pleure quand on t’unfollow. Parce que c’est pas juste, et celui qui a osé est forcément un gros con.

La planète Twitter et l’orthographe

Sachez que les habitants de Twitter sont très à cheval sur l’orthographe. La moindre coquille, la moindre double-consonne amputée de sa jumelle, le moindre subjonctif imparfait tronqué te donnera pour 20 minutes de mentions incendiaires. Pareil pour une expression mal utilisée, ou pire, une expression passée de mode depuis au moins 20 minutes (faut suivre, putain !)

Cependant, Twitter n’en est pas à une contradiction près (tu l’auras déjà remarqué). Il aime beaucoup l’expression (utilisée à outrance) : « je suis + substantif ». Je suis joie, je suis tristesse, je suis colère, etc. Oui, bah moi personnellement, je suis énervance, voilà. C’est moche. Oui, mais c’est notre culture, alors…

Autre insulte à la langue française, non seulement tolérée mais encouragée, les sons -é- et -è- remplacés systématiquement par -ay-. Exemple : « Intayrnayt, SAYLEMAL, bordayl ». (Mais non, je n’exagère pas.)
C’est moche, c’est laid, c’est de l’orthographe immonde, OUI MAIS C’EST HYPE, et C’EST POUR RIGOLAY.

Ah. Ok.

Pardon – okay. (Ah merde, là ça marche, alors ça marchera jamais.)

Twitter et la culture geek

Beaucoup de geeks étant inscrits sur Twitter, il est logique que leur culture fasse partie de cette planète. Les poneys, les licornes, les arcs-en-ciel, les lolcats, et bien d’autres sont donc le comble du kitch pour les habitants.

C’est généralement des sujets de délires qui nous font hurler de rire, mais qui sont incompréhensibles pour les gens du dehors.

Oui je sais, nous sommes spéciaux. Voire un peu fous. Mais c’est tellement bon.

Je peux pas expliquer plus en détails, j’ai poney.

(…)

MOUAAAAAAAAAAAAAAH AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH !!!!!!!!!!!!!!!!!

Comment appelle-t-on les habitants de la planète Twitter ?

Personne n’est d’accord, et il n’y a pas d’appellation d’origine contrôlée. Il y a twitto, twittos/twitta, twittasse – mais il faut bien dire que c’est moche, surtout pour les filles. Il y a tweep/tweepie, mais ça n’arrive pas à prendre en France. D’où ma volonté dans ce billet de parler d’habitants de la planète Twitter plutôt que d’utiliser ces vilains mots.

[Ah, on me signale dans l’oreillette qu’à l’heure où je vous parle, le fameux –ay est en train de muter en –ey. Voyez plutôt ce tweet.]

Peut-on survivre sur Twitter si on n’est pas dans la hype du move de sa culture bizarroïde ?

Oui et non. Non, parce que si la majorité de tout ça vous gonfle, vous vous lasserez tout seul, et très rapidement.

Oui, parce que je ne suis personnellement en désaccord avec beaucoup des règles et des préjugés qui ont la dent dure, et je ne m’en sors pas trop mal.

Ça m’arrive de crier haut et fort que j’aime Céline Dion et Michel Sardou. Ça m’arrive d’envoyer chier les gens quand ils me reprochent de ne pas aimer regarder un film en VO. Ça m’arrive de râler quand on part du principe que j’ai forcément un Smartphone. Je dis toujours ce que je pense au moment où j’ai envie de le dire, sans prendre de gants, sans me poser la question de savoir si je vais me faire bien voir ou pas.

Je m’en fous du nombre de mes followers et je m’en fous d’être là où on aimerait que je sois. Si je n’ai pas envie de RT un billet, même si c’est un pote, et qu’il me le demande, je ne le fais pas. Inversement, si je le fais, c’est que j’ai envie.

Je ne follow pas ceux qu’on appelle les « influents », mais ce n’est pas un principe, c’est juste qu’ils ne m’intéressent pas. Si un jour un influent m’intéresse, je le follow.

Je n’utilise jamais l’expression « je suis joie » ou autres dérivés parce que je ne l’aime pas, pas plus que je ne suis la mode du –ay. Je respecte ceux qui le font, ça m’agace, mais je patiente.

Je râle de temps en temps contre les LT d’émissions débiles, mais le plus souvent soit j’essaye d’ignorer et de m’amuser avec ceux que ça n’intéresse pas non plus, soit je coupe et je fais autre chose.

J’évite les clash à tout prix, je suis plutôt quelqu’un de positif et de gentil, et je crois qu’on ne m’en tient pas rigueur. (Un lien clandestin s’est caché dans cette phrase, sauras-tu le trouver ?)

Précisions

Tout ce qui est écrit dans ce billet n’est pas figé dans le marbre. C’est juste une photographie de la planète Twitter en ce jour et à cette heure.

N’oubliez pas : Twitter est ce que ses habitants en font. N’ayez pas peur de vous exprimer, même – et surtout !! – si ça va à contre-courant de ce qu’on peut y entendre habituellement.

C’est con, mais c’est simple : soyez juste vous-même.

Et bien sûr, il y a l’art et la manière. Certains sont des artistes, comme @UltranusAbitb0l, @trollator, @sandlablonde, et @ioudg.

D’autres ont du génie, à l’instar de @LANDEYves et @Inzecity. (Je n’aime ni ne follow @ioudg et @Inzecity, mais c’est pour la parité.) Et chacun dans leurs domaines bien précis. Ils ont réussi à faire ce que personne d’autre ne réussit à faire mieux qu’eux.

Alors bien sûr, nous sommes tous uniques, bla bla bla. Mais certains comptes ont plus de « personnalité » que d’autres, c’est un fait.

Malgré mes critiques et la virulence de certains de mes propos dans ce billet, je le dis et le répète : j’aime profondément cette petite planète imparfaite et tous ses habitants. Oui, je peux le dire en ces termes : elle a changé ma vie, en mieux. J’y ai rencontré (en vrai) des gens différents, de différents univers, qui m’ont enrichie.

Alors oui, ce billet, c’est de l’amour vache. Mais qui aime bien châtie bien, n’est-ce pas ?

Glossaire

Clash : dispute virulente entre deux personnes, si possible dont l’un est « influent », en vue de gagner des followers.

DM : Direct Message. L’équivalent du message privé sur Facebook. Message non-public (donc) que seul le destinataire pourra voir.

#FF : Follow Friday. Coutume qui consiste, le vendredi, à indiquer à ses followers les autres comptes intéressants.

Follow / unfollow : acte de s’abonner à un compte / acte de se désabonner d’un compte.

Follower : personne abonnée à ton compte

Hashtag : mot ou groupe de mot précédé du signe dièse et écrit sans espaces. Il devient alors un mot-clef interactif (on peut cliquer dessus) et permet de taguer, de classer.

Influent : personne jusqu’ici n’a su en donner une définition exacte.

Kikoolol : individu souvent jeune, qui ne connaît rien d’autres que le langage SMS pour s’exprimer, qui commence ses phrases par kikoo et qui les termine systématiquement par lol.

LT : live-tweet ou live-tweeter. Raconter en direct sur Twitter un évènement de la vie réelle (émission, match, dispute de voisins, accouchement, etc…)

Mention : fait d’avoir son pseudonyme dans un tweet. Si la mention est le premier mot d’un tweet, alors ce tweet vous est destiné directement.

RT : retweet. Fait d’appuyer sur un bouton qui permet de copier le tweet en question dans votre propre flux, afin que tous vos followers puissent le lire.

Tweet : message de 140 caractères maximum

[WEB] Dix idées reçues sur Internet

avril 11, 2011 dans En vrac, Société

On a tous dans notre entourage une grand-mère réfractaire au moindre progrès, un tonton qui n’y connaît rien à rien mais qui a toujours un avis sur tout, une copine qui passe en mode blop dès qu’on ose dire qu’on a aussi des vrais amis dénichés grâce au web, ou un homme politique prêt à diaboliser n’importe quoi pourvu que ça le fasse remonter dans les sondages.

D’où mon envie, chers internautes, de dézinguer quelques vilains clichés. Je vous donne la permission de reprendre mes arguments mots pour mots lors de vos repas de famille, si et seulement si vous filmez l’ire consanguine et que vous me l’envoyez ensuite pour que je la poste ici-même en bas du billet (histoire de rigoler un peu, hein) (si votre tonton est un homme politique et que votre grand-mère est votre meilleure amie, c’est encore mieux) (sinon faites un effort, putain !)

Voici donc 10 stéréotypes pris dans l’ordre le plus aléatoire, auquel je répondrai tour à tour avec humour, sérieux, et la plus adorable mauvaise foi.

Sur Internet, on se fait arnaquer

FAUX. On peut se faire arnaquer, nuance.

Alors oui y a des sites bidons, oui y a des gens malhonnêtes, oui y a des spams qui te proposent d’enlarge your penis. Mais c’est comme dans la vraie vie, ni plus ni moins. Les escrocs, ça existait bien avant l’arrivée d’Internet. Ils ont juste trouvé un nouveau support.

Mais déjà à l’époque de nos grands-mères, on se faisait arnaquer. Le mec qui te fait croire qu’il te vend un mammouth adulte alors que c’est juste un bébé sur lequel il a rajouté trois fourrures cousues par sa femme, tsé.

Alors oui, quand on te dit qu’un cousin éloigné du Togo généreusement décédé te lègue 12,5 millions de dollars mais qu’il faut juste te rendre sur place pour signer un papier, voire faire un virement pour les frais de notaire, oui, c’est une arnaque. Faut être con, pour se faire avoir (ou être député suisse, au choix).

(Oh, et au fait toi là-bas dans le fond : je te jure, t’as pas envie d’enlarge your penis. Nan parce que, enfin c’est pour t’aider, hein, mais les pénis trop enlargés, ça fait mal, juste. Ce serait dommage de ne plus pouvoir baiser du tout. Merci. Bisous.)

(Maintenant que j’y pense, d’ailleurs, y a pas genre enlarge your boobs ? Voilà les filles, je viens de prouver par A + B que nous sommes supérieurement intelligentes.)

Internet est un repère de pédophiles

VRAI et FAUX. Voilà un sujet sur lequel je n’ai pas vraiment envie de rire (ouais, je casse l’ambiance comme ça, ouais).

Même argument que ci-dessus : les pédophiles n’ont pas attendu Internet pour exister, ils ont juste trouvé là un nouveau biais pour assouvir leurs pulsions et entrer en contact avec des enfants.

Heureusement, il existe des gendarmes du net (de la STRJD) dont le travail est, entre autres, de trouver les sites pédophiles, puis de remonter à ceux qui les créent et les visitent. Et ils sont efficaces. Beaucoup plus difficiles en revanche de découvrir qui est pédophile dans la vraie vie.

Donc oui, il y en a. Non, il n’y a pas que ça. Et au moins, sur Internet, ils laissent des traces qui permettent de les identifier. Aux parents de surveiller de près ce que font leurs enfants devant un écran. Mais c’est du bon sens, n’est-ce pas ?

Internet encourage la procrastination

FAUX. Alors la, je m’insurge – oh putain génial ce site, ça s’appelle enpause.com, y a des tas d’articles intéressants ! – c’est entièrement faux ! Quand on veut se concentrer, on peut. Hey, yo, @Univers_VL, t’as vu la dernière news sur la physique quantique ??

Là encore, on procrastinait avant l’arrivée du ouaibe, je vous signale. Je crois que ces lolcats vont me faire mourir de lol.

 

On regardait les mouches voler, tout ça. On se racontait les derniers potins à la machine à OH LA BONNE NOUVELLE !!! Oh mais y en a plein, en fait !! Wow, mais il est génial ce site. Comment il s’appelle ? NewZitiv. Vachement bien, bon concept. Que de l’actu positive. Et plein d’autres choses, aussi. Je vous le conseille !

Internet tue les artistes

FAUX. Mouahahah laissez-moi rire. Mais alors c’est qui, ce vilain Nain Ternette ? (No offense aux gens de petite taille, je suis moi-même verticalement déficiente.) Hein, c’est qui ? C’est un petit ordinateur, bien debout sur ses petites jambes, qui court après les artistes avec un rire sardonique et qui les étrangle avec le fil de la souris, mmmh ?

Internet ne tue pas. Et certainement pas les artistes, qui au contraire voient en ce progrès un médium extraordinaire pour se faire connaître et montrer ce qu’ils savent faire. Internet, ça fait juste chier les industries qui n’ont pas su s’adapter – et qui continuent à vouloir être complètement à côté de la plaque (après la musique, l’édition !)

D’ailleurs comme dirait une tweepie influente dont je tairai le nom : « Le piratage ne tue pas les artistes, il tue les maisons de disque. Il ne tue pas l’art, il tue l’industrie. »

Internet, quote of my grand-mère, « ça tue des métiers »

VRAI et FAUX. Il y a sûrement des professions qui ont fort pâti de l’arrivée de mon ouaibe bien-aimé (même si je n’ai pas d’exemple en tête là tout de suite d’emblée au pif).

Voilà cependant ce que j’ai répondu à ma chère grand-maman : « Oui, et quand les voitures sont arrivées, ça a tué le métier de maréchal-ferrant. [Ma mère-grand n’est pas aussi vieille, hein, quand même.] Mais ça a créé les garagistes, les fabricants de pièces détachées, les designers, les constructeurs de bitume, les auto-écoles, les… »

Voilà. Internet ne « tue » rien. C’est juste une évolution logique et normale de la société. Il aura créé les architectes des systèmes d’information, les développeurs, les webdesigners, les community managers, et tout un tas d’autres métiers en –eurs dont le monde ne pourrait plus se passer.

Internet rend asociable et peut tuer

VRAI et FAUX. Je n’ai jamais eu de vie sociale aussi riche que depuis que je suis connectée plusieurs heures par jour.

Restons dans l’esprit « Le ouaibe m’a tueR ». Alors celle-là, on me la sort souvent, en général sur la question des jeux vidéo en réseau.

Le problème n’est pas Internet, ici, ni même le jeu vidéo. Le problème, c’est la personne – que ce soit dans l’asocialité ou dans le fait de jouer jusqu’à en mourir. Cela s’appelle être dépendant, et la dépendance est une pathologie, une vraie maladie psychiatrique qui peut être soignée et guérie.

La dépendance aux jeux vidéo est la même que la dépendance au casino, par exemple. Sauf qu’on refuse rarement l’accès à Internet à un accro aux jeux vidéo.

Et avant même les jeux, on a pu être dépendant aux drogues, à l’alcool, etc. Rappelez-moi les chiffres des décès liés à l’alcool et à la drogue par rapport aux morts d’Internet ?

Voilà.

Internet encourage les pires travers humains

VRAI et FAUX. Cachés derrière un écran, planqué derrière un pseudonyme, il devient très facile de se lâcher. Ces personnes haineuses, qui aiment clasher, mettre un forum ou des commentaires sans dessus dessous, on les appelle communément des trolls.

Internet n’encourage pas ce genre d’agissements, évidemment. Il les exacerbe via l’anonymat qui reste possible (et heureusement).

Cependant, les trolls sont certes pénibles mais ils ne sont pas vraiment dangereux. Demandez donc à un troll de le rencontrer dans la vraie vie, pour discuter. Bizarrement, il n’y aura plus personne… Le troll est un poltron. Il est plus à plaindre qu’à blâmer.

Cela peut aller très loin certes, jusqu’à des plaintes pour des raisons très diverses, mais je n’ai jamais entendu parler d’un troll qui ait causé un tort réel à une personne. J’espère ne pas me tromper…

Il ne faut pas oublier que, là encore, Internet n’est pas la cause. Quitte à me faire accuser de Point Godwin, des actes lâches et anonymes ont été accomplis bien avant Internet.

Internet n’est que le reflet de la société. Internet est ce que les internautes en font. Et les internautes, ce sont vous, moi, le gros con de voisin, ou la prof de maths. Internet est profondément humain et il reflète juste les traits de cette humanité.

Internet, c’est la fin de la vie privée

FAUX. « T’es sur Facebook, sur Twitter, t’as un blog ; mais t’as plus de vie privée, alors ? » Oh le joli cliché qu’il est beau !!

Je mets au défi mes amis Facebook, mes followers, et les honorables et formidables lecteurs de ce blog de me faire un compte-rendu de ma vie privée. Ceux qui ont accès à des informations sur moi uniquement par Internet, j’entends. Allez-y, je vous écoute.

Quelle est ma situation maritale ? Quelle est ma vie sentimentale ? Quelle est mon orientation sexuelle ? Ai-je des frères et sœurs ? Ai-je des enfants ? Si oui combien, comment s’appellent-ils ? Où ai-je voyagé ? Où suis-je allée aujourd’hui, hier, la semaine dernière, dans quel café, avec qui ? Le nombre de mes amants, leurs noms, leurs âges, leurs professions ? Une sextape, peut-être ? A vous, stalkeurs ! (Et là, la dame a un peu peur, quand même.)

Il y a même bon nombre de personnes que je connais dans la vraie vie qui seraient incapables de répondre à ces questions. Internet, une fois encore, on en fait ce qu’on a envie d’en faire. N’y dites, n’y partagez rien de ce que vous avez envie de garder pour vous. Mais c’est du bon sens, non ?

Les réseaux sociaux sont dangereux

VRAI et FAUX. Cette question est liée à celle du dessus.

Si tu as 13 ans et que tu mets des photos de toi à poil sur Facebook, oui, ça peut être dangereux.

Si tu en as 25 et que tu acceptes d’aller seule chez un monsieur que tu n’as jamais rencontré dans un lieu public avant, sans prévenir personne du lieu où tu te rends, oui, ça peut être dangereux.

Si tu racontes en détail la life du petit dernier, la crèche où il va, et qu’en prime tu postes des photos de lui, oui, ça peut être dangereux.

Si tu dis « youhou voleurs, je m’en vais, profitez-en ! », oui, ça peut être dangereux.

Si tu n’as pas verrouillé ton compte ou que tu ne connais pas cet ami que tu as accepté, et que tu te mets à critiquer ton boss sur Facebook, oui, ça peut être dangereux.

Maintenant, à chacun d’avoir un peu de bon sens et de prendre ses responsabilités. Mais ceux qui les diabolisent sont de mauvaise foi. Les réseaux sociaux sont bien moins dangereux que prendre le volant, par exemple. Ou que de traverser au rouge. Ou que de manger chez Quick. Ou que de faire du hors-piste. Ou que de baiser sans capote.

Protégez-vous !

Internet c’est pas la vraie vie (et la vraie vie, c’est mieux)

FAUX. Citons Slate : « Internet ressemble à une version survoltée du monde réel, avec ses promesses et ses périls ». Tout est (joliment) dit. Internet est fait par les internautes. Les internautes sont des êtres humains. Internet, à l’image de l’humanité, peut créer le meilleur comme le pire.

Et vous avez raison, Détracteurs et Ennemis du Ouaibe, la vraie vie, c’est mieux ! Y a des catastrophes naturelles, des centrales nucléaires qui pètent, des révolutions arabes, des guerres au Proche-Orient, des prêtres pédophiles, des virus du Sida, des réchauffements climatiques, des trous de la couche d’ozone, des insecticides qui donnent des cancers, de l’air pollué, des psychopathes en liberté, des hommes et des femmes politiques, des dealeurs de drogue, des accidents de voiture, des catastrophes aériennes, des dictateurs, des voisins qui font du bruit, de la télé-réalité, des tremblements de terre, des assassins, des tsunamis, des cyclones, Christophe Maé, des fontes de glacier, des gens qui meurent de faim, des mines anti-personnelles, des…

La vraie vie, ça donne envie. Internet, c’est pas très net.

[WEB] A ceux… qui refusent les nouvelles technologies

février 24, 2011 dans En vrac, Société

Une amie vient d’apprendre une nouvelle par le biais de Facebook. Pas une grande nouvelle, plutôt une anecdote. Mais elle s’est demandé si la manière dont elle l’avait apprise n’était pas un peu dommage…

Cela m’a donné envie de vous raconter, à vous et elle, cette petite histoire…

« Il était une fois, à l’époque de nos (arrières-)grands-mères, le téléphone venait tout juste d’arriver dans les foyers. Dans tous ? Non. Dans les petits villages de notre beau pays, seule une maison avait le téléphone, repérable d’ailleurs par une plaque posée sur le mur, à la vue de tous les villageois et d’éventuels étrangers de passage.

C’est la maison de Simone et Albert, dans la grand-rue, qui avait été choisie pour accueillir le téléphone du village. Ils n’en voyaient l’intérêt ni l’un ni l’autre, mais ce serait, paraît-il, un outil indispensable dans le futur. C’est avec un grand scepticisme qu’ils se firent à l’idée de cohabiter avec cet exotique appareil, d’usage étrange.

Les mois passèrent. Un beau jour, alors qu’Albert travaillait dans son atelier, Simone dut décrocher le fameux téléphone. C’était son frère Bernard, qui avait fait des études, qui était quelqu’un d’important et qui avait une très bonne situation puisqu’il avait été élu maire du chef-lieu de canton.

Voilà qu’il appelait Simone pour lui annoncer que la Marcelle avait enfin décidé de se fiancer. Si Bernard connaissait la bonne nouvelle, c’est parce que le fiancé en question était le fils d’un de ses plus proches amis qu’il venait de croiser. La nouvelle était de la toute première fraîcheur.

Décidément peu à l’aise avec ce maudit téléphone, Marcelle écourta la conversation. Elle détestait parler à une machine, à ces matériaux froids, à ces rouages cachés, qui fonctionnait avec l’électricité qu’elle n’aimait pas beaucoup non plus et qui lui faisait un peu peur. Tout cela n’annonçait rien de bon et elle se plaisait à le répéter à ses amies. Ce qu’on appelait le « progrès » ne lui disait vraiment rien qui valût.

Et voilà qui lui donnait raison : c’est cet appareil impersonnel qui lui avait annoncé les fiançailles de la Marcelle. Avant l’invention de ce satané engin, elle l’aurait appris directement de la bouche de l’intéressée, qui serait passée la voir, avec qui elle aurait partagé un chocolat chaud et un morceau de gâteau. La vie, les gens, le quotidien normal d’un village.

Simone pestait. Si c’était ça « l’outil indispensable », si ça empêchait de se voir, de s’annoncer de telles nouvelles en face à face, si ça détruisait les relations simples avec les gens de son propre village, alors que serait-ce quand tous les foyers en auraient un ?… Elle refusait cette idée en bloc. Après tout, elle avait presque élevé la Marcelle, dont la maman était morte en couches.

Le temps d’aller à l’atelier annoncer la nouvelle des fiançailles à Albert, le portail grinça. C’était la Marcelle, radieuse, qui arrivait avec un bouquet de fleurs des champs. »

Maintenant, je vous suggère de remplacer le téléphone par (au choix) : le mail, le téléphone portable, Skype, Facebook, Twitter, etc…

Et vous avez la morale de mon histoire.